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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 67

  • Bobby d’Emilio Estevez **

    Une journée pas tout à fait comme les autres dans le luxueux hôtel Ambassador de Los Angeles où est attendu Robert F. Kennedey ancien Ministre de la Justice, candidat démocrate à la Maison Blanche et probable futur Président des Etats-Unis d’Amérique. Or, cette nuit là, dans cet hôtel « Bobby » sera assassiné. Tout l’hôtel est en ébullition et s’affaire pour préparer l’arrivée du futur héros.

    Quel dommage que Bobby n’ait que ce film en hommage pour l’instant !!! On sent bien qu’Emilio Estevez se fait la voix des américains qui pleurent encore ce qui fut un bel élan d’idéalisme. On entend clairement un discours où résonnaient très fort des mots tels que : non violence, tolérance, paix au Vietnam, justice, égalité et égalité des chances. Mais ici les problèmes sociaux et politiques ne sont qu’effleurés : le racisme, le sexisme, la misère, la guerre… Et malgré le casting stellaire, il règne (derrière et devant l’écran) un ennui poli… les stars ne se chargeant même pas de venir faire un numéro mais simplement de bâiller respectueusement et d’être, au mieux transparentes, au pire ridicules.

    Néanmoins, le film est parcouru d’images d’archives et de discours de Bobby et c’est dans ces moments là que le film devient absolument passionnant.

    Quant au dernier quart d’heure, il est animé d’une intensité telle qu’elle vous cloue littéralement à votre fauteuil. On sait que Bobby sera assassiné, néanmoins la ferveur de son dernier discours, l’espoir et la dévotion qui se lisent sur chaque visage rendent la fin du film à la fois bouleversante, insoutenable et on se prend à envisager à quel point la face du monde aurait pu en être changée si... On se prend à réfléchir, à imaginer et finalement, comme les américains, à regretter en pleurant, car des déclarations

    ANTI-RACISTES, ANTI-GUERRES, et ECOLOS

    qui datent de 1968 (d’une actualité sidérante et désolante finalement) je n’en entends aucune en 2007  !

    Un film qui ouvre sur une réflexion c’est vraiment bien au fond !

  • Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier **

    Jean-Baptiste Adamsberg, flic instinctif qui fonctionne au flair perd son odorat lorsque le quitte sa douce et jolie Camille (LA Camille d’ « Indochine »). C’est le moment que choisit un énigmatique peintre pour orner les murs des portes des immeubles de Paris de 4 inversés. Ce signe annonce le retour d’un fléau mortel : la peste. Les premiers morts mystérieuses apparaissent. Adamsberg et son compère Danglard doivent résoudre un véritable casse-tête en forme de jeu de piste et trouver le lien entre elles !

    La tension, l’intérêt et le mystère vont crescendo dans ce polar bien ficelé, inspiré même, rondement mené à l’atmosphère lourde dans un Paris insolite entre ombre et lumière. La mise en scène est remarquable, fluide et sans temps mort. L’interprétation de José Garcia froid, tendu, dépressif, nerveux est parfaite et en dehors de Marie Gillain (transparente) tout le monde tient sa partition concerné avec application : Michel Serrault (érudit et fatigué), Lucas Belvaux (inquiet et impliqué (je l’aime)), Nicolas Cazalé (frémissant : qu’on lui offre des rôles enfin !!!)…

    Malgré toutes ces bonnes choses et le fait que les rebondissements soufflent en permanence réveillant chaque fois l’attention, j’ai envie de vous dire : sortez 10 minutes avant la fin (pour que dure le mystère) car le dénouement fait « flop » ou « pshiiit »...

    « Ah bon ? Tout ça pour ça ? » ai-je eu envie de dire ? Non, je l’ai dit !

  • Zone Libre de Christophe Malavoy **

    Quelques juifs et quelques « justes » qui les hébergent en zone libre néanmoins occupée par quelques allemands…

    Christophe Malavoy passe derrière la caméra et s’inspire de sa propre histoire (ses parents ont caché des juifs pendant la seconde guerre mondiale) pour raconter celle de cette famille. Fluide et joliment raconté avec une évidente sincérité et de réelles qualités, ce film hésite pourtant parfois entre drame et comédie. Dommage, compte tenu du thème, qu’il lui manque le souffle nécessaire pour en faire une œuvre bouleversante et que le petit garçon de l’histoire dont le rôle est très important soit interprété par un petit garçon qui joue très très mal... c’est-à-dire qu’on voit constamment qu’il joue.

    Néanmoins, cela est gommé par les interprétations absolument exceptionnelles de Lionel Abelanski et Jean-Claude Roussillon. Le premier est d’une justesse incroyable et absolument touchant lorsqu’il cache sa trouille permanente en explosant de colère régulièrement. Il est aussi capable en une seule réplique de faire passer à la fois sa peur et son évident talent comique lorsqu’il dit à sa belle-sœur enceinte : « c’est vraiment pas le moment de mettre au monde des petits youpinots alors qu’on sait pas quoi faire des anciens ! ». Quant à Jean-Claude Roussillon, il est simplement parfait. Tout le monde doit rêver de l’avoir pour grand-père, toute personne en difficulté doit rêver de le rencontrer.

    Pour eux deux donc, en priorité mais aussi pour l’histoire qui résonne toujours fort non ?

  • Le serpent d’Eric Barbier **

     

    Vincent et Hélène vont divorcer et s’envoient des vacheries et autres noms d’oiseaux par l’intermédiaire de leurs avocats respectifs. Vincent doit se battre, prouver qu’il est un bon père, pour qu’Hélène ne retourne pas s’installer en Allemagne, son pays d’origine, avec leurs deux enfants. C’est ce moment précis dont profite Joseph pour réapparaître dans la vie de Vincent alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis le collège. Joseph orchestre une manipulation infernale et virtuose dans laquelle Vincent sera accusé de viol, de meurtre et se retrouvera bien seul pour tenter de convaincre de son innocence.

    Thriller à l’américaine, ce « Serpent » est la version encore plus tordue d’« Harry, un ami qui vous veut du bien» et même s'il n’est pas absolument inédit (la cinéphile en a tant vu de scénarios tortueux !) la tension, l’intérêt et les revirements sont suffisamment maîtrisés pour mettre honorablement les nerfs à vif jusqu’au dénouement. Par ailleurs, en victime d’abord hébétée, Yvan Attal est parfait dans le rôle de l’homme ordinaire mis dans une situation extraordinaire. Quant à Clovis Cornillac, l’acteur à transformations du cinéma français, il se délecte de son rôle de psychopathe. Notons également Pierre Richard dans le premier rôle inattendu de sa belle carrière.

    De toute façon, découvrir (au cinéma) ce qui se passe dans un cerveau malade est toujours délectable.

    Cela dit, si au collège vous avez fait des blagues vaseuses à un petit copain souffre-douleurs, méfiez-vous !

  • Stranger than fiction de Marc Forster **

    Le titre français est tellement débile (« L’incroyable destin d’Harold Crick ») que je garde l’original…

    Harolc Crick, contrôleur fiscal terne (Will Ferell est donc idéal…) a une vie très solitaire réglée à la seconde et uniquement rythmée par son travail de fonctionnaire zélé. Tout va bien dans le plus banal et incolore des mondes jusqu’à ce qu’il commence à entendre une voix qui commente la moindre de ses actions. Le jour où cette voix lui annonce sa mort imminente il découvre que c'est celle d’une romancière à succès qui écrit le roman de sa vie. Avec l’aide d’un professeur de littérature il va chercher à découvrir de quel écrivain il s’agit et surtout à entrer en contact avec elle.

    Dommage qu’avec un scénario vraiment roublard et original on reste autant sur sa faim et sa fin au cours d’un film paresseux qui pourtant avait de belles occasions de s’envoler vers une fable farfelue flirtant avec le paranormal. Est-ce que cela tient aux acteurs ? Will Ferell est vraiment très très insipide, Emma Thompson, sadique et masculine, très grimaçante et Dustin Hoffman totalement absent. Seule Maggie Gyllenhaal éclaire l’histoire de sa fantaisie.

    Cela dit, on peut voir avec stupéfaction et bonheur à quel point ce sont de petits détails insignifiants qui peuvent nous sauver la vie (ou nous la faire perdre).

     

  • Piccolo, Saxo et compagnie de Marco Villamizar**

     

    Ceux qui comme moi ont reçu un jour un skeud… à l’époque ça s’appelait des 33 Tours (c’est tout dire…) nommé « Piccolo, Saxo et compagnie » comprendront la raison de ce bain d’enfance en compagnie d’une maternelle néodomienne !!!

    Sur la Planète Musique, l’orchestre philarmonique vit et s’exprime en parfaite harmonie sur le Volcan rouge. Un jour funeste, les clés Sol, Fa et Ut disparaissent mystérieusement. Dès lors, c’est la cacophonie, les bois accusent du vol les cuivres et réciproquement, quant aux notes, livrées à elles-mêmes, elles redeviennent sauvages. Par hasard, et contre l’avis de leur famille respective, un bois, Piccolo et un cuivre, Saxo deviennent amis et partent à la recherche des clés.

    Voilà un film à l’idée assez géniale qui fait du bruit et met de l’animation en salle : ça rigole et ça tape des mains en rythme. Le cimetière des vieux instruments est gardé par le Métronome : Gardien du Temps, le Saxo lâche des vents, les cordes sont menées par sa Seigneurie La Contrebassitude, le Saxo et le Picolo sont « frères de vent », les percussions font un barouf d’enfer et n’écoutent jamais la caisse claire… C’est coloré (très), vivant et les dialogues sont drôles et bien écrits bien dans l’air du temps.

    Deux petites réserves : les instruments pour ceux qui ne les connaissent pas ne sont pas immédiatement reconnaissables, par ailleurs ce film est déconseillé aux plus de 10 ans !

  • Bad Times de David Ayer**

     

    Vétéran de la Guerre du Golfe et d’autres endroits où ça a chauffé, Jim, de retour au pays a ses nuits hantées de cauchemars sanglants. Traumatisé et bien fêlé il poursuit un nouveau but : entrer dans la police de Los Angeles ou des Services Secrets. Entre les séances de tests pour divers postes, il occupe le reste de son temps en errances lamentables avec son copain Mike, lui aussi chômeur, dans les bas fonds de la Cité des Anges.

    La virée des deux copains se fait de plus en plus alcoolisée, de plus en plus droguée et par conséquent de plus en plus violente jusqu’à un final auquel on voudrait ne pas s’attendre mais qui laisse complètement anéanti.

    On a l’impression souvent que les deux lascars font tout pour s’en sortir mais que la réinsertion est difficile, voire impossible. La lumière vient des femmes, qu’ils aiment, mais qui ne parviennent que par beaux moments de grâce où même eux y croient encore, à les sortir de leur infernale spirale.

    C’est sec, brutal, violent et dérangeant… mais hélas, Christian Bale est seul à se démener dans cet enfer avec une interprétation haut de gamme au cours de laquelle il peut passer dans la même scène de la tristesse à l’apaisement et à la folie pure. En regardant le générique on trouve en production Christian Bale himself ! Serait-ce une manœuvre de sa part de n’avoir choisi que des acteurs inexistants pour lui donner la réplique ??? En tout cas, c’est réussi, il n’y a que lui. Cet acteur est intense à la limite de l’hallucination par moments. C’est une bombe a-na-tomique et une bombe à retardement !

     

  • Déjà vu de Tony Scott **

     

    Etrange d’appeler un film « Déjà vu », non ? C’est vrai que les machines à remonter le temps on en a déjà vues et là c’est le FBI et autres « bac + 12 » pensants qui ont inventé un machin qui permet de jouer aux passe-murailles et de revivre ce qui s’est passé quatre jours avant tout en restant dans le présent ! Vous suivez ?

    Bon, on se calme. Doug (Denzel : magnifique, impérial, quel frimeur !!!) agent du gouvernement en lutte contre le tabac, l’alcool et les explosifs… (si !) rejoint un groupe d’enquêteurs pour rechercher l’auteur d’un attentat (Jim Caveziel, toujours beau et toujours psychopathe…) contre un ferry de la Nouvelle Orléans qui a fait des centaines de victimes.

    Efficace et nerveux, on ne lâche pas le super-héros (c’est Denzel je vous dis !) qui est tombé amoureux d’une victime et qui espère bien influer sur le cours des évènements pour pouvoir lui tenir tous les doigts de la main, et plus si affinités. Si elle fait la difficile la victime, je vais lui dire deux mots (c’est Denzel quand même !).

    Les voyages dans l’espace temps sont toujours bons à prendre quand c’est bien ficelé et c’est le cas ici, même si on ne doute pas un instant de l’issue (c’est Denzel le super costaud, vous avez bien lu !).

    Naïf et tarabiscoté certes mais tout de même : rêver d’un super héros qui permettrait de remonter le temps pour effacer les attentats terroristes ou les catastrophes naturelles, ça ne fait de mal à personne ! L’histoire est tournée à la Nouvelle-Orléans où les ravages de Katerina sont loin d’être réparés : impressionnant.

    Pour Denzel : hotissimo !

  • La faute à Fidel de Julie Gavras **

     

    La petite Anna, 9 ans, vit une vie tranquille et bourgeoise avec son petit frère et ses parents, fréquente une école privée et rêve de princesses en robe de mariée… Nous sommes en 1970 et la mort de son oncle en Espagne va bouleverser ce train-train lorsque ses parents vont prendre fait et cause en militant pour le Chili.

    Cet engagement va amener une véritable révolution : d’abord un déménagement inattendu dans un tout petit appartement mais aussi l’apprentissage de l’altruisme, du partage, la découverte du féminisme, des manifestations, des réunions…

    Cette histoire est filmée à hauteur d’enfants et c’est la petite Nina Kervel-Bey (épatante) boudeuse et réac’ qui mène la danse en essayant de combattre (pour un retour à sa vie d’avant) mais surtout de comprendre. Elle aurait pu être antipathique, elle est absolument remarquable !

    La reconstitution de l’époque est impeccable et on peut voir poindre une réflexion sur les limites de l’engagement.

    Le film se termine sur le suicide de Salvador Allende un certain 11 septembre…

     

  • La nativité de Catherine Hardwicke **

    Marie, toute jeune fille, vit dans le petit village de Nazareth avec ses parents. Les conditions de vie n’étant pas idéales, ses parents la promettent à Joseph en mariage pour qu’il subvienne à son tour à ses besoins. Un jour un ange, Gabriel, vient annoncer à Marie qu’elle va porter un enfant chargé de porter les péchés de l’humanité. Autant dire qu’il ne connaîtra jamais le chômage.

    Le premier film-crèche est arrivé et je dois dire que c’est une splendeur visuelle tant la reconstitution semble appliquée. Evidemment cela ressemble à une leçon de catéchisme mais c’est bien écrit, bien récité et c’est plutôt rare que nous soit montrée la vie des parents de Jésus avant qu’il n’arrive. Entre la foi inébranlable de Marie, son attachement progressif à son mari, les doutes, la bonté de Joseph, il ne manque rien : l’âne, le bœuf, Gaspard, Melchior et Balthazar. C’est beau je vous dis !

    La suite, on la connaît… les enfants : c’est bien du souci… surtout celui-là, les ennuis peuvent commencer.