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Cinema - Page 207

  • ULTIMO ELVIS de Armando Bo ***

    Ultimo Elvis : affiche

    Carlos Gutiérrez n'est pas un homme comme les autres. Le jour il est ouvrier, le soir il se transforme en Elvis et travaille pour le compte d'une agence de sosies. Il endosse le costume à paillettes du crooner/rocker, celui de Las Vegas et assure l'animation de mariages ou soirées. Être Elvis est plus qu'un passe-temps, c'est une mission, un ordre, une vocation, un sacerdoce. Carlos (qui ressemble autant à Elvis que moi à Susan Sarandon) est persuadé d'ÊTRE la star au point de se faire appeler Elvis, d'écouter et de regarder ses concerts et ses interviews en boucle et de se nourrir exclusivement de tartines/bananes/beurre de cacahuètes pour grossir autant que le King. Sa vie privée est un ratage total. Sa femme l'a quitté et il voit peu sa fille Lisa Marie (tiens donc !). Elles ont un peu honte de lui, ne le comprennent pas. Mais Carlos a un but dont il ne parle pas. Un accident va le forcer à devoir s'occuper seul de sa petite fille pendant un temps. Il ne renonce pas pour autant à son grand projet car son leitmotiv est qu'il ne faut jamais abdiquer et réaliser ses rêves coûte que coûte.

    Cette histoire est d'une tristesse sans nom voire perturbante par certains côtés, tant l'idée fixe de Carlos frôle parfois la folie. Carlos a manifestement perdu le sens de toute réalité et ne tient debout que par son obsession dont rien ne peut le détourner. Malgré le physique pour le moins ingrat de son interprète, on ne peut que tomber sous le charme de John McInerny, colosse solitaire obsessionnel et pathétique qui a hérité comme don du ciel d'une voix d'ange. Lorsqu'il endort sa fille au son des ballades les plus douces d'Elvis, c'est un véritable enchantement. Chaque fois qu'il endosse le costume du King, c'est de toute façon un émerveillement pour les oreilles.

    Suivre John McInerny pendant une heure trente est une épreuve et un bonheur. Toute cette tristesse, ce désespoir laissent KO mais on ressort accompagné par Elvis et ça réchauffe...

  • RUE MANDAR de Idit Cebula **

    Rue Mandar : affiche

    Charles, Rosemonde et Emma se retrouvent pour assister aux funérailles de leur maman. La fratrie a des liens distendus et la vente de l'appartement familial du 13 rue Mandar à Paris sera l'occasion de révéler les non-dits, les rancoeurs mais aussi les tendres souvenirs.

    Comme pour certains romans, les réalisateurs ont parfois envie de raconter leur expérience personnelle de la famille. En général la "disparition" des parents est déterminante pour la survie d'une famille car c'est le premier jour du reste de la vie. Celui où les enfants même grands, même adultes, deviennent orphelins, sans plus personne sur qui se reposer ou faire peser le poids de leurs échecs, de leurs erreurs, de leurs hésitations ou de leurs réussites. La famille c'est ce grand barnum imposé où des personnes sans affinités particulières, n'ont parfois d'autres liens que ceux du sang et sont parfois obligées de cohabiter. Et même provisoirement, cela peut être l'enfer. Idit Cebula choisit de repeindre les murs de sa vie en rose bonbon. En une heure trente tout est résolu, les discordes, les critiques, les rancoeurs. Il y a toujours celui ou celle qui assure avoir plus de chagrin, celui ou celle qui s'est le plus occupé des parents alors que d'autres ont "fait leur vie", celui ou celle qui était le ou la préféré(e). Et c'est vrai, il y a tout cela dans une famille, et plus encore car ici la famille est juive et tout semble amplifié, plus démonstratif, plus exubérant. Et c'est sans doute ce qui fait le charme de ce gentil film où l'on rit pas mal.

    La réalisatrice n'élude pas le chagrin, et l'on sent bien qu'elle a vécu le drame de devoir vider la maison de ses parents. Le moment où l'on doit trier, éliminer, donner, garder devient celui où tout devient vital. Plonger le nez dans les vêtements, retrouver des saveurs, des senteurs, des moments oubliés, s'immerger une dernière fois dans l'enfance...

    Si Edit Cebula néglige un peu les conjoints réduits à de pauvres pantins compréhensifs que l'on écarte, les deux soeurs et le frère rivalisent de charme et de drôlerie. Il faut dire que Sandrine Kiberlain, grande bringue libre, bordélique, partie trouver ses racines en Israël, Emmanuelle Devos psychanalyste submergée par ses émotions et le départ de son fils du foyer et Richard Berry, grand frère qui retient son chagrin en se montrant agressif savent à la perfection alterner les instants comiques et ceux plus dramatiques de leurs personnages. 

  • AUJOURD'HUI de Alain Gomis ***

    Aujourd'hui : affiche

    Satché va mourir aujourd'hui. Il doit mourir. Les esprits sont venus le prévenir, ils viendront le chercher et il sait que ce soir il sera mort. Le premier moment de stupeur passé, Satché sort de sa chambre hébêté, abasourdi et découvre toute sa famille et ses amis réunis. Son père est triste mais fier de cet honneur. Son fils est un peu comme l'élu aujourd'hui. Sa mère est effondrée mais lui murmure "n'aie pas peur mon fils, n'aie pas peur". S'ensuit une étrange cérémonie autour de Satché, muet, à la fois troublé, satisfait puis déconcerté. Car les éloges font place aux reproches et Satché quitte la maison pour un dernier tour. Tout son quartier l'escorte en fanfare et lui offre des cadeaux, jusqu'à la lisière de la ville où il s'éloigne accompagné de son meilleur ami. Il va rendre visite pour un dernier adieu pas forcément chaleureux, à sa maîtresse, ses amis, à un vieux sage qui se chargera de sa "toilette"...

    Avant toute chose, ne pas chercher d'explication, la mort de Satché est inéluctable. Point. C'est le périple pour y mener qui est fascinant. Saul Williams n'est pas acteur, c'est un rappeur. Je ne le connaissais pas. Mais son beau visage est inoubliable et étant donné sa spécialité, il doit être un tchatcheur de première. Sa prestation est d'autant plus louable qu'il est ici pratiquement muet. Il encaisse tout. Les éloges avec un pudique sourire, les reproches avec un étonnement attendrissant.
    Et il traverse cette ville grouillante, agitée, fourmillante qu'est Dakkar, comme on traverse une vie. ( Et quel bonheur de voir une ville d'Afrique où des filles sexys, modernes, aguicheuses se promènent en ville en toute liberté !)
    Satché passe par toutes les émotions qu'on éprouve dans une vie. La plus spectaculaire étant pour moi celle où, brusquement pénétré par la peur ou l'angoisse ou l'appréhension de mourir... ses jambes ne le portent plus. J'ai vu ce film il y a plus d'une semaine... j'ai encore devant les yeux l'image de cet homme dans la foule dont les genoux fléchissent jusqu'à le faire défaillir. Très fort.

    La force des images, de l'agitation (Dakkar est en pleine mutation), l'idée que cet homme jeune va mourir, l'émotion que cela suscite, n'empêchent pas le réalisateur de nous proposer une scène burlesque, absurde. Satché se rend en retard à la cérémonie organisée en son honneur à la Mairie. Tous les invités sont partis. Il ne reste que les dignitaires embarrasés par cet invité improbable dont ils ne savent que faire ! Pathétique et tordant.

    A l'issue de ce périple, Satché rentre chez lui. Sa femme le repousse, évidemment elle sait que son homme n'était pas fidèle. Ses enfants l'ignorent d'abord. Et puis tout s'apaise. Satché joue avec ses enfants pour la dernière fois. Il profite pour la dernière fois d'une conversation (qu'on n'entendra pas) sur la terrasse avec sa femme soudain plus douce. Et c'est sereinement, tranquillement qu'il va se coucher.
    Et c'est beau.

  • ALCESTE À BICYCLETTE de Philippe Le Guay **

    Alceste à bicyclette : affiche

    Après une carrière faite de succès et à la suite d'une dépression, l'acteur Serge Tanneur vit désormais reclus sur l'île de Ré dans une maison délabrée. Il ne veut plus entendre parler du métier et passe son temps à peindre des croûtes. Gauthier Valence acteur d'une série médicale à succès est tenté de monter Le Misanthrope de Molière et vient proposer à Serge le rôle de Philinte. Serge refuse d'abord, puis se laisse tenter à condition qu'en tirant à pile ou face, les deux hommes alternent les deux rôles d'Alceste et de Philinte. A l'issue de quelques jours de répétition, Serge dira à Gauthier s'il accepte le contrat ou pas. Gauthier s'installe sur l'Île et les répétitions commencent !

    Et c'est savoureux, jubilatoire, enthousiasmant. Les deux personnages s'affrontent, s'aiment, se détestent, s'admirent. Et les deux comédiens rivalisent de charme et de talent pour scander les alexandrins du Maître. Cabotinage et opportunisme se heurtent aussi. Fabrice Luchini a le contrôle parfait du dépressif cultivé, passionné par la langue de Molière. Qui mieux que lui peut incarner Alceste ce misanthope dont le "dessein est de rompre en visière à tout le genre humain" ? Et Lambert Wilson, malgré un improbable brushing (appelez-moi la coiffeuse !), alterne habilement comédie et théâtralité, fascination et opportunisme. Quelques piques bien senties sont proférées sur les métiers du septième art, sa dureté, ses hypocrisies et sur les tarifs indédents de l'immobilier dans la région.

    Mais pourquoi le réalisateur ne s'est-il pas contenté de nous offrir ces joutes verbales, ces répétitions passionnées et passionnantes ? Le film n'a par ailleurs rien d'un théâtre filmé puisque régulièrement les deux hommes s'évadent à bicyclette dans cette île somptueuse désertée hors saison. "C'est ce foutu pont qui a tout gâché" s'agace Serge/Luchini. Pourquoi Philippe Le Guay s'est-il senti obligé de s'égarer en mettant sur la route des deux hommes une femme chargée de jouer les trouble-fêtes et les psychologues de bazar ? Ce rôle inutile et misogyne, la dame étant évidemment une grande emmerdeuse avec un grand TEU mais forcément irrésistible, gâche un peu la fête et coupé au montage, aurait laissé au film une durée suffisante.

    Cela dit, avoir envie de (re)lire les tirades d'Alceste ne peut décidément pas faire de mal.

    «Sur quelque préférence, une estime se fonde,

    Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur

    On ne lâche aucun mot qui ne parte du coeur.

    J'entre en une humeur noire, et un chagrin profond,

    Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font;

    Je ne trouve partout que lâche flatterie,

    Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie;

    Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein

    Est de rompre en visière à tout le genre humain

    Et c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde".

  • DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino ****

    Django Unchained : affiche

    En 1858 alors que la guerre de sécession n'a pas encore commencé aux Etats-Unis, un ex dentiste allemand, reconverti en chasseur de primes débarque dans son drôle d'équipage : un chariot coiffé d'une dent brinquebalante. Il achète et affranchit Django, un esclave noir qui pourrait l'aider à retrouver les frères Brittle. En échange, il lui promet la liberté dès que les frères seront hors d'état de nuire, Django étant le seul à savoir à quoi ils ressemblent physiquement. Django veut de son côté mettre à profit cette collaboration pour retrouver son épouse Broomhilda dont il fut séparé en raison du trafic d'esclaves. Et sur ce point Schultz peut aider Django. Séduit par le zèle et les dispositions de Django à éliminer les criminels recherchés, Schultz propose une collaboration. C'est ainsi que Django va devenir le premier et sans doute le seul ex esclave noir chasseur de primes. Les choses se compliquent dès lors que les deux hommes retrouvent la plantation dans laquelle Broomhilda est détenue, celle du puissant et cruel Calvin Candie, régentée par le non moins abominable Stephen, homme noir, traître à la cause et dévoué corps et âme à son patron.
    Ceux qui suivent ce blog depuis... bientôt 7 ans (en mars) à présent savent que j'ai été élevée depuis quasiment le berceau à coup de westerns et j'ai hanté les salles de cinéma dès l'âge de 5 ans. Même si je connais toutes mes princesses Disney sur le bout des doigts, ma madeleine à moi c'est le western. Genre que je chéris entre tous.

    Hommage, renouvellement ou renaissance peu importe. Celui-ci est du grand art, un vrai film d'auteur unique en son genre, extravagant et singulier. Un film qui dévaste tout sur son passage et imprime directement dans la rétine et les oreilles des images et des sons mémorables. Un film libre, insolent et ambitieux.Tarantino nous rappelle une fois encore à quel point le cinéma peut être ouvert et TOUT se permettre, sans limite. Dans ces Inglourious Basterds, c'est par le cinéma qu'il offrait à Shosanna la possibilité d'une vengeance juive sur les nazis en éliminant purement et simplement Hitler et ses plus fidèles collaborateurs. Ici il donne à des esclaves noirs la possibilité de se libérer de leurs chaînes et des blancs tellement convaincus de leur supériorité (démonstration faite crâne en main par Calvin Candie que les noirs ont la "bosse de la servilité" hyper développée). Mais l'effronterie ne s'arrête pas là et Tarantino offre une petite vengeance allemande en permettant à un acteur et personnage allemand d'observer la cruauté des américains blancs sur leurs semblables. C'est assez savoureux de voir ainsi s'affronter l'érudition du Docteur Schultz (Christoph Waltz, une nouvelle fois splendide et orateur hors pair) face à l'ignorance un peu crasse parfois de ses concitoyens étasuniens !

    Mais cette fois Tarantino ne refait pas l'histoire à sa sauce ketchup, pas plus qu'il ne nous livre un pensum indigeste et manichéen sur l'esclavagisme. Il n'y a pas d'un côté les gentils noirs contre les méchants blancs. Les personnages tarantinesques ont toujours suffisamment d'ambiguïté pour ne pas être ou tout blancs ou tout noirs. Ils ont toujours ce petit côté "basterd" qui les rend finalement plus humains donc plus cruels voire sadiques. Ainsi chacun a de bonnes raisons de se "servir" de l'autre pour arriver à ses fins. Django cherche comme nombre de personnages tarantinens à se venger alors que Schultz n'est que vénalité. Schultz n'hésite pas à tirer sur tout gêneur et commente ensuite son geste par une longue et implacable tirade explicative. Quant à Django, contraint de jouer le rôle improbable et inédit du noir chasseur de primes, il n'hésitera pas à assister à l'exécution, quasiment le martyre d'un de ses pairs pour convaincre. Cependant, il est évident que la complicité et la connivence de Schultz et Django évoluent peu à peu vers une amitié sincère, profonde et réciproque.

    Le réalisateur ne se contente pas non plus de se contempler en train de filmer un grand western dans des paysages somptueux avec ralentis, musique comme toujours idéale, sa réalisation est ample et magistrale, il parvient à faire de son affaire de mecs plus opportunistes les uns que les autres une grande histoire d'amour. Car quel est le but ultime de Django sinon de retrouver sa douce et sublime Broomhilda ? Et, que d'aventures et de sang versé ATTENTION SPOILER, clic gauche sur la souris si vous voulez lire avant de l'entendre prononcer ces mots : "It's me baby !" ?

    Alors bien sûr, c'est violent (très), bavard (très, très), mais aussi drôle (la scène du Ku Klux Klan est un sketche à mourir de rire !), très sérieux, délirant, extravagant, insensé. C'est du pur Tarantino, mais c'est plus et mieux encore que les autres fois. Dans quelle oeuvre cinématographique peut-on trouver un dandy allemand du far-west, un noir chasseur de blancs, un blanc sadique, une esclave noire qui s'appelle Broomhilda et parle allemand... une scène sublime où Schultz raconte à Django comment Siegfried héros wagnérien s'y prend pour retrouver sa bien-aimée Brünnhilde ?

    Et forcément, et comme toujours la direction d'acteurs est irréprochable tout comme la jubilation évidente des acteurs à faire partie de l'aventure tarantinesque. Christoph Waltz est magnifique. On pouvait craindre au début un copier/coller de son personnage du nazi Lambda des Inglourious. Il n'en est rien et son personnage est beaucoup plus subtil puisqu'il évolue et l'acteur incroyablement sobre. Jamie Foxx est impérial à ses côtés. Samuel L.Jakson se fond admirablement dans le rôle du "nègre" renégat. Et Leonardo DiCaprio assume avec délectation son premier rôle de méchant irrécupérable. Aucune rédemption, aucun remords pour son Calvin Candie. Ce garçon est décidément bien l'un des plus grands acteurs actuels. La preuve ! Les Oscar l'ignorent à nouveau et se contenteront sans doute de lui offrir à 85 ans un Oscar pour l'ensemble de sa carrière où l'on découvrira les plus grands noms de réalisateurs et quelques chefs-d'oeuvre, dont celui-ci.

  • LE MONDE DE CHARLIE de Stephen Chbosky **(*)

    Le Monde de Charlie : affiche

    Charlie entre au lycée. Il n'est plus tout à fait un enfant et pas encore un adulte. Ses années de collège furent éprouvantes et son entrée dans ce nouvel univers risque de l'être tout autant. Charlie est différent, studieux, introverti, timide. Il cherche à la fois à ne pas se faire remarquer (ainsi ne répond-il pas aux questions du professeur de littérature alors qu'il est le seul à en connaître les réponses) et rêve pourtant de se faire des amis. C'est tout à fait par hasard que Patrick et sa demi-soeur Sam repèrent Charlie. Ils sont en terminale et accueillent néanmoins sans réticence le garçon dans leur groupe. Ils sont à l'oppposé de Charlie, extravertis, complices, épanouis, libres et vont lui faire découvrir un monde fait de soirées, de musique, de drogue, de sexe. Le trio devient rapidement complice et inséparable.

    Evidemment ces trois là sont à des années lumière des ados rebelles de Foxfire : confessions d'un gang de filles et le parcours initiatique, le délicat passage vers l'âge adulte est ici moins semé d'embûches, moins chahuté que celui des filles de Laurent Cantet. Une fois encore les parents sont curieusement absents ou indifférents à l'évolution de leurs enfants et ces jeunes semblent vivre chaque jour, chaque expérience comme si leur vie en dépendait, avec à la fois un sérieux et une désinvolture inébranlables. Néanmoins, il se dégage de ce film un peu désuet et charmant un doux parfum de fraîcheur et de sincérité.

    Le "twist" étrange du dernier quart d'heure à la fois attendu et surprenant est assez déconcertant et pourrait faire l'objet d'un tout autre film.

    Une chose est sûre et évidente, Le Monde de Charlie passerait sans doute davantage inaperçu sans son incroyable, charmant et sympathique trio d'acteurs. Et j'envie la génération d'ados qui vont faire la connaissance de ces trois acteurs brillants.  Logan Lerman dans le rôle de Charlie est une révélation (presqu')à la hauteur de celle de Jake Gyllenhaal il y a une dizaine d'années dans Donnie Darko. La délicieuse et pétillante Emma Watson parvient totalement à faire oublier qu'elle a été l'Hermione d'Harry Potter pendant de si longues années. Mais évidemment Ezra Miller, incandescent, embrase une nouvelle fois l'écran. Après We need to talk about Kevin et Another Happy Day où il était un ado terrifiant ou border line, il démontre qu'on peut être si jeune et déjà un grand acteur indispensable. Ce garçon est l'ami de la caméra qui en est folle. Les scènes où il chante, danse mime The Rocky Horror Picture Show déguisé en Tim Curry/Dr Frank-N-Furter valent à elles seules le déplacement...

  • TOURISTES de Ben Weathley **

    Touristes : affiche

    Malgré ses 34 ans bien sonnés, Tina vit toujours avec sa mère, mégère possessive et abusive qui lui reproche régulièrement et ne lui pardonne pas la mort accidentelle de leur petit chien Popy ! On ne se méfie jamais assez des aiguilles à tricoter et des chiens idiots qui font les foufous ! La rencontre de Tina, vieille fille, grande sauterelle pas si mal mais fringuée comme l'as de pic et de Chris géant rouquin plein d'attentions va bouleverser le quotidien de ces deux laissés pour compte qui se trouveront vite foultitude de points communs. Et notamment une entente sexuelle effrénée, débridée, les deux loulous étant parfaitement disposés à toutes les divagations sur le sujet.

    Le départ en caravane pour des vacances ayant comme objectif la visite des musées les plus improbables d'Angleterre à travers la campagne a été méticuleusement préparé par Chris et l'itinéraire soigneusement déterminé. Le périple commence dans la joie et la bonne humeur, malgré la malédiction de la mère d'un tonitruant "je ne vous aime pas" à l'adresse de Chris. Tina et Chris n'en ont cure et après un démarrage prometteur, la véritable nature de ces deux bêtas plutôt bas de plafond va se faire jour.

    Un inconscient touriste va à deux reprises jeter un papier par terre sans le ramasser malgré les exhortations de Chris qui s'érige brusquement en écolo et voilà le malotru malencontreusement renversé et écrabouillé par la caravane ! Comme cela a tout l'air d'un accident, le couple peut reprendre son périple malgré la mort de la victime et la préméditation évidente. Ce qui perturbe le plus Tina et Chris est que leur véhicule soit taché de sang. Et voilà que tous ceux qui n'auront pas l'heur de plaire à Chris, auront simplement la malchance de se trouver sur le chemin de sa mauvaise humeur ou ne correspondront pas au schéma de ses théories à l'emporte-pièces passeront de vie à trépas sans autre forme de procès. Les méthodes du bonhomme seront de plus en plus gores, sauvages et spectaculaires. Si Tina ne sera au début qu'une spectatrice étonnée, elle deviendra rapidement instigatrice, allant jusqu'à éliminer un pauvre randonneur sans la moindre raison.

    Nul doute, ce film est drôle, violent, bête et méchant et les deux acteurs Alice Low et Steve Oram crétins jusqu'au bout des fringues (et également scénaristes) s'en donnent à coeur joie pour jouer les andouilles aussi stupides que gratuitement méchants. Il est dommage que le réalisateur (dont je vous recommande vivement le très dérangeant Kill List) n'ait pas réussi à rendre plus plausible la parfaite entente de Tina et Chris. On sent rapidement que l'imprévisible Chris peut aussi être très très agacé par sa compagne et du coup la fin devient prévisible.

    Il ne reste plus au spectateur qu'à faire les paris sur qui va zigouiller l'autre !