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ricardo darin

  • EVERYBODY KNOWS

    d'Asghar Farhadi ****

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    Avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin, Barbara Lennie

    Synopsis : A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

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  • CARANCHO de Pablo Trapero **

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    Le "carancho" est un avocat de Buenos Aires spécialisé dans les accidents de la circulation. Sosa est l'un d'entre eux qui profite de la corruption pour encaisser une grande partie des indemnités versées aux victimes via les assurances. A l'affût du moindre pigeon, des avocats et des policiers peu scrupuleux rôdent autour des hôpitaux. C'est ainsi que Sosa fait la connaissance de Lujàn, une jeune urgentiste dont il tombe instantanément amoureux. La jeune femme doit accumuler des heures de travail pour être titularisée à l'hôpital. Parfois ivre de fatigue, elle se drogue pour tenir le coup. D'abord réticente aux avances de Sosa, elle va tomber sous le charme. Mais l'union ne fait pas toujours la force dans cet univers pourri.

    Etrange film qui navigue constamment entre polar et histoire d'amour. Ce qui est certain c'est que tenter de vivre une histoire d'amour dans une atmosphère aussi sombre et délétère n'est pas de tout repos, les méchants sachant toujours où frapper pour faire mal. Et Pablo Trapero semble prendre un malin plaisir à démolir le portrait de la jolie Martina Gusman (sa vraie femme dans la vraie vie si je ne m'abuse !). Il n'y va pas de mains mortes sur les coups et blessures, les accidentés de la route et autres plaies sanguinolentes. Beaucoup de noirceur donc, un suspens parfois haletant, une scène où le grand Ricardo Darin tente de façon désespérée de reprendre les choses en mains... mais à trop vouloir en faire, le cinéaste m'a un peu perdue en chemin et je ne savais même plus où se trouvait le pognon !

    Cela dit, deux beaux et grands acteurs très convaincants et désespérément amoureux...

  • DANS SES YEUX de Juan José Campanella ****

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    En 1974 à Buenos Aires, Benjamin Esposito travaille auprès d'un juge. Il est envoyé sur les lieux d'un crime abominable. Une jeune et belle fille de 23 ans, institutrice et mariée depuis peu a été violée et massacrée par un sadique. Immédiatement Benjamin est fortement ému par ce crime. Cette sensation ne fait qu'empirer devant la détresse du mari à qui il doit annoncer la nouvelle. Au terme de l'enquête, l'assassin est retrouvé puis inexplicablement relâché et l'affaire classée. Parallèlement, Benjamin fait la connaissance d'Irene qui devient sa supérieure hiérarchique. L'assassin disparaît à nouveau sans explication. 25 ans plus tard, Benjamin est à la retraite. Il retrouve Irene et lui parle de son projet d'écrire un roman qui aurait pour trame à la fois cette histoire de meurtre et l'amour qu'il éprouvait pour celle qui fut sa collègue et "chef".

    Alors je le dirai franchement, je n'étais déjà pas ravie à l'idée que le "Ruban Blanc" d'Haneke puisse ravir l'Oscar du meilleur film étranger à "Un Prophète" et à MON Tahar. Et j'avoue que j'étais encore plus déconfite en apprenant que c'était un film Brésilien qui ne serait peut-être même pas arrivé jusqu'à nous sans cet honneur qu'il a remporté ! Et là, en voyant "Dans ses yeux", je me dis que l'Académie parfois a des coups de génie. Et ce, même si cette andouille de Laurent Delmas, qui n'en est jamais à une ânerie pour tenter de faire comique, a affirmé : "c'est comme si Simenon était en lice pour le Goncourt et qu'on attribuait le prix à Marc Lévy" ! Car ce film est de l'espèce précieuse et rare devant laquelle je me prosterne tant il me ravit sans condition. Mener de front et de cette façon subtile et implacable une histoire, puis deux, puis trois, sur deux périodes différentes, alterner les flash-backs, le présent, le passé, mêler histoire d'amour, thriller, enquête, vengeance, passion et justice avec parfois en fond sonore la télé qui nous rappelle qu'on est en Argentine où sévit une dictature, où les disparitions de personnes qui ne réapparaissent jamais ne sont pas surprenantes, où la corruption est implicite, la justice une chimère, est tout simplement impressionnant. Et encore, je ne parle pas des acteurs qui sont prodigieux.

    Ce film est brillant à tous les niveaux. C'est assez époustouflant de rendre une histoire d'amour qui en fait n'a jamais lieu aussi envoûtante. On s'étonne avec effaremment de toutes les occasions manquées d'un homme intelligent que l'amour rend stupide. Le spectateur voit les signes et les appels indiscutables qu'Irene s'évertue à envoyer à Benjamin qu'il s'applique à ne pas remarquer, par timidité, à cause de la différence de classe sociale ou parce qu'il croit cette fille rêvée trop bien pour lui. Le voir gâcher leurs deux vies avec tant d'application par pur aveuglement est à la fois horripilant et bouleversant. Quant à l'enquête, elle est passionnante car elle nous mène sur les traces d'un grand malade, tueur par dépit et aussi parce qu'elle est menée par Benjamin et son impayable acolyte, son collègue alcoolique, un type un peu pathétique mais hallucinant de drôlerie. Quelques moments d'anthologie entre Benjamin et lui donnent lieu à des scènes hilarantes et là encore le réalisateur réussit le tour de force que ces fourires ne soient pas incongrus dans une histoire si sombre et douloureuse parfois.

    Le film doit aussi énormément à ses acteurs, notamment le trio formé par Guillermo Francella, le collègue à la tête d'ahuri impossible (son message pour s'annoncer chaque fois qu'il décroche le téléphone est désopilant), par Irene qui s'appelle Soledad dans la vraie vie, et l'on comprend pourquoi, cette fille est un astre solaire, et surtout, surtout, l'immense, époustouflant, prodigieux Ricardo Darin. Je l'ai découvert dans "Les neuf reines" (film que je vous recommande vivement), il ne cesse de démontrer depuis qu'il est un acteur extraordinaire, magnétique, charismatique...

    Avant d'en arriver à une porte qui se ferme sur une possibilité d'apaisement, Juan Jose Campanella nous fait vivre une scène strictement thétanisante comme j'en ai peu vécue au cinéma. Maintenant, si vous ratez ce film, c'est à désespérer !