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RIFKIN'S FESTIVAL

de Woody Allen ***

RIFKIN'S FESTIVAL de Woody Allen, cinéma, Wallace Shawn, Elena Anaya, Gina Gershon, Louis Garrel, Sergi Lopez

avec Wallace Shawn, Elena Anaya, Gina Gershon, Louis Garrel, Sergi Lopez, Christoph Waltz

Mort Rifkin accompagne sa femme Sue au Festival du Film de Saint Sébastien. Il est rapidement délaissé par son épouse de vingt ans sa cadette et il soupçonne qu'elle entretient une liaison avec un réalisateur français vingt ans plus jeune qu'elle.

Intello hypocondriaque et bavard, pas de doute, Mort est le double de Woody Allen. Et il en a également l'humour vachard parfois surtout à l'encontre de Philippe le jeune réalisateur bellâtre et suffisant. C'est l'hypocondrie de Mort et une douleur du côté du coeur qui l'amènent à consulter. Et comme parfois les choses sont bien faites, le docteur s'appelle Jo (pour Joanna) et c'est une charmante jeune femme qui traverse une passe difficile avec son mari, un peintre créatif qui ne peut résister à ses modèles. Même si on a beaucoup de mal à imaginer qu'une telle femme puisse tomber sous le charme de (la conversation de) Mort (l'acteur Wallace Shawn a un physique et une voix... comment dire... difficiles).

Pas de grande révolution donc, une voix off, des airs de jazz joyeux ou mélancoliques, des problèmes de couples, un générique un peu modifié, agrémenté de quelques fioritures, une nouvelle directrice de casting etc, mais comme ce cher Woody a 86 ans et qu'il a de plus en plus de difficultés à monter ses projets, je me précipiterai toujours pour découvrir ses films en craignant chaque fois que ce soit le dernier, même si cette nouvelle séance de psychanalyse ne nous apprend rien de nouveau sous le beau soleil du pays basque.

Après la pluvieuse parenthèse juvénile d'A rainy day in New York, Woody s'échappe une nouvelle fois en Europe. Les déambulations de son personnage principal et de sa cardiologue guide espagnole nous entraînent dans la découverte de Saint Sébastien, ville festivalière encore lumineuse en cette fin d'été entre plage, montagnes et vieilles pierres. La lumière orchestrée par Vittorio Storaro nous invite avec délice à la balade. Je dirai que le film est fait pour les gens comme moi, admirateurs de la première à la dernière heure. Qui trouveront toujours qu'un film de Woody Allen est supérieur à la moyenne ambiante. Même si celui-ci n'atteint pas les sommets des Manhattan, Midnight in Paris, La rose pourpre du Caire, Blue Jasmine,  Match point ou encore Le rêve de Cassandre la musique allenienne est toujours douce à mes oreilles.

Mort n'est pas dupe de la trahison de sa femme avec le réalisateur complètement idiot capable de proférer sans rire lors d'une conférence de presse que "certaines guerres sont utiles". Mort (ou Woody) n'est jamais tendre avec ce Philippe bête et prétentieux à qui il ne pardonne pas de lui avoir donné un surnom méprisant. Il est interprété avec le plus grand sérieux par Louis Garrel dont on connaît parfaitement le sens de l'autodérision et qui ici annonce à qui veut l'entendre que son prochain film réconciliera les juifs et les arabes. Un régal.

Woody se demande toujours s'il a réalisé un chef d'oeuvre, se pose mille questions sur le sens de la vie, la peur de la mort qui approche et nous offre quelques rêves/cauchemars en noir et blanc en revisitant les scènes de quelques  réalisateurs adorés : Welles, Bergman, Fellini, Godard, Bunuel, Truffaut et le Lelouch d'Un homme et une femme.

Ce modeste petit bijou mélancolique et cinéphile, drôle et plein d'ironie a enchanté ma journée.

Commentaires

  • De rien :-)

  • Complètement d'accord avec toi ! Rien d'exceptionnel mais un" Woody moyen est toujours au-dessus de la moyenne ambiante" pas faux ;)

  • Sans surprise on retrouve les thèmes qu’on affectionne chez Woody. On ne se lasse pas de ses remarques sur ses maladies imaginaires ou sur la Shoa. Humour noir qu’il peut se permettre.
    De plus ici, avouons que les parodies de ses « réalisateurs adorés » nous procurent un plaisir cinéphilique totalement narcissique ! La dernière particulièrement…

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