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steve carell - Page 2

  • JUSQU'À CE QUE LA FIN DU MONDE NOUS SÉPARE de Lorene Scafaria **

    Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare : photo Steve CarellJusqu'à ce que la fin du monde nous sépare : photo Steve CarellJusqu'à ce que la fin du monde nous sépare : photo Steve Carell

    Dans 21 jours un astéroïde percutera la terre. Bruce Willis étant occupé à Vegas, le monde, qui se limite aux Etats-Unis d'Amérique évidemment, n'a plus qu'à commencer le décompte et s'en remettre à Dieu ou à Oprah ! La télé qui émet encore, affiche le compte à rebours et c'est un peu flippant de voir les jours, les heures, les minutes avancer à reculons.

    La bonne idée est d'annoncer la couleur dès le début, aucune échappatoire n'est possible. Et de s'y tenir à la fin : le grand baoum est d'ailleurs très joliment orchestré. Quand on n'a pas le budget d'Armageddon ou le Jour d'Après, le cinéma offre des astuces, autant s'en servir... La moyenne mauvaise idée est d'avoir fait de ce drame apocalyptique une rom-com. La très très mauvaise idée est d'avoir choisi Keira Knightley comme actrice principale. La demoiselle n'en démord pas, le cinéma est bel et bien pour elle et définitivement, 24 grimaces/secondes. Je m'attendais à tout instant la voir reproduire sa redoutable cascade de décrochage de menton mais on y échappe de peu même si sa mâchoire avance parfois de façon invraisemblable et incompréhensible. Pourquoi fait-elle ça ? La façon dont cette fille anime son visage, ce qu'elle fait subir à sa face et à notre regard est tout simplement irregardable. Elle retrousse les babines, soulève les sourcils indépendamment l'un de l'autre (je suis sûre qu'il faut s'entraîner), elle tressaute, s'agite, éclate de rire, pleurniche... En outre elle est attifée comme une souillon, coiffée comme un balai. Bref le total look poubelle, ce qui n'arrange rien à l'antipathie qu'elle provoque chez moi. Heureusement elle est atteinte d'une espèce de narcolepsie qui nous assure régulièrement quelques instants de répit.

    Lorsque Dodge (c'est le garçon) apprend que c'est définitif, la terre va vivre ses 3 dernières semaines, il est en voiture avec sa femme qui le plante là sans la moindre explication, préférant aller expérimenter sa fin du monde sans lui. Désormais seul dans son appartement, il retrouve les photos de son amour de jeunesse qu'il entend rejoindre avant de faire le grand saut. Mais il fait la connaissance de sa jeune voisine Penelope, une glandeuse farfelue et pleurnicheuse qui elle aussi plaque son mec. Tous les deux quittent la ville livrée aux pillards et vont s'entraider pour réaliser leur toute dernière volonté : rejoindre sa chérie pour lui, sa famille pour elle.

    Et voilà comment on se prend à s'interroger sur la façon dont on réagirait si l'on savait qu'il ne nous restait plus que quelques jours à vivre ? Avec qui choisirions-nous d'être et que choisirions-nous de faire ? Le road-movie est donc l'occasion d'être mis en présence de divers personnages et diverses situations. Il y a ceux qui font des fêtes et testent leurs limites en sombrant dans l'alcool, la drogue, le sexe, ceux qui continuent un temps d'aller au travail, l'épicier qui se met à vendre ses produits à des prix exorbitants, ceux qui se rassemblent ou se réfugient au sein d'une simili secte new-age, d'ex G.I bodybuildés qui aménagent un abri souterrain et entendent repeupler la terre plus tard...

    Tout cela est loin d'être inintéressant mais en zigzaguant entre drame et comédie la réalisatrice fait perdre pas mal d'impact à son film. Dommage. Cela dit, un film qui donne envie de revoir Melancholia (découvert il y a tout juste un an, le mois d'août semblant être la période idéale pour nous parler fin du monde), LE film apocalyptique parfait, cet affolant gouffre d'angoisse... ne peut être tout à fait mauvais. Et puis aussi, surtout, il y a au coeur de ce film bancal, cet acteur étonnant : Steve Carell. Incarnation à la fois du charme et de la dépression, il réussit, malgré les fâcheux revirements, baisses de régime et différences de ton, à maintenir l'équilibre mélancolique d'une histoire forcément anxyogène. Sa façon calme et rassurante d'accepter la fin de toutes choses est réellement touchante. J'attends un GRAND rôle DRAMATIQUE pour cet acteur épatant !

  • CRAZY NIGHT de Shawn Levy **

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    Phil et Claire forment un couple qui s'aime, mais entre leurs deux enfants encore petits et leur boulot fatigant, ils se sont installés dans une routine ronronnante et sont devenus les meilleurs amis du monde. Leur petite soirée dans le même restaurant où ils prennent invariablement le même plat fait aussi partie de leurs habitudes hebdomadaires. Alors qu'un couple d'amis leur annonce qu'ils vont divorcer, Phil et Claire prennent conscience qu'il faut qu'ils se reconquièrent mutuellement pour ne pas en arriver à la même extrémité. Phil décide d'emmener Claire dans l'un des restaurants les plus courus de Manhattan. L'endroit est bondé et sans réservation des semaines à l'avance, impossible d'obtenir une table. Ils se font donc passer pour les Triplehorn qui avaient réservé et ne répondent pas à l'appel de leur nom. Hélas, ce couple est poursuivi par des gangsters qui cherchent à récupérer une mystérieuse clé USB. Au cours d'une nuit un peu folle, la monotonie de ce couple paisible va éclater puisqu'ils vont devoir échapper à des tueurs.

    C'est évident la seule et unique raison de voir ce film était pour moi la présence de Steve Carell que j'aime d'amour parce qu'avec sa ptite bouille tristounette, son humour nonchalant, dépressif et mélancolique, sa présence un peu raide et indolente, il me fait mourir de rire. Son espèce de maladresse flegmatique, sa façon de commenter tout ce qu'il fait comme si les autres n'étaient pas là et d'afficher en toute circonstance une apparente résignation le rendent infiniment drôle et attachant.

    Le scénario réserve peu de surprises et les gags s'enchaînent sans beaucoup d' originalité, mais la grande trouvaille est d'avoir associé Steve Carell à Tina Fey (actrice bien barrée ne reculant devant rien, sosie et imitatrice officielles de Sarah Palin) qui pour une fois n'est pas le faire valoir de la star masculine qui tirerait la couverture mais bien son double et son alter ego. Fonctionnant sur le même rythme, ils pratiquent exactement le même humour qui semble laisser énormément de place à l'impro et du coup les personnages qu'ils interprètent comme les acteurs qu'ils sont, démontrent une complicité vraiment réjouissante.