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gael garcia bernal

  • NERUDA

    de Pablo Larrain **(*)

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    Avec Luis Gnecco, Gael Garcia Bernal, Mercedes Moran

    Synopsis : 1948, la Guerre Froide s’est propagée jusqu’au Chili. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète.

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  • MÊME LA PLUIE de Icíar Bollaín ***(*)

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    Ce film j'ai eu l'impression de le prendre en route, comme s'il était déjà commencé lorsqu'il a démarré. C'est difficile à expliquer et j'ai du mal à placer des mots sur ce que j'ai vu alors que ça m'a vraiment emballée. Il faut que je vous en parle (brièvement) avant la fin du week end au cas où vous hésiteriez entre plusieurs films. Alors je dirai qu'il y a celui-ci impérativement et Poupoupidou absolument... et aussi Cabeza de Vaca pour les plus téméraires...

    Sebastian, jeune réalisateur et son producteur Costa doivent choisir quelques figurants pour le tournage de certaines scènes du film qu'ils tournent en Bolivie. Ils sont espagnols mais le choix du pays s'est imposé pour des questions de restrictions budgétaires. La main-d'oeuvre locale peut travailler à moindre coût. Sebastian et Costa sont stupéfaits par la file d'attente et le nombre de candidats qui se présentent au casting : environ deux cents personnes alors qu'ils n'en ont besoin que de quatre. En choisissant Daniel pour interpréter un des personnages "indigènes" principaux, ils savent que ce ne sera pas de tout repos et ils ne se trompent pas. En effet, Daniel devient rapidement le chef de file d'une révolte locale contre le gouvernement qui entend privatiser l'eau jusque là disponible à tous.

    Dans le même temps le film qui est en train de se tourner relate la façon dont se sont conduits Christoph Colomb et ses hommes envers les "indiens" lors de la découverte du Nouveau Monde ! L'exploitation, l'esclavagisme, les représailles, les mutilations étaient le lot quotidien de la population brutalement assujettie aux colons résolus à s'enrichir grâce aux mines d'or. La révolte et la résistance des indiens du XVIème siècle font donc écho à celles du peuple bolivien face au pouvoir en place. Mais la réalisatrice propose encore un troisième axe en mettant le réalisateur et le producteur face à un dilemme, à leur engagement et à leurs convictions. Comment peuvent-ils réaliser un film qui parle de l'exploitation de l'homme par l'homme, de révolte, d'insurrection et ignorer le combat pour la vie qui se joue sous leurs yeux ? Dans un premier temps, c'est le film que Sebastian et Costa vont défendre coûte que coûte. Peu à peu la protestation du peuple va se faire de plus en plus extrême et violente compromettant chaque jour un peu plus le tournage du film. Et ce n'est pas celui qu'on imaginait qui s'impliquera finalement le plus dans la lutte, jusqu'à risquer sa vie auprès des boliviens.

    Le tournage et l'histoire du film dans le film sont aussi passionnants que la lutte contemporaine qui s'amplifie. Une population qui ne possède déjà rien se voit confisquer son dernier bien précieux et vital : l'eau. C'est magnifique et aucun pathos ne vient encombrer ou dénturer la misère, la dignité et le courage éloquents qui se révèlent sous nos yeux. Un film fort, à la fois engagé et grand public, souvent tendu à l'extrême, des paysages somptueux, grandioses et trois acteurs admirables Gael Garcia Bernal, Luis Tosar et Carlos Aduviri : DU CINEMA.

    P.S. : l'étoile (*) est justifiée par la fin étrangement bâclée en 10 minutes comme si la réalisatrice avait brusquement manqué de bobines...