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  • Comme une étoile dans la nuit de René Feret **

    Comme une étoile dans la nuit - Salomé Stévenin et Nicolas GiraudComme une étoile dans la nuit - Salomé Stévenin et Nicolas Giraud

    Anne et Marc s’aiment d’amour fou et se le prouvent plusieurs fois par jour. Ils décident de vivre ensemble, se marier, avoir un enfant… pas forcément dans cet ordre. Mais à la suite d’un contrôle médical Marc apprend qu’il est atteint de la maladie de Hodgkin. Le diagnostic ayant été fait tardivement, les divers traitements (opération, chimiothérapie) échouent. Marc va mourir et Anne décide de l’accompagner jusqu’au bout.

    On ne peut évidemment reprocher à René Feret la pudeur et la délicatesse avec laquelle il traite ce sujet délicat mais à force de contourner prudemment tous les dangers d’un thème où l’amour, la maladie et la mort se rejoignent, il oublie également de nous bouleverser. Et j’aurais bien eu envie de pleurer sur ce film d’amour et de mort…

    On a beau admirer l’attitude d’Anne qui reste forte, gaie, courageuse et digne jusqu’à la fin, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on ne parviendrait jamais à la cheville d’un tel héroïsme. Car c’est bien être héroïque que de rester debout et pratiquement seule quand votre principale raison de vivre s’échappe peu à peu. Marc aussi est radicalement noble face à sa maladie et son déclin inéluctable. Il cherche même bravement à se trouver un successeur, qu’Anne évidemment repoussera. Tout est admirable chez ces deux là.

    Par contre, pratiquement tout l’entourage, à l’exception de la sœur de Marc, réagira à peu près de la même façon. Terrorisé par la maladie et son issue inexorable, tout le monde disparaîtra ou s’éloignera. Lorsque Anna cherchera du réconfort, personne ne se montrera à la hauteur de son chagrin à elle, la laissant seule pour affronter le combat qu’elle mène pour accompagner son amour dans la mort.

    Ce film fait peur et surprend, car il parle franchement d’un sujet presque tabou. Mais il n’oublie pas de montrer que dans pareil cas, la personne qui souffre le plus est la personne malade et non pas, selon un « dicton », celui qui reste. Cette mort annoncée est d’autant plus injuste qu’ici elle frappe un homme tout jeune plein d’avenir et de projets. Par leur amour, Anne et Marc parviennent à la transcender.

    Salomé Stévenin, digne fille de son père et sœur de ses frères est une beauté, Nicolas Giraud, le sosie de son père. Tous les deux sont éblouissants.

  • Leonera de Pablo Trapero ***

    Leonera - Martina Gusman

    Leonera - Martina GusmanLeonera - Martina Gusman

    Julia se réveille difficilement un matin. Deux hommes couverts de sang gisent près d’elle dans son appartement. L’un d’eux est mort. Julia ne parvient plus à se souvenir ce qui s’est réellement passé mais elle est incarcérée et condamnée pour meurtre. Elle découvre qu’elle est enceinte et doit donc vivre les premières années de sa détention (jusqu’aux 4 ans de l’enfant) dans un quartier réservé aux femmes qui ont des enfants nés en prison. Malgré les jouets, les poussettes, les cris d’enfants on est bien loin du paradis d’autant que Julia va devoir se battre pour retrouver son enfant lorsque sa mère va décider de lui enlever estimant que la place du petit n’est pas en prison…

    Après le film sur les conditions de vie dans une prison d’Irlande (« Hunger ») et celui sur ce qu’on est capable de faire par amour (« Pour elle ») voici le film qui cumule les deux thèmes et en explore un troisième, rarement aussi bien exploité au cinéma, l’instinct maternel. Car c’est de cet amour dont il s’agit, celui qu’une mère porte à son enfant et qui se révèle malgré l’horreur, l’enfermement, la promiscuité.

    N’imaginez pas (comme je l’ai fait) que « Leonera » est un prénom de femme, cela signifie à peu près « lionne en cage », et Julia va en devenir une, s’effondrer d’abord puis se relever. Son combat et sa résurrection sont magnifiques. D’abord terrassée par ce qui lui arrive elle reste prostrée dans sa cellule. Hostile à cette grossesse, elle va jusqu’à se marteler le ventre de coups de poing pour tenter de l’interrompre. A la naissance du petit Tomas, la mère et le fils vont se rejeter mutuellement mais provisoirement, puis s’apprivoiser l’un l’autre peu à peu. C’est le triomphe d’un sentiment, d’une attirance plus forts que soi. Grâce à la complicité, l’entraide, la fraternité (aucun mot n’existe pour les filles !!!) des autres et à la tendresse de Marta co-détenue patiente, admirable, maternelle et amoureuse, à l’amour démesuré qu’elle porte à son fils, Julia va retrouver le sourire et surtout des raisons de vivre.

    Malgré un sujet éminemment mélodramatique, à aucun moment le réalisateur (et sa fabuleuse actrice) ne sombrent dans le pathos et le misérabilisme et cela relève de l’exploit. Tout est traité avec dignité, sobriété et humanité bien qu’à aucun moment les conditions de détention dans cette prison de Buenos Aires ne soient présentées comme idéales. Au contraire, l’ambiance est déplorable et les bruits de fond, portes qui claquent, pas qui résonnent, sont constants. Mais la solidarité qui règne entre ces femmes, quoiqu’elles aient pu faire pour se retrouver là, leur façon de couver leurs enfants étreignent le cœur.

    Et Julia est incarnée par une actrice extraordinaire Martina Gusman (sosie d’Angelina Jolie par moments) vraiment impressionnante, qui porte en elle la rage, la révolte et l’émotion d’un rôle immense. Elle est de ces héroïnes, comme le font plusieurs personnages du film, qu’on a envie de prendre dans ses bras, de rassurer et d’embrasser.

    Tout le film est centré sur elle et pourtant il n’oublie jamais de nous rappeler constamment où nous sommes avec elle : en prison. La fin est peut-être invraisemblable mais le dernier quart d’heure n'en est pas moins absolument palpitant… J’ai vraiment hâte de retrouver cette actrice merveilleuse.

  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY 2009

    Pour les milliers de lecteurs quotidiens qui ne peuvent démarrer leur journée sans passer sur cette route,

     

    je rappelle qu’il ne reste qu’UNE SEMAINE pour rédiger une belle lettre pour être un des 8 « élus » et devenir membre du

    Jury Du Festival International du Premier Film d’Annonay.

    Une semaine, c’est trop qu’il n’en faut pour faire une belle lettre avec le cœur et les doigts mais il faut s’y mettre sans tarder quand même. Pour connaître toutes les modalités, il suffit de cliquer ici ou de lire le résumé qui suit.

     

    Les films en compétition viennent du monde entier (il est International le Festival, tu sais lire ou bien ?). Le jury est composé de cinéphiles choisis dans toute la France, et sera présidé cette année par la réalisatrice Solveig Anspach. Il se réunira à Annonay du JEUDI 5 au DIMANCHE 9 FEVRIER 2009 (inclus sont le jeudi et le dimanche…), période pendant laquelle tous les films en compétition seront projetés en présence de leurs réalisateurs.

    Dans un courrier de candidature de 3 pages maximum il faut indiquer tes nom, prénom, âge, profession, adresse et numéro de téléphone, adresse mail éventuellement. Ainsi que tout ce qui peut aider à cerner ta personnalité de cinéphile : les deux ou trois films que tu as le plus aimés cette année, tes réalisateurs préférés, les genres cinématographiques que tu aimes et ceux que tu n’aimes pas, les raisons pour lesquelles tu souhaites devenir membre du jury, la place qu’occupe le septième art dans ta vie, et blablabla… Tu parles cinéma quoi !

    Ce courrier doit parvenir avant le 15 décembre 2008 à :

    FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM

    MJC - Avenue Jean Jaurès - 07100 ANNONAY

    Tél. : 04 75.32.40.80 - Fax : 04 75.32.40.81

    email : cinema@mjcannonay.org

    Qui plus outre, et non des moindres, les frais d’hébergement et les repas sont pris en charge ainsi qu’une (grande) participation aux frais de voyage ! Si tu veux comprendre en quoi l’évènement est unique et inoubliable clique dans ma rubrique « Festivals » et va à la pêche à tout ce qui concerne le Festival d’Annonay, tu verras ce que tu verras.

     

    Alors, qu’attends-tu ?

    Ah oui, je sais… il y a mille questions et affirmations qui se bousculent dans ta petite tête. Mais pour avoir été une des « élues » en 2005 et y être retournée tous les ans depuis en tant que pot de colle, je peux assurer que 100 % des « élus » se sont posés les mêmes questions dont voici un petit échantillon non exhaustif.

    ANNONAY : c’est où ça ???

    Mauvaise question. Cherche bien tu vas trouver !

    Annonay la cité sous les cèdres concilie par sa situation géographique les avantages de la ville, du plein air et de la Nature. Bâtie sur sept collines et au confluent de deux rivières, la Cance et la Deûme, Annonay demeure une ville touristique à dimension humaine où il fait bon vivre. Elle est célèbre dans le monde entier entre autre pour trois choses :

    - les Frères Montgolfier avec qui a commencé la conquête de l’air et de l’espace,

    - le papier Canson qui a accompagné toute notre scolarité,

    - le Festival International du Premier Film depuis 26 ans

     

    JE NE VAIS AU CINÉMA QUE DEUX OU TROIS PAR MOIS, CE N’EST PAS POUR MOI. JE NE SERAI JAMAIS CHOISI(E)…

    Trois questions en une je sais, mais je sais aussi que les trop longues notes, ça te fatigue et que tu ne les lis pas, alors je résume. En tout cas, le troizenun c’est tout faux aussi. A Annonay « on » ne fait pas de discrimination entre ceux qui ont vu « Bienvenue chez les Chtis » ou « Astérix » et ceux qui préfèrent tous les films d’Apichatpong Weerasethakul… pas plus que ne sont privilégiés ceux qui voient 5 films par semaine par rapport à ceux qui n’en voient que deux par mois. Ce qu’il faut, c’est de la conviction et du cœur. Et ça tout le monde peut en avoir (certains plus que d’autres… d’accord !).

     

     

    JE SUIS TROP JEUNE, JE SUIS TROP VIEUX (VIEILLE).

    Archi faux ! Chaque année, pratiquement chaque tranche d’âge est représentée et à chacune de mes visites les membres du jury avaient entre 17 et 77 ans. Je sais, c’est dur pour les octogénaires !

     

     

    C’EST TROP INTELLO POUR MOI.

    Ratafaux. Etudiant, technicien de surface, prof, chômeur, retraité, chercheur au CNRS… A Annonay, « on » n’apprécie pas les gens en fonction de leur statut social. De toute façon, en février à Annonay, tout le monde a la goutte au nez !

     

     

    JE SUIS TIMIDE MAIS RIEN NE ME SOIGNE.

    Tant mieux. Un séjour au Festival d’Annonay va te faire économiser 10 ans de psychanalyse. Tu en repartiras transformé à jamais avec le cœur et la tête débordant d’amour, d’intelligence et de bonheur. Car pour « défendre » ton film chouchou préféré, tu braveras ce léger handicap qui te fait bégayer et puis si tu deviens rouge comme une pivoine ça fait bien rire les autres qui ont du self-control en toutes circonstances. Et les parties de rigolade font partie intégrante, obligatoire et immanquable du festival.

     

     

    J’AI DÉJÀ ÉCRIT UNE FOIS, JE N’AI PAS ÉTÉ CHOISI(E)

    Retente ta chance en ajoutant du cœur, du vécu, de l’émotion, en supprimant les fautes etc. Mais reste poli et ne joue pas les psychopathes, genre « si je ne reçois pas une réponse positive, je viens vous péter les dents ! »… ça fait peur et il y a des personnes sensibles parmi les sélectionneurs..

     

     

    J’AI DU MAL À M’INTÉGRER À UN GROUPE.

    Excuse nulle et non avenue… C’est MON problème fondamental. Donc, camembert. On s’adapte sans même s’en rendre compte. Bien sûr, chaque année, il y a l’incompris(e) de service qui s’exclut tout(e) seul(e)… ça s’explique pas, ça se constate. Il y en a toujours un(e) qui se croit au-dessus du reste du monde, des lois et de la France d’en bas, l’intello gavant(e) gauche caviar ou droite jambon/beurre qui sait tout sur tout mais on s’en cogne. En règle générale, vu d’avion un jury est très joli à voir. Il se déplace d’abord en file indienne, à la queue leu leu, puis par couples ou groupes de 3 ou 4… ou mieux ou pire encore, comme ce fut le cas l’année dernière en paquet (presque) compact.

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    PFFF ! Y’A MÊME PAS DE STAR !

    Erreur, chaque année il y a des invités surprises, souvent de dernière minute. Et de toute façon, tous les réalisateurs, parfois acteurs des films en compétition (les stars de demain) sont sur place et tu peux les croiser, les rencontrer, manger, boire et même discuter avec eux. Parfois tu les bouscules aux toilettes, preuve qu’ils sont des gens comme toi et moi avec des besoins urgents et des envies pressantes.

    D’ailleurs les présidents du jury et du jury des lycéens sont toujours des gens très très connus et en 2007, il y avait même un tapis rouge pour accéder au « Palais »… Et l’année dernière, il y avait un acteur palmé qui est arrivé tout ronchon et reparti tout gai-luron (il s'accrochait même, il a demandé l'asile politique, mais on lui a dit "c'est fini monsieur, vous pouvez rentrer chez vous là !")… De toute façon, quand il a son journal, son café, ses clopes et sa terrasse de bistrot, « il » est tout content.

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    DERNIER ARGUMENT POUR TE CONVAINCRE :

    Rencontrer Gaël, directeur artistique (autrement nommé « l’encyclopédie du cinéma de 1895 à nos jours » et sa femme Florence (la seule fille que je connaisse qui fasse du cheval à dos de tortue géante) et tous leurs potes bénévoles tous plus croquignolets choux les uns que les autres…

    Et enfin, cerise sur le tirelipompom :

    J’Y SERAI !

     PS. : anciens "annonaisiens" pour le temps du Festival, si vous passez par ici... merci d'ajouter vos arguments aux miens pour convaincre les derniers récalcitrants.

  • MA SEMAINE AU CINEMA

    LE CŒUR ***

     

     

    UNE FAMILLE CHINOISE de Wang Xiaoshuaï

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    L’HORREUR ***

     

    JOHNNY MAD DOG de Jean-Stéphane Sauvaire

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    L'ACTEUR... ***

     

    POUR ELLE de Fred Cavayé

     

     

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    LE BROCOLI (pour changer des navets) °

     

    LE PRIX DE LA LOYAUTÉ de Gavin O’Connor

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    ET N'OUBLIEZ PAS :

    SI VOUS REVEZ D'ÊTRE MEMBRE DU JURY DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY,

    IL FAUT CLIQUER ICI OU LA .

    VOUS AVEZ JUSQU'AU 15 DECEMBRE POUR POSER VOTRE CANDIDATURE.

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  • Pour elle de Fred Cavayé ***

    Pour elle - Vincent LindonPour elle - Vincent LindonPour elle - Vincent Lindon et Diane Kruger

    Julien et Lisa sont mariés, heureux, amoureux et ils ont un petit garçon forcément génial, Oscar. Tout est idéal jusqu’à ce matin où Lisa se fait (très) brutalement arrêtée devant ses deux chéris. Accusée du meurtre de sa patronne, elle est condamnée à 20 ans de prison. Après que le pourvoi en cassation ait été rejeté et qu’elle ait tenté de se suicider, Julien décide de passer à l’acte pour sortir Lisa de prison.

    Pourquoi un film bourré d’invraisemblances, d’énormités, de coups de bol improbables qui font avancer le héros est-il aussi agréable à voir, intéressant voire franchement palpitant par moments ? Parce qu’il est vraiment bien fait et que pas un seul instant on ne décroche de la folle progression de Julien qui sombre irrémédialement dans l’illégalité la plus dure pour tenter de sauver la femme qu’il aime. On ne croit pas vraiment que monsieur tout le monde puisse se transformer du jour au lendemain en loup solitaire capable du pire et de monter seul un scénario abracadabrantesque pour réussir l’évasion d’une prison, et on s'en fiche car à aucun moment le film n’est ridicule même s’il est extravagant. Et la façon dont Julien prépare son « coup » avec force croquis, références, photos dont il couvre les murs de son appartement, est tout simplement haletante et laisse complètement bouche bée.

    Il faut dire aussi et surtout que le film est tout entier porté et même emporté par un acteur quasi omni-présent qui ne ménage pas sa peine et parvient à être crédible en toute circonstance (un peu moins en prof de français cela dit). Bien que Diane Kruger soit très crédible et convaincante, Vincent Lindon, amoureux fou, mari désespéré, papa poule, voyou, tueur, en peu de mots mais avec sa présence massive et charismatique, est l’homme de toutes les situations et de ce film énergique et fougueux. Pas un "grand" film mais un très, très bon film et c'est beaucoup, une surprise inattendue et un acteur... mais quel acteur ! A un moment, Lisa/Diane dit à Julien/Vincent "tu es beau" en lui caressant le visage et effectivement il l'est, de son étrange beauté, c'est-à-dire plus que beau, magnifique, magistral, intense, douloureux, solide, fiévreux...

  • Le prix de la loyauté de Gavin O’Connor °

    Le Prix de la loyauté - Edward Norton

    Jim n’a même pas le temps d’assister au repas annuel de fin de championnat de foot. Pourtant il a conclu la saison par un beau 2-81 faisant remporter la victoire à son équipe. Mais Jim est appelé en renfort pour un 10-13 ! Et oui, Jim est keuf et le 10-13, c’est quand y’a « un homme à terre ». Et là, d’ailleurs y’en a 4. Les morts de keufs sont toujours plus graves que les morts toutes courtes et pourtant on s’en fout. On ne les connaît pas les 4 gisants. Mais parfois ça n’empêche pas que ça donne des films. En plus ici, Jim est le beau-frère de deux frères qui sont flics aussi et beau-fils du père des deux autres qui était flic itou dans une autre vie. Alors tout le monde se retrouve pour résoudre l’enquête et rapidement, il semblerait qu’il y ait de la pourriture dans l’air !

    Ça vous dit quelque chose ? Normal, on en a vu des kilos de pellicules de films sur les méthodes de barbares et de voyous des flics ripoux avec cervelles qui giclent sur les murs et scènes de tortures gratinées. Manque de bol, Gavin (c’est le réalisateur) a vu « La nuit nous appartient » et ça lui a fait piquer une grosse crise de jalousie. Pas fier, il a même ajouté une histoire familiale où chacun a des trucs lourdingues à assumer et il a cru qu’il réussirait à nous entourlouper. Loupé Gavinou, tout le monde n’est pas James Gray et avec ton histoire d’honneur, famille, loyauté, tu arrives avec plusieurs rames de retard et le résultat est assez consternant voire peut-être ennuyeux et sûrement très très très long.

    Je vous dis pas qui est le ripoux de chez ripoux, comme ça, ça vous fera trois minutes de suspense.

    Alors je peux vous parler des dialogues si ça vous chante. Exemple :

    « ma famille c’est TA famille »,

    « si tu touches à MA famille, je te casse les dents »,

    « tu m’as trahi Jimmy ! »,

    « t’es un mec bien Francis »,

    « je vais le fumer ce mec »,

    « si tu fais quoi que ce soit, je te colle en prison et c’est ton cul qui va fumer » (cette réplique évidemment, je ne l’ai pas comprise, je suis romantique moi !)

    etc.

    Je peux parler des rôles et des acteurs aussi. Les femmes et les enfants d’abord. Bon allez, que les femmes parce que les moutards, à part quelques hurlements stridents à la american way of life quand ils ouvrent leurs cadeaux de Noël, rien à dire, on voit même pas leurs figures. Alors donc les femmes sont des actrices qui sont TOUTES inconnues au bataillon (en ce qui me concerne) et on comprend pourquoi. Les pauvres n’ont vraiment pas grand-chose comme part de bifteack à se mettre sous la dent. Ce sont toutes des pondeuses plus ou moins mourantes à qui on dit « file dans ta chambre » quand il y a des discussions entre hommes. Et elles le font les nouilles (pour rester polie) !!!

    Sinon, y’a les hommes.

    D’abord Noah Emmerich, c’est lui :

    Le Prix de la loyauté - Noah Emmerich et Jon Voight

    Il est mauvais comme un cochon, c’est pas croyable. En plus ça lui va pas du tout le costume d’apparats (à cause du béret j'imagine). Et puis il faudrait que quelqu’un lui dise un jour que faire acteur c’est autre chose que de porter des cannettes de bière à Truman (comme dans « Truman show ») et aussi qu’il retire le truc qu’il a coincé dans le fondement. Il est raide comme un passe lacets ce type.

    Il y a John Voight aussi (derrière Noah, la tronche de cake, c'est lui !)… Euh, par respect pour sa famille, pour son grand âge et pour « Delivrance », « Macadam Cow Boy », « Le retour »…, je ne dirai rien.

    Il y a Colin Farrell qui a tout oublié de Cassandre et Bruges. Par contre il s’est souvenu de son époque Miami vicieux et fait ses gros yeux.

    Le Prix de la loyauté - Colin Farrell

    Alors pourquoi une ° et pas deux °° me direz-vous ?

    Bonne question.Mais je m’attendais bien à ce qu’on me la pose.

    Et bien parce que j’ai mes faiblesses et j’ai un cœur d’artichaut que vous avez même pas idée. Et une de mes faiblesses, c’est lui :

    Le Prix de la loyauté - Edward Norton

    Et là, je ne suis pas déçue, même plus balafré qu’Albator, même avec ses petites tempes qui grisonnent, il est chou comme un cœur. Et puis il est beau. Enfin, moi je trouve. Par contre pour les fétichistes qui rêvent de le voir en costume cravate il faut attendre presque la fin. Mais alors là, le petit camaïeu de gris, comment ça lui va trop bien. Dans ce film Edward est doux comme un agneau. Et donc, à un moment je me suis levée de mon siège et j’ai crié :

    « vas-y Edward, arrache ta chemise. Deviens colère ! Deviens vert, montre leur zi voir qui c’est Hulk ! ».

    Et là je me suis pris une poignée de pop corns en plein dans ma figure. Ça m’apprendra à essayer de mettre de l’ambiance tiens !

  • Une famille chinoise de Wang Xiaoshuai ***

    Une famille chinoise - Chen Taisheng et Liu WeiweiUne famille chinoise - Liu Weiwei et Jiayi ZhangUne famille chinoise - Liu Weiwei

    Avant toute chose, il est vraiment dommage que le titre original « Zuo you » (littéralement gauche/droite) traduit en anglais « In love we trust » soit devenu en français, trop banalement « Une famille chinoise »… tant pis.

    Mei Zhu et Xiao Lu sont divorcés mais ont une petite fille de cinq ans Hehe. Ils ont refait leur vie chacun de leur côté, lui avec une femme beaucoup plus jeune en mal d’enfant, elle avec un homme simple et aimant qui a élevé la petite. Lorsque les parents apprennent que Hehe est atteinte d’une leucémie qui nécessite un don de moelle osseuse, tout est remis en cause. Ni le père, ni la mère ne sont compatibles et le médecin évoque l’idée qu’un petit frère ou une petite sœur aurait sans doute pu l’être.

    Même si la maladie de la petite fille est au centre de l’histoire, le thème n’en est pourtant pas « l’enfant médicament » qui lui sauverait la vie mais bien les réactions aux différents problèmes qui se posent. Et ce film d’une humanité frémissante abonde en interrogations et questionnements face à la décision à prendre.

    La mère de Hehe qui s’effondre peu à peu de voir sa fille s’épuiser, réussit à convaincre le père de lui fournir son sperme pour une insémination artificielle, lui-même ayant réussi à convaincre sa jeune épouse jalouse, de le faire. Mais en Chine, seulement trois inséminations sont possibles et les parents, après quelques discussions vraiment émouvantes décident donc pour sauver leur fille d’en passer par la façon la plus classique du monde de faire un enfant. Doivent-ils le dire ou le cacher à leur conjoint respectif ? Comment leur annoncer ? Comment vont-ils réagir ? Que vont-ils choisir de « sacrifier » ?

    Bien que tourné à Pékin, le réalisateur rend son film parfaitement universel en le situant loin des quartiers touristiques mais dans le Pékin, grand chantier, où les tours d’immeubles succèdent aux tours d’immeubles en construction. Cela donne à la ville, traversée par un métro aérien, un aspect de banlieue grouillante d’activité. Ici tout le monde travaille, les hommes comme les femmes. Ils ont des problèmes routiniers de courses à faire, d’horaires à respecter, de vie de famille à protéger comme dans toutes les grandes villes du monde. Le quotidien est un peu tristouille mais comme partout, on a l’impression que rien ne peut venir le perturber.

    Ici la vie d’un enfant est en jeu et malgré cette intrigue hautement mélodramatique, à aucun moment, malgré le désarroi palpable de chaque personnage, le réalisateur (gloire à lui !) ne vient chercher nos larmes. Par contre, on est absolument frappé, troublé et vivement ému par la haute tenue de l’ensemble. Notamment par la mise en scène qui réserve d’agréables surprises ; on comprend à la fin pourquoi le film commence par un trajet en voiture où on entend une voix de femme dire « à gauche… à droite », on comprend tardivement pourquoi il est important que la mère ne sâche pas verrouiller le clavier de son téléphone portable etc.

    Quant à la compassion, l’intelligence et la subtilité des dialogues, des situations, l’ouverture d’esprit, la réflexion adulte et responsable, l'interprétation exceptionnelle, elles font de ce film délicat, douloureux et chaleureux une totale réussite qui bouleverse.

  • Alain Souchon ****

    Pour comprendre un peu d’où la peine d’Alain Souchon vient, il faut écouter son dernier album petite merveille plus « souchonienne » et mélancolique que jamais, mais il fallait aussi regarder l’excellent documentaire tout à fait inédit de Laurent Thessier diffusé sur France 3 : « Alain Souchon, le chanteur d’à côté ». « La Souche » s’y livre comme jamais et ce portrait très très intime qui fouille au plus profond des secrets enfouis et jamais révélés mais toujours évoqués dans ses chansons, révèle et confirme ce que je pense de lui depuis plusieurs décennies : au-delà des chansons qui bercent ou accompagnent le quotidien depuis longtemps c’est un type bien. Mais les fêlures qu’il confesse sont plus profondes et tenaces qu’on ne pouvait l’imaginer. D’une enfance étrange d’abord protégée auprès d’un homme qu’il appelle papa en toute sincérité, il se retrouvera à 7 ans rapproché de son « vrai » père qu’on lui avait toujours caché. Etrange façon dans une époque très « doltoïste » de traiter un enfant. Ce père il le perdra quelques années plus tard dans un violent accident de voiture ce qui le rendra « absent, ça m’a duré toute ma vie ». Et soudain des textes tel que « 18 ans que je t’ai à l’œil… t’es à Bagneux sous les feuilles… J’vais jamais t’voir, j’aime pas ça, mais j’te joue d’'lharmonicatu m’as manqué bien des fois, mais aujour’hui y’a chez moi, une petite boule blonde qui s’appelle comme toi ». Cette boule blonde, c’est Pierre, l’un des fils qu’on rencontre avec son frère Charles, tous deux en admiration devant leur père surdoué. Car c’est un surdoué Souchon. Il a un don, il écrit parfois en quelques minutes des textes que tout le monde connaît et où la « foule sentimentale » se reconnaît et entonne ces paroles lors des concerts où chacun est en harmonie avec cet homme charmant, charmeur, qui parle de toi, de moi, entre dans les maisons pour parler du quotidien.

    Mais aujourd’hui « Abandonné… le rêve de Martin Luther King, le monde a sorti ses revolvers et tout le vieux matériel de guerre » et c’est ce qui fait entre autre, pleurer Alain Souchon. Mais pas seulement, le temps qui passe, trop vite, les rides venues, la fatigue, le manque d’énergie « La vie est-ce que c’est con ou lourd » la vie qui va et la mort qui se rapproche toujours inéluctable, ça fait peur à Souchon. Mais il continue, solitaire, à marcher pendant des heures à la montagne cherchant ce qui peut se cacher derrière un sommet, parfois rien, ou au bord de la mer à Belle Isle où de jolies filles se baignent l’été et de vieux pêcheurs grognent de froid l’hiver, ou dans les bois à réfléchir aux mots et aux phrases qui lui viennent comme ça : « je n’ai pas mérité de savoir faire ça, je sais le faire ».

    Dans ce documentaire on voit ses fils, sa femme depuis toujours et parfois aussi il met la larme à l’oeil de le voir lui, si triste, si lucide, si inconscient, si spontanément et simplement surpris de son succès. Un homme sincère, cultivé et infinimement drôle même lorsqu’il parle de la pluie et du beau temps. Un homme qui nous ressemble et nous comprend.

    Mais les grands moments d’une intensité et d’une émotion sans pareil c’est Laurent Voulzy qui les procure ou plutôt cette relation qui les rapproche, les lie, les font fusionner, cette connivence, cette complicité au-delà des sentiments et de l’admiration, quelque chose d’énigmatique, d’insaisissable qui n’appartient qu’à eux. Plus qu’amis, plus que frères, une sorte d’union, un sentiment rare qu'ils ont inventés, qui n'appartiennent qu'à eux seuls, qui les élèvent l’un et l’autre, l’un avec l’autre et ces moments uniques et beaux étaient un épisode de télévision incomparable.