Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • MA SEMAINE AU CINEMA

     COUP DE POING ****

    HUNGER de Steve Mc Queen 

     

    COUP DE COEUR ENCHANTE ***

     

     LE PLAISIR DE CHANTER d'Ilan Duran Cohen 

     

    COUP DE FOUDRE ***

      

    MOSCOW BELGIUM de Christophe Van Rampaey 

     

    COUP POUR RIEN *

     

    MESRINE, L'ENNEMI PUBLIC N° 1 de Jean-François Richet

     

    ......................................................

    ET N'OUBLIEZ PAS :

    SI VOUS REVEZ D'ÊTRE MEMBRE DU JURY DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY,

    IL FAUT CLIQUER ICI OU LA .

    VOUS AVEZ JUSQU'AU 15 DECEMBRE POUR POSER VOTRE CANDIDATURE.

    .........................................................

     

    P.S. : KILUCRU M'INFORME QU'IL RENCONTRE DES PROBLEMES POUR LIRE CE BLOG ! POUVEZ-VOUS ME DIRE SI VOUS RENCONTREZ AUSSI DES PROBLEMES D'AFFICHAGE ? MERCI

    .........................................................

     

     

  • Le plaisir de chanter d’Ilan Duran Cohen ***

    Le Plaisir de chanter - Lorànt Deutsch, Julien Baumgartner, Jeanne Balibar, Marina Foïs, Evelyne Kirch et Guillaume Quatravaux

    Muriel et Philippe, deux agents très spéciaux qui se vouvoient et jouent au chat et à la souris avec leurs sentiments, sont à la recherche d’une clé USB qui renferme des éléments à propos d'un traffic d’uranium. Constance, femme d’un banquier assassiné qui aurait un rapport avec les trafiquants pourrait être en possession de cette clé. Pour l’approcher, les deux agents sont contraints d’intégrer un cours de chants lyriques fréquenté par Constance et sans doute infiltré par d’autres agents…

    L’intrigue importe peu et on s’en fiche d’ailleurs éperdument, ce qui est essentiel ici ce sont les personnages et le lieu singulier où ils se croisent, se rencontrent, se séduisent par opportunisme ou par passion : l’appartement de la professeur de chant.

    Tout cela est tellement euphorique, euphorisant, loufoque et réjouissant que je me trouve bien démunie pour évoquer l’ambiance à la fois tourbillonesque et nonchalante qui plane dans cette histoire complètement déjantée où chaque personnage est un peu schizophrène. En effet, qu’ils fassent partie de l’équipe des bons ou de celle des méchants, tous sont prodigieusement romantiques et cachent leur véritable nature en se montrant plus forts et optimistes qu’ils ne le sont en vérité. En fait, ils sont tous fragiles et rêvent d’amour. Certains le trouveront, d’autres en mourront mais à peu près tous chanteront, plus ou moins bien, plus ou moins justement, mais les scènes de chant élèveront néanmoins l’âme et le cœur.

    Le casting et l’interprétation sont au diaposon de ce film charmant, charmeur, aux dialogues et situations parfois crus où l’âge, la peur de vieillir, de ne plus être beau ou belle, de ne plus plaire, de ne pas être aimé sont au centre des préoccupations. Tout le monde est embarqué par une Jeanne Balibar délicieusement déjantée, aussi à l’aise et spontanée dans la tragédie que dans l’extravagance et la naïveté.

    Mais la révélation vient d'un tout jeune comédien, Julien Baumgartner qui dans un rôle complètement casse-gueule et audacieux de "pute", ex acteur de porno, ne se contente pas d’être très beau mais insuffle beaucoup de douceur et d’authenticité à son personnage impudique et très très sentimental.

  • Cinéfriends

    Jérôme, auteur et propriétaire du désormais célèbre Cinéfeed

    vient tout juste de créer avec sa tête et ses petits doigts un nouveau site tout entier dédié au cinéma

    CINEFRIENDS.

    Comme je serai toujours d'accord avec ceux qui aiment et défendent, et même parfois les deux, le cinéma, je ne peux que vous encourager à visiter ce site de qualité qui vous permettra de découvrir des films, nouveaux ou anciens, de noter, critiquer, participer aux fiches ainsi qu'à des quizz.

    Bravo donc à Jérôme pour sa créativité, l'initiative et la qualité de son nouveau "bébé". N'hésitez pas à vous inscrire pour partager votre passion du 7ème art.

  • Hunger de Steve Mc Queen ***

    Hunger - Michael FassbenderHunger - Michael Fassbender

    Les derniers mois de la vie de Bobby Sands, militant de l’Ira incarcéré à la Prison de Maze en Irlande du Nord, et surtout sa lente et douloureuse agonie consécutive à sa grève de la faim en 1981.

    Comme chaque matin un homme se lève, fait sa toilette, soigne les plaies qu’il a aux mains, prend son petit déjeuner et part au travail. Sa femme le regarde inquiète à la fenêtre. L’homme scrute la rue et inspecte sa voiture avant de démarrer. Sa femme soupire, soulagée, aucune bombe n’a explosé. Cet homme n’exerce pas n’importe quel métier : il est gardien de prison et ses plaies proviennent des coups qu’il assène aux prisonniers qu’il est chargé de surveiller. La prison n’est pas n’importe laquelle et les prisonniers ne sont pas ordinaires non plus. En fait, Abou Ghraib et Guantanamo ne sont pas des « inventions » récentes, au début des années 80 et avec la bénédiction de Madame Thatcher, existait déjà un endroit d’une inhumanité révoltante et aux pratiques scandaleuses.

    Ce film ne nous parle pas de ce que ces prisonniers ont fait, il n’en sera jamais question, mais nous démontre comment des hommes pratiquent la barbarie sur d’autres hommes. La seule façon qu’ont ces derniers de résister et faire valoir certaines revendications est d’utiliser leur corps, le dernier « outil » qui leur reste pour s’exprimer. Ces hommes réclament le statut de prisonniers politiques qui leur sera refusé. En signe de protestation, pendant plus de quatre années ils vont repousser l’idée de porter les uniformes des criminels de droit commun, ne plus se laver, faire leurs besoins à même le sol, couvrir les murs de leur cellule de leurs excréments et déverser leur urine dans les couloirs. Autant ne pas y aller par quatre chemins, un film qui sent autant la pisse et la merde est une véritable révolution. Steve Mc Queen (non pas lui, l’autre) ne nous épargne rien des conditions de détention, de la violence des gardiens qui eux aussi travaillent dans des conditons épouvantables, de l’extrême dénuement (dans tous les sens du terme) des prisonniers. Il scrute les corps et tout ce qu’ils produisent, fouille les plaies, nous assomme de bruits ou nous abasourdit de silence. Ce film est une expérience. Quasiment muet, à l’exception d’une conversation fleuve, passionnante, non dénuée d’humour, en un seul plan fixe fascinant où Bobby Sands le « héros » annonce au prêtre de la prison qui tente de l’en dissuader son intention de faire une grève de la faim.

    A partir de là, on assiste, désemparé, hypnotisé au déclin par étapes mais néanmoins rapide de l’état de Bobby Sands. Encore une fois le réalisateur ne lésinera pas sur la description clinique des différents stades. A partir de ce film, plus personne ne pourra entendre parler de grève de la faim et s’imaginer (comme c’était mon cas) qu’on mourait « simplement » et progressivement d’épuisement de ne plus manger. Il n’en est rien, l’agonie s’effectue dans les pires souffrances.

    Si Steve Mc Queen souhaitait faire un film qui apostrophe, choque, perturbe et scandalise le spectateur, son pari est réussi. Rarement film âpre et brutal, n’aura été si cru, implacable et radical… et pourtant d’une beauté « plastique » indéniable malgré l’odeur et la crasse. Oui cela peut paraître paradoxal ! Que dire de Michaël Fassbender magnifique et dévoré par son rôle qu’il pousse au-delà des limites de la performance ? Qu’on peut aussi raisonnablement se demander comment et pourquoi un acteur, comme Christian Bale pour « The machinist », met autant sa santé et peut-être sa vie en danger pour interpréter un personnage ?

  • Moscow, Belgium de Christophe Van Rompaey **(*)

    Moscow, Belgium - Barbara Sarafian et Jurgen DelnaetMoscow, Belgium - Barbara Sarafian et Jurgen Delnaet

    Matty compte les mois, les semaines et les jours depuis que son mari l’a quittée pour une jeunette. Elle vit donc seule dans le quartier populaire « Moscow » à Gand, avec ses trois enfants. Elle travaille à la poste, esaie tant bien que mal de résister à ses trois ado ou pré-ados mais a un peu perdu le goût de sourire. Sur le parking du supermarché, elle fait imprudemment une marche arrière et fonce dans le camion de Johnny, un routier au premier abord pas très sympa. Une dispute assez mémorable va s’ensuivre mais finalement Matty et Johnny vont se revoir et tomber amoureux l’un de l’autre. Cet imprévu va faire réagir les enfants et le mari volage, redevenu subitement jaloux.

    Une histoire d’amour tout en flamand entre les tours de Bruges et Gand, c’est rare et donc c’est précieux. Ce film est la preuve qu’il n’y a pas que dans les quartiers chics que l’amour peut chambouler les cœurs et les têtes, révolutionner la vie, faire pleurer des rivières, douter, hésiter, fuir, partir, revenir, faire souffrir, redonner goût et sens à la vie et rendre beaux des personnages que l'existence avait un peu fanés.

    Juste, sincère, réaliste parfois cru, le scénario alterne les scènes terre à terre d’un quotidien laborieux et routinier pas toujours rose, celles rayonnantes d’un amour qui se cherche et hésite et d’autres follement drôles, notamment lorsque les deux hommes amoureux de la même femme s’affrontent.

    Encore un ovni sensible et surprenant !

  • Mesrine, l’ennemi public N° 1 de Jean-François Richet *

    Mesrine : L'Ennemi public n°1 - Vincent Cassel Mesrine : L'Ennemi public n°1 - Vincent Cassel

    La vie, l’œuvre et la mort de Jacques Mesrine, déclaré, pour sa plus grande fierté « Ennemi public N° 1 » dans les années 70.

    Que resterait-il si cet ennemi n’avait été incarné à l’écran par un autre que Vincent Cassel ? Je ne lis pas dans les marcs de café bien sûr, mais je pense sincèrement qu’il ne resterait pas grand-chose. En effet c’est à un véritable « one man show » d’acteur auquel on assiste ici. Ce n’est pas désagréable et je ne peux que saluer l’omniperformance physique impressionnante de Vincent Cassel, sa voix, son allure, ses éclats de rire tonitruant… Mais pour le reste, oh la la, quelle soupe, quelle bouillie !!!

    Si le premier « épisode » m’avait quelque peu intriguée, il n’en est pas du tout de même ici où j’ai assisté à une succession, que dis-je un empilement de scènes sans surprise qui commencent alors que la précédente n’est pas encore terminée et qui ne se concluent jamais. Comme dans l’épisode précédent, les protaganistes apparaissent et disparaissent au gré d’un scénario qui laisse plus de place que jamais aux élipses. On ne sait pas forcément qui est qui, d’où il sort et pourquoi on n’en entend plus parler ! Quelques séquences mouvementées, un braquage par ci, une cavale, une évasion par là et dans l’ensemble un fatras de trucs bruyants qui s’agitent et une musique patapouf pour tenter de nous faire croire que ça remue. Ça dure deux heures et c’est interminable.

    La première scène du premier film est reprise ici et étirée à l’infini, et comme on ne doute pas un instant de l’issue (puisqu’on la connaît), qu’on sait où et quand exactement « ça » va se passer, le réalisateur ne réussit même pas à installer l’ombre d’un suspens et d’une tension, si ce n’est dans la bouche des policiers en planque qui disent « merde, putain, y’est passé près d’moi, j’ai chié dans mon froc ! » (oui, les dialogues sont d’une grande finesse !). Donc pendant un bon quart d’heure, on assiste au départ de Mesrine et de sa dernière compagne. Sylvia porte une perruque rouge écarlate frisée, pour passer inaperçue (je suppose), quitte l’appartement en faisant des mines de chat échaudé qui craindrait l’eau froide, se retourne à chaque pas, arrive au coin de la rue, fait signe au Jacquot (la perruque de traviole) pour qu’il la rejoigne. Ils marchent l’un derrière l’autre (pour faire croire qu’ils se connaissent pas) jusqu’à la voiture avec l’air de ceux qui sont pas dans leur assiette voire franchement inquiets. Ils démarrent et font 15 kms en marche arrière à toute berzingue… Puis… Ils retournent à l’appartement chercher leurs valises !!!!

    Bon je vous donne un autre exemple de la délicatesse des dialogues. A un moment le gros Mesrine est en embuscade dans la campagne avec son meilleur pote (je ne sais plus lequel vu qu’il change de meilleur pote comme de perruque). Le pote a une paire de jumelles et observe. Tout d’un coup :

    - le pote : « oulala, on dirait que ça bouge là ? »

    le gros empoigne les jumelles, regarde et dit :

    - « montre, fais voir ».

    Le pote reprend les jumelles et au bout d’un moment dit :

    - « oulala, on dirait que ça bouge là ??? »

    Le gros empoigne les jumelles, regarde et dit :

    - « montre, fais voir ».

    (Gentil lecteur, à ce moment de ta lecture, ne te demande pas si tu vois double ou si la taulière bégaie ou a trop forcé sur la Vodka… la scène t’est relatée dans toute son authenticité).

    Sinon, et bien Jean-François Richet nous présente Mesrine comme un brave type, plutôt sympa et franchement rigolo qui passe sa vie à faire des bons mots en riant fort de ses propres blagues. Evidemment il est un peu sensible de la gâchette et a un chouilla tendance à tirer sur tout ce qui remue mais… miracle, il semble ne jamais atteindre sa cîble alors qu’il va s’accuser de 40 meurtres dans son autobiographie et clamera toujours hilare « ah ah ah, c’est quoi le faux du vrai, hein je vous le demande ? » et réciproquement. Comme le réalisateur ne veut pas d’ennui avec la police, il terminera la cavale de son idole par une scène bien longue et bien raffinée où il torture un journaliste de « Minute » qui a osé le critiquer, histoire de nous dire que le gars est un gros con violent. Mais finalement, il préfère ne pas laisser de doute sur la fin de son héros et tranche sans ambiguité en le faisant assassiner sans sommation. Foutue police !

    Question interprétation, je suppose que Vincent Cassel peut déjà demander à Monica de lui repasser son smoking pour la cérémonie des Cesar. Le problème c’est que les autres acteurs (sauf Mathieu Amalric) sont écrabouillés par sa prestation. En premier lieu Ludivine Sagnier qui ressemble à une petite souris et se donne un mal de chien pour être sexy mais doit se contenter de tortiller des hanches. Gérard Lanvin est d’un comique irrésistible même si je n’ai pas compris ce que venait faire ici son imitation très réussie d’Eric Cantona. Samuel le Bihan n’est pas bien convaincant. Anne Consigny a l'oeil humide et chuchote comme à son habitude. Même si là, on ne comprend vraiment pas la pertinence de cette interprétation en tant qu'avocate de Mesrine en personne ! Olivier Gourmet ressemble à un nain de jardin (grincheux évidemment) avec son collier de barbe du plus bel effet. Et la scène annoncée comme « la grande scène du 2 » où, en tant que commissaire Froussard ah ah ah, mais non, c’est Broussard avec un B, il va se faire inviter par son ennemi à boire le champagne à 6 heures du mat est complètement ratée. De toute façon Gourmet semble complètement absent et d’ailleurs arrive en retard au canardage de Mesrine. Je le répète, seul Mathieu Amalric résiste face au monstre Cassel mais a quand même un petit air de dire « je suis entouré de tarés sans cerveau ici ! ».

  • MA SEMAINE AU CINEMA

    Cette nouvelle catégorie hebdomadaire vous présentera de façon tout à fait subjective évidemment le bilan de ma semaine au cinéma. Vous pouvez même cliquer sur le titre du film pour vous rendre directement sur la note correspondante ! N'est-ce pas merveilleux ?

     INCONTOURNABLE*****

    - TWO LOVERS de James Gray

    Two Lovers

    INDISPENSABLE***(*)

     

     

    - STELLA de Sylvie Verheyde

     

     

    - J’IRAI DORMIR À HOLLIWOOD d’Antoine de Maximy

     

    SÉDUISANT**

     

     

    - LES GRANDES PERSONNES D’Anna Novion

     

     

     

    INTÉRESSANT MAIS…*(*)

     

    -  LES BUREAUX DE DIEU de Claire Simon

    ......................................................

    ET N'OUBLIEZ PAS :

    SI VOUS REVEZ D'ÊTRE MEMBRE DU JURY DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY,

    IL FAUT CLIQUER ICI OU LA .

    VOUS AVEZ JUSQU'AU 15 DECEMBRE POUR POSER VOTRE CANDIDATURE.

    .........................................................

  • Les grandes personnes d’Anna Novion **

    Les Grandes personnes - Anaïs DemoustierLes Grandes personnes - Judith HenryLes Grandes personnes - Jean-Pierre Darroussin et Anaïs Demoustier

    Tous les ans, Albert emmène sa fille de 17 ans, Jeanne qu’il élève seul, visiter un pays européen. Mais comme Albert est aussi bibliothécaire, féru de contes et de légendes, les vacances se transforment toujours en quête d’informations ou comme cette fois d’un trésor viking. La nouvelle destination est en effet une île suédoise. A la suite d’une erreur de planning, la location prévue pour Albert et Jeanne est déjà occupée par deux jeunes femmes. Après une légère hésitation, tout le monde décide de cohabiter.

    Voilà un film étrange, un peu doux, un peu drôle, un peu inutile, un peu juste, un peu trop, un peu pas assez qui laisse un bon souvenir mais ne sera pas inoubliable car il s’y passe peu de choses. Juste quelques petites scènes de vacances, les premiers émois amoureux d’une ado, les inquiétudes d’un père un peu à côté de la plaque, deux co-locatrices sages ou farfelues sentimentalement délaissées. Et tout ce monde repart un peu plus serein après cet été un peu différent…

    Ce qui rend ce film attachant c’est le casting d’une formidable justesse : Jean-Pierre Darrousin exquis en papa poule intello, douillet et patapouf, Anaïs Demoustier adorable en grande fille sage qui commence à grandir, et Judith Henry formidable et dont on se demande pourquoi les réalisateurs ne se l’arrachent pas. Mais aussi les paysages sublimes et terriblement attirants d’un pays pas très connu par ici.

    L’ensemble est très lumineux, très ensoleillé, très tendre mais un peu frisquet (c'est la Suède) et insaisissable.

  • J’irai dormir à Hollywood d’Antoine de Maximy ***

    J'irai dormir à Hollywood - Antoine de MaximyJ'irai dormir à Hollywood - Antoine de MaximyJ'irai dormir à Hollywood - Antoine de Maximy

    Antoine de Maximy est comme son film et ses deux caméras : un prototype ou plutôt un type unique en fait. Il a parcouru les Etats-Unis seul d’est en ouest avec pour objectif ou plutôt comme prétexte de dormir chez une star hollywoodienne. Il en est le seul « acteur », mais aussi le réalisateur, caméraman, interviewer et personnage. Il va, au long de son périple rencontrer des gens, des « vrais » américains comme il dit, se faire inviter (ou pas) à manger chez eux et dormir (ou pas) chez l’habitant. A pied, en stop, en taxi, en bus, à vélo… aucun moyen de locomotion ne lui résiste jusqu’au jour où lassé par ce manque d’autonomie et d’indépendance, il décide d’acheter une vieille voiture mais qui roule encore pour finir le voyage. Son choix se portera sur un corbillard qu’il repeint en rouge vif pour le rendre plus gai. Cette voiture provoquera l’admiration, la moquerie ou la crainte.

    Ce film passionnant et ovniesque est tour à tour hilarant, émouvant ou inquiétant. On est d’abord impressionné, surpris, subjugué même par l’accueil, l’amabilité et l’hospitalité des américains. Sans compter que certains ont un humour vraiment décapant. Il faut dire que le sourire, la gentillesse et l’intérêt que porte Antoine de Maximy à ses interlocuteurs le rendent éminemment sympathique.

    Evidemment on ne fait sans doute que survoler l’étendue, la richesse et la diversité de ce qui se passe aux Etats-Unis. Mais la totalité des portraits tracés est captivant et permet de mesurer toutes les différences entre ce pays grand comme un continent et le nôtre.

    Certaines rencontres frappent plus que d’autres bien sûr et il arrivera à notre charmant hurluberlu de devoir dormir au motel lorsqu’il ne parviendra pas à se faire accepter. Il y a des scènes d’une drôlerie et d’une cocasserie sans nom, comme celle où il suit à vélo une calèche qui transporte une famille Amish qui refusera de le recevoir, celle encore où il achète son improbable bagnole chez un vendeur complètement barré et constamment hilare. D’autres séquences nous présenteront des personnages beaucoup moins sympathiques comme ce type persuadé que tout le monde parle arabe en France et qu’il faudrait un bon Charles Martel pour remettre de l’ordre dans tout ça, ou cet autre au bord de la folie qui lui demande de le conduire à l’hôpital parce qu’il a été abandonné par sa mère, puis l’emmène chez lui pour qu’il le débarasse d’un chat qui le terrorise, ou cet autre encore, chauffeur de taxi qui lui demande sans cesse de ne pas l’approcher car il craint qu’il ne l’assassine…

    Antoine de Maximy ne juge jamais et même si parfois il lève les yeux au ciel devant les âneries qu’il entend, s’il provoque à son insu et à sa grande surprise une dispute dans un bus entre un noir et une blanche, la plupart du temps il écoute, plaisante, s’amuse et entre véritablement en empathie sincère avec ses interlocuteurs comme avec ce vétéran du Viet-Nam qui prend le train pour se rendre à la prison où il devra purger une peine de 15 ans pour avoir possédé une arme sans permis (« j’en ai vu d’autres » dira-t’il), ou cette vieille indienne navajo qui dans une réserve avec sa famille s’étonnera qu’un blanc puisse avoir de la considération pour elle, ou ce SDF jadis agent immobilier qui vit sur une plage de Los Angelès en attendant qu’une retraite convenable lui soit versée dans cinq ans et avec qui il partagera une nuit à la belle étoile…

    Le plus surprenant c’est que le réalisateur se faisant refuser un peu brutalement l’accès de la demeure d’une star de Hollywood par un garde du corps pas très affable se recule visiblement pas rassuré et qu’il n’hésitera pas à s’aventurer dans des quartiers de la Nouvelle Orléans réputés malfamés, dangereux, ravagés et laissés en l’état depuis le passage de l’ouragan Katrina ! A ce moment, le passage véritablement flippant du film, on tremble pour lui.

    On traverse des villes énergiques comme New-York, survoltées comme Las Vegas, mais aussi des quartiers dévastés, des paysages grandioses, sublimes comme dans les plus beaux westerns, on parcourt des routes de campagnes, des nationales qui se perdent dans l’horizon, c’est l’Amérique rêvée, imaginée, supposée mais aussi surprenante, fantasque et inattendue. Ce n’est ni un film, ni un documentaire mais c’est du cinéma sans aucun doute, drôle, émouvant ou inquiétant.

  • Two lovers de James Gray ****

    Two Lovers - Joaquin PhoenixTwo Lovers - Joaquin PhoenixTwo Lovers - Joaquin Phoenix et Vinessa ShawTwo Lovers - Gwyneth Paltrow et Joaquin Phoenix

    Leonard se jette dans le canal glacé un triste jour de novembre. Il se laisse couler puis, lorsqu’il touche le fond donne un vigoureux coup de pied et remonte affolé et frigorifié. De sa démarche lourde, affublé de son inommable parka qui ne le quittera pas... il rentre chez lui penaud comme un enfant qui aurait fait une connerie. Une de plus, car Leonard est un récidiviste de la tentative de suicide. Plus tard on apercevra ses avant-bras couturés et on saura qu’il a fait un séjour en hôpital psychiatrique.

    Ainsi va la vie de Leonard, un jour il coule, un jour il flotte ; un jour il veut mourir, un jour il veut vivre ! Mais pourquoi ce grand garçon plus que trentenaire vit-il encore chez ses parents affectueux et protecteurs ? Parce qu’il sort d’une déception amoureuse qui l’a brisé. Sa fiancée a rompu ou a été forcée de rompre pour cause de groupe sanguin incompatible, elle aussi sans doute influencée par des parents envahissants.

    Et oui, si le film s’appelle bien « Two lovers », on est à des années lumière de la classique comédie romantique américaine et il aurait tout aussi bien pu porter un autre titre : « L’homme qui pleure » ou « L’homme sans âge ». Cet homme c’est Joaquin Phoenix acteur majuscule, désormais alter ego (et c'est tant mieux) du grand James Gray.

    Par où commencer quand chaque scène d’un film est un coup au cœur ou un petit miracle esthétique ? Leonard est photographe à ses heures ce qui justifie sans doute que tout le film très hivernal soit plongé dans une lumière mélancolique et littéralement illuminé de plans d’une beauté renversante. Quand la beauté d’un film se voit trop c’est que peut-être elle est trop ostentatoire. Ce n’est pas le cas ici où tout s’harmonise parfois douloureusement autour de ce cœur parfois en hiver.

    Mais revenons-en à l’histoire de Leonard. Pour l’aider à reprendre goût à la vie, ses parents lui présentent la jolie, douce, rassurante et parfaite Sandra qui rêve d’un monde idéal (son film culte est « La mélodie du bonheur »). Elle va l’aimer dès la première rencontre. Pratiquement le même jour Leonard croise sa voisine, Michelle qui vient de s’installer dans l’immeuble. Patatra ! Il n’en faut pas plus pour tout remettre en question et que le cœur de Leonard devenu solitaire se remette à battre à tort et à travers, hésitant entre deux filles toutes deux attirantes mais opposées.

    Michelle est magnifique, gaie, drôle, dynamique et Leonard en tombe instantanément amoureux. Mais Michelle est aussi paumée et instable que lui. Elle a une liaison avec un homme marié qui promet sans tenir et avec qui elle ne parvient pas à rompre. Leonard accepte d’être son meilleur ami. Il sera toujours là pour elle, dès qu’elle le « sonnera » quitte à souffrir en silence. Pour une fois, le téléphone portable a un rôle essentiel qui devient un véritable moteur de l’histoire et non pas un prétexte pour la faire avancer. La surexcitation avec laquelle Michelle et Leonard échangent leurs numéros est à la fois délicieuse et ridicule, absolument touchante. On dirait deux pré-ados :

    -  « tape ton numéro sur mon portable, on s’enverra des SMS !

    -   oh oui et moi je mettrai une sonnerie rien que pour toi ! ».

    C’est grâce à cette sonnerie qui retentira aux moments les plus inopportuns qu’on saura à quel point Leonard n’est jamais vraiment « là » où il devrait être. Sa relation avec Sandra devient peu à peu officielle. Elle est aveuglée par l’amour qu’elle porte à Leonard, qui lui, ment, se cache pour continuer à voir Michelle tantôt euphorique, tantôt désespérée. Il la retrouve parfois sur le toit de l’immeuble où beaucoup de décisions vont se prendre. Mais les scènes magiques où ils se parlent de la fenêtre de leur chambre respective qui donne dans la cour sont d’un romantisme, d’une beauté inouïs, presqu'enfantines aussi et forcément très évocatrices de la distance qui les sépare. A la fois si proches et si lointains ! Elles ne sont évidemment pas sans évoquer deux chefs-d’œuvre « Fenêtre sur cour » et « West Side Story »…

    Bien sûr, James Gray conclut son film mais face aux hésitations multiples, aux innombrables tâtonnements de Leonard, j’y ai plutôt vu moi, une histoire sans fin d’une infinie mélancolie sans réel pessimisme mais avec la certitude que tout n’est pas si simple dès lors que le cœur et la raison entrent en action.

    On peut dans ce film retrouver avec bonheur Isabella Rossellini, formidable en mère juive sur-protectrice avec son visage de madone qui ne craint pas de montrer l’âge qu’il a et son nom qui résument à eux seuls une partie de l’histoire du cinéma. On apprécie Vinessa Shaw, à la fois douce, discrète, patiente et infaillible face à l’homme qu’elle aime. On découvre (enfin !) Gwyneth Paltrow dans ce rôle où elle est un véritable soleil qui porte parfois la douleur et la détresse avec une belle intensité.

    Mais évidemment, l’astre de ce beau « film malade » (expression qui semble prendre tout son sens ici) c’est Joaquin Phoenix capable dans la même scène d’avoir l’air de l’enfant le plus fragile de la terre puis d’un homme qui aurait vécu mille vies portant sur ses épaules toute la tristesse du monde. Il est magnifique. On comprend parfaitement que dès qu’il l’a vu la première fois à l’écran James Gray ait eu envie de filmer son visage qui est un spectacle à lui seul, attirant, fascinant. Son sourire est séduisant, ses larmes sont déchirantes… et lorsqu’il devient le roi du dance-floor dans une breakdance étonnante, il est irrésistible !

    Et comme dit Mademoiselle In The Mood : "un Oscar sinon rien" !

    Two Lovers - Joaquin Phoenix