27.05.2008

Sidney Pollack

1er juillet 1934 - 26 mai 2008

Out of Africa - Souvenirs d'Afrique
On achève bien les chevaux
Jeremiah Johnson

06.04.2008

Charlton Heston

4 octobre 1924 – 5 avril 2008

 

Certains se souviendront du vieil homme aux idées et prises de position douteuses (c’est vrai qu’avoir trop tenu au cinéma une Winchester dans ses bras l’avait un peu rendu belliqueux…), moi c’est la légende hollywoodienne qui m’intéresse. Pour tout connaître de lui, vous savez où « taper », en ce qui me concerne c’est un héros de mon enfance cinéphile qui disparaît. Cette enfance où, entre deux westerns, je me régalais de grands peplums, de superproductions en technicolor, et d’aventures de science-fiction. S’il reste à jamais LE Judas Ben Hur du « Ben Hur » de William Wilder, rôle pour lequel il a obtenu un Oscar,

 

Ben-Hur - Charlton Heston

 LE Moïse qui brandit les tables de la loi dans « Les dix commandements » de Cecil B. de Mille,

 

Les Dix Commandements - Charlton Heston

 le George Taylor de « La Planète des singes »,

 

  le Robert Thorn du sublime « Soleil vert » de Richard Fleisher…

 

Soleil vert - Charlton Heston

 moi, c’est dans le rôle de Brad Braden, directeur d’un cirque magique dans « Sous le plus grand chapiteau du monde » de Cecil B. de Mille qu’il m’avait le plus impressionnée. 

23.01.2008

Heath Ledger

4 avril 1979 – 22 janvier 2008

Il était australien et il avait été la star du SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN. Nous le retrouverons dans le prochain opus de Batman THE DARK KNIGHT où il interprétera le rôle emblématique du Joker (jeune). Il tournait actuellement THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS de Terry Gilliam.

Depuis quelques années il se faisait de plus en plus remarquer en affinant son image de jeune homme trop lisse pour accéder à des rôles plus adultes et intenses. Sa performance dans LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN. lui valut une nomination à l’Oscar, aux Golden Globes et aux Bafta. Suivent LES FRERES GRIMM de Terry Gilliam dans lequel il a pour partenaire Matt Damon, et CASANOVA de Lasse Hallström. A la fin de l’année 2007, il incarne un acteur célèbre et misogyne, dont l’idylle avec une jeune française personnifie la face intime du chanteur Bob Dylan dans I’M NOT THERE de Todd Haynes.

C’est triste, dommage et incompréhensible. "I swear, Jack...".

16.10.2007

Raymond Pellegrin

1er janvier 1925 à Nice - 14 octobre 2007 à Garons.

 

Il a tourné dans plus de 120 films, principalement en France mais aussi aux États-Unis et en Italie. Ses maîtres étaient Marcel Pagnol et Sacha Guitry ; il a aussi tourné beaucoup de films noirs, notamment avec Jean-Pierre Melville.

Sa voix, qualifiée par Dominique Zardi, de plus belle voix du cinéma français, a servi pour le doublage du personnage de Fantômas dans les trois films réalisés par André Hunebelle.

Vous le connaissiez forcément, il a excellé comme l’un des éternels seconds rôles du cinéma français. Je me souviens de lui en séduisant instituteur dans le « Manon des sources » de Pagnol.

 

12.08.2007

Ulrich Mühe

 

20 juin 1953 – 22 juillet 2007

Voyez ou revoyez l’extraordinaire « La vie des autres » de Florian Henkel Von Donnersmark l’un des plus beaux et grands films de cette année dans lequel Ulrich Mühe était fascinant. Il y incarnait un agent de la Stasi qui s'humanise en surveillant un couple d'intellectuels. Pour ce rôle il remporta le Prix du Meilleur Acteur aux European Film Awards et le Prix du meilleur Acteur aux German Awards (l'équivalent de nos César).

C'est par ce film acclamé par le public et la critique, qu'il connaît une consécration internationale.

Hélas, c'est son dernier film.

 

01.08.2007

Michelangelo Atonioni

29.09.1912 – 30.07.2007

« Fare un film per me è vivere » (Faire un film pour moi c'est vivre).

Impossible de mieux évoquer l’œuvre qu’avec les propres mots d'Antonioni donc. Et effectivement il a filmé jusqu’à la limite puisque même après un accident cérébral qui lui provoque une paralysie partielle et une quasi impossibilité de parler, c’est aidé de son ami Wim Wenders qu’il réalisera « Par delà les nuages » en 1995. Deux fois primé à Cannes, sa filmographie est parcouru de films essentiels, dont son chef d’œuvre, le très psychédélique, branché et troublant « Blow up » (Palme d’Or 1967).

30.07.2007

Michel Serrault

14 janvier 1928 – 29 juillet 2007

« Je n’ai plus peur de la mort depuis que j’ai appris que je ne serai pas le premier à passer par là » a-t-il affirmé.

 Que dire d’un monument du cinéma, un pilier du théâtre français, à la tête d’une interminable filmographie de 135 films et de trois César ? Comment évoquer en quelques mots cet ancien séminariste qui se rêvait clown ? En rappelant qu’il a pu être extravagant et inquiétant ! Que derrière le pitre provocateur se cachait évidemment, comme souvent, une immense pudeur ! Qu’il est entré au cinéma par le comique dans les années 50 après avoir fait les belles heures du café théâtre avec son ami et complice, le délicieux Jean Poiret ! Qu’il s’est fait « remarquer » par le grand public en 1972 dans « Le viager » de Pierre Tchiernia ! Mais c’est finalement en nous apprenant à beurrer une biscotte « comme un homme » qu’il s’est révélé comme un acteur démesuré de tout premier plan. Et pourtant, il serait malvenu de résumer plus de 50 ans de cette prodigieuse carrière en n’évoquant que ce rôle de Zaza ! Il disait qu’entre lui et le public s’était instaurée une sorte de « conversation » qui ne s’est jamais interrompue et depuis quelques années il interprétait avec bonheur les papys bougons au grand cœur. C’est donc une nouvelle fois de façon tout à fait subjective que je vous dirai qu’en apprenant ce matin la mort de Michel Serrault, me sont instantanément venus en mémoire trois films dans lesquels il m'a fascinée :

  •  « Garde à vue » de Claude Miller en 1981 : son face à face psychologique avec Lino Ventura porté par des dialogues captivants d’Audiard et une interprétation ensorcelante est un sommet du cinéma français.
    Garde à vue - Lino Ventura et Michel Serrault
  • « Mortelle randonnée » de Claude Miller en 1983 : où dans le rôle de « L’œil » il donne la réplique à Isabelle Adjani. Il est un détective privé qui suit cette meurtrière en qui il croit reconnaître sa fille disparue. Je n’oublierai JAMAIS sa voix : Adjani, traquée lui demande derrière une porte : « t’es toujours là mon vieux ? », il répond « Oui, je suis toujours là !’ ». Je sais, c'est rien mais en l'évoquant, je frissonne encore !
  • Et enfin et surtout « Nelly et Monsieur Arnaud » où face à Emmanuelle Béart fragile, troublante et troublée, il joue (à 67 ans) sa vie sur un dernier amour. Dernière réalisation de Claude Sautet, ce film est un joyau, une merveille, un vertige.
Nelly et Monsieur Arnaud - Michel Serrault et Emmanuelle Béart

20.04.2007

Jean-Pierre Cassel

27 octobre 1932 - 19 avril 2007

Jean-Pierre Casel suit les pas de sa mère chanteuse d'opéra et intègre le cours Simon après l'obtention de son baccalauréat. Dans les années 1950 il rencontre Gene Kelly (son idole) qui lui donne un petit rôle dans" La route joyeuse" (1957). Après quelques figurations, il se fait connaître grâce au film "Les jeux de l'amour" de Philippe de Broca. Sa carrière est alors lancée et les films se succèdent…

Il a tourné avec les plus grands (Renoir, Molinaro, Melville, Deville, Chabrol…), et il n’hésitait pas depuis quelques années à honorer de sa présence des premiers films.

Il était le symbole de l’élégance et de la joie de vivre.

Prochainement sortira « J’aurais voulu être un danseur » d’Alain Berliner.

C’est dans « L’ours et la poupée » de Michel Deville qu’il m’avait enchantée pour la première fois où il était le souffre-douleur d’une délicieuse Brigitte Bardot. Hélas je ne trouve pas d’extrait de ce film à vous proposer.

08.04.2007

Luigi Comencini

8 Juin 1916 - 6 Avril 2007

Architecte de formation, Luigi Comencini s'intéresse tout d'abord au patrimoine du cinéma italien, participant à un programme de conservation des films (dont il est par ailleurs un grand collectionneur), avant de devenir scénariste, et assistant réalisateur. Il s'essaie ensuite à la réalisation avec quelques courts métrages. En 1948, il met en scène son premier long une fiction intitulée « Des nouveaux hommes sont nés ». En 1954 son film "Pane, Amore e Fantasia" remporte l'Ours 'Argent au Festival de Berlin". En 1966, « L’incompreso » ramène le cinéaste sur le terrain des rapports père-fils, présenté à Canens, le film est malmené par la critique, avant de prendre sa revanche quelques années plus tard.

Il est le père des réalisatrices Cristina Comencini (dont le film « La bête dans le cœur » est actuellement à l’affiche) et Francesca Comencini (son film « A casa nostra » est actuellement à l’affiche), et de la costumière et décoratrice, Paola Comencini.

Retrouvez toute la filmographie de Comencini, ici.

 

03.12.2006

Claude Jade

Octobre 1948 / 1er Décembre 2006
Adieu à l'éternelle fiancée d'Antoine Doinel,
Adieu à Christine Darbon alias Claude Jade

24.11.2006

Philippe Noiret

1er Octobre 1930/23 Novembre 2006

Un homme bien, un acteur intransigeant, une filmo (pratiquement) irréprochable. Je suis triste.

Deux films parmi mes préférés :

Coup de torchon

Le vieux fusil

22.11.2006

Jack Palance

18 février 1918 - 10 novembre 2006

Les plus jeunes ne le connaissent sûrement pas mais il fut LE second rôle magnifique, l'éternelle "sale gueule" du cinéma américain celui qui peupla de cauchemars mes rêves cinéphiles. Il avait fait un retour remarqué, drôle et étonnamment doux en 1988 dans "Bagdad Café".

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Robert Altman

20 février 1925/20 novembre 2006.

Il a dit : 

« La réalisation est la chance d'avoir plusieurs vies. »

Réalisateur, producteur et scénariste, il a fait tourner les plus grands, il était éclectique et son oeuvre est parsemée de pépites (Mash, John Mc Cabe, Cookies fortune etc...) mais pour moi la perle des perles reste "THE PLAYER" où il osait s'attaquer à Hollywood et au mythe avec son regard cynique et unique. Le plan séquence d'ouverture reste un choc pour moi.

Son dernier film, avec Meryl Streep "The last show" sortira le 6 décembre.

Pour une biographie plus complète, vous pouvez voir ici.

21.09.2006

Rémy Belvaux

novembre 1967 - septembre 2006

Il n'était pas seulement le frère de l'indispensable Lucas Belvaux, il était aussi le réalisateur du cultissime "C'est arrivé près de chez vous" dans lequel il révélait Benoît Poelvoorde. Ce bijou d'humour noir, réalisé en noir et blanc avait des allures de faux reportage ce qui le rendait encore plus terrifiant. Une équipe de télé dont l'interviewer était Rémy Belvaux lui-même, suivait les pas d'un serial killer bavard qui commentait ses actes. Le film avait fait sensation à la Semaine de la Critique à Cannes en 1992 et était devenu une oeuvre culte.

Qui a oublié la recette du "Petit Gregory" ? C'était d'un mauvais goût douteux parfaitement assumé.

Un petit rappel ici  : http://cinema.fluctuat.net/blog/8783-ca-n-039-arr... (le chevelu qui pouffe, c'est Rémy).

19.08.2006

Bernard Rapp

Né le 17 Février 1945 à Paris (France).Décédé le 17 Août 2006.

Bernard Rapp fut Grand reporter, puis correspondant en Grande-Bretagne, il présente le journal télévisé de 20h sur Antenne 2 de 1983 à 1987 ainsi que plusieurs émissions littéraires. Son ton direct et son regard rieur, presqu'ironique, plaisent. Mais il fit aussi scandale lorsque, brisant un tabou, il dit la "grand messe" du 20 heures, le 18 mai 1986, sans cravate. "Je n'étais tout de même pas en caleçon", se défendit-il.

Puis, pendant quelques années, ce sera "L'assiette anglaise", émission de rencontres et d'entretiens décontractés, mais jamais complaisants, chaque samedi en direct du Saint James Club de Paris, un bar anglais. Peu à peu, la littérature et le cinéma le happent, mais comme journaliste d'abord. Il présente une émission littéraire de haute tenue, "Jamais sans mon livre".

Passionné de cinéma, à 50 ans, il écrit et réalise son premier long-métrage, « Tiré à part » avec le magnétique Térence Stamp, polar glaçant dont l'action se situe dans le milieu de l'édition. Une réussite.

Avec son deuxième film, « Une affaire de goût », il convainc la critique et le public. Cette subtile étude psychologique, relate la relation perverse et cruelle entre un nanti (Bernard Giraudeau) et son goûteur (Jean-Pierre Lortit). Ce film tortueux et machiavélique est primé au Festival de Cognac et nommée 5 fois aux Césars. Le cinéaste change de registre et s'essaie à la comédie, sur un mode mélancolique dans « Pas si grave » puis cruel dans « Un petit jeu sans conséquence ».

 

21.07.2006

Y'a pas d'hélice hélas, c'est là qu'est l'os !

 

Gérard Oury 29.04.1919/21.07.2006

O comme Oury

(Ma Grande Vadrouille, éditions Plon)

"Je suis né le 29 avril 1919 à Paris, 24 rue de La Tour, car les femmes à cette époque accouchaient dans leur appartement. Fils de Serge Tennebaum, violoniste, et de Marcelle Oury, sans profession, je fus déclaré à la mairie du 16e arrondissement sous le nom de Tennenbaum Max Gérard. Max, mon parrain, fut un très célèbre tragédien de la Comédie Française du nom de De Max. Gérard est un prénom que je ne regrette pas, car il est d'origine germanique et signifie "lance de puissance" ! Mes parents divorcèrent lorsque j'eus trois ans, et je fus élevé par ma mère et ma grand-mère. Il était donc naturel que j'adopte leur nom lorsque je décidai d'embrasser le métier d'acteur. Mais la Loi française est piquante : on a certes le droit de prendre le nom de sa mère mais en le modifiant. Ce qui fait qu'aujourd'hui encore mon passeport est libellé comme suit : 'Houry dit Oury Gérard' ".

 

A la fois acteur, scénariste, réalisateur il était le roi de la comédie populaire qui devient culte « Le Corniaud », « La Grande Vadrouille », « Le Cerveau », « Rabbi Jacob » etc… Le coup de génie absolu est d’avoir rassemblé Bourvil et Louis de Funès et de les avoir réunis à plusieurs reprises.

« La Grande Vadrouille » reste pour moi la comédie française haut de gamme, inégalable et dont je ne me lasse pas. Plus de 17 millions de spectateurs en salle à sa sortie en 1966, ce raz-de-marée n’a été dépassé depuis que par une vague titanesque. Chaque passage à la télé est un triomphe. Les scènes cultes succèdent aux répliques cultes, c’est un festival et c’est inoubliable !

 

Quelques petites remises en oreilles savoureuses :

 

L'Anglais: Me, Mac Intosh

Stanislas: Vous Mac Intosh

L'Anglais: And the signal is "Tea for two"

Stanislas: Le signal…

L’Anglais siffle “Tea for Two”

Stanislas : Sifflez pas ça, is an american song

L'Anglais : Yes

Stanislas : Is ferbotten ici, c'est, alors…

(Il joue la mélodie au piano. L’Anglais lui fait signe d’arrêter)

Attendez. If I go to the turkish bath, I risk énormément

L'Anglais : Yes

Stanislas : But, if you, you go out, si vous sortez, the Germans, les Allemands, ils vous attrapent, et crcrcr

(il fait le geste de quelqu’un que l’on torture)

vous allez parler, et moi I risk encore plus

L'Anglais : Yes

Stanislas : Donc, I risk on the two tableaux

L'Anglais : Yes

 

Plus tard, au bain turc :

Augustin: Are you ?

Stanislas: You are.

Augustin : Happy

Stanislas: Glad. Where is Big Moustache ?

Augustin: I don't know and If you don't know, non ?

Stanislas : I don't understand

Augustin : You come with me to pick up Peter

Stanislas : Non, you, come with me to pick up Mac Intosh

Augustin : Non, non, non, you

Stanislas : I beg your pardon

Augustin : And if you don't come, I, heu, ah ! merde alors ! comment on dit ça ?

Stanislas : Comment ça "Merde alors", but alors you are French !

Augustin : You are not English !

 

Stanislas a du mal à avancer et rouspète.

Augustin: Évidemment, c’est pas des chaussures pour la marche que vous avez là.

Stanislas: Puisque vous me le proposez si gentiment, j’accepte !

Augustin : Quoi ?

Stanislas : Que vous me prêtiez vos souliers.

Augustin : Bah, euh, vous chaussez du combien ?

Stanislas : Du comme vous.

(Ils échangent leurs chaussures)

 

Un régal, inimitable !

01.06.2006

Shohei Imamura

15 septembre 1926 –  31 mai 2006

On lui devait l’un des sommets de « 11'09'01 : September 11 » réalisé par 11 réalisateurs différents pour saisir la dimension humaine de la tragédie, mais aussi l’incroyable et déroutant« L’anguille », palme d’or en 1997 où un coiffeur en liberté provisoire ne communiquait plus qu’avec son anguille et le sublime et sage « Ballade de Narayama » pour ne citer que les plus connus.