EN ATTENDANT Denis, Pierre et les autres
FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY
deux filles formidables Corinne Masiero, Anaïs Demoustier et un garçon en bonnet :
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FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY
deux filles formidables Corinne Masiero, Anaïs Demoustier et un garçon en bonnet :
je suis là depuis hier ! C'est parti, c'est génial. J'essaie de vous tenir au jus.
J'ai mangé presque en tête à tête avec Corinne Masiero. Elle est géniale. Elle parle comme chô. Comme moi quoi !
Et comme cette année, je fais partie de l'équipe de rédaction du journal quotidien "Feufeuille la Tulipe", vous pourrez retrouver ma prose (qui va tant vous manquer) et celle de mes nouveaux collègues sur le site du Festival (cliquez sur l'affiche). Evidemment je viendrai vous donner des news en direct sur ce blog mais pour le moment, j'ai un film à voir.
Soyez sages !


Depuis que sa femme Elizabeth est dans le coma suite à un accident de bateau, Matt King doit s'occuper de ses deux filles Scottie 10 ans et Alexandra 17 ans. Autant dire qu'il est aussi à l'aise face à ces deux ados mal identifiées qu'une poule devant un couteau. La petite est plutôt du genre délurée et l'aînée, droguée et alcoolique à ses heures a été placée dans une institution pour jeunes filles riches. Lorsque sa grande lui annonce qu'il était cocu et que des amis bien intentionnés en remettent une couche lui assurant que sa femme avait l'intention de le quitter, Matt perd encore plus pied mais cherche à rencontrer l'amant. Par ailleurs, Matt, avocat à ses heures perdues, est en pleine transaction familiale pour vendre un paradis que sa famille (ses nombreux cousins !) ont hérité de leurs ancêtres, princes hawaiiens ! C'est donc une étrange semaine que va vivre ce grand garçon tout perdu, d'autant que les médecins lui annoncent qu'Elizabeth ne se réveillera plus.
Comment transformer un éventuel grand mélo en farce grotesque ? Demandez donc à Alexander Payne dont j'entends partout qu'il a réalisé un grand film triste dont chaque scène à fort pouvoir lacrymal serait désamorcé par une pirouette drôlatique. Sauf que le risque de tomber dans le ridicule n'est jamais bien loin et que selon moi, le film s'y vautre sans finesse du début à la fin. Ce film n'est donc pas drôle mais risible ! C'est terrible mais je trouve que GeorgesClooney, pas mauvais du tout bien au contraire, est un marrant. Que son visage et ses expressions pètent la santé et la bonne humeur et qu'à aucun moment je n'ai vu un homme abattu qui doute et qui souffre ! Un Oscar pour ce rôle donc pour moi, c'est non et re non ! Vas-y Jeannot !
Dès le générique, ça sonne faux. En voix off, Georges/Matt nous explique qu'Hawaï n'est pas ce qu'on croit. Hawaï n'est pas un paradis terrestre où les gens passent leur temps à faire du surf avant ou après avoir siroté un cocktail coloré surmonté d'une petite ombrelle en papier. Et il est vrai qu'on voit une autoroute embouteillée, un obèse qui marche sur un trottoir et même une personne en fauteuil roulant. Hawaï c'est l'enfer ! Sauf que TOUT le reste du film s'applique à contredire et démentir cette mise en route. Tout se passe dans des villas de 500 m² avec piscine et vue sur l'Océan. Des plans totalement inutiles de golfeurs achèvent de confirmer la contradiction du discours initial. Mais cela ne serait rien si chaque scène n'était une succession de bizarreries de plus en plus grotesques jusqu'à l'apothéose hystérique de la visite de la femme du cocu à la mourante cocufiante. Entre temps, il nous aura fallu supporter le grand-père acariâtre, raciste et intolérant, la grand-mère atteinte d'Alzheimer, un ami décérébré (I.N.S.U.P.P.O.R.T.A.B.L.E.) de la fille aînée qui va par l'opération du Sain D'esprit se transformer en maître à penser, une ribambelle d'amis toujours prêts à venir jouer les pique-assiettes et toute une tripotée de cousins mochtrons et cupides ! J'en oublie sans doute. Je n'ai pas le temps de m'éterniser.
Reste Georges, pas mal du tout donc, en chemise hawaïenne, et dans un rôle tout à fait inédit de père dépassé par sa progéniture. La belle complicité avec la jeune Shailene Woodley (très bien) est le seul atout du film selon moi. Dommage !
Ah oui, et puis la musique hawaïenne au bout d'un moment... au secouououours !




Antoine vit de nos jours à Montréal avec Rose sa femme adorée et ses deux filles. Tout est lumineux, beau et sourit à ce "remixeur" canadien qui parcourt le monde avec son étrange musique. La musique d'ailleurs est au centre de sa vie depuis toujours et il a partagé cet amour depuis l'adolescence avec une fille aimée à la folie, Carole, la mère de ses deux petites. Tout n'est donc pas si rose et éclatant que la lumière éblouissante qui baigne le film le laisse supposer. Car Carole souffre, gravement, durablement. Elle ne parvient pas malgré les années qui passent à se remettre de la séparation d'avec l'irremplaçable et irremplacé Antoine qui lui non plus ne l'oublie pas...
A Paris dans les années 60, Jacqueline donne naissance à Laurent un enfant différent, un petit trisomique et il n'y avait d'autre choix dans ces années là que de placer directement ces enfants dans un centre pour handicapés. Jacqueline refuse, se débarasse du père qui ne se sent pas de taille à élever un tel enfant et elle va se battre jour après jour pour tenter de faire de l'enfance de son fils un véritable enchantement.
Quel rapport entre les deux histoires ? Chut ! Jean-Marc Vallée met pratiquement une heure et demi à amorcer un début de réponse. Avant d'en arriver là, il nous balade au son et au rythme d'un film d'une ambition folle et démesurée, totalement déstructuré
Malgré la difficulté qu'on a à faire le lien entre les deux histoires, les deux époques, les deux styles du film (la lumière et les couleurs à Montréal, les tons froids et la tristesse à Paris) on est embarqué. Le réalisateur s'empare du spectateur et ne le lâche plus. Comment réussit-il ce miracle ? C'est indicible, insensé et intraduisible un miracle. Mais on s'attache avec passion aux quatres personnages principaux. On les comprend, on partage leurs joies et leurs peines, on tremble pour eux et on a qu'une envie : les voir heureux enfin et pour toujours. Evidemment ces gens sont beaux, intelligents, chaleureux, compréhensifs, sensibles mais il n'est pas interdit de regarder un film comme on rêve. Et puis, ils nous parlent de sentiments comme c'est rarement arrivé au cinéma et il y a dans ce film au moins deux déclarations d'Amour tellement sublimes que je vous mets au défi bande de sans coeur de ne pas écraser une larmichette.
Jean-Marc Vallée vous avait emballés, surpris et amusés avec "C.R.A.Z.Y.", il va vous bouleverser avec ce "Café de Flore". C'est un film d'amour comme je vous assure vous n'en avez jamais vu, qui fait frémir d'émotion. La douceur, l'intelligence, le charme des personnages sont époustouflants. Ils évoquent l'amour éternel, l'âme soeur, l'amour maternel, le pardon, la réconciliation et c'est magique. On frissonne jusqu'aux dernières secondes pleines de rage, de tristesse et d'apaisement et on reste envoûtés par l'atmosphère planante, volatile, touchés en plein coeur par ces histoires, bercés et agités par la musique (bande orginale GRANDIOSE !).
Les acteurs ? Des merveilles (même les enfants) ! Vanessa Paradis mère courage dénuée du moindre attrait physique, amoureuse de son fils, est LA mère. Elle est exceptionnelle. Les autres, inconnus chez nous, Kevin Parent, Hélène Florent, Evelyne Brochu sont inoubliables.
N'écoutez pas ces pisse-froids qui parlent d'artifice et de manipulation. Ecoutez-moi qui vous dis qu'un film aussi beau, intelligent, inventif, à la construction tellement exigeante, qui aborde la réincarnation, frôle le mysticisme sans y sombrer, vous affirme que chacun d'entre nous a sa "flamme jumelle" qui brille quelque part, sans être jamais ridicule, c'est une aubaine, un bonheur, un frisson. C'est pour ce genre de films rares et précieux qui nous rappelle qu'au cinéma tout est possible qu'on endure des navets sans âme. Ce genre de films est une récompense.
Je l'avais vu à Venise il y a une éternité (septembre 2011) en présence de l'équipe du film, acteurs et réalisateur et je l'ai encore davantage aimé.


Luce est frappée par la grâce divine dès sa plus tendre enfance ! Toute petite en 1916, elle collectionne les images pieuses et serre le curé du village sur son coeur dès qu'il apparaît. Elle lève les yeux vers le ciel. C'est beau le ciel, y'a Dieu dedans. Nous retrouvons Luce qui est devenue sans surprise Soeur Luce en 1943 infirmière et religieuse à Périgueux. Elle soigne indifféremment allemands et résistants jusqu'à ce qu'elle croise la route d'un aumônier maquisard blessé, Martial. La guerre et la cruauté des hommes ont eu raison de la foi de Martial et Luce jusque là envahie de l'amour de Dieu se sent de plus en plus irrésistiblement attirée par Martial. Mais Dieu lâche la main de Luce qui s'offre à Martial qui la viole avec son consentement... Et Martial abandonne Luce avec quelques remords mais pas trop. Alors Luce devient folle et se venge !
Bon, je n'ai pas aimé. Je n'ai pas été touchée par ce film froid qui parle de passion pourtant sans jamais en être animé. Mais mon voisin de gauche m'a suppliée de mettre une * et je ne peux rien lui refuser. J'aurais mis une ° si je n'étais si faible tant l'ennui s'est emparé de moi assez rapidement. L'interprétation catastrophique des maquisards figés comme des statues, la mollesse et le manque total de charisme d'Eric Caravaca, acteur voûté souffreteux, les séances de diapos sur le Périgord en automne n'arrangent rien. J'ai l'impression que le réalisateur a confondu austérité et froideur car son film glacial et sans âme (un comble !) a finalement suscité chez moi plus de gêne que de compréhension et d'empathie.
C'est d'autant plus regrettable que les sujets : la perte de la foi, la folie, l'absence de pardon, la vengeance, la justice des hommes laissaient entrevoir de belles espérances. Encore plus déplorable même que deux acteurs dominent et s'extraient totalement de la fadeur ambiante. Jacques Spiesser en évêque qui place très haut les responsabilités de sa charge. Et surtout Céline Sallette, la pauvre ! tellement possédée par son bouleversant personnage qu'on regrette vraiment que le film ne soit pas à la hauteur de son interprétation fébrile et de son beau visage fatigué.
Au fait, ce film est tiré d'une histoire vraie. Si ça peut vous inciter !
J'ai 5 X 2 places à vous offrir grâce à LE PACTE, pour ce film qui sort le 25 janvier.

Synopsis : Révoltée par la vente du cheval d’obstacle qu’on lui avait promis, Gracieuse, cavalière surdouée, claque la porte de l’élevage qui l’employait.
Elle redémarre à zéro en acceptant de rentrer comme palefrenière dans le haras de dressage qui jouxte la ferme de son père. La propriétaire, Joséphine de Silène, y exploite d’une main de fer la renommée internationale d’un entraineur allemand, Franz Mann, ancien champion cynique et usé dont les riches cavalières du monde entier se disputent le savoir - mais aussi le regard ! Ce microcosme de pouvoir et d’argent n’attend pas Gracieuse qui n’a pour seules richesses que son talent, son caractère bien trempé et surtout sa rage d’y arriver. Branchée sur 100 000 volts, prête à affronter Franz Mann lui-même et tous les obstacles - jusqu’à se mettre hors-la-loi, elle poursuit son unique obsession : avoir un cheval pour elle, qu’elle emmènerait au sommet …
Pour remporter ces places c'est comme toujours très simple. Vous devez terminer la phrase (après avoir regardé la bande annonce) et trouver de quel film est tirée la photo découpée.
Seules les réponses 1, 2, 3, 4 et 5 permettent de gagner.
Les autres sont là pour que vous puissiez continuer à vous amuser comme des foufous.
UNE SEULE REPONSE A LA FOIS PAR PERSONNE.
ON NE RETENTE SA CHANCE QUE LORSQUE J'AI VALIDE LA REPONSE.
NB. Nouvelle règle : pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent, ceux qui ont gagné la dernière fois ne peuvent jouer que sur les énigmes 6 à 10.
LES GAGNANTS sont : guy, ludo, titine, mari_nette, Florence.
GAME OVER. Merci.
1
LES CHARIOTS DE FEU trouvé par guy
"C'est ça vas-y...reste un esclave !"


2
MARQUE PAR LA HAINE trouvé par Mari_nette
"Qui monte les autres pendant...notre absence"

3
LA LEGENDE DE BAGGER VANCE trouvé par titine
"Vous le rentrez et...vous faites l'inventaire des clôtures."


4
INVICTUS trouvé par Florence
"Un boulot où les bons chevaux... sont pour les autres comme d'hab'"

5
LA COULEUR DE L'ARGENT trouvé par ludo
"Ici on fait du dressage... du haut niveau... des chevaux allemands."


6
JUSQU'AU BOUT DU RÊVE trouvé par la meuf à Jordane


7
CHARLOT BOXEUR trouvé par Ghislaine
![]()

8
LE CIEL PEUT ATTENDRE trouvé par sopel
![]()
9
MILLION DOLLAR BABY trouvé par marion


10
LE MEILLEUR trouvé par Mister Loup
![]()





Petit rappel du propos pour ceux qui n'auraient ni lu les pavés de Stieg Larson (c'est mon cas, mais cette fois j'ai envie !) ni vu la précédente version suédoise d'un réalisateur qui n'a pas imprimé la pellicule (pardon à la famille) : Mikael Blomkvist journaliste star de la revue "Millenium" perd un procès en diffamation contre un industriel. Henrik Vanger, grand magnat suédois lui aussi, profite de cet échec et de la mise à l'écart de Mikael et lui propose d'enquêter sur le meurtre de sa jeune nièce Harriet 40 ans plus tôt. Le coupable n'a jamais été retrouvé mais il s'emploie depuis 40 ans à envoyer un cadeau très personnalisé au vieil homme convaincu que c'est un membre de son abominable famille qui en est responsable. Mikael accepte et se voit imposer la présence comme co-enquêtrice de Lisbeth Salander, hackeuse informaticienne exceptionnelle mais jeune femme étrange, solitaire au passé et aux comportements troubles et troublants. La complémentarité des deux va faire des miracles et mener rapidement sur la piste d'un serial killer d'une cruauté sans nom et à percer les secrets pas reluisants d'une famille détestable.
Difficile d'éviter la comparaison avec la précédente adaptation qui n'est vraiment pas à l'avantage de la version suédoise même si sa médiocrité donnait néanmoins l'envie irrépressible d'en savoir plus et surtout de connaître le sort de Lisbeth Salander. Difficile aussi d'éviter les superlatifs tant cet opus "fincherien" place haut ce thriller horrifique dans la catégorie des grands épisodes du genre. Et pourtant, s'il n'y avait la présence de Daniel Craig (parfait, plus que parfait, j'y reviendrai) je ne me serais sans doute pas précipitée pour voir un film dont je connais déjà parfaitement le dénouement. Malgré cela, le réalisateur triomphe de cette histoire connue par sa façon unique, judicieuse et efficace de démêler l'écheveau qui trace la piste du criminel. Il nous plonge au coeur de l'enquête, minitieusement décryptée par ses deux limiers de choc, un peu comme dans son inoubliable "Se7en", modèle inégalé du genre. Alors qu'est-ce qui fait la différence avec la tentative suédoise ? Fincher approfondit tout, ne laisse rien en suspens et décortique l'intrigue et les personnages en les rognant jusqu'à la substantifique moëlle ! Evidemment, il se concentre plus intensément sur Lisbeth et Mikael dont la personnalité et le charisme font merveille mais aussi sur leur relation plus plausible voire attendrissante ici. Si Noomi Rapace était absolument seule à soutenir sur ses frêles épaules éprouvées le personnage monstrueux de Lisbeth et le film tout entier, ils sont deux ici et les personnages secondaires ne sont pas pour autant négligés. Bien sûr la famille offre à voir une belle collection de pourris certes assez monolythiques mais en une seule réplique le réalisateur règle son compte à la prétendue neutralité suédoise lors de la seconde guerre mondiale grâce au personnage du vieux Vanger qui croupit dans ses souvenirs nazis. Tous les membres de cette famille désunie qui continue néanmoins de vivre sur le même îlot, loin des regards du monde s'observent les uns les autres, ne se parlent plus depuis de nombreuses années. Tous cachent des secrets qu'ils éludent et sont plutôt enclins à accabler les autres. Il faut dire qu'ils n'ont jamais rien fait d'autre que vivre bercés par la haine, la barbarie, les scandales...
Au milieu de ce panier de crabes nauséabond s'installent donc Lisbeth et Mikaël à qui l'on met à disposition une petite maison sur l'île pour les besoins de l'enquête. Ils sont au centre de l'histoire, au coeur du film et on se désintéresse presque de l'enquête pour les suivre eux, pas à pas ! Ils lui donnent son âme. La première apparition de Daniel Craig en Mikael Blomkvist est rassurante et formidable. On oublie immédiatement James Bond. Séduisant, élégant, déterminé, il est ce journaliste opiniâtre, intellectuel mais le côté sportif inébranlable rompu à toutes les situations est gommé. C'est d'ailleurs la frêle Lisbeth qui le sauvera d'une bien fâcheuse posture. La fragilité nouvelle de Daniel Craig qui résiste (très peu) à Lisbeth en lui disant "je suis trop vieux pour toi" est touchante et absolument crédible. C'est lui qui aura un haut le coeur devant le cadavre d'un chat, pas elle. C'est lui qu'elle recoudra avec du fil dentaire lorsqu'il sera blessé... L'humour de leur improbable couple pourtant évident (oui je sais c'est contradictoire !) fait mouche à plusieurs reprises.
Le film, d'une efficacité remarquable est donc encore enrichi par l'interprétation subtile et magistrale de Daniel Craig et Rooney Mara.
Venons en à Rooney Mara. On l'a échappé belle, je viens juste de lire que Léa Seydoux a passé des essais... Le cas Lisbeth Salander donc, héroïne invraisemblable au look agressif et pourtant qu'on a envie d'aimer, de protéger, de sauver. On s'y attache. Noomi Rapace était déjà responsable du seul intérêt, pardon d'y revenir encore, du film suédois. Elle était fabuleuse, extraordinaire, inoubliable. Tant et si bien qu'imaginer une autre actrice pour l'interpréter relevait pour moi de la haute trahison. Evidemment, avoir échappé à Léa Seydoux est rassurant. Mais il se trouve que Rooney Mara s'empare du personnage de Lisbeth et nous la rend indispensable. On s'attache très fort à cette fille à l'enfance et à la vie totalement brisées. Sa démarche rapide et un peu voûtée, sa façon de longer les murs tête baissée pour tenter de passer inaperçue, son regard fuyant, méfiant, inquiet... tout dans ses attitudes contraste avec son look voyant, provoc' et agressif. C'est comme si elle cherchait à disparaître tout en étant très voyante. La noirceur de ses cheveux, ses sourcils blonds, ses piercings, ses multiples tatouages, ses coiffures, son apparence très travaillée ajoutent encore à l'étrangeté du personnage. Et son travestissement vers la fin de l'épisode révèle une fille d'une beauté et d'une élégance époustouflantes. Cette Lisbeth au passé catastrophique et perturbant n'en finit pas d'endurer des épisodes traumatisants. Les scènes avec son nouveau tuteur (elle est pupille de la nation déclarée irresponsable et placée sous tutelle) sont d'une rage et d'une cruauté comme on n'en voit peu. Elle aurait pu développer une haine farouche et tenace de l'humanité mais elle est encore capable d'éprouver des sentiments envers son ancien tuteur hélas victime d'un AVC et il semble évident que son attirance pour Mikael se transforme en un attachement qui la surprend elle-même. Mais cette nunuche de Mikael paraît aveugle malgré ses lunettes d'intello... Et la dernière scène est un crève-coeur !
Lisbeth Salander est irrésistible, Rooney Mara est exceptionnelle.



3 hommes et 2 femmes sont amis depuis des années, des décennies même. Leur particularité est d'avoir entre 70 et 80 ans environ. Mais leur amitié n'a jamais été entamée, ni par les années qui s'accumulent ni par les quelques coups de canif dans certains contrats comme nous l'apprendrons au cours de l'histoire. Suite à un ennui cardiaque Claude est "placé" dans une maison de retraite par son grand fils de 50 ans qui s'inquiète. En lui rendant visite, ses amis réalisent qu'il est dans un mouroir et refusent de l'y laisser. Ils décident donc, pour prendre soin des uns et des autres, de s'installer tous ensemble dans la grande maison de Jean et Annie avec Jeanne et Albert qui lui, commence à perdre un peu la carte...
Ce film serait presque une bouffée d'air pur s'il ne fichait autant le cafard et après avoir vu l'horreur qui parle des 30/40 ans récemment, loin de moi l'idée de faire du "vieillisme" pour contrer le jeunisme ambiant ! Il n'en demeure pas moins que le film précédent m'a semblé interminable alors que j'ai passé 1 h 36 formidable en compagnie de ces vieux. Car ici, même si la réalisation n'a rien de révolutionnaire, les thèmes abordés sont pour le moins largement tabous au cinéma et on ne prend pas de gants mapa (ceux qui ont vu l'horreur comprendront !!!) pour appeler un vieux un vieux ! Car c'est ce qu'ils sont ces 5 là, vieux, voire très et pas bien en forme pour certains. Alors évidemment cette chronique manque de rythme mais le tempo est largement compensé par l'énergie du casting quatre étoiles réjouissant qui n'éprouve aucun embarras à parler parfois crûment de la sexualité de leur troisième quatrième âge, de la mort, de leur "avenir" à très court terme... Cela brise le coeur parfois car il me semble difficile de ne pas s'identifier ou identifier une situation que chacun peut connaître et que la société et la famille ne résolvent pas.
Néanmoins, cela fait un bien fou de retrouver Claude Rich en vieux bourreau des coeurs qui s'interroge encore sur son pouvoir de séduction, le lunaire Pierre Richard tout perdu et aux prises avec une mémoire qui décline de jour en jour, Guy Bedos qui n'a rien perdu de sa colère militante, Géraldine Chaplin adorable vieille dame qui emploie encore les artifices d'une jeûnette pour calmer son colérique époux, et puis Jane Fonda si belle, si positive qui envisage la mort en souriant, mais dans un joli cercueil rose.

Avant la fin du générique de début, Marc Marronnier tombe amoureux, est heureux, se marie puis divorce. La bonne nouvelle c'est que cela nous permet d'être débarrassé d'une non actrice exaspérante en moins de cinq minutes. Mais c'est à peu près la seule bonne nouvelle que j'ai à vous annoncer car le reste sera inversement proportionnel au petit bruit joyeux qui ouvre le film : celui d'un bouchon de champagne qu'on débouche. Notre Marc est à la fois critique littéraire et serial noceur noctambule. De son mariage raté il tire des généralités et décrète que l'amour dure trois ans. Il rédige donc, tout en pataugeant dans son vomi, un roman qui sera refusé par deux grandes maisons d'édition et accepté par une troisième ah ah ah ! Evidemment toutes les femmes (sauf une) se ruent sur le livre qui devient un best-seller mais Marc désire rester incognito car il est tombé amoureux de la femme de son cousin, Alice (rencontrée lors de l'enterremment de sa grand-mère), et elle a détesté le livre. Mais c'est compter sans la roublardise de l'éditrice qui révèle l'identité de Marc. Du coup, Alice qui avait quitté son mari (je n'ai pas bien compris comment elle s'était laissé séduire... mais c'est un fait) pour Marc, quitte Marc et retrouve son mari à qui elle annonce qu'il a un micro pénis, ce qui est très désagréable. Entre autre...
Mais Marc a des amis ou des parents tout aussi puants, superficiels et indécis que lui. Un père (choix judicieux de Bernard Menez à qui Gaspard Proust ressemble comme deux gouttes d'eau) très fier d'être priapique à 70 ans avec sa jolie femme de 50 ans sa cadette, une mère féministe libérée (j'imagine) qui écrit des best-seller comme son fils, aux titres chic et choc "Je suis une mère célibataire et je vous emmerde" et méprise ses lectrices (ah la séance de signature !!!), un copain ex noceur qui se range auprès de sa compagne, une snobinette qui parle anglais parce que c'est plus... c'est plus quoi au fait, j'ai oublié ! Et toute une galerie de portraits de personnes qui gravitent plus ou moins dans le monde de la littérature, dans des appartements avec piscine intérieure, un verre d'alcool dans une main, une jolie fille à portée de l'autre. C'est consternant, exaspérant et surtout JAMAIS drôle. Et pourtant sont convoqués à intervalles réguliers : Shakespeare, Bukowski (pour le côté trash je suppose), Finkelkraut et j'en oublie, pour démontrer à quel point tous ces gens sont des intellectuels. Le pauvre Marc Levy s'en prend plein la tête pour pas un rond. Mais pour prouver que nous sommes finalement bel et bien dans le monde des bisounours, Marc Levy en personne apparaît à la fin du film avec la première femme de Marc l'actrice qui sert à rien. Le roman de Marc est refusé par de grands éditeurs parisiens, cela prouve à quel point Beigbeder est beau joueur. Il y a même de virulentes critiques de ce roman preuve que Fredo n'a peur de rien et qu'il accepte même la critique. Et quelle mise en abîme !!!, imaginez que le personnage du film écrit un livre qui s'appelle "L'amour dure trois ans" à l'intérieur du film qui s'appelle "L'amour dure trois ans" tiré d'un livre écrit par le réalisateur qui s'appelle... ouh j'en ai le vertige !
Que vous dire encore ! La bluette sentimentale ??? Sans intérêt et pas crédible pour deux sous. Comment imaginer que cette grande gigue de Louise Bourgoin qui pète la santé puisse tomber amoureuse d'un bonnet de nuit chétif et souffreteux tel que ce Marc/Gaspard ? Qui a fait croire à Gaspard Proust qu'il était acteur d'ailleurs ? Ce monde est cruel. Quant à Louise Bourgoin, elle est trop grande, trop belle, trop vivante pour un type qui va lui pourrir la vie par sa jalousie et son manque de confiance en lui. Il n'empêche que c'est une femme qui dit qu'Alice/Louise a un fort capital d'emmerdeuse ! Les femmes sont des emmerdeuses, c'est un fait indiscutable, c'est Beigbeder qui le dit. On croit rêver !
Le film est donc à l'opposé des légères petites bulles du breuvage haut de gamme qu'on entend pétiller dès l'ouverture : complètement patapouf, bête, prétentieux, snob, faussement intello mais vraiment misogyne. Cela dit si les femmes ne sont que des harpies nymphomanes et vulgaires, les garçons ne sont pas mieux servis tant ils sont repoussants d'immaturité et de couardise.
......................
Néanmoins, mais le film (où est le cinéma là dedans d'ailleurs ?) n'en est pas moins mauvais et ennuyeux pour autant, il y a Joey Starr ! Ce garçon est vraiment incroyable. Dans le rôle du copain, il semble être le seul à avoir un cerveau. Et, ô miracle, il réussit à TOUT faire passer : une allusion pédophile, un mariage homosexuel. C'est parce que je l'ai vu apparaître que je me suis décidée à ne pas quitter la salle avant la fin. Hélas il n'a que trois scènes trop courtes et le réalisateur a l'idée tout aussi absurde qu'inattendue (mais est-ce étonnant ?) d'interrompre celle où il chante avec Michel Legrand.



Alors qu'elle achète un petit miroir dans une boutique algéroise, Safinez Bousbia sympathise avec le commerçant, un vieil homme qui lui montre d'anciennes photos. Elle découvre que cet homme a eu le Premier Prix du Conservatoire d'Alger et qu'il a fait partie d'un groupe de musique arabo-andalouse célèbre, que ce groupe a été séparé de faits par les "événements" et que ses membres ne se sont pas revus depuis 50 ans. Touchée par la passion encore vive du vieil homme, la réalisatrice se met en tête de retrouver les membres du groupe dispersés entre l'Algérie et la France et de les réunir. Plusieurs années de travail, heureusement couronnées par la re-formation du groupe baptisé "El Gusto" qui signifie en gros : bonne humeur, celle qui fait "oublier la misère, la faim, la soif".
Le mot qui vient à l'esprit pour évoquer ce film est nostalgie. Cependant tout au long de ce voyage à travers le temps on peut parler également de gaieté, jubilation, passion. Il faut dire que ces charmants messieurs n'ont pas leur pareil pour décrire et faire revivre avec énergie toute une époque située entre la "guerre d'Allemagne" comme ils disent et la "révolution". Une émotion très forte saisit le spectateur en découvrant la casbah d'Alger dégradée, détruite ou à l'abandon. Et pourtant les vues, la visite d'Alger sont sublimes. Au début des années 60, ses habitants en ont été chassés, rapatriés en France ou relogés dans des cités à l'extérieur de la ville. C'est ainsi que tous les membres de ces orchestres jadis renommés ont été séparés nourrissant chacun de leur côté une profonde nostalgie de l'époque. Chacun regrettant par dessus tout de n'avoir jamais pu vivre de la musique, obligé d'exercer un métier n'ayant rien à voir avec leur passion. Evidemment les côtés les plus négatifs voire franchement douloureux sont juste effleurés mais il m'est impossible de reprocher à un film aussi enthousiasmant d'être optimiste et d'insister copieusement sur le côté "c'était mieux avant". Il n'en demeure pas moins qu'interviewés séparément de chaque côté de la méditerrannée ces musiciens gourmands vantent avec infiniment de conviction un climat, une atmosphère, une époque où juifs, chrétiens et arabes vivaient en harmonie, de la même façon. La religion ou plutôt LES religions semblaient n'être que ce qu'elles devraient toujours être : une affaire privée !
C'est donc avec beaucoup d'intêrêt, d'émotion et le sourire aux lèvres qu'on suit le récit de ces hommes qui ont la musique chaâbi (mélange de musiques berbère, populaire et andalouse) qui coule dans les veines. Et c'est avec infiniment d'impatience qu'on attend la dernière partie du film où ils sont enfin rassemblés en France. Leurs retrouvailles festives sont scandées comme le repète Robert Castel par "tu te souviens ?" où certains craignent de ne plus être à la hauteur des autres artistiquement et aboutissent à des concerts ébouriffants à Marseille puis à Paris. Les voir saisir leurs violons, darboukas et autres ouds et tout l'univers s'arabojudéoandalouïse et c'est magnifique :