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Sur la Route du Cinéma - Page 333

  • DIX HIVERS A VENISE de Valerio Mieli ***

    Dix hivers à Venise : photoDix hivers à Venise : photoDix hivers à Venise : photo

    Lorsque Camilla et Silvestro se croisent pour la première fois, ils se regardent mais ne se voient pas vraiment. Il faut dire qu'ils n'ont pas l'air bien malins, elle, avec son lampadaire un peu ridicule, lui avec son pied de tomates un rien encombrant. Puis ils se retrouvent seuls passagers d'un vaporetto, un soir d'hiver à Venise et Silvestro fait une blague à Camilla qu'elle n'apprécie pas. Il est farceur et dilettante, elle est studieuse et solitaire.  Et voilà, c'est parti pour 10 ans passés à se croiser, se revoir, se chercher, s'éviter, se perdre, se rater entre Venise et Moscou. 10 ans pas forcément perdus à tenter de devenir adultes en réussissant ses études mais en refusant de voir de comprendre et d'admettre qu'ils sont faits l'un pour l'autre.

    Evidemment ce genre de thème (deux tourtereaux sont les seuls à ne pas voir ce qui saute aux yeux et que le bonheur est à portée de coeur) a déjà été maintes fois abordé mais pas de cette façon. Chaque année Camilla et Silvestro vont se revoir sans toujours le décider. Ils vont souvent passer l'un à côté de l'autre ou vivre ensemble quelque temps "en toute amitié", apprendre à se connaître mais aussi s'appliquer à commettre mille erreurs, s'engager auprès d'autres et se pourrir la vie en refusant (on ne sait trop pourquoi) de se rendre à l'évidence. Bien sûr le scénario est un rien artificiel mais on s'en fiche car petit à petit, discrètement et alors qu'on avait l'impression de tourner en rond, la petite musique du film s'insinue peu à peu, les personnages deviennent attachants et on a bien envie de les aider à cesser de se  gâcher la vie, à y voir clair dans leurs sentiments.

    Marlgré ce côté "vie ratée", le film est la plupart du temps infiniment joyeux et d'un optimisme forcené. Il faut dire que les deux jeunes énergumènes, Isabella Ragonese et Michele Rondino déploient un charme, un dynamisme et une vitalité impressionnants. Ils sont tous les deux absolument irrésistibles.

    Que dire de ma chère Sérénissime qui me manque tant ? Toujours infiniment photogénique même l'hiver par temps très brumeux, le réalisateur nous ballade loin des gondoles et des touristes dans deux quartiers que je connais comme ma poche, même s'il s'autorise une petite incursion sur la Place St Marc, et près du Pont des Soupirs (en travaux depuis plusieurs années)  Alors imaginez l'émotion, le bonheur !

  • LA VIE D'UNE AUTRE de Sylvie Testud **

    La Vie d'une autre : photo Mathieu Kassovitz, Sylvie TestudLa Vie d'une autre : photo Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz, Sylvie Testud, Yvi Dachary-Le Beon

    La Vie d'une autre : photo Mathieu Kassovitz, Sylvie Testud

    Marie se réveille molle et alanguie après une folle et intense nuit d'amour avec son amoureux Paul. En se levant, elle ne reconnaît pas cet appartement immense et luxueux. Elle fait la connaissance de son fils et apprend qu'elle est mariée avec Paul depuis 15 ans mais qu'ils sont sur le point de divorcer. 15 années de la vie de Marie se sont envolées en une nuit sans explication. Que s'est-il passé pendant ces 15 ans ? Manifestement, Paul et Marie ont réalisé ses rêves pour lui, ses ambitions pour elle. Il est en train de devenir un auteur de BD à succès, elle est numéro deux d'une grande entreprise. Mais Marie découvre peu à peu que, même si tout le monde la respecte et l'admire, elle est surtout crainte et n'a aucun ami. Et comme elle se retrouve dans la peau de la jeune femme romantique et amoureuse de 25 ans, elle va devoir reconquérir son Paul chéri qui a un peu de mal à croire en la résurrection de la Marie qu'il a tant aimée.

    Alors je sais, ON va se moquer et on va sans doute me dire "plutôt mourir que d'aller voir ça". Tant pis j'affronterai les ricanements avec stoïcisme. Mais oui, j'ai été émue et j'ai même eu ma larmichette je crois car la Juliette tirerait des larmes à un caillou. Cela dit l'émotion n'arrive que dans le tout dernier quart d'heure qui cesse d'être une farce mais un drame. Revirement total, définitif et beaucoup plus en accord avec le thème du film. Comment fait-on pour changer autant ? Devenir froide, carriériste alors qu'on était juste ambitieuse ? Peut-on avoir été quelqu'un de bien et devenir cette quarantenaire puante que tout le monde salue en longeant les murs ? S'éloigner, se désintéresser de tous les gens qu'on a aimés et qui vous aiment uniquement pour réussir ? Etc.

    Mais pour parvenir à cette jolie dernière partie, il faut résister à la première (néanmoins éclairée par instants par Mathieu Kassovitz, acteur merveilleux, complètement en accord avec son rôle lui !) où Juliette Binoche démontre avec force roulement de billes, démarche de soûlotte et quelques "putains" lâchés par ci par là, qu'elle n'est décidément pas une reine de comédie. Les premières minutes sont catastrophiques, Juliette joue comme Sylvie (Testud) et ça ne lui va pas du tout. Lorsqu'elle découvre son compte en banque, sa BM, la mort de Michaël Jackson, l'Euro, Barack Obama... je n'hésite pas, elle est ridicule. Par contre quand le drame émerge logiquement de cette situation pas ordinaire (comment ne pas passer pour une folle ? que sont devenus les parents ?..), on retrouve Juliette actrice dramatique donc et surtout le film et l'histoire prennent toute leur dimension lorsqu'enfin Paul et Marie se parlent. C'est autour d'eux que Sylvie Testud aurait dû se concentrer et se laisser aller à filmer une grande histoire d'amour en train de se réinventer. Au lieu de cela, elle a batifolé du côté de la comédie sentimentale gentillette avec environnement digne des romcoms américaines. Nan mais je vous jure leur appartement... jamais on n'a vu ça. Si la Tour Eiffel tombe, c'est direct dans leur salon au milieu duquel trône un arbre, un vrai ! Et je ne dis rien de la renaissance de Marie qui réapprend le bonheur sans nom de porter des chaussures à semelles rouges !!! Nul et hors sujet !

    Sinon, donc, je vous le dis, il y a Mathieu Kassovitz, malheureux comme les pierres qui ne comprend rien à rien à ce qui lui arrive. Il est beau, il est charmant, il est touchant, il a tout compris, il est FORMIDABLE !

  • LA FOLIE ALMEYER de Chantal Akerman **(*)

    Almayer un européen, a épousé sans amour une femme en Malaisie contre la promesse faite par son père adoptif le capitaine Lingard, de faire fortune grâce à l'or qu'il cherche dans les montagnes. Mais l'or n'arrive pas. Almeyer s'ennuie et déperrit. Cela prend des proportions inhumaines lorsque Lingard lui enlève sa fille Nina encore petite pour la placer dans un pensionnat où elle sera éduquée. Nina revient des années plus tard, elle est devenue une jeune fille d'une beauté étourdissante mais les relations avec son père sont assombries par un mur infranchissable d'incompréhension. Nina lui reproche de ne pas être venu la chercher pendant toutes ces années, alors que métis, elle était la proie du racisme et de la cruauté de ses camarades et professeurs. Sentant sa fille lui échapper définitivement, notamment lorsqu'elle rencontre un étrange "rebelle", Almeyer sombre peu à peu dans la folie. 
    Voilà un film que je ne voulais manquer sous aucun prétexte et je ne le regrette pas tant il donne envie de lire le roman de Joseph Conrad dont il est tiré pour en prolonger l'expérience asphyxiante voire traumatisante. Dommage que Chantal Akerman abandonne parfois son spectateur au profit de sa caméra qui s'enfonce dans la jungle humide et étouffante. Les images et les ambiances, les couleurs, les sons sont en effet d'une beauté remarquable. La maison, la véranda, le fleuve alentour, tout est beau. Mais d'une beauté inquiétante et sombre. Et on s'installe dans chaque long plan fixe avec extase. Le cinéma de Chantal Akerman est à l'opposé du cinéma frénétique qui change d'image toutes les cinq secondes et c'est infiniment bon. Mais cette histoire d'amour inhabituelle (un père pour sa fille), de fautes graves, d'erreurs irréparables et de folie aurait dû être bouleversante. Elle ne l'est jamais et c'est là que j'en veux à Chantal Akerman. Jamais l'émotion n'affleure et les personnages semblent parfois réciter leurs textes intenses et profonds sans manifester la moindre fièvre. Sans doute est-ce la chaleur moite qui les anesthésie !
    Il n'en reste pas moins la performance d'un acteur tellement rare qu'il a atteint ses 40 ans sans qu'on ait  eu le temps et la possibilité de le voir vieillir à l'écran : Stanislas Merhar. Il est d'une beauté, d'une intensité et d'une puissance tout simplement hallucinantes. Certaine a prétendu qu'il parlait à son bonnet dans ce film, c'est absolument faux, il parle aux insectes ! En tout cas, voir un acteur devenir fou sous nos yeux ébahis est une expérience et un grand moment de cinéma. La toute dernière scène, le dernier plan et l'une des dernières répliques, "le soleil est froid", sont de ceux qu'on n'oublie pas.
  • LA TAUPE de Thomas Alfredson ***

    La Taupe : photo Gary Oldman, Tomas Alfredson

     La Taupe : photo Colin Firth, Tomas Alfredson

    La Taupe : photo Tom Hardy, Tomas Alfredson

    En pleine guerre froide, le MI6 foire totalement une mission en Hongrie, entendez que non seulement la mission est ratée mais que des dommages colatéraux pas piqués des hannetons (je vous laisse découvrir) collent aux bonbons des responsables. Du coup le patron des Services Secrets britanniques Monsieur Kontrol est remercié ainsi que son second George Smiley (qui rit rarement néanmoins). Il semblerait, d'après le gouvernement, qu'une "taupe" soit infiltrée chez les espions. Le gouvernement demande donc aux papys mis sur la touche de reprendre du service et de trouver à qui sierait le mieux la chapka.

    Au bout des deux heures de projection l'identité de la bestiole sera révélée, mais finalement en cours de route, on lâche un peu le but de l'enquête pour ne s'intéresser qu'à la façon de s'y prendre pour la mener à bien. On entre dans un monde hermétique et fascinant où tous les membres semblent totalement déconnectés de la réalité du monde alentours alors qu'ils en tirent les ficelles. Ils le contemplent ce monde, du haut de leur bureau, au travers de fenêtres, derrière leurs jumelles. Tous les méandres de l'enquête s'enchevêtrent finalement dans d'autres missions qui s'additionnent ou refont surface. Et chacun de soupçonner l'autre, de révéler sa véritable nature, de lever le voile sur ce qui aurait dû rester enseveli et surtout de s'apercevoir qu'il est impossible de faire confiance à qui ce soit, et "surtout pas au petit personnel".

    D'emblée la qualité visuelle et le soin apporté à la reconstitution d'époque s'imposent et donnent à ce film de 2012 un aspect classique. Pour sûr il ne pourra pas vieillir, il est déjà vintage et cela n'a rien de péjoratif. Les couleurs sombres, grises, sépia, le climat hivernal permettent à ces messieurs distingués et bien propres sur eux extérieurement de s'envelopper dans de jolis cabans et de porter des lunettes roues de vélo, soigneusement choisies, comme en ce temps là... Il ne manque pas un bureau en acajou et pas une coupe de cheveux seventy (le budget moumoute a dû exploser mais il est dommage que le coiffeur ait manifestement pris conseil auprès de Nicolas Cage !). On trouve même une secrétaire qui travaille sur un ancêtre de nos ordinateurs : le Wang 1200 ! La reconstitution est donc nickel chrome et un régal pour les amateurs ou les nostalgiques.

    Le sérieux appliqué, la minutie et l'exigence de la bande de velus de garçons ici présents, crème d'acteurs à s'en bousiller la rétine (Tom : je t'aime d'amour ! Colin, Gary aussi, Mark un peu moins, mais quand même) ne font qu'ajouter au plaisir intense de ces deux heures dans lesquelles on s'installe avec une forte envie de les prolonger bien au-delà, malgré l'atmosphère froide et délétère et les manipulations en tout genre. Les rares sourires proviennent du fait que ces garçons appellent leur employeur "le cirque", les membres font partie de la "nurserie" et lors d'une soirée de service ils chantent l'hymne soviétique. Il serait peut-être judicieux de repérer celui qui le chante avec le plus de zèle !

    Mais le plus fort de ce qu'on espère être une trilogie (comme la saga de John Le Carré dont ce premier volet est tiré) où les mêmes, enfin les survivants, ressigneraient, c'est que ce petit sentimental d'Alfredson fait de son film une meeeeeeeeeeeeerveilleuse histoire d'amour ! Oui messieurs dames, vous ne rêvez pas. Il faut voir les oeillades entre Colin Firth et Mark Strong, le gros chagrin de Benedict Cumberbacht (le bras droit de Smiley/Gary Oldman) obligé de se séparer de sa moitié, les larmes de Tom Hardy (je t'aime Tom) qui cherche sa blondinette et surtout, surtout, le désarroi de Gary Oldman lorsqu'il découvre des choses pas choupinettes sur madame Smiley. Son léger vacillement est digne de celui de Cary Grant dans "An affair to remember" (à 4'10") de Leo Mc Carey et son sourire de béatitude lorsqu'il regarde sa femme digne de lui-même lorsqu'il s'adresse à Wynona Ryder "see me now" (à 1'18") dans le Dracula de Coppola... c'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

    En outre et indéniablement Colin Firth porte le loden comme personne. Et s'il y a un concurrent à notre Jack Of The Garden aux Oscar cette année, c'est Gary Oldman et nul autre car il est ici extraordinaire !

    Je joins l'organigramme, ça peut aider.

    La Taupe : photo

  • ANOTHER HAPPY DAY de Sam Levinson ** (***** pour Ezra Miller, *** pour Demi Moore)

    Another Happy Day : photo Ezra Miller, Sam LevinsonAnother Happy Day : photo Demi Moore, Sam LevinsonAnother Happy Day : photo Ellen Barkin, Sam Levinson

    Est-ce que toutes les tares, maladies, travers et imperfections humaines, génétiques ou pas, peuvent se rassembler en une seule et même famille ? Oui, nous répond Sam -fils de Barry Good Morning Vietnam- Levinson sans plier les genoux. Si le jeune réalisateur de 26 ans avait des comptes à régler avec sa propre famille, il vient d'économiser quelques années de psychanalyse avec ce premier film où s'empilent pathologies chroniques, hystérie collective, cruauté incorrigible et bêtise incurable. Pour ceux qui comme moi considèrent le "groupe" ou la famille comme le lieu idéal où peut s'exprimer et se concentrer toute la méchanceté, tout le crétinisme de la planète et provoquer ainsi des souffrances profondes, ce film sera leur bible ! Et on appréciera au passage toute l'ironie du titre.

    Mais alors pourquoi tous ces gens se fréquentent-ils ? Ont-ils, en plus de leur déficience mentale manifeste, perdu tout libre arbitre leur permettant de dire : STOP ! Evidemment, s'ils exprimaient ce pouvoir de dire non, il n'y aurait pas de film et ce serait un peu dommage de ne pouvoir contempler ce grandiose jeu de massacre, ce mini Festen à l'américaine...

    Mais venons en au cas de la famille Hellman. Passons sur le milieu social, ça n'intéresse pas Sam Levinson. Ces gens sont "pétés de thunes" et ce n'est pas le propos. Pour tenter de voir dans quel imbroglio on met les pieds, je me dois de vous présenter Lynn. Lynn a été mariée à Paul dont elle a eu deux enfants, Dylan (qui se marie) et Alice. Paul a prié brutalement Lynn de quitter la maison. Il a gardé Dylan qui va très bien merci (et se marie) et Alice est restée avec sa mère. Alice va très mal et s'inflige scarifications et entailles depuis des années. La grande question est : Alice viendra t'elle au mariage de son frère et ainsi reverra son père plus vu depuis des années ? Lynn s'est mariée une nouvelle fois avec Lee, un type complètement ailleurs qui ne s'intéresse absolument pas à tous les drames qui l'entourent. Parfois il fait rire Lynn au lit et du coup elle a eu deux autres fils. Ben, atteint du syndrome d'Asperger, et Elliot (Ezra-graine de star-Miller) qui à 17 ans en est à sa quatrième cure de désyntox et souffre quant à lui du syndrome Gilles de la Tourette (permettant ainsi à Ezra Miller de déverser avec brio ses flots d'injures à sa mère, un régal !) associé à des crises d'angoisse et de panique fulgurantes. Il y remédie en ingurgitant tout ce qui lui passe sous la main de drogues, médicaments, alcools... N'en jetez plus la cour est pleine ? Que nenni ! Lynn, très tendue, se rend chez ses parents où toute la famille doit se retrouver pendant tout un week end pour célébrer le mariage de Dylan. La mère de Lynn semble avoir toujours rejeté sa fille qui ne comprend pas pourquoi alors qu'elle même rejette son fils autiste... Le père est cardiaque et manifestement en train de perdre la boule. Il disparaît parfois à la grande inquiétude de tout le monde ou se fige en état de catalepsie. Les soeurs de Lynn sont des mégères stupides, laides, haineuses et envieuses. Leurs enfants, des tarés vulgaires et obsédés. Il ne manque plus que Paul (l'ex mari) un beauf marié à une poupée qui le domine !

    Et voilà, tout ce joli monde va pouvoir déverser ses rancoeurs, sa haine, sa bile, ses moqueries et se détruire sous nos yeux ébahis.

    Ce qui frappe au premier abord c'est la battle de chirurgie esthétique. A ma droite la chirurgie réussie : Demi Moore est une splendeur. A ma gauche la chirurgie abusive et totalement ratée de Ellen Barkin. Regarder son visage est une véritable épreuve et il est difficile de comprendre comment un réalisateur peut avoir plaisir à la filmer. Elle fait peur. Quant à son jeu, je pensais que Keyra Knightley était la plus mauvaise actrice de tous les temps, une sorte de Gérard Butler au féminin, mais non, Ellen Barkin la devance en années certes mais aussi en jeu outré et complètement à côté de la plaque. Evidemment son personnage va mal, mais elle n'a aucune scène sans larmes ni tremblement ce qui la rend absolument invraisemblable et surtout, jamais touchante. On a plutôt tendance à croire qu'elle est bonne pour le cabanon et la camisole !

    Que reste t'il me direz-vous ? J'y viens.

    Il reste Demi Moore garce intégrale et poupée barbie hypnotisante (quand elle est à l'écran on ne voit qu'elle). Elle est parfaite et je ne parle pas que de son physique mais aussi de ses qualités d'actrice... et sa voix !

    Mais surtout, surtout, il y a Ezra Miller, déjà particulièrement génial et terrifiant en Kevin il démontre à nouveau ici quel grand acteur il va être, il est déjà. Le réalisateur semble s'être particulièrement intéressé à son "cas" et a soigné chacune de ses apparitions, heureusement très nombreuses, et de ses répliques. Il semble déjà avoir tout compris et intégré du jeu d'acteur et connaître parfaitement l'effet spécial qu'est son incroyable visage. Il peut être un ange et un démon dans le même plan et faire de son regard une arme de destruction massive.

    Le film c'est POUR LUI qu'il faut le voir et vous ne pourrez plus vous en passer.

    Et les Gaël Labanti qui prétendront encore que je n'aime pas les ados n'auront qu'à dorénavant me parler d'Ezra Miller ! Merci.

  • GO GO TALES de Abel Ferrara **

    Go Go Tales : photo Abel FerraraGo Go Tales : photo Abel Ferrara, Bob Hoskins, Matthew ModineGo Go Tales : photo Abel Ferrara, Asia Argento

    Ray Ruby est le gérant d'un cabaret de Manhattan où s'exhibent de jolies go go danseuses qui rêvent qu'un producteur, un agent, un impresario les remarque. Mais Ray ne sait pas gérer son "affaire". Il doit de l'argent à tout le monde, notamment à ses danseuses qu'il oublie de payer et qui menacent de faire grève, à sa propriétaire à qui il doit quatre mois de loyer et qui menace de fermer l'établissement. Alors Ray joue à la loterie et gagne une prodigieuse somme d'argent. Hélas, il a égaré le billet gagnant !

    Evidemment on est à des années lumières du somptueux et ténébreux "Nos funérailles" (16 ans déjà !) mais il n'empêche que cette sucrerie vaguement champagnisée où de jolies filles se désapent en rêvant à un avenir meilleur (où simplement à obtenir leur salaire) est une récréation où l'on rit beaucoup. Il faut dire que cette journée au "Paradise" est riche en rebondissements. Et surtout les acteurs en profitent pour faire leur show. Willem Dafoe cabotine à la perfection. Bob Hoskins itou. Asia Argento est parfaitement à l'aise à la barre... et fidèle à sa trashitude nous régale d'un french kiss peu ragoûtant avec un chien (parfois je peux comprendre le salaire des actrices !!!). Riccardo Scamarcio est tordant dans un numéro d'italien macho. Et quel plaisir de retrouver Matthew Modine (je ne comprends rien à la carrière merdique de cette acteur qui aurait dû s'envoler vers des sommets...) en coiffeur blond peroxydé, un chiwawa greffé à sa main gauche !

  • INTERNET C'EST SUPER CHOUETTE !

    s'est écrié mon voisin de gauche au ptit déj' après avoir découvert un site de récupération de photos pour les nuls ceux qui auraient cliqué sur "supprimer" en voulant charger les photos !!! Et voilà, nous avons récupéré les photos et vidéos de l'appareil. C'est dingue non ? Il ne nous reste plus qu'à ouvrir le ventre de l'ordinateur qui est décédé pendant le Festival et le meilleur des mondes portera bien son nom !

    Reprenons donc.

    Bilan de cette année : 18 290 entrées (sachant que la ville d'Annonay compte un peu moins de 17 000 habitants !).

    FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY

    LA SOIREE DE CLÔTURE.

    Le théâtre se remplit peu à peu.

    festival annonay 2012

    P2050049.JPG

    Marianne, Directrice de la MJC organisatrice du Festival déclare la cérémonie ouverte et empêche les officiels de faire leurs lénifiants discours, gloire à elle :

    festival annonay 2012festival annonay 2012

    avant d'être kidnappée par un gorille :

    festival annonay 2012

    festival annonay 2012

    Les deux Gaël(le) (Directeur artistique à droite, Chargée d'Organisation à gauche) toujours partants pour la déconne animent la soirée :

    festival annonay 2012festival annonay 2012

    Le groupe Maria Magdalena assure avec talent et énergie les transitions musicales :

    le groupe Maria Magdalena assurait la ponctuation musicale

    And the winners are :

    Prix du public - Parked

    Le réalisateur irlandais Darragh Byrne :

    Darragh Byrne recevant le prix du public

    Prix des lycéens

    Le jury des lycéens présidé par Tiffany Tavernier :

    Le réalisateur marocain : Hicham Lasri :

    Hicham Lasri recenant le prix des lycéens pour The End

    Le prix de la meilleure musique à "All that remains" de Pierre-Adrian Irlé, Valentin Rotelli - Suisse :

    Prix de la Musique pour All that remains

    Le jury et son président Raphaël Jacoulot :

    Le jury sous la présidence de Raphaël Jacoulot

    Prix spécial du jury pour L’Amour et rien d’autre (Über uns das all)

    Le grand prix est attribué à "Roméo Onze" de Ivan Grbovic - Canada.

     Grand prix du jury pour Roméo Onze

    C'est l'acteur principal du film Ali Ammar qui reçoit le prix :

    Ali Ammar interprète du film Roméo Onze recevant le grand prix du jury

    Et pour finir, quelques clichés de cet endroit incroyable où l'on se sent si bien, décoré comme chaque année par l'Essaim de Julie :

    festival annonay 2012

    festival annonay 2012

    festival annonay 2012

    Une librairie totalement démente, "La Parenthèse" :

    festival annonay 2012 

    Rendez-vous pour le 30ème : 

     festival annonay 2012CONVAR214 - Copie.jpg

  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY

    L'heure des bilans et des statistiques a sonné. Ding dong ! J'ai vu 30 films. Je ne vous ai pas parlé de "17 filles", de "Roméo Onze", de "Au cul du loup", de "All that remains", de "Nana" et de son étrange réalisatrice entre autre. J'ai rédigé 18 articles (c'est Mouche qui a compté, pas moi) pour la Feufeuille et j'ai adoré ça. Fabienne m'a aidée à alléger mon style lourdingue. J'aime bien. Il me manque 248 heures de sommeil (je suis mûre pour la photo Harcourt, LDP private joke inside, pardon). Je n'ai pas pu accéder au cinéma deux fois pour voir "Le cochon de Gaza" et une autre fois pour un film que j'ai pu programmer plus tard car les séances sont complètes. Cette ville est folle et follement cinéphile. Je n'ai pas envie de rentrer. Pas envie de travailler. Je veux rester enfermée dans une salle de cinéma. J'aurais adoré vous montrer des photos de la formidable soirée de clôture où les discours officiels étaient INTERDITS pour laisser place exclusivement au cinéma, aux images, à la musique, à l'émotion. J'ai pleuré quand Ali Ammar a reçu un prix. Je pleure facilement car je suis fatiguée et triste car ces 10 jours sont déjà terminés. C'est la première fois que je vis le festival du début à la fin. Je suis addict, je ne peux plus m'en passer. Je ne peux vous montrer les photos et les vidéos de la soirée car au moment de les charger j'ai cliqué sur "supprimer" et pas "copier". Quand je vous dis que ce Festival rend fou ! Vous pouvez trouver certainement des photos, des comptes rendus, des vidéos (il y en a même une où Mouche et moi chantons (cte honte)... il faut chercher :-) celui qui trouve gagne mon estime) sur le site du Festival.

    Il y a des gens aussi ici qui font que ce Festival est CE Festival et pas un autre. Les réalisateurs et les acteurs n'en reviennent pas eux-mêmes. C'est le SEUL festival disent-ils où ils se retrouvent à la même table que d'autres réalisateurs, ils échangent entre eux mais aussi avec le public, en permanence et ils n'ont qu'une idée, revenir ! Ce festival est différent parce qu'il est chaleureux même quand il fait moins 8. Il ne se prend pas au sérieux et pourtant il est d'une qualité exceptionnelle. La presse ne se déplace pas pour en parler parce qu'Annonay c'est le bout du monde... après Lyon c'est une galère sans nom pour y arriver et évidemment prendre un train et un bus ce n'est pas assez glamour. Mais c'est simple : Annonay se mérite !

    Et puis il y a des gens que j'aime ici Gaël et Florence. Et tous ceux que j'aime retrouver ou que j'ai rencontrés : Fabienne, Eve, Gino, Evelyne, Marianne, Gaëlle, les deux Chloé, Fréd, Rachel, Patrick, Philippe...

    PALMARES

    Grand Prix du Jury
    Roméo Onze - Ivan Grbovic - Canada

    Roméo Onze

    Prix Spécial du Jury (mon préféré de cette sélection)
    l’Amour et Rien d’Autre (Über uns das All) - Jan Schomburg - Allemagne

    l'Amour et Rien d'Autre (Über uns das All)

    Prix du Public
    Parked - Darragh Byrne - Irlande

    Parked

    Prix des Lycéens
    The End - Hicham Lasri - Maroc

    The End

    Prix de la Meilleure Musique de film
    All that Remains - Pierre-Adrian Irlé, Valentin Rotelli - Suisse

    All that Remains

    Le joli jury de cette année avec à gauche Tiffany (fille de) Tavernier et à droite en haut Mister President Raphaël Jacoulot (responsable du merveilleux "Avant l'aube").

    festival annonay 2012

    Ma copine, la dame de l'Hôtel du Midi me prie de bien vouloir quitter les lieux... je vous joindrai donc d'autres photos dès que je serai de retour vers une connection digne de ce nom !

    See U.

  • HAPPY BIRTHDAY

    Le thème du festival étant cette année "L'Aventure", il a été demandé à certains couples bénévoles du Festival de parler de leur AVENTURE amoureuse. C'est la nôtre qui paraît en dernier. Et en plus c'est l'anniversaire du Warrior Mouche. Photo prise par Rachel et mise en scène par Gaël Labanti à la mode Gone With The Wind.

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    Pascale et Hervé : Cinéma Paradisio !

    La vérité si je mens, lorqu’Hervé est entré dans La Firme, il se sentait Seul au monde. Pascale s’ennuyait ferme dans The Shop around the corner : Belleville Story. Lorsqu’elle aperçut Hervé ce fut une véritable Rencontre du Troisième type (oui, elle avait connu deux types auparavant dont un Gerry et un Crebinsky, mais ça n’avait pas compté). Hervé quant à lui, pensait que La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Son seul credo : « J’aime regarder les filles ». Mais en apercevant Pascale, il se dit : «je vais lui faire une Proposition Indécente qu’elle ne pourra pas refuser ». Elle semblait Tombée du ciel, il succomba à La joie de vivre de cette Nana. Ce Sauvage, ce Cochon de Gaza avait déjà connu 17 filles par le passé. Sans qu’ils le sachent l’un et l’autre, leurs Corps impatients brûlaient des mêmes Incendies. Il l’emmena à la patinoire. Lui, tel un Funambule On the Ice l’entendit fredonner Poupoupidou pour la première fois et s’exclama comme à l’accoutumé « Par mon Totem ! Avant l’Aube cette Princess Bride verra le Cul du loup » !!!

    Dès lors, ce fut l’Amour et rien d’autre.

    Plus tard, alors que dans un souffle elle lui murmurait : « Mon Master and Commander » où irons-nous pour notre lune de miel ? ». Il lui répondit : « En Sibérie, Mon amour ou en Americano si tu préfères ! ». Dans leurs Carnets de voyage, ils consignèrent leur Grand’Tour entrepris en Cheval de Fer. C’est sur le Circuit Carole qu’il lui révéla le Secret de la Pyramide et des Poignards volants. Au retour ils emménagèrent Rue des Cités et leur voiture fut Parked sous Las Acacias. The girl next door (leur voisine de pallier) Louise Wimmer, allias la Tueuse leur conseilla de postuler en tant que jury de cinéphiles au Festival International du Premier Film d’Annonay. « 7, 8, 9… Boniface » s’exclamèrent-ils en un cri de Délivrance ! Qui sème le vent récolte l’Aventure.

    Depuis 2005, ils sont Les Adoptés du Festival à tel point que cette année ils ont rejoint l’équipe des rédacteurs de Feufeuille la Tulipe !

    The End.