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Sur la Route du Cinéma - Page 332

  • LES ADIEUX A LA REINE de Benoît Jacquot *

    Les Adieux à la reine : photoLes Adieux à la reine : photo Benoît Jacquot, Julie-Marie Parmentier, Léa Seydoux

    Alors qu'à Paris le peuple a "pris" la Bastille, à Versailles la Reine consulte le dernier Vogue son cahier des froufrous et falbalas, se meurt d'amour pour la belle et libre Gabrielle de Polignac et manipule sa très dévouée lectrice favorite Sidonie Laborde. Cependant les bruits de tumulte s'approchent rapidement et le Palais peu à peu se vide. Les nobles dont les noms circulent sur une liste de têtes à couper ont peur et fuient ainsi que leurs serviteurs qui ne se sentent plus en sécurité. Sidonie assure qu'elle ne quittera jamais la Reine qui en profite pour lui demander un étrange sacrifice !

    L'idée de ne pas montrer la "révolution" en marche mais la confusion puis le chaos qui s'emparent progressivement du Château est tout à fait originale. Tout comme découvrir les couloirs, les différents passages, les cuisines et les "quartiers" des domestiques. S'apercevoir aussi que tous ne sont pas aussi bienveillants et dévoués que Sidonie. Les médisances et mesquineries allaient bon train. Voir le désarroi des nobles paniquer dans une confusion totale est un triste bazar pathétique. De vieux barbons enfarinés s'émeuvent de lire leurs noms sur la liste fatale. Le réalisateur ne les épargne pas et capte la débâcle qui s'empare de Versailles devant les yeux effarés des serviteurs auxquels certains, telle Sidonie aveuglée par l'amour qu'elle porte à sa Reine, refusent de croire. Si d'aucuns veulent y voir des correspondances avec une certaine fin de règne actuelle, tant mieux pour eux. Moi je ne vois qu'un film en costumes, certes différent car brillant et d'un point de vue particulier puisque c'est celui des domestiques, mais surtout  usant à force d'agitation. Suivre Sidonie qui tombe et se relève, et sa course éperdue dans les couloirs interminables ont réellement fini par devenir fatigant pour la spectatrice que je suis.

    Reste l'interprétation. Certains seconds rôles sont vraiment aux petits oignons et il n'y a pas plus naturelle et convaincante que l'extraordinaire et extravagante Noémie Lvovsky en première femme de chambre qui veille avec dévotion sur sa royale patronne. Julie-Marie Parmentier est une petite soubrette mutine et charmante. Virginie Ledoyen une fière et conquérante amie/amante. Et Diane Kruger passe avec beaucoup de sensibilité de la femme superficielle et capricieuse à l'épouse inquiète pour son royal époux, puis brisée par l'abandon de son amie mais néanmoins d'une cruauté manipulatrice envers Sidonie.
    Et donc, lisant partout qu'il s'agissait ici du meilleur rôle de la toute récente mais fulgurante carrière de Léa Seydoux qui pour l'instant ne m'a JAMAIS convaincue, je m'attendais et d'ailleurs j'espèrais être enfin conquise par la demoiselle. Il n'en est rien. Fade et inexpressive, je trouve cette actrice absolument mauvaise et sans aucun mystère, et incapable de faire passer la moindre émotion dans son regard qui reste désespérément vide. Censée faire comprendre à quel point elle tient à la Reine, à aucun moment on ne voit passer la fièvre de l'admiration et de l'amour dans ses yeux.  Il n'y a que lorsqu'elle doit être encore plus boudeuse et renfrognée qu'elle ne semble l'être naturellement, qu'on peut apercevoir un léger frémissement de sa narine gauche. Ou lorsqu'elle espère obtenir quelque chose. Une réplique du film à elle destinée résume assez bien son jeu et le tempérament de son personnage : "Dis donc, tu peux être aimable quand tu demandes un service ?".

    Ce qui a fini de m'irriter est que Benoît Jacquot se serve de deux prétextes absolument minables pour déshabiller intégralement deux de ces actrices ! J'en ai vraiment plus qu'assez de ces scènes inutiles qui ne servent en rien l'intrigue et plus qu'assez des actrices qui acceptent ces scènes sans objet. La scène où Virginie Ledoyen et Diane Kruger se serrent l'une contre l'autre est bien plus explicite et sensuelle que si elles avaient été dans un lit.

  • A L'AVEUGLE de Xavier Palud **

    A l'aveugle : photo Xavier PaludA l'aveugle : photo Xavier Palud

    Une jeune femme se fait assassiner et découper en quinze morceaux chez elle sans la moindre trace d'effraction. Un autre meurtre au procédé très différent mais tout aussi spectaculaire est perpétré, suivi d'un troisième... Alerte générale au 36, le commandant Lassalle aidé de son lieutenant, la jeune et charmante Héloïse qui en pince pour lui, sont sur le coup. Rapidement un accordeur de pianos, Narvik est suspecté. Mais il est aveugle et du coup, cela devient peu vraisemblable qu'il ait commis ces horreurs étant donné la complexité des modes opératoires.

    Polar nerveux et efficace et pub non dissimulée pour la Ford Focus (paiement en espèces merci) ce film ne renouvelle le genre en aucune façon mais au moins offre la possibilité de passer 1 h 34 pied au plancher sans une seconde d'ennui. Tout le monde connaît l'assassin pratiquement dès le début, les spectateurs, les flics et même les instances supérieures qui semblent avoir intérêt à étouffer les affaires. Le truc est de savoir comment ce brave Lassalle va bien pouvoir s'y prendre pour coincer le coupable avec qui se noue une étrange relation de confiance et comment contrer sa hiérarchie.

    Mais la cerise sur le gâteau d'une intrigue sans grande surprise, c'est Jacques Gamblin et son interprétation nonchalante de ce flic usé et brisé par un drame personnel. Avec sa tignasse poivre et sel très seyante, sa barbe de trois jours so sexy, ses costumes gris souris assortis à son humeur, ses conversations avec son chien, il est à la fois flegmatique et insolent quand il balance ses répliques et donne finalement un ton humoristique à une histoire très sombre. On rit donc beaucoup malgré les cadavres. Mélange du Mel Gibson suicidaire de L'Arme Fatale et du Bruce Willis solitaire des Die Hard, il est LA raison essentielle de voir ce film fort plaisant par ailleurs.

  • DETACHMENT de Tony Kaye ***

    Detachment : photo Adrien Brody, Tony KayeDetachment : photo Adrien Brody, Tony Kaye

    Detachment : photo Adrien Brody, Tony Kaye

    Henry Barthes est professeur de littérature. Par choix, il effectue des remplacements dans des lycées jusqu'au retour du prof absent. Cette fois, il se retrouve dans un établissement particulièrement difficile de la banlieue de New-York. Le lycée a des résultats tellement catastrophiques que la municipalité a décidé de le fermer purement et simplement. Dès son arrivée dans sa classe, Henry ne se laisse impressionner ni par la violence verbale des adolescents ni par leur manque d'intérêt pour les études. La distance qu'il a l'habitude de mettre entre lui et les autres va pourtant être mise à mal à cause de rencontres et d'événements qu'il ne va pas contrôler.

    Voilà bien le film le plus triste, le plus sombre, le plus pessimiste que j'ai vu depuis longtemps. Le désastre annoncé ne se dément jamais et il faut croire que j'avais envie d'être triste aujourd'hui car j'ai adoré ce film. Il m'a bouleversée malgré ses aspects chichiteux parfois (les inserts d'animation très dispensables et pas toujours explicites par exemple). Mais cela ne m'a pas gênée. A un film exceptionnel et original on peut pardonner quelques coquetteries. Il est rare qu'on parle de l'enseignement de façon aussi frontale, brutale en évitant les clichés notamment dans la résolution des problèmes par l'arrivée d'un magicien miraculeux qui résoudrait tout. Si le professeur est particulièrement charismatique, forcément c'est Adrien Brody, on est néanmoins bien loin de Jonh Keating qui prônait un séduisant Carpe diem à des garçons bien sages. Ici on a affaire à des gosses perdus sans caractère ni ambition, sans but ni espoir. Être mannequins ou mieux encore célèbres sans se poser la question de savoir si on a la moindre compétence voilà l'idéal ! Et si une fille développe d'incroyables dons artistiques, ce sont les parents eux-mêmes qui lui cassent son rêve. Les parents d'ailleurs, absents, laxistes sont davantage mis en cause ici que le système éducatif lui-même. Les enseignants en sont réduits à faire du gardiennage pour éviter que rien ne tourne mal. Quant aux parents ils n'interviennent que pour de mauvaises raisons et n'assistent à aucune rencontre parents/profs. Ce lycée est-il une caricature de ce qui se passe aux Etats-Unis ? En tout cas, il fait froid dans le dos. L'inquiétude, le désespoir et le renoncement semblent se répandre et émerger de chaque scène.

    A la périphérie de cette plongée dans le système scolaire on suit l'histoire douloureuse de Henry, ce prof solitaire, énigmatique et triste. Et là le film n'est pas sans rappeler le très étonnant Half Nelson où comme ici, le prof va aussi mal que ses élèves. Comme Half Nelson, Henry va faire la connaissance d'une gamine de 15 ou 16 ans (Sami Gayle est EXCEPTIONNELLE !). Elle se prostitue, il la recueille quelque temps et tente de continuer à s'appliquer à n'éprouver aucun sentiment. D'où lui viennent cette mélancolie, ce désenchantement et cette tristesse qu'il balade lors de ses nuits d'insomnie ? Pourquoi se refuse t'il avec autant d'acharnement à aimer ? Est-ce que son grand-père à qui il rend très régulièrement visite à l'hôpital a la réponse ? Lui qui fait peser sur son petit-fils le poids de sa survie "si tu ne viens plus me voir, je me laisserai mourir" lui assène t'il. Cet homme a t'il commis des choses ignobles qu'Henry était à l'époque trop jeune pour comprendre et que donc ils ne se permet pas de juger aujourd'hui. Il est pourtant persuadé que sa  mère l'a protégé enfant, de ces horreurs.

    Un beau film triste donc, avec un bel acteur triste

  • Y'A QUELQU'UN QUI M'A DIT

    que mes jeux étaient trop simplistiques. Alors je vous en mets un compliqué et en plus il n'y a rien à gagner que ma considération distinguée. Alors battez-vous mais les règles demeurent les mêmes, sinon je ventile, façon puzzle !

    J'ai découpé des actrices en morceaux et j'ai aimé ça, à vous de retrouver leur identité.

    UNE SEULE REPONSE A LA FOIS PAR PERSONNE.

    ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDE LA REPONSE.

    GAME OVER. Merci.

    1

    ELLEN DE GENERES trouvée par Jordane

    jeu cinémajeu cinéma

    2

    BRYCE DALLAS HOWARD trouvée par Fréd

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    3

    ROMY SCHNEIDER trouvée par jane

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    4

    WINONA RIDER trouvée par Mister Loup

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    5

    CATE BLANCHETT trouvée par caro

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    6

    SCARLETT JOHANSSON trouvée par Mister Loup

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    7

    DAKOTA FANNING trouvée par mel

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    8

    CATHERINE DENEUVE trouvée par Florence

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    9

    KATE WINSLET trouvée par caro

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    10

    VANESSA PARADIS trouvée par Mister Loup

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    11

    JESSICA CHASTAIN trouvée par Fréd

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    12

    MARILOU BERRY trouvée par Fréd

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    13

    EMMA WATSON trouvée par caro

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    14

    MELANIE DOUTEY trouvée par Ph

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    15

    MARION COTILLARD trouvée par Florence  

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    16

    NATALIE PORTMAN trouvée par Mister Loup

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    17

    JULIANNE MOORE trouvée par Marine

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    18

    DREW BARRYMORE trouvée par Fréd

    jeu cinémajeu cinéma

    19

    ANGELINA JOLIE trouvée par Ph

       jeu cinémajeu cinéma

    20

    MICHELLE WILLIAMS trouvée par caro

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  • 38 TEMOINS de Lucas Belvaux **(*)

     38 témoins : photo 38 témoins : photo38 témoins : photo

    Une nuit au Havre, une jeune fille morte baigne dans son sang dans le couloir d'un immeuble. Dès le lendemain la police enquête et se voit opposer un silence lourd et embarrassé de la part des habitants du quartier. Tout le monde dormait profondément, personne n'a rien vu ni entendu. Au bout de quelques jours Pierre tourmenté par le remords et alors que sa compagne lui demande d'oublier, prévient l'inspecteur de police qu'il a en fait entendu des cris et vu une femme blessée entrer dans l'immeuble. Et qu'il s'est recouché. Une journaliste fait par ailleurs des recherches de son côté pour tenter de comprendre pourquoi aucun voisin n'est intervenu. L'enquête prend alors un tour nouveau.

    Ce qui intéresse Lucas Belvaux n'est ni de chercher ni de trouver le coupable de ce meurtre barbare mais de s'interroger sur les raisons d'un tel silence. Et par là même de provoquer chez le spectateur les mêmes interrogations, sans juger évidemment. Juger c'est LE mal. Le procureur le dit d'ailleurs dans le film "personne ne prend plaisir à juger". Et des questions, on s'en pose, inévitablement. Que ferions-nous dans pareille situation ? Et le réalisateur n'élude rien, pas même la compassion commode et sincère qui fait que dès le lendemain une chapelle ardente avec photos de la victime, fleurs, bougies est installée à l'emplacement du crime et que la ville entière s'entasse à ses obsèques.

    Je n'aime pas ne pas adorer un film de Lucas Belvaux que j'aime d'amour, mais malgré les magnifiques moments et la profondeur du propos, il y a des lourdeurs qui ne l'ont pas élevé au niveau de ses précédents films (Rapt, La raison du plus faible ou Cavale). Ici les portraits de femmes m'ont semblé totalement raté. Je n'ai pas cru à l'amour entre Pierre et Louise, d'autant que leurs conversations théâtrales sont plutôt superficielles. Le couple ne fonctionne pas. Et si on comprend aisément qu'un couple peut se déliter face à un événement qui les dépasse largement, à aucun moment on ne sent, on ne croit que Pierre et Louise se sont vraiment aimés. Le personnage de Natacha Régnier en mère isolée avec sa fille n'est que survolé, et lorsqu'elle éclate en sanglots parce qu'elle veut protéger "sa famille", ça ne passe pas. Quant à la journaliste, madame je sais tout, interprétée par Nicole Garcia, son côté incorruptible justicière n'impressionne pas.

    Il n'en demeure pas moins que par certains aspects, Lucas Belvaux affirme encore ses dispositions de grand réalisateur de gauche en colère qui rêve d'un monde meilleur et continue de s'étonner de l'individualisme forcené de ses concitoyens. S'interroger sur la "non assistance à personne en danger", la honte et la lâcheté, c'est beau, fort et courageux. Et puis il y a Yvan Attal qui s'effondre intérieurement, rongé de remords, obsédé par des hurlements de femme qui ne lui laissent plus aucun répit. Parvenir au sous-jeu, au non-jeu que Belvaux lui a imposé est une performance. Et enfin, il y a le Havre, ville incroyablement grise, vide, rectiligne qu'il filme comme un personnage. La ville écrase tous les personnages par son gigantisme et Belvaux la rend belle quoique froide et impersonnelle. Le port, les cargos, les containers en enfilade sont comme une ville dans la ville, un labirynthe impressionnant où l'homme est insignifiant.

  • C'EST QUAND C'TRUC LA, L'PRINTEMPS ?

    J'adore quand elle dit ça. Oui bon je sais, je suis bon public, bon public !

    Alors donc pour les belges ceux qui ne le savent pas, le printemps c'est le 20 mars, mais le Printemps du Cinéma c'est un peu avant et il ne dure que trois jours. Je sais, vous allez me dire "il fait beau" tout ça ! Et je vous répondrai "oui, c'est ça, le beau temps quel bonheur !".

     

    le printemps du cinéma

     

     

    Mais quand même, le Printemps du cinéma c'est :

    3 jours pour tout voir les dimanche 18, lundi 19 et mardi 20 mars 2012 inclus dans toute la France.

    Le principe de cet événement national très attendu du public est toujours aussi simple : pendant ces trois jours, les salles de cinéma pratiquent un tarif exceptionnel à l’ensemble des spectateurs :

     3,50 euros.

    Une belle occasion de profiter pleinement de toute la richesse de la programmation durant la manifestation puisque tous les films sont concernés par cet avantage tarifaire, qu’il s’agisse de l’ensemble des nouveautés ou des films

    encore à l’affiche. Un événement fortement plébiscité puisque 2,5 millions de spectateurs le fréquentent chaque année en moyenne. 

     

    Le Printemps du Cinéma affiche cette année encore une programmation très attractive et diversifiée avec notamment :

  • CLOCLO de Florent Emilio Siri **

     Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie RenierCloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier

    Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier

    Claude François, son enfance, sa vie, son oeuvre et son explosion en plein vol !

    Les biopics (« biographical motion true picture »), fictions centrées sur la biographie d'un personnage ayant existé (dixit wiki), on aime ou on n'aime pas. Moi j'aime, c'est mon côté "Voici"-pipole-midinette. Et pourtant, rares sont les grands films qui émergent du genre. Celui-ci ne fait pas exception à la règle et je commencerai par évoquer ce qui ne va pas.

    Je suppose qu'en allant voir un film qui évoque Cloclo, j'ai envie de TOUT savoir sans avoir à lire la biographie non autorisée d'une Clodette ou celle d'un des fils qui n'étaient que des bambins quand leur papa-star est mort, bêtement. Mais franchement, l'évocaton de l'enfance de Claude François à Ismaïlia en Egypte est ratée. Si ce n'est le rôle du père tenu par le toujours étonnant Marc Barbé, ici séduisant et impitoyable "contrôleur du traffic sur le Canal de Suez" qui prévoit pour son fils une belle carrière sur le Canal. L'histoire,  Nasser et les dons du gamin en décideront autrement.

    Tout artiste "biopicqué" se doit d'avoir à combattre un traumas d'enfance. Ici notre Cloclo est élevé à la dure par un père despote qui le reniera quand il choisira la carrière de saltimbanque et une mère sur-protectrice et omni-présente donc pénible. La rencontre avec le père ne se fera jamais. Le gosse qui joue Cloclo enfant est une têtaclaques et Jérémie Rénier qui apparaît dès l'adolescence un peu trop vieux pour paraître 17 ans. Après une demi-heure assez ennuyeuse, Cloclo débarque à Monaco. C'est la misère et il se fait vaguement repérer pour ses talents de batteur. Il "monte" à Paris et après quelques échecs retentissants dont son premier 45 T, le franco-arabe "Nabbout twist" il rencontre Paul Lederman qui devient son impresario et là le film prend une tournure franchement risible. L'apparition de Benoît Magimel boursouflé, moumoute de caniche, accent pied noir mixé avec le parler wesh-wesh des banlieues, interprétation/imitation de Robert de Niro dans le Parrain et Casino est à mourir de rire. Allez je ne résiste pas, je vous mets une petite photo. Pour l'entendre appeler Cloclo "fils" en lui tapotant l'épaule et le voir bouger il faut aller voir le film :

    Est-ce que tenter de se rapprocher du physique du vrai Lederman peut nuire ou profiter au film ? Je ne pense pas. D'ailleurs, qui connaît le physique de Paul Lederman dans la vraie vie (sans vouloir faire offense) ? L'acteur qui interprète Frank Sinatra lui ressemble autant que moi à Bernadette Soubirous et ça ne gêne personne. Là, j'ai bien cru que le film ne s'en relèverait pas, d'autant qu'à ce moment Cloclo himself devient un peu chef de clan. Avec l'argent qui s'accumule, il achète le fameux moulin en ruine de Dannemois qu'il restaure et y installe la famille et les amis qu'il dirige en patriarche.

    Et puis, ça s'arrange. On découvre Cloclo complètement imprégné de son éducation rigide, autoritaire, colérique, jaloux, maniaque, lunatique, capricieux. Il enfermait sa première femme à clé dans son appartement lorsqu'il avait un rendez-vous. Il a quitté son amour France Gall sur un simple coup de fil le soir où elle remporte le Grand Prix Eurovision, craignant trop qu'elle lui fasse de l'ombre. Il a caché la naissance de son second enfant pendant des années. Il prétendait que c'était pour le protéger du "grand barnum" et sa femme de l'époque pensait plutôt qu'être père de famille était moins glamour  aux yeux du public ! En plein milieu d'une chanson il pouvait se retourner sur un musicien et lui balancer "fausse note, t'es viré". Il enregistrait des "mémos" avec les idées qui lui passaient par la tête mais aussi pour donner ses consignes et ses ordres à tout son entourage. Bref, un type infernal, difficile à suivre et dont on a pas trop envie d'être le copain.

    Mais sur le plan professionnel, il a su surfer sur les vagues, s'imposer en pleine "yéyé mania", s'adapter au disco et revenir au top lorsque sa côte chutait. Quitte à simuler un malaise cardiaque en plein concert avec l'accord de Paul Lederman. Il devient un véritable business-man, fonde sa maison de disques, reprend un magazine pour les jeunes, puis un magazine de charme, crée son agence de mannequins. Une vie lancée à 200 à l'heure et des shows frénétiques, étincellants sur des rythmes et aux chorégraphies endiablés. Il impose des danseuses noires à la télévision française, gère son image avec application et écrit la chanson la plus connue au monde "Comme d'habitude". Elle deviendra "My way" dans la bouche de  Frank Sinatra son idole de toujours qu'il n'osera même pas aborder alors qu'ils sont dans le même hôtel. Il semblerait que Cloclo ait toujours souffert du complexe Frank Sinatra. Il se serait rêvé en crooner alors qu'il a selon ses propres mots "une voix de canard".

    Voilà, je vous parle beaucoup de Cloclo et peu du film. Il faut dire que c'est un biopic... Donc ça raconte, ça raconte. Il y a néanmoins de véritables moments de grâce. Notamment lorsque Cloclo rencontre ses fans. Apparemment ce sont les seules personnes de son entourage qui n'aient jamais eu à se plaindre de son tempérament impossible. Elles dormaient sur le palier de son appartement parisien (parfois il en cueillait une qui passait la nuit avec lui), l'attendaient devant chez lui. Il sortait et les laissait  lui parler, le toucher (mais attention à ses cheveux quand même), l'embrasser. Il connaissait le prénom des plus assidues. La scène où il descend la rue au volant de sa voiture avec les fans qui l'accompagnent sur le trottoir est un magnifique plan séquence. Celle où il découvre comme un enfant que la star Sinatra chante sa chanson est particulièrement émouvante également. Et du coup, le film manque de ces moments plus forts et touchants.

    Evidemment qui d'autre que Jérémie Rénier pouvait incarner Claude François puisqu'il lui ressemble déjà tant naturellement ? L'acteur s'est appliqué pour les chorégraphies, s'est mis du rimmel sur les cils, de la laque dans les cheveux mais il apporte en plus une touche particulièrement sensible et émouvante. Quand il se montre odieux avec ses partenaires et qu'il vient implorer le pardon, il est irrésistible. Il a donc réussi à trouver et à maintenir l'équilibre ou le déséquilibre entre le personnage antipathique et l'homme qui se disait mal-aimé. Une belle performance impressionnante qui donne parfois l'impression que Cloclo lui-même est revenu d'outre-tombe pour tourner le film. Mais du coupnles acteurs autour sont relativement inexistants.

  • THOMAS DUTRONC

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    Hier c'était joie, bonheur, euphorie, jazz manouche, chanson française, virtuosité, rigolade et ambiance de ouf !

    Un sourire craquantissime, un brushing approximatif, la totale cool attitude :1.JPG

    Le costume qui brille, la mèche en bataille. Il n'aime plus Paris c'est sûr. 

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    Un garçon au nez parfait et qui joue de la guitare le petit doigt en l'air ! Comment résister ?

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    A la fin il est épuisé, on peut comprendre ! Ce garçon ne s'économise pas.

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    Un aperçu... Ne vous plaignez pas du son, j'ai fait au mieux :

    Une version strange et personnelle de "Tata Yoyo".