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julie depardieu

  • À LA VIE de Jean-Jacques Zilbermann *

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    Synopsis : 1960. Trois femmes, anciennes déportées d’Auschwitz qui ne s’étaient pas revues depuis la guerre, se retrouvent à Berck-Plage. Dans cette parenthèse de quelques jours, tout est une première fois pour Hélène, Rose et Lili : leur premier vrai repas ensemble, leur première glace, leur premier bain de mer… Une semaine de rires, de chansons mais aussi de disputes et d’histoires d’amour et d’amitié...

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  • POSSESSIONS de Eric Guirado ***

    Possessions : photo Alexandra Lamy, Eric GuiradoPossessions : photo Eric Guirado, Julie DepardieuPossessions : photo Eric Guirado, Jérémie Renier

    Marilyne, Bruno et leur petite fille en ont ras le bol du Nord, de ses briques rouges et de sa grisaille. Ils quittent donc chti'land et leurs amis et s'en vont emménager en Savoie dans un chalet qu'ils ont loué. Arrivés sur les hauteurs, les travaux sont loin d'être terminés mais le propriétaire Patrick Castang les installe dans un autre logement vide beaucoup plus luxueux avec vue sur les pistes et les cîmes enneigées. Le couple est ravi mais Patrick est aussi promoteur et ne cessera de contraindre Marilyne et Bruno de déménager, parfois du jour au lendemain pour louer les logements qu'ils occupent. Au départ, ils seront recasés dans un hôtel haut de gamme mais leur comportement les en fera chasser. Peu à peu Marilyne qui est également employée comme femme de ménage chez les Castang va développer à leur égard des sentiments d'envie, de jalousie qui vont se transformer en haine. Véritable pousse au crime vis-à-vis de Bruno qu'elle trouve trop accomodant avec leurs propriétaires qui selon elle ne cessent de les humilier, elle va réussir à le contraindre au pire.

    Sans vouloir casser l'ambiance et spoiler éhontément (ce qui n'est pas le genre de la maison), ce film est l'adaptation de la sordide, lamentable et tragique "Affaire Flactif" dont les membres de la famille (2 enfants et les parents) furent assassinés au début des années 2000 par un type rendu fou de jalousie. Il ne trouva pas d'autre solution pour mettre fin à la convoitise qui le rongeait que d'écarter le problème en éliminant toute la famille. C'est dire la finesse et l'intelligence du bonhomme ! Les noms ont été soigneusement changés mais c'est bien de cette affaire dont il s'agit. Connaissant la fin sans issue pour les Castang, le réalisateur réussit néanmoins l'exploit d'instaurer un suspens et de faire monter la pression avec suffisamment d'efficacité pour maintenir l'intérêt de bout en bout.

    Evidemment une fois de plus les beaufs sans cerveau sont du nord, mais dans la vraie vie aussi ils étaient du coin. Plus précisément du Pas-de-Calais, ce qui en fait n'a rien à voir mais allez faire comprendre ça à un parigot tête de veau. "Ouais ben c'est pareil" qu'ils disent. "Non" que je réponds. C'est comme si on disait qu'un vosgien c'est pareil qu'un mosellan. Pffff. Ou qu'un mec de Côte d'Or c'est kifkif bourricaud qu'un gus de Saône et Loire ! Rien à voir. Bref passons. Les tarés au cinéma c'est dans le Nord/Pas-de-Calais qu'on les trouve. Et j'en profite pour rappeler aux mal embouchés qui s'énerveraient que je suis née , que j'y ai passé 15 ans et que parfois encore ça me manque, qu'ensuite j'ai vécu pendant 18 ans et qu'ensuite j'ai trahi la cause, plusieurs fois mais, dans mon exil j'ai aimé et j'aime toujours ce film-là. Tout cela étant dit -et bien dit-, revenons-en à nos beaufs qui trouvent injustes que des gens aient de l'argent et pas eux. Ce film évoque admirablement l'écart de plus en plus profond entre la France d'en bas qui galère et magouille un peu (travail au black, revente de matériel ou de pièces de voitures) pour arrondir les fins de mois et qui observe avec convoitise la France d'un peu plus haut, un peu parvenue, qui possède et traficotte pour posséder encore un peu plus. La rencontre des deux mondes, le mépris condescendant mais inconscient des favorisés face aux complexes et au sentiment d'injustice des seconds vont faire des étincelles.

    Remercions le réalisateur de n'avoir pas sombré dans le gore en insistant lourdement sur les quatre meurtres car même si la scène est écoeurante, elle n'est pas insoutenable. Mais ce qui brille surtout ici ce sont les acteurs. Il est évident que petit à petit avec sa grâce et son naturel Alexandra Lamy va conquérir le coeur de tous les réalisateurs et des spectateurs. En bourgeoise parvenue qui tente de se montrer généreuse et altruiste elle est parfaite. Jérémie Rénier, gras du bide, accent deuch'nord et cerveau au vestiaire, est abruti de monstruosité. Et enfin, un réalisateur a l'audace et l'intelligence de ne plus faire de Julie Depardieu une victime voûtée et un peu niaise. Elle prouve ici avec ce rôle de composition, mégère hargneuse déjà aigrie et pleine de colère qu'elle est une superbe actrice.

  • L'ART D'AIMER d'Emmanuel Mouret **

    L'Art d'aimer : photo Emmanuel Mouret

    L'Art d'aimer : photo Emmanuel MouretL'Art d'aimer : photo Emmanuel Mouret

    Avez-vous déjà remarqué, au moment où vous tombez amoureux la petite musique ou l'orchestre symphonique qui se déclenche dans votre tête ? Chaque histoire d'amour a la sienne ou plutôt chaque amoureux. C'est l'argument de départ très attirant du propos d'Emmanuel Mouret qui hélas l'abandonne étrangement dans les dix premières minutes. Et en effet, le premier volet de ce qui ne sera ensuite qu'un film à sketches (donc forcément inégal) est tout à fait encourageant. On y suit Laurent, pianiste et compositeur qui plaît aux femmes : il a le physique affolant et la mèche follement romantique de Stanislas Merhar, mais qui n'entend jamais résonner les accords parfaits d'une partition harmonieuse. Au moment même où Laurent, mélancolique et inquiet (on comprend bien pourquoi) se promène dans une forêt où il semble percevoir quelques notes encourageantes, le réalisateur abandonne définitivement son personnage et en laisse son film et la spectatrice orphelins...

    S'ensuit une succession de situations plus ou moins réalistes et loufoques autour du thème inépuisable que s'est choisi Emmanuel Mouret depuis son premier film : l'amour et son badinage chabadabada. Si on sourit souvent, qu'on éclate de rire parfois (grâce à Frédérique Bel, irrésistiblement horripilante dans son numéro si naturel d'emmerdeuse contrariante et indécise), jamais on est ému. Tant pis. On passe un agréable moment dans des endroits chics et propres avec des gens privilégiés qui ont de jolies professions (libraires pour la plupart), ont des problèmes cardiaques et vivent dans de superbes appartements blancs avec des tableaux accrochés aux murs.

    Devant le manque de "liant" de cette comédie gentillette, ensoleillée et souriante, il ne reste plus qu'à observer les prestations des acteurs qui se régalent à jouer les amoureux. Je commence par le pire du pire : Julie Depardieu va finir par disparaître en se voûtant un peu plus de film en film et en jouant les frustrées timides. Un réalisateur aura t'il enfin l'audace et l'imagination de lui confier un rôle de femme forte qui rit aux éclats ? Un rôle de composition donc.

    Pour les autres, ils ont tous l'étincelle des amoureux au fond des yeux chacun à leur façon. Achille/ François Cluzet n'en peut plus de tenter de "conclure" avec sa capricieuse voisine. Louis-Do de Lencquesaing est impayable en mufle intégral (mais là encore, un peu d'imagination... ce garçon est un serial tombeur lover !). Les filles sont charmantes et désirables et les garçons empotés et malmenés.

    La meilleure scène (si l'on excepte la partie Stanislas Merhar) est celle où Vanessa (Elodie Navarre) et William (Gaspard Ulliel, très beau) qui s'aiment depuis l'enfance se piquent de jouer au couple moderne en s'accordant une soirée où chacun va tromper l'autre, se retrouvent dos à dos dans le même café sans se voir. Subtil et troublant.

    Emmanuel Mouret est donc capable d'un grand film d'amour qui ne ressemblerait à aucun autre mais il ne l'a pas encore réalisé.