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jérémie renier

  • L'AMANT DOUBLE

    de François Ozon **

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    Avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset 

    Synopsis : Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

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  • L'AMI FRANÇOIS D'ASSISE ET SES FRÈRES

    de Renaud Fely, Arnaud Louvet **

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    Avec Jérémie Renier, Elio Germano, Yannick Renier

    Synopsis : À l’aube du XIIIème siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité. 

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  • LADY GREY d'Alain Choquart *

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    Synopsis : Dix ans après la fin de l’apartheid, au sein d’une mission française installée au pied des somptueuses montagnes du Drakensberg, une communauté de sud-africains noirs et blancs tente de vivre dans l’oubli des violents affrontements dont chacun porte encore en secret les blessures. Le passé va ressurgir et briser le silence, mettant en péril le fragile équilibre de la réconciliation et les rêves un peu fous des plus innocents.

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  • CLOCLO de Florent Emilio Siri **

     Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie RenierCloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier

    Cloclo : photo Florent Emilio Siri, Jérémie Renier

    Claude François, son enfance, sa vie, son oeuvre et son explosion en plein vol !

    Les biopics (« biographical motion true picture »), fictions centrées sur la biographie d'un personnage ayant existé (dixit wiki), on aime ou on n'aime pas. Moi j'aime, c'est mon côté "Voici"-pipole-midinette. Et pourtant, rares sont les grands films qui émergent du genre. Celui-ci ne fait pas exception à la règle et je commencerai par évoquer ce qui ne va pas.

    Je suppose qu'en allant voir un film qui évoque Cloclo, j'ai envie de TOUT savoir sans avoir à lire la biographie non autorisée d'une Clodette ou celle d'un des fils qui n'étaient que des bambins quand leur papa-star est mort, bêtement. Mais franchement, l'évocaton de l'enfance de Claude François à Ismaïlia en Egypte est ratée. Si ce n'est le rôle du père tenu par le toujours étonnant Marc Barbé, ici séduisant et impitoyable "contrôleur du traffic sur le Canal de Suez" qui prévoit pour son fils une belle carrière sur le Canal. L'histoire,  Nasser et les dons du gamin en décideront autrement.

    Tout artiste "biopicqué" se doit d'avoir à combattre un traumas d'enfance. Ici notre Cloclo est élevé à la dure par un père despote qui le reniera quand il choisira la carrière de saltimbanque et une mère sur-protectrice et omni-présente donc pénible. La rencontre avec le père ne se fera jamais. Le gosse qui joue Cloclo enfant est une têtaclaques et Jérémie Rénier qui apparaît dès l'adolescence un peu trop vieux pour paraître 17 ans. Après une demi-heure assez ennuyeuse, Cloclo débarque à Monaco. C'est la misère et il se fait vaguement repérer pour ses talents de batteur. Il "monte" à Paris et après quelques échecs retentissants dont son premier 45 T, le franco-arabe "Nabbout twist" il rencontre Paul Lederman qui devient son impresario et là le film prend une tournure franchement risible. L'apparition de Benoît Magimel boursouflé, moumoute de caniche, accent pied noir mixé avec le parler wesh-wesh des banlieues, interprétation/imitation de Robert de Niro dans le Parrain et Casino est à mourir de rire. Allez je ne résiste pas, je vous mets une petite photo. Pour l'entendre appeler Cloclo "fils" en lui tapotant l'épaule et le voir bouger il faut aller voir le film :

    Est-ce que tenter de se rapprocher du physique du vrai Lederman peut nuire ou profiter au film ? Je ne pense pas. D'ailleurs, qui connaît le physique de Paul Lederman dans la vraie vie (sans vouloir faire offense) ? L'acteur qui interprète Frank Sinatra lui ressemble autant que moi à Bernadette Soubirous et ça ne gêne personne. Là, j'ai bien cru que le film ne s'en relèverait pas, d'autant qu'à ce moment Cloclo himself devient un peu chef de clan. Avec l'argent qui s'accumule, il achète le fameux moulin en ruine de Dannemois qu'il restaure et y installe la famille et les amis qu'il dirige en patriarche.

    Et puis, ça s'arrange. On découvre Cloclo complètement imprégné de son éducation rigide, autoritaire, colérique, jaloux, maniaque, lunatique, capricieux. Il enfermait sa première femme à clé dans son appartement lorsqu'il avait un rendez-vous. Il a quitté son amour France Gall sur un simple coup de fil le soir où elle remporte le Grand Prix Eurovision, craignant trop qu'elle lui fasse de l'ombre. Il a caché la naissance de son second enfant pendant des années. Il prétendait que c'était pour le protéger du "grand barnum" et sa femme de l'époque pensait plutôt qu'être père de famille était moins glamour  aux yeux du public ! En plein milieu d'une chanson il pouvait se retourner sur un musicien et lui balancer "fausse note, t'es viré". Il enregistrait des "mémos" avec les idées qui lui passaient par la tête mais aussi pour donner ses consignes et ses ordres à tout son entourage. Bref, un type infernal, difficile à suivre et dont on a pas trop envie d'être le copain.

    Mais sur le plan professionnel, il a su surfer sur les vagues, s'imposer en pleine "yéyé mania", s'adapter au disco et revenir au top lorsque sa côte chutait. Quitte à simuler un malaise cardiaque en plein concert avec l'accord de Paul Lederman. Il devient un véritable business-man, fonde sa maison de disques, reprend un magazine pour les jeunes, puis un magazine de charme, crée son agence de mannequins. Une vie lancée à 200 à l'heure et des shows frénétiques, étincellants sur des rythmes et aux chorégraphies endiablés. Il impose des danseuses noires à la télévision française, gère son image avec application et écrit la chanson la plus connue au monde "Comme d'habitude". Elle deviendra "My way" dans la bouche de  Frank Sinatra son idole de toujours qu'il n'osera même pas aborder alors qu'ils sont dans le même hôtel. Il semblerait que Cloclo ait toujours souffert du complexe Frank Sinatra. Il se serait rêvé en crooner alors qu'il a selon ses propres mots "une voix de canard".

    Voilà, je vous parle beaucoup de Cloclo et peu du film. Il faut dire que c'est un biopic... Donc ça raconte, ça raconte. Il y a néanmoins de véritables moments de grâce. Notamment lorsque Cloclo rencontre ses fans. Apparemment ce sont les seules personnes de son entourage qui n'aient jamais eu à se plaindre de son tempérament impossible. Elles dormaient sur le palier de son appartement parisien (parfois il en cueillait une qui passait la nuit avec lui), l'attendaient devant chez lui. Il sortait et les laissait  lui parler, le toucher (mais attention à ses cheveux quand même), l'embrasser. Il connaissait le prénom des plus assidues. La scène où il descend la rue au volant de sa voiture avec les fans qui l'accompagnent sur le trottoir est un magnifique plan séquence. Celle où il découvre comme un enfant que la star Sinatra chante sa chanson est particulièrement émouvante également. Et du coup, le film manque de ces moments plus forts et touchants.

    Evidemment qui d'autre que Jérémie Rénier pouvait incarner Claude François puisqu'il lui ressemble déjà tant naturellement ? L'acteur s'est appliqué pour les chorégraphies, s'est mis du rimmel sur les cils, de la laque dans les cheveux mais il apporte en plus une touche particulièrement sensible et émouvante. Quand il se montre odieux avec ses partenaires et qu'il vient implorer le pardon, il est irrésistible. Il a donc réussi à trouver et à maintenir l'équilibre ou le déséquilibre entre le personnage antipathique et l'homme qui se disait mal-aimé. Une belle performance impressionnante qui donne parfois l'impression que Cloclo lui-même est revenu d'outre-tombe pour tourner le film. Mais du coupnles acteurs autour sont relativement inexistants.

  • POSSESSIONS de Eric Guirado ***

    Possessions : photo Alexandra Lamy, Eric GuiradoPossessions : photo Eric Guirado, Julie DepardieuPossessions : photo Eric Guirado, Jérémie Renier

    Marilyne, Bruno et leur petite fille en ont ras le bol du Nord, de ses briques rouges et de sa grisaille. Ils quittent donc chti'land et leurs amis et s'en vont emménager en Savoie dans un chalet qu'ils ont loué. Arrivés sur les hauteurs, les travaux sont loin d'être terminés mais le propriétaire Patrick Castang les installe dans un autre logement vide beaucoup plus luxueux avec vue sur les pistes et les cîmes enneigées. Le couple est ravi mais Patrick est aussi promoteur et ne cessera de contraindre Marilyne et Bruno de déménager, parfois du jour au lendemain pour louer les logements qu'ils occupent. Au départ, ils seront recasés dans un hôtel haut de gamme mais leur comportement les en fera chasser. Peu à peu Marilyne qui est également employée comme femme de ménage chez les Castang va développer à leur égard des sentiments d'envie, de jalousie qui vont se transformer en haine. Véritable pousse au crime vis-à-vis de Bruno qu'elle trouve trop accomodant avec leurs propriétaires qui selon elle ne cessent de les humilier, elle va réussir à le contraindre au pire.

    Sans vouloir casser l'ambiance et spoiler éhontément (ce qui n'est pas le genre de la maison), ce film est l'adaptation de la sordide, lamentable et tragique "Affaire Flactif" dont les membres de la famille (2 enfants et les parents) furent assassinés au début des années 2000 par un type rendu fou de jalousie. Il ne trouva pas d'autre solution pour mettre fin à la convoitise qui le rongeait que d'écarter le problème en éliminant toute la famille. C'est dire la finesse et l'intelligence du bonhomme ! Les noms ont été soigneusement changés mais c'est bien de cette affaire dont il s'agit. Connaissant la fin sans issue pour les Castang, le réalisateur réussit néanmoins l'exploit d'instaurer un suspens et de faire monter la pression avec suffisamment d'efficacité pour maintenir l'intérêt de bout en bout.

    Evidemment une fois de plus les beaufs sans cerveau sont du nord, mais dans la vraie vie aussi ils étaient du coin. Plus précisément du Pas-de-Calais, ce qui en fait n'a rien à voir mais allez faire comprendre ça à un parigot tête de veau. "Ouais ben c'est pareil" qu'ils disent. "Non" que je réponds. C'est comme si on disait qu'un vosgien c'est pareil qu'un mosellan. Pffff. Ou qu'un mec de Côte d'Or c'est kifkif bourricaud qu'un gus de Saône et Loire ! Rien à voir. Bref passons. Les tarés au cinéma c'est dans le Nord/Pas-de-Calais qu'on les trouve. Et j'en profite pour rappeler aux mal embouchés qui s'énerveraient que je suis née , que j'y ai passé 15 ans et que parfois encore ça me manque, qu'ensuite j'ai vécu pendant 18 ans et qu'ensuite j'ai trahi la cause, plusieurs fois mais, dans mon exil j'ai aimé et j'aime toujours ce film-là. Tout cela étant dit -et bien dit-, revenons-en à nos beaufs qui trouvent injustes que des gens aient de l'argent et pas eux. Ce film évoque admirablement l'écart de plus en plus profond entre la France d'en bas qui galère et magouille un peu (travail au black, revente de matériel ou de pièces de voitures) pour arrondir les fins de mois et qui observe avec convoitise la France d'un peu plus haut, un peu parvenue, qui possède et traficotte pour posséder encore un peu plus. La rencontre des deux mondes, le mépris condescendant mais inconscient des favorisés face aux complexes et au sentiment d'injustice des seconds vont faire des étincelles.

    Remercions le réalisateur de n'avoir pas sombré dans le gore en insistant lourdement sur les quatre meurtres car même si la scène est écoeurante, elle n'est pas insoutenable. Mais ce qui brille surtout ici ce sont les acteurs. Il est évident que petit à petit avec sa grâce et son naturel Alexandra Lamy va conquérir le coeur de tous les réalisateurs et des spectateurs. En bourgeoise parvenue qui tente de se montrer généreuse et altruiste elle est parfaite. Jérémie Rénier, gras du bide, accent deuch'nord et cerveau au vestiaire, est abruti de monstruosité. Et enfin, un réalisateur a l'audace et l'intelligence de ne plus faire de Julie Depardieu une victime voûtée et un peu niaise. Elle prouve ici avec ce rôle de composition, mégère hargneuse déjà aigrie et pleine de colère qu'elle est une superbe actrice.

  • PHILIBERT de Sylvain Fusée **

    PHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinéma

    Philibert est un bon garçon d'une vingtaine d'années et il s'est forgé un idéal. Pour lui l'avenir se fera dans l'artichaut lorsqu'il deviendra cultivateur en reprenant l'exploitation de son père. Son autre grand projet est de rester vierge pour épouser la fille qu'il aura choisi par amour. Alors qu'il ferraille joyeusement avec un ami sien, une bien triste nouvelle lui parvient : son père chéri est mourant. Il se rend immédiatement à son chevet et les révélations qui lui sont faites le laissent fort marri. Il ne serait pas fils d'agriculteur mais gentilhomme de bonne naissance dont la mère serait morte en couches. Il répond par ailleurs au joyeux patronyme de Eude Bérendourt de Saint-Avoise. Après réflexion, il préfèrera garder le prénom qu'il porte depuis toujours, mais après avoir préparé son paquetage contenant sa collection de collants moulants multicolores, il se mettra sans délai en route vers la Bourgogne aux fins de retrouver le cruel Duc D'Anjou assassin de son père biologique. En chemin, il croisera la route de Martin, fourbe malandrin qui deviendra finalement son fidèle valet, mais aussi celle d'acortes jeunes filles toujours disposées à courir le guilledou et plus si affinités avec ce jouvenceau qui porte beau et qui aura parfois fort à faire pour résister et conserver sa fleur. Et oui, malgré un physique fort vigoureux, Philibert n'a réellement jamais "donné de joie" à une femme. Inutile de préciser que son périple le conduira à la fois vers le très vilain mais lui permettra également de trouver l'amour. Mais ce ne sont pas tant les péripéties de Philibert qui sont intéressantes mais évidemment la façon dont elles sont racontées.

    Hélas le film de Sylvain Fusée ne tient pas les promesses délirantes du premier quart d'heure et ne cesse de souffrir de regrettables baisses de régime. Il faut dire qu'il doit être assez difficile de tenir le rythme effréné et hilarant du début. Néanmoins, il serait dommage de bouder cette fanfaronnade et lorsque les aventures de Philibert reprennent du poil de la bête, on assiste à un véritable feu d'artifice de drôlerie tant les dialogues approximativement moyen-âgeux sont délicieux et les situations cocasses. Et puis, reconnaissons à Jérémie Rénier de s'en être donné à coeur joie pour notre plus grand plaisir, à jouer ce bellâtre un peu couillon au point de se déclarer volontaire pour être galérien. A la fois parodie et hommage aux films de cape et d'épée, ce Philibert est un peu comme une madeleine qui évoque l'époque folle où Jean Marais, Gérard Barray et Jean-Claude Drouot donnaient aux bécasses telles que moi la liberté de rêver au Prince Charmant autrement qu'en dessins animés. Jérémie Rénier d'une blondeur enfantine, au sourire ultra bright est un très très drôle et bien joli Philibert qui a par ailleurs l'excellente idée de perdre régulièrement TOUS ses vêtements. Je sais que ça peut en ramener certaines à la vie...

  • MA SEMAINE AU CINEMA

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    POTICHE de François Ozon ****

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     DATE LIMITE de Todd Phillips *** 

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    LE BRAQUEUR de Benjamin Heisenberg ***

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    COMMISSARIAT  de Ilan Klipper et Virgil Vernier***

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    BURIED de Rodrigo Cortès *

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    LE DERNIER VOYAGE DE TANYA de Aleksei Fedorchenko °

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    MES COUPS DE COEUR

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  • POTICHE de François Ozon ****

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    Robert Pujol dirige d'une main de fer et d'une humeur massacrante l'entreprise de parapluies qu'il a obtenue de la dote de son mariage avec Suzanne. Vaniteux et pédant il n'a que mépris pour tous ceux qui l'entourent. En premier lieu pour sa femme, cette potiche à qui il n'accorde qu'à peine la parole mais qui rêveuse et résignée semble s'être accomodée de cette position, pour ses deux enfants qui ne répondent pas non plus à ses critères de réussite, une fille presque plus réac' que lui, un fils davantage attiré par les arts que par l'économie, et sa maîtresse qui est également sa dévouée secrétaire. Inutile de préciser qu'il n'a aucune considération pour ses employés. Totalement défait par la grève dont son usine fait l'objet, il est victime d'une attaque qui le contraint à s'en éloigner pour une cure de repos. Les enfants étant déclarés incompétents c'est contre toute attente Suzanne qui reprend les rênes de l'entreprise et montre instantanément d'évidentes qualités d'écoute et de négociation. Elle parvient grâce à sa gestion juste et humaine ainsi qu'à l'aide du député maire communiste à mettre fin à la grève et à relancer l'activité avec des idées inédites et créatrices. Evidemment dès son retour Robert, toujours aussi borné ne va se réjouir de ces innovations...

    Tout est TROP dans ce film et c'est sans doute ce qui en fait son premier charme et sa grande réussite. François Ozon n'a sans doute pas dû rigoler (autant que moi) tous les jours à faire ce merveilleux film mais il est selon moi une totale réussite à tous points de vue. Un scénario solide avec des personnages qui stagnent ou évoluent, une ambiance kitsch et nostalgique à souhait (l'action se situe en 1977) et des acteurs dirigés qui semblent fiers et heureux de l'être, pouvant ainsi donner libre court à leur fantaisie explosive et démesurée.

    Dès les premiers plans on plonge dans l'atmosphère avec Catherine Deneuve, tordante et délicieuse en joggeuse à bigoudis qui s'extasient par des "oh" et des "ha" devant les petites ou grosses bestioles de la forêt. On croirait Blanche Neige découvrant la nature ! Dès qu'elle rentre chez elle, une grande demeure bourgeoise de Province au toit de chaume, on a l'impression d'être "Au théâtre ce soir" où les décors seraient "de Roger Hart et les costumes de Dolnald Cardwell". La façon de déclamer et d'articuler des dialogues très écrits ne contredit pas cette sensation.

    On va assister avec joie et bonheur à l'éclosion d'une femme libre et épanouie qui jusque là était toujours restée dans l'ombre d'un père aimé puis d'un mari tyrannique. Car oui, sous ses aspects de comédie hilarante et décalée à de nombreuses reprises, "Potiche" est un véritable manifeste féministe et le personnage de Suzanne est vraiment emblématique de la révolte qui sommeillait en beaucoup de femmes de ces années 70. Les hommes tenaient encore des discours (et l'on en découvre des extraits de "micro-trottoirs" de l'époque) tels que "les femmes sont faites pour rester à la maison..." ou "elles peuvent travailler, ça les occupera..." ou encore "à condition qu'elles n'aient pas le même salaire que nous" etc... Il faut bien reconnaître que les hommes en ont pris pour leur grade dans ces années là et qu'ils ont beaucoup perdu de leur superbe (pour ne pas dire de la supériorité qu'ils étaient (étaient ???)convaincus d'avoir...) depuis et grâce à ces femmes qui les ont affrontés.

    Bien qu'il place l'action de son film en 1977, Ozon lui accorde parfois quelques accès de "modernité" en rendant Robert Pujol (Fabrice Luchini, très à son affaire en type odieux constamment excédé) plus sarkoziste que le vrai et plaçant de ci de là des petites phrases comme "casse-toi pauv' con !" ou "travailler plus pour gagner plus"... Et la grève qui agite l'usine n'est évidemment pas sans évoquer le contexte social actuel qui secoue un peu la France ces temps ci.

    Le casting brillantissime dont s'est entouré le réalisateur se charge du reste, avec en premier lieu un look seventies très convaincant. Judith Godrèche au brushing Farrah Fawcett plus vrai que vrai, toujours prête à envoyer les CRS contre la racaille pour leur faire comprendre qui est le chef, ose tenir des propos d'un autre âge mais est au fond une de ces filles sacrifiées qui ne peut, bien qu'elle soit persuadée du contraire, se dépêtrer du rôle de potiche qui lui est dévolu. Jérémie Rénier est un fils à maman très sensible qui porte avec beaucoup de crânerie les ptits pulls moulants et les pantalons taille haute. Sa tignasse blond soleil avec mèche laquée à la Claude François est nickel. Karin Viard est la secrétaire modèle, toujours parfaite dans ses tailleurs près du corps et qui finit par cesser de croire que la promotion passe par le canapé. Gérard Depardieu arbore une moumoute copiée sur celle de Bernard Thibault et n'a aucun mal à se forcer pour être crédible en maire communiste. Il est étonnant de voir évoluer ce géant d'acteur qui, plus il tonitrue à tort et à travers IRL plus il se montre sobre, juste, modeste, touchant et donc IMMENSE dans ses rôles de cinéma.

    Quant à Catherine, MA Catherine... où et comment vais-je trouver les mots pour parler une fois encore de ce qu'elle fait ici ? Elle est toutes les femmes réunies en une seule. Elle est le coeur, l'âme, le centre. Elle est sublime, elle est divine, elle est incroyable, drôle, forte, touchante, vibrante. Ses duos avec Gérard Depardieu pleins de douceur et de mélancolie où tout l'amour qu'ils semblent se porter passent dans leurs regards sont les grands moments parmi les grands bonheurs du film. Catherine Deneuve n'a peur de rien ni de personne. Même en se ridiculisant par ces tenues et ces attitudes, elle ne l'est pas, parce qu'elle s'amuse d'elle et avec nous. Elle ne se moque pas. Elle est. Cette femme, cette actrice est une vraie rebelle. Elle est folle et indisciplinée, énergique et enthousiaste. VIVANTE. Je l'aime.

    P.S. : cerise confite sur le clafoutis, l'action se déroule dans une ville où toutes les voitures sont immatriculées 59 et où il y a de la brique rouge en pagaïe