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melissa leo

  • FIGHTER de David O Russel ***

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    Micky et Dicky (bravo les parents !) Ward sont frères, enfin demi puisque maman a eu 9 enfants de diverses unions pas toujours légitimes. Dicky l'aîné se prend pour une star à bouseland car dans une vie antérieure il a été champion de boxe mais l'alcool et surtout le "crack" ont eu raison de ses muscles qui ont fondu, de ses dents qui ont pourri et de sa tête qui a morflé. Un reportage est d'ailleurs tourné qui suit Dicky dans ses moindres faits et gestes, persuadé qu'il est que le documentaire traitera de ses années de champion alors qu'il s'agit en fait de démontrer les effets de la drogue... Tous les espoirs de la famille se recentrent sur Micky le cadet, lui aussi boxeur à ses heures, quand il ne fait pas cantonnier pour gagner sa pitance. Sa maman (miss Choucroute 1984 - 85 et 86) s'est auto-proclamée manager et Dicky le frère entraîneur. Les 7 frangines (prix unanime de laideur !) soutiennent en choeur ! Le pauvre Micky a bien du mal à faire entendre sa modeste voix bien qu'il soit au centre de l'hystérie familiale. Par ailleurs cela n'empêche pas ce charmant garçon d'aimer son envahissante et étouffante famille. Pas besoin d'avoir son Freud + 12 pour comprendre que l'entourage de Micky l'empêche de progresser, incapable notamment de trouver des combats dignes de son talent. Charlene jeune et jolie barmaid qui n'a pas froid aux yeux va aider Micky à s'affranchir de cette famille de tarés toxique. A plus d'un titre le sport de Micky le confronte au "struggle for live".

    On est dans l'amérique trash qui transpire, boit de la bière en éructant devant le poste et cherche d'une façon ou d'une autre à se sortir de la lose programmée. On n'est pas vraiment loin de nos Groseille nationaux mais dans la famille Ward il y en a quand même un qui est de la graine de star mais qui se laisse totalement bouffer sous l'emprise de ses aînés. La mère et Dicky reportant intégralement sur le cadet tout ce que le frère aîné a raté  à cause d'un talent sans doute moindre et surtout de ses addictions incompatibles avec la pratique à haut niveau d'un sport.

    Je reconnais m'être d'abord laissée emporter par l'histoire de ces gens pas beaux, pas vraiment sympathiques ni aimables même si le personnage de Micky dont la douceur, la discrétion et la fidélité à son clan est particulièrement touchant. Mais il y a dans le portrait de ce jeune homme qui attend LE combat qui lui offrira la chance qui tarde à venir, l'omniprésence ENVAHISSANTE de la mère et du frère aîné rendue pénible par les interprétations exubérantes et surtout sans nuances de Christian Bale et Melissa Leo (l'un et l'autre et à ma grande surprise, récemment oscarisés à Hollywood !). Le premier (que d'ordinaire j'aime d'amour) ne cesse de rouler des yeux et la seconde de beugler ses ordres et sa façon de... penser. Si ces interprétations sont dignes de récompense, dans ce cas pourquoi n'avoir pas accordé un prix collectif aux 7 soeurs, gorgones hargneuses qui rivalisent de beauferie et de vulgarité ?

    Et puis, en plein milieu du film où je commençais à m'éloigner du sujet, lassés des deux 'stars' dont chaque apparition criait "OSCAAAAAAAAAAAR !!!!"... les deux nocifs disparaissent un peu/beaucoup et le film se ré-ajuste sur le parcours de Micky qui, aidé de Charlene commence à s'accomplir. Et là, l'intérêt ressurgit, l'émotion affleure et s'épaissit et on peut s'accrocher aux basques de ce couple charmant, solide qui relève la tête et s'oppose à la fois à la famille et à sa condition de perdants programmée. Mark Wharlberg et Amy Adams fragiles, soudés et volontaires dans ce monde de brutes sont tout à fait extraordinaires et trouvent l'un et l'autre le plus beau rôle qu'ils aient eu jusque là. Lorsque Christian Bale reparaît pour une amorce de rédemption, il s'est calmé mais je ne pense pas que ce soit pour sa prestation finale plus sobre qu'il ait reçu l'Oscar.

    Je vote pour le talent, la sobriété et la volonté de Mark Whalberg et Amy Adams qui m'ont énormément touchée !