21.04.2011
CODE SOURCE de Duncan Jones ***



Un homme se réveille brutalement dans un train qui approche de Chicago. La jeune femme assise en face de lui semble le connaître, l'appelle Sean, lui évoque des conseils qu'il lui aurait donnés. Il ne comprend pas ce qu'il fait là, panique et... 8 minutes plus tard, le train explose. Tout le monde meurt.
Le soldat Colter Stevens se réveille brutalement dans un caisson. Une femme militaire s'adresse à lui au travers d'un écran de contrôle. Colter est perdu, ne comprend pas ce qu'il fait là. Commence à se souvenir de la guerre en Afghanistan...
Le spectateur est (de moins en moins) bien confortablement installé dans son fauteuil et il serait heureux qu'il n'ait rien lu à propos de ce film avant de pénétrer dans la salle pour découvrir au fur et à mesure ce que Sean et Colter ont à voir l'un avec l'autre. Que les deux hommes ne soient qu'un seul et même personnage, on l'apprend dans les premières minutes, mais il y a des choses, me semble t'il, qu'il est préférable ne pas connaître pour que le suspens et le plaisir demeurent entier. Cela paraît complètement impossible aujourd'hui d'aller voir un film sans en rien savoir. Dommage. Mais de toute façon, quoique vous ayez lu, vous aurez quand même des surprises car Duncan Jones (que j'aime d'amour, c'est décidé) est un petit génie plein de talent.
La mission du soldat Colter Stevens est en fait de découvrir qui est le responsable de l'attentat du train de Chicago et d'empêcher le suivant qui vise cette fois la ville de Chicago toute entière. Il est le cobaye désigné volontaire d'une procédure expérimentale encadrée par l'armée américaine. La mission de Colter Stevens est de retourner dans ce train autant de fois qu'il le faut jusqu'à trouver le terroriste et l'intercepter avant qu'il n'exécute son attentat. Le voilà donc condamné, d'une certaine façon, à revivre continuellement les 8 minutes qui ont précédé l'explosion...
Souvenez-vous, l'année dernière, j'ai fait partie des quelques centaines de privilégiés qui ont pu voir sur grand écran (en ce qui me concerne en février à Annonay) le premier film de Duncan Jones "Moon" avec un prodigieux Sam Rockwell. Hélas, pour des raisons que la logique, les lois et l'intelligence de la programmation ignorent et me sont totalement incompréhensibles, ce film que je tiens pour n'être pas loin d'un chef d'oeuvre est sorti directement en DVD. Honte à ceux qui sont chargés de faire en sorte qu'un film sorte sur les écrans et que toutes les plaies d'Egypte s'abattent sur eux et les 13 générations de leur descendance... ça soulage ! mais ça ne console pas.
Heureusement, Duncan Jones (fils de David Bowie pour ceux qui ne le sauraient pas encore) a réussi à réaliser un autre film et amener à lui un autre acteur digne du plus grand des intérêts : Jake Gyllenhaal, absolument irrésistible. Et son film, s'il est moins vertigineux que le premier est encore une totale réussite. Dès le générique qui observe de loin le parcours d'un train dans lequel nous n'allons plus cesser de voyager, et sur une musique quasi hitcockienne, le réalisateur nous emporte pour ne plus nous lâcher. Réussir à mêler aussi subtilement film d'anticipation alambiqué, charmante et très originale comédie sentimentale, grosse machine américaine avec action musclée et suspens haletant dans un seul film, avec une seule histoire, prouve et démontre que Duncan Jones peut être plus qu'habile dans de nombreux genres cinématographiques. C'est pourquoi il est désormais un des réalisateurs dont chaque film procure attente, espérance et impatience.
Manifestement, le réalisateur a des préoccupations tarabiscotées concernant le ciboulot, ce qui s'y passe mais aussi comment on peut y trifouiller et si l'on n'a pas décortiqué et compris toute la littérature de Philip K. Dick on peut lâcher en route les tenants et aboutissants de l'affaire en cours...mais c'est relativement peu important car Duncan Jones, ce petit malin, ne laisse tomber personne. Son héros se réveille devant une belle et compréhensive jeune femme et à l'instar du Phil Connors (Bill Murray) de "Un jour sans fin" qui revit sans cesse le jour de la marmotte avec comme but de séduire Rita (Andy MacDowell), Colter/Sean (Jake Gyllenhaal, irrésistible... ah oui, je l'ai déjà dit !) va peu à peu, au fil de ses réapparitions, se rendre indispensable à Christina (Michelle Monagham, craquante). Sa façon de "draguer" dans l'urgence puisqu'il doit aussi accessoirement sauver le monde, est absolument délicieuse.
A l'aise dans tous les registres, Jake/Colter/Sean est idéal en amoureux, en cobaye qui flippe de comprendre peu à peu (comme nous) dans quel piège il est enfermé, comme en militaire impulsif et bagarreur obligé régulièrement de bastonner. Tous les tiroirs de l'énigme s'ouvrent un à un et malgré la répétition de la même scène qui révèle à chaque fois de nouveaux mystères, le spectateur n'est jamais lassé. Les quelques scènes d'enfermement dans la capsule où Colter essaie de se débarrasser de sa "ceinture" de sécurité rendent des films tels que "127 heures" et "Buried" qui promettaient d'être claustrophobiques sans jamais réussir à l'être encore plus ridicules. Quant à l'émotion, elle émerge progressivement, à mesure que Colter réalise sa condition...
19:53 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : code source de duncan jones, cinéma, jake gyllenhaal, michelle monaghan
30.12.2010
LOVE, ET AUTRES DROGUES de Edward Zwick *


Jamie est un serial tombeur. De 7 à 77 ans il séduit tout ce qui remue. Il est vendeur de matériel hi-fi (le genre de vendeur frénétique qui me fait fuir ou que je remets à sa place suivant mon humeur !!!). Viré de son boulot, il devient commercial dans l'industrie pharmaceutique. Son objectif est de réussir à vendre un produit censé avoir moins d'effets secondaires que le Prozac. Jusqu'au jour où (nous sommes dans les années 90) le Viagra fait son apparition et notre Jamie est le commercial tout trouvé pour rendre le sourire (façon de parler) aux garçons défaillants, gravir les échelons, devenir number one, conquérir Chicago... Dans le même temps, il croise la route de Maggie une serial baiseuse qui a juste un petit handicap, elle est atteinte de la maladie de Parkinson (version précoce car elle a 26 ans). Mais comme elle n'en est qu'au stade 1 de la maladie elle a encore de l'énergie à revendre, à peine quelques tremblements gênants qui l'empêchent de couper droit !
Ce qui me fait voir rouge en premier lieu c'est d'imaginer qu'il suffise à un beau gosse de montrer son sourire ultra brite pour que toutes les filles, même celles dotées d'un cerveau tombent entre ses draps. Evidemment il y a les opportunistes très amibitieuses dont le discours est "je veux épouser un médecin" mais j'ose espérer que la majorité des filles aiment se laisser surprendre !
Revenons en à nos tourtereaux à qui un scenario paresseux tente de donner quelques aspérités pour essayer de nous faire douter qu'ils finiront par couler des jours heureux quoique semés d'embûches (je rappelle que Madame est malade). On voit bien au premier regard subjugué de Jamie, qu'il va aimer Maggie comme un fou et qu'elle va lui rendre son amour au centuple, bien qu'elle soit une fille très seule au monde, dotée d'une intelligence et d'un esprit d'indépendance hors du commun.
Le film est parsemé de vérités vraies qui nous font certes réaliser que nous avons en France un système de santé haut de gamme, que les "visiteurs médicaux" se prennent souvent pour des toubibs et qu'ils ne réalisent pas, houspillés par leurs objectifs à atteindre, qu'ils sont à la solde d'une industrie pas reluisante, que les médecins peuvent être corrompus ou corruptibles... mais comme tout cela est asséné sur le ton de la plaisanterie, ça ne fait jamais mouche. Nous sommes dans une comédie, aucun doute là-dessus. D'ailleurs, et pour une fois que nos deux chéris n'ont pas de copains/amis repoussoirs (appelez ça comme vous voulez !) du style pot de colle-relou-chemo... il se trouve que Jamie est flanqué d'une espèce encore bien plus malsaine : UN FRERE qui squatte son appartement après avoir été mis dehors par sa femme. Franchement on a du mal à comprendre que bien que très stupide (ah oui, j'oubliais ce film est d'une mysogynie à hurler !) sa femme se soit débarrassée de cet être scintillant qu'est ce garçon gras, libidineux, vulgaire, con et prétentieux ! En plus, il s'appelle Josh Randall... !!! Je me demande réellement si ce genre de rôle et de personnage fait rire quelqu'un !
J'ai imaginé un instant le même film avec deux acteurs inconnus (ou pire avec Gérard Butler)... ça m'a fait très très peur ! Mais là où le réalisateur ne s'est pas trompé, c'est en convoquant pour jouer les deux chérubins : Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway. Tous deux rivalisent de charme, de fraîcheur, de charisme et de beauté. Déjà mari et femme dans "Le secret de Brokeback Mountain", leur complicité à l'écran fait plaisir à voir, ils sont parfaitement assortis et font admirablement bien passer le trouble de leurs émois. J'ai trouvé très belle la scène où Jamie/Jake semble découvrir soudainement, le souffle coupé et comme une évidence que Maggie est celle qu'il aime. Mais bon...
08:00 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : love, et autres drogues de edward zwick, cinéma, jake gyllenhaal, anne hathaway
26.05.2010
PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS de Mike Newell °


Sinon, le ptit Jake a l'air de bien s'amuser à faire des trucs de ouf dans les airs en bravant les lois de l'apesanteur. Les autres se prennent grave au sérieux. Il y a plein plein plein de combats dans le sable, dans les airs et la poussière et des effets spéciaux qu'on voit bien à l'oeil nu. C'est tout jaune et ôcre, preuve qu'il fait très chaud.
14.02.2010
MA SEMAINE AU CINEMA
I LOVE YOU PHILLIP MORRIS de Glenn Ficarra et John Requa ****

UNE EXECUTION ORDINAIRE de Marc Dugain **
LOVELY BONES de Peter Jackson **
BROTHERS de Jim Sheridan **
DISGRACE de Steve Jacobs**
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MES COUPS DE/AU COEUR
18:37 Publié dans BILAN DE LA SEMAINE | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : i love you phillip morris de glenn ficarra et john requa, jim carrey, ewan mc gregor, une execution ordinaire de marc dugain, andré dussollier, marina hands, edouard baer, lovely bones de peter jackson, disgrace de steve jacobs, natalie portman, jake gyllenhaal, tobey maguire, john malkovich
10.02.2010
BROTHERS de Jim Sheridan **


Sam et Tommy sont frères. Sam fait la fierté de son père puisque comme lui il est militaire. Tommy quant à lui sort de prison et est la honte de la famille, surtout du père qui était militaire. Pourtant les deux frères s’aiment, car oui, il peut arriver que des frères s’aiment !
Lors d’une mission en Afghanistan l’hélicoptère dans lequel se trouve Sam est abattu par des talibans et il est considéré comme mort. Tommy va se charger de consoler Grace la femme de son frère ainsi que ses deux petites filles.
Bravo à Jim Sheridan pour son beau casting de très beaux et bons acteurs. Les superbes Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire et Natalie Portman sont très agréables à regarder et à voir pleurer, sourire, revivre, souffrir, péter les plombs etc... Ils prennent de la bouteille et peuvent jouer aux papas et à la maman de façon crédible. D’autant qu’ils ont devant eux deux petites actrices miniatures absolument craquantes, surtout Bailee Madison qui ferait fondre un iceberg. Mais bon, si les scènes en Afghanistan sont un peu flippantes, mais pas trop, celles aux Etats-Unis idéales (tout le monde trouve toujours le mot exact au moment précis ! j’en rêve) juste ce qu’il faut, tout ceci laisse un arrière goût de pas abouti.
Il manque l’émotion car ce qui arrive à ces gens est absolument insoutenable mais franchement, le vilain délinquant alcoolo qui se retrouve soutien de famille, refait la cuisine du sol au plafond, devient le père idéal pour les deux petites orphelines (il fait du patin à glace et fabrique un bonhomme de neige), la femme parfaite qui résiste à son beau-frère… Tout est trop, too much et trop beau et pas assez. Oui je sais c’est confus.
Lorsque Sam revient, eh non, il n’est pas mort, bien perturbé par ce qu’il a vu, voire traumatisé à cause d'une chose pas jolie-jolie qu’il a faite, tout ne s’arrange pas facilement. Les œillades, les regards, les sous-entendus, les non dits pleuvent en abondance.
Grace a-t-elle couché avec Tommy ? Sam va-t-il reconquérir Grace ? Est-ce que la guerre en Afghanistan c’est comme la guerre du Vietnam ? Est-ce que papa aime pareillement ses deux garçons alors que l’un n’est pas un héros et l’autre un héros surestimé ?
En gros, on s’en fiche un peu, mais on ne s’ennuie pas parce que les acteurs sont jolis et pas mauvais du tout, et que la petite Bailee Madison déchire le cœur… C’est déjà pas mal mais ce n’est pas assez.
23:24 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : brothers de jim sheridan, cinéma, jake gyllenhaal, tobey maguire, natalie portman














