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  • Meurtrières de Patrick Grandperret***

     

    Le premier quart d’heure sonne faux : situations, dialogues et personnages sont à la fois obscurs et insignifiants. Et puis tout s’arrange lorsqu’au bout de ce quart d’heure lourdingue Nina et Lizzy (équipées des mêmes désillusions) se rencontrent à l’hôpital psychiatrique où elles cherchent à sécher leurs larmes et d’où elles s’échappent.

    Elles se rencontrent parce qu’elles se « reconnaissent » alors qu’elles sont à la fois si différentes et si complémentaires. Ce sont avant tout deux actrices Hande Kodja et Céline Sallette, deux beautés, deux tempéraments, deux révélations qui portent et élèvent le film vers des sommets d’authenticité et d’émotivité. Elles ont une vivacité, une énergie, une fougue et une vitalité qui explosent à chaque instant. Elles ne sont pas forcément sympathiques mais on les aime d’emblée car dans leur cavale improvisée, sans argent, par une accumulation de poisse inconcevable, toutes les portes vont une à une se claquer violemment devant elles. On ressent leur faim, leur désillusion et on perçoit la tension qui évolue en rage et qui vont les conduire au pire. Dès la scène d’ouverture, on sait qu’il y a meurtre, puisque le film est un long flash-back, mais on ne sait lequel des personnages rencontrés en route les y conduira. La victime sera leur bourreau aussi.

    Il n’y a ni justification, ni plaidoyer en faveur de leur acte, juste sans doute l’évocation que nous sommes dans un monde où les filles ont toujours à se justifier d’être libres et jolies et qu’elles doivent constamment en payer le prix en n’étant, encore et toujours, qu’objets de désir et d’assouvissement de ce désir. Effrayant, pitoyable et écoeurant.

    Soudées, unies, inséparables, leurs silhouettes menues et énergiques s’éloignent dans la nuit, elles n’ont toujours pas mangé et ça crève le cœur.

  • Encore un Héros ! Jean Marais

     

    " Vous étiez pour moi l'homme idéal. Séduisant, charmant, délicat, spirituel, etc. Vous avez tellement incarné pour moi cet homme que j'aurais aimé aimer que...

    Personne d'autre ne vous a remplacé dans ma vie. » !!!

    Ce sont les paroles d’une « fan » encore un peu plus ravagée que moi car si je fus longtemps inconsolable, j’ai trouvé apaisement (si pas consolation) auprès de Paul Newman, de Clint et tant d’autres !!! Si Jean Marais est responsable de ma frivolité et de mon inconstance, je suis coupable du reste...

     

    J’ai longtemps été convaincue que Jean et moi convolerions en justes noces dès que ma métamorphose de vilain petit canard en élégant cygne serait accomplie. Un écart d’âge de plus ou moins un demi siècle !!! Qui s’en préoccupe ? Pas moi, et pas lui en tout cas. J’ai vite compris que dans « Peau d’Âne », il ne rêvait que d’épouser sa fille et que dans « Le bossu » il réalisait l’exploit incestueux même si Aurore de Nevers n’est que sa fille adoptive !!! Que toutes les péronnelles des années 50, 60 et 70 se pâment à son approche ou convulsionnent entre ses bras en minaudant « Philiiiiiipe ! » m’importait peu. J’avais confiance.

     

    Un jour il m’est apparu dans une brume ouatée face à Madeleine Sologne (soit), en pull jacquard, et ce fut le choc, foudroyant et définitif : le coup de foudre « L’Eternel retour »

    Cet apollon au corps d’athlète devient l’emblème d’une génération et croise Jean Cocteau avec qui il formera un couple qui deviendra aussi célèbre que son équivalent hétéro Renaud-Barrault. Il aime les garçons, il aime Cocteau, qu’importe c’est un héros et en 1941 il « corrige » le critique antisémite Alain Laubeaux de la revue « Je suis partout » qui s’était moqué de Cocteau. Truffaut s’est inspiré de ce coup de gueule dans une scène du « Dernier métro ».

    Cocteau dit de lui qu’il est : "Le type de l'acteur-poète qui ne profite pas des oeuvres en virtuose, mais ne cherche qu'à les servir." Et oui, il porte et élève tous les films vers le haut. Cocteau a raison et moi j’attends mon tour.

    C’est Jacques Demy en 1970, filmant un hommage à Cocteau qui lui offre un rôle royal afin qu’il soit enfin le mythe mérité. Dans Peau d'âne, il joue le père incestueux de Catherine Deneuve, et il est parfait dans ce registre mi-poétique mi-grave

     Jean Marais - Peau d'âne.

    Avant cela, il m’aura fait rêver. Il avait la fougue de Belmondo dans les cascades, la beauté de Delon (mais la sienne n'a jamais fané), l'ambiguïté de Gérard Philippe, la répartie d'un Serrault, le comique distancié d'un Bourvil. Il était parfait, il était complet. Sa voix brisée, son physique inouï, son jeu à la fois inspiré et détaché m’éblouissaient.

     

    Après la secousse de « L’éternel retour », je l’ai découvert au pied d’un escalier géant et dans le double rôle de « L’Aigle à deux têtes » il m’a conquise définitivement. J’ai constaté et apprécié plus tard qu’il pouvait être léger et le voilà à jamais et pour toujours le seul Comte de Monte Cristo, Le Bossu, le Capitaine Fracasse, le Masque de Fer, et tous les remakes n’y pourront rien. Personne n’a prononcé comme lui ces paroles « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi ».

    La splendeur des splendeurs demeure évidemment « La Belle et la Bête »

    Jean Marais - La Belle et la Bête

     

    (dans un triple rôle cette fois, Merci Cocteau) que l’on peut revoir et revoir sans jamais se lasser. Emerveillé par l’histoire quand on est enfant, méditant sur cette histoire d’amour et sur la différence quand on est adolescent (est-il sûr d’ailleurs que la Belle soit satisfaite de la métamorphose ultime de la Bête qui abandonne sa gangue d’être de douleur pour devenir un prince pâle et falot ?), on y voit plus tard un jeu sur l’humanité et l’animalité qui sont les deux pôles de tension qui charpentent le film.

    Et puis le miracle s’est accompli : nous nous sommes rencontrés ! Nous avons été voisins à Montmartre. Notre toute première fois fut bouleversante, inoubliable et définitivement frustrante. Lorsque je l’ai vu venir vers moi, tout ce qui l’entourait était baigné par cette même brume ouatée dans laquelle il m’était apparu la première fois et qui rendait la scène irréelle. Le « color by de Luxe » avait disparu et tout était noir et blanc comme dans le souvenir de mon éternelle attente.

     

    Tout auréolé de sa crinière, je le jure, il marchait au ralenti. Certaines auraient parlé peut-être, d’autres se seraient évanouies sans doute… et moi, qu’ai-je fait ??? Je me suis transformée en statue de sel, figée, la mâchoire pendante, les yeux exorbités à la Marty Feldmann : j’étais l’incarnation du glamour !!! Il n’a perdu aucun de ses moyens devant cette vision d’horreur et quand il est passé à ma hauteur, son merveilleux sourire tout dévoilé, il a ri… Oui, messieurs, dames Jean Marais a ri en me voyant la première fois. Pas un éclat de rire méprisant ou blessant ou moqueur, non, non, un beau rire en un seul son « Ah ! », un éclat de rire bienveillant, amical et gentil. Le croirez-vous qu’en vous le racontant, j’en ai les larmes aux yeux ???

     

    Nous nous sommes croisés régulièrement ensuite, on se souriait, on se disait « bonjour » en voisins courtois, j’allais le voir au théâtre, je lisais ses livres. Puis il est parti vivre à Cannes, et mourir d’une crise cardiaque… normal pour cet être aérien et magnifique qui disait de lui même : "Je me fous de la postérité" et aussi « Ma vie est une énorme injustice : je suis trop heureux. »

    Et voilà de quoi je suis coupable : je ne lui ai jamais dit que je l’aimais.

  • Le soleil d’Alexander Sokourov****

     

    Ce film est une œuvre d’art, inclassable, incasable et hors du commun.

    Il s’agit du troisième volet d’une trilogie consacrée aux dictateurs du XXème siècle. Après Hitler et Staline, voici Hiro Hito, Empereur du Japon pendant la seconde guerre mondiale. Hiroshima et Nagasaki ont été atomisées et l’Empereur vit cloîtré dans une espèce de bunker où règne une ambiance mortifère à l’opposé de l’effervescence et de l’hystérie qui régnaient autour d’Hitler dans son souterrain. Hiro Hito marmonne et s’apprête à la reddition, honte suprême, et à la renonciation à son ascendance divine, cette part d’ombre du monstre.

    Gloire à Ogata Issey, acteur stupéfiant qui compose ici une partition habitée, hallucinée et hallucinante ! A la fois profondément émouvant et parfaitement irritant, il est comme un pantin disloqué, une sorte de marionnette ventriloque ébahie. C’est le crépuscule d’un Dieu, la fin d’un monde. L’acteur et le film évoquent Dick Bogarde, pathétique et attendrissant et « Mort à Venise » dans sa torpeur inquiétante et sa beauté oppressante.

    Contre toute attente, l’humour n’est pas absent de ce film magnifique, notamment lorsque l’Orient rencontre l’Occident et que le Général Mac Arthur (Robert Dawson) stupéfié et courtois vient arrêter le monstre. L’homme divinisé ne peut pas être approché à plus de trois mètres et la séance photos offerte aux journalistes américains venus rencontrer le phénomène est purement burlesque. L’Empereur s'y livre à une véritable représentation en prenant des poses absurdes. Le découvrant ridiculement petit et vêtu d’un costume et d’un chapeau, un des journalistes s’écrit : « on dirait Charlie Chaplin ». Il se trouve que quelques instants avant nous l’avons vu feuilleter un album photos rempli de stars hollywoodiennes avec Charlot en vedette. Et l’Empereur de s’inquiéter avec fierté : « Je ressemble vraiment à cet acteur américain ? ». Pathétique mais drôle !

    Alors qu’un être et un monde s’effondrent, le film est comme incendié par des images somptueuses. Rarement tant de beauté a envahi un écran !

  • Minuit dans le jardin du bien et du mal de Clint Eastwood ***

    Un film de Clint sans Clint demeure quand même un voyage. Ici tout n’est que prétexte et nous sommes embarqués dans une flânerie colorée au cœur de Savannah, ville sudiste moite où tout devient rapidement romanesque.

    John Kelso (John Cusak, bouche bée) jeune journaliste new-yorkais est envoyé à Savannah pour « couvrir » la réception annuelle de Jim Williams (Kevin Spacey, séduisant et dandy) riche collectionneur d’art. C’est donc dans les quartiers riches que nous nous trouvons.

    Dès le lendemain, l’évènement mondain tourne au fait divers et Jim Williams est accusé du meurtre de son amant Billy (Jude Law, bad boy). Le journaliste, emballé, flaire le scandale et décide de s’installer en ville pour suivre le déroulement du procès. Il convainc sa rédaction par un : « c’est génial ici, on dirait Autant en emporte le vent sous mescaline ! ».

    A partir de là, ce sont plus les à côtés pittoresques que l’enquête elle-même qui importent. Tout ici n’est qu’apparences, simulacres et futilités. C’est vain et c’est délicieux.

    Voilà un bien curieux polar, nonchalant et passionnant où les morts, les vivants, les pouvoirs occultes s’embrouillent harmonieusement et où des personnages hauts en couleur assurent le spectacle, notamment l’extravagante Lady Chablis (autochtone dans son propre rôle) exquise et loufoque.

    C’est magnifique, irrésistible et somptueux.

  • Changement d’adresse d’Emmanuel Mouret ****

    Mille et une raisons de courir voir ce film dont on sort le cœur ravi et les pieds légers en flottant au-dessus du pavé. Laissez-moi vous en livrer quelques-unes.

    Les deux acteurs principaux : Emmanuel Mouret (aussi réalisateur) et Frédérique Bel (blonde) sont deux anges. Emmanuel Mouret est un délicieux cocktail de Jacques Brel pour le physique, de Monsieur Hulot pour la démarche et de Jean-Pierre Léaud pour le mélange d’assurance et de maladresse. Frédérique Bel est un ovni. Je sais le risque qu’il y a d’associer un acteur à un rôle mais si cette fille est aussi gentille et adorable qu’ici, on a envie de la connaître et qu’elle soit votre amie pour la vie. La façon irrésistible qu’elle a de révéler son métier dans le film (je vous laisse découvrir) vaut à elle seule le voyage. La façon irrésistible qu’elle a de toute façon de tout faire et de tout dire est un ravissement permanent et sans cesse renouvelé.

    Le film quant à lui pourrait être un prolongement au tout récent « Paris, je t’aime », un sketch exquis qui n’aurait pas pu faire court mais qui le serait quand même trop. Cette carte du tendre ne ressemble à aucune autre, les cœurs se cherchent, s’évitent, s’embrasent, se trompent, se bousculent. Rien n’est jamais pesant, vulgaire à l’encontre des assommantes et balourdes comédies de trentenaires « adulescents » et même si le film est léger comme une bulle, il est aussi profond et touchant dans cette recherche obstinée de l’indispensable amour.

    Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, ce « Changement d’adresse » a eu droit à une standing ovation. C’est mérité et je m’y associe en applaudissant à mon tour des quatre mains : je précise pour les nouveaux arrivants que la cinéphile enthousiaste applaudit toujours des quatre mains !

    Ajoutons à cela des seconds rôles qui jouent une partition idéale Fanny Valette (ah, ses yeux !!!), Dany Brillant et Ariane Ascaride (un peu folle et à côté de la plaque : ça change). Et à la baguette : Mozart …

    Cela dit, et une fois n’est pas coutume, celui qui parle encore le mieux de ce beau film est Emmanuel Mouret qui dit : « Anne et David sont des personnages hérités du burlesque. Même dans le plus grand désarroi, ils gardent beaucoup d’espoir et n’accusent jamais la vie ou les autres. Là est la grande élégance des personnages du burlesque : ils n’ont pas de rancœur ! ». Cette absence d’aigreur et de cynisme ajoute encore au charme indescriptible et indéniable de ce « Changement d’adresse » que je vous engage, toute affaire cessante à découvrir.

  • La Fête du Cinéma, les dimanche 25, lundi 26 et mardi 27 juin ****

    Si la cinéphile boude ses salles pendant cet évènement, elle n’en loue pas moins l’initiative, 22ème du nom qui permet après l’achat d’une place au tarif plein, de voir des films au prix de 2 €uros.

    Voir des films, en redécouvrir, se faire des séances de rattrapage, voilà le principe de l’évènement à vivre sans modération !

    De façon tout à fait subjective et personnelle, je recommanderai particulièrement ceux-ci (dans le désordre) :

    « C.R.A.Z.Y » : petit bijou drôle, vif, émouvant avec un acteur magnifique Marc-André Grondin et qui grâce à un bouche à oreille plus qu’enthousiaste (dont le réalisateur est le premier heureux et surpris) poursuit sa triomphale carrière méritée. Ne ratez pas l’envol de Zacharie !

    « The road to Guantanamo » : docu-fiction saisissant et éprouvant.

    « Volver » où Pedro Almodovar nous redit avec son talent et sa sensibilité qu’aucune maman (la sienne, la vôtre, la mienne) ne devrait mourir..

    « Conversations avec une femme » : conversations sensibles,subtiles, touchantes et adultes entre une femme et un homme adultes.

    « Bled number one » : un acteur et un réalisateur Rabah Ameur Zaïmeche qui parle de son pays, des gens de son pays, avec douceur, objectivité et tendresse.

    « Marie-Antoinette » où Sofia et Kirsten rassemblent leur jeunesse, leurs doutes, leurs troubles, leur talent et leur solitude dans un monde qui les juge et les bouscule.

    « Avril » : coup de cœur absolu, plein de fraîcheur de drôlerie et d’intensité, et une actrice immense Sophie Quinton.

    Et puis « Le Caïman » et « Paris, je t’aime » les hymnes, les hommages des amoureux aux amoureux du cinéma.

    9 films, indispensables (!!!) en trois jours, c’est faisable non ? ;-))

     Que tous ces réalisateurs et tous les autres qui m’échappent ou que je ne « rencontre » pas en soient remerciés.

     

     

  • Dikkenek d’Olivier Van Hoosfstadt*

    Je ne prétendrai pas que je n’ai pas ri. J’ai ri. Surtout au début où l’entreprise était pleine de promesses farfelues, déjantées, de celles qui font du bien, bêtement. Découvrir des affreux, sales et méchants, ça n’arrive pas tous les jours, et le « héros » JC est un vrai dikkenek : connard, suant, libidineux, agressif et en colère. Et puis, très très rapidement l’entreprise tourne à vide car une chose a été oubliée pour ce film : l’écriture d’une histoire, d’un scénario !!!! Et tous les acteurs viennent faire un sketche sans vraiment de lien les uns avec les autres et ça s’emmêle les pinceaux et brusquement ça s’arrête sans prévenir, on nous laisse en plan au milieu d’une scène. Je ne me souviens pas avoir jamais  vu ça !

    Je salue néanmoins la prestation hilarante de Jérémie Rénier, minet/beauf, dans son premier rôle comique qui se ramasse des beignets pendant tout le film, et de Florence Foresti (trop rare) qui semble être la seule à avoir bénéficié d’un rôle écrit.

    Le plus irritant, le plus inexcusable, ce sont les blagues racistes. Nul doute que les affreux décérébrés dépeints ici (j’appelle d’ailleurs la Belgique à se soulever en signe de protestation) n’en soit dépourvu. Seulement voilà, au bout du 25ème gag, de la 38ème blague et du 47ème propos racistes : ça lasse, ça « gave » énormément.

    Ce genre de « dérapage » est tellement facile à éviter que c’en est impardonnable.

  • Encore un Héros…

     

     

    Ma Fête de la musique à moi, c’était hier. Ne me demandez pas pourquoi Lorin Maazel, booké jusqu’en 2008 à travers le monde est passé par Trifouillis Les Pedzouilles hier soir ??? Je n’en sais rien. En tout cas, j’avais mes places depuis lurette et ce fut encore un moment (deux heures c’est court) où je flottais au-dessus de la réalité.

    J’en vois certains au fond qui se disent « mais comment fait-elle avec tous ces héros ??? ». Et bien je gère, mais c’est parfois une dure lutte !!! Ce héros est à classer parmi le top (avec les septuagénaires : Paul, Clint…) c’est mon héros, mon master, mon maestro ! A quoi ça tient, pourquoi je l’aime depuis toujours ??? Parce que c’est lui, parce que c’est moi et aussi et surtout parce que :

    sa classe,

    son énergie,

    son charisme,

    son humanisme,

    sa vitalité,

    son sourire.

    La salle, c’est l’Arsenal, un endroit plutôt enchanteur malgré son nom… et comme j’étais aux places « Paradis » (au propre, comme au figuré), j’étais face au Maestro et ne l’ai pas quitté des yeux un instant.

    Le programme ne faisait pas dans la dentelle Mozartienne mais était néanmoins très séduisant : la délicieuse suite symphonique Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov et la puissante et émouvante Symphonie en mi mineur du Nouveau Monde d’Antonin Dvorak.

    Après une « big applause » et une standing ovation, encore un cadeau : une Rhapsodie Hongroise de Brahms.

    Non mais, regardez-le :

    Et moi où suis-je ???

    Encore au Paradis !

  • Paris, je t’aime. Film d’auteurs… ****

    Ceci n’est pas un film c’est un électrocardiogramme et parfois le cœur s’emballe. Sortie de la salle, il palpitait ferme et le sourire sur le visage était comme ça ;-)))
    Ce n’est pas un film à sketches, ce n’est pas un film de courts métrages, ce n’est pas un film à la gloire de Paris, c’est un film en l’honneur de l’Amour et surtout un Hymne au cinéma !
    Ici, les idylles se font, se défont ou ne se font pas et c’est un tourbillon permanent enchanteur où chaque réalisateur parvient en cinq minutes pas une de plus, pas une de moins à vous emporter avec lui dans son univers. Je ne cesserai jamais de dire à quel point le cinéma est magique !!!
    C’est parfois bavard (Alexander Payne), parfois muet (Elijah Wood), parfois mimé (délicieuse Yolande Moreau), parfois drôle, parfois triste, parfois bouleversant et à chaque fois envoûtant.
    Mais comment en parler sans faire un inventaire, sans faire un catalogue de cette mosaïque d’émotions ? Il faut peut-être simplement le plus simplement possible essayer de livrer quelques impressions, sensations, souvenirs…
    Dès le 1er film dû à Denis Podalydès, on est à Montmartre et le personnage écrasé de solitude dit : « mon univers est comme une boîte à gants : rien ! ». C’est farfelu et l’amour lui tombe littéralement dessus.
    Gus Van Sant filme un Gaspard Ulliel frémissant dans le Marais.
    Le comas émotionnel de Sergio Castellito à la Bastille fait partie des plus touchantes émotions : « à force de se comporter comme un homme amoureux. Il devint un homme amoureux ».
    Place des Victoires, Juliette Binoche à demi folle de chagrin doit son salut à l’apparition de Willem Dafoe en cow-boy, en plein Paris et à un sourire de Gena Rowlands.
    Sylvain Chomet nous livre l’un des opus les plus poétique et inventif avec un mime adorable autour de la Tour Eiffel.
    Au Parc Monceau Nick Nolte n’a qu’à paraître pour procurer un grand frisson cinéphile.
    Place des fêtes, Olivier Schmitz offre la partie sans doute la plus triste de ce film.
    Bob Hoskins et Fanny Ardant ont une scène de ménage d’amour magnifique à Pigalle.
    A la Madeleine Elijah Wood donne sa vie et son sang pour une Vampire qui tombe amoureuse de lui.
    Le meilleur reste encore à venir et c’est Wes Craven qui fait sortir de terre Oscar Wilde au Père Lachaise pour expliquer l’amour à un amoureux maladroit : magique.
    Et puis, au Quartier Latin, Gena Rowlands descend d’une voiture pour retrouver Ben Gazzara devant les yeux émerveillés de Gérard Depardieu (et les nôtres) et l’envoûtement est total.
    La factrice de Denver en vacances à Paris nous ballade entre joie et tristesse pour terminer par un « je me sentais vivante » poignant.
    L’un de mes préférés, parmi tous mes préférés est celui de Denis Tykwer au Faubourg Saint Denis où  

    Nathalie Portman (toujours très bien) et son amoureux aveugle nous embarque dans une valse tourbillonnante. L’amoureux aveugle décrit leur amour comme ceci : « tu criais parfois avec raison, tu criais parfois sans raison, tu criais, tu criais… ». Et termine une conversation rassurante et idéale au téléphone, alors qu’Elle lui demande « tu m’entends », Il répond : « je te vois »… Et oui l'essentiel n'est-il pas invisible pour les yeux ???

    Et voilà, j’ai fait, je crois ce que je voulais éviter : une énumération mais je suis encore sous le choc de tout ce trouble.