mardi, 20 septembre 2011

TOMBOY de Céline Sciamma en DVD

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Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir ce film en salle à sa sortie. J'ai pu grâce à Cinétrafic le revoir en DVD et je ne peux que vous le recommander vivement.

La sortie DVD est prévue ce mercredi 21 septembre.

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Dans "Naissance des pieuvres", Céline Sciamma explorait le monde impitoyable de l'adolescence de 3 soupirantes et insupportables jeunes filles. J'avoue que non seulement j'étais loin d'avoir été convaincue mais que je m'étais même franchement ennuyée par moments pour ne pas dire plus et rester polie. En gros en prendre une pour taper sur les deux autres à tour de rôle m'aurait sans doute soulagée. Cette fois c'est dans l'enfance qu'elle se replonge et nous immerge. C'est mille fois plus intéressant, mille fois plus attirant et attachant. C'est l'époque, juste avant l'adolescence justement où les enfants le sont encore mais plus vraiment, mais où ils ne sont pas encore devenus les adolescents pénibles qui deviendront dans 90 % des cas des adultes stupides !!! L'approche quasi documentaire de la réalisatrice sans doute sublimée par une direction d'acteurs (ou plutôt d'enfants) absolument irréprochable fait qu'on est directement associés et intégrés aux jeux de ces enfants qui ont au maximum 10 ans puisqu'ils sont en CM2. Mais ce sont encore les vacances d'été et Laure emménage une nouvelle fois dans un appartement, une nouvelle ville et doit une fois encore conquérir de nouveaux copains. Ses cheveux très courts et ses tenues qui se limitent à un short et un débardeur lui donnent l'allure d'un garçon et il n'en faut pas plus. Une petite fille de la cité lui balance "tu es le nouveau ? Tu t'appelles comment ?" et Laure sans plus y réfléchir répond "Michaël". Elle parvient à maintenir son mensonge dont elle ne réalise pas les répercussions qu'il pourrait avoir. Elle joue au foot torse nu avec les garçons, laisse sa copine Lisa tomber amoureuse d'elle, se baigne en ayant soin de se confectionner une petite boursouflure qu'elle intègre dans son slip de bain... Faire pipi debout est plus incertain.

Faire aussi simple, aussi délicat, aussi intelligent avec un tel sujet est un exploit. La question de l'identité sexuelle, de sa place, de certains choix pour une petite fille qui ne veut pas vraiment être un garçon mais ne souhaite absolument pas être une fille "ordinaire" est traitée avec beaucoup de charme et de sensibilité. On tremble pour Laure/Michaël. On se demande jusqu'à quand son subterfuge va tenir. On espère qu'elle ne sera pas découverte tout en sachant que ça ne peut éternellement durer. On sait que les enfants peuvent être cruels et injustes entre eux. Peu à peu, c'est comme un étau qui se resserre sur un mensonge qui semblait sans importance, un peu drôle, mais qui risque d'avoir des conséquences.

Les réactions sont passionnantes à observer. Lorsque la petite soeur de 5 ans Jeanne (merveilleuse Malonn Lévana) est mise dans le secret, le film prend une nouvelle tournure qui est sans doute la plus intéressante. Il faut dire que la petite est une sorte de surdouée qui semble être née devant une caméra. La complicité et la connivence des deux soeurs est admirable. Lorsque la mère découvre comment sa fille a trompé tout le monde, sa réaction d'abord surprenante voire incompréhensible, brutale, inadaptée se révèle peu à peu le meilleur moyen de protéger son enfant.

Un beau film, tendre et troublant sur un thème inédit avec des enfants absolument époustouflants.

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NB. : supplément au DVD, entretien avec Céline Sciamma.

TOMBOY, un film de Céline Sciamma – En DVD le 21 septembre 2011 – Editeur : Pyramide VidéoCredit : © 2011 – Hold-Up Films & Productions / Lilies Films / Arte France Cinéma

jeudi, 19 mai 2011

SORTIE DU FILM POUPOUPIDOU EN DVD

Et à l'occasion de la sortie de ce film que je vous recommande vivement, je vous invite à relire ma critique en cliquant sur l'affiche.

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jeudi, 05 août 2010

MOON de Duncan Jones ****

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La Terre a trouvé un remède à ses problèmes de ressources énergétiques. La Lune lui fournit dorénavant de quoi alimenter ses énergies. Pour cela l'entreprise Lunar a implanté une station lunaire répondant au doux nom de Selene. Pour gérer l'extraction de l'hélium 3 un homme reste  sur place pendant 3 ans avant d'être remplacé par un autre. Sam Bell n'en a plus que pour deux semaines avant que sa mission et son contrat s'achèvent et qu'il puisse enfin retrouver sa femme et sa fille. Mais alors qu'il ne lui reste plus que quelques jours à tenir, que la solitude et l'éloignement des siens le font de plus en plus souffrir, il est victime d'un accident qui l'oblige à rester à l'infirmerie sous la haute surveillance de Gerty, l'Intelligence Artificielle chargée de superviser le bon déroulement de la mission. La santé et l'état psychique de Sam se dégradent obligeant la société Lunar à envoyer une équipe sur place pour le ramener...
Je fais partie des rares privilégiés qui ont eu le bonheur de voir ce film en salle. Il était programmé en clôture du dernier Festival International du Premier Film d'Annonay (ne vous inquiétez pas je vous reparlerai du Festival en temps et en heure !) en février dernier. A l'époque une sortie était envisagée. Hélas, les voies de la distribution étant parfois plus impénétrables que celles du seigneur, "Moon" est resté dans les cartons, ne bénéficiant que d'une sortie en DVD. J'ai donc revu hier ce moment d'extase et comme je le disais à l'époque ce film est fantastique à plus d'un titre.
Il s'agit en effet d'un premier film de science fiction genre particulièrement délicat et qui engloutit la plupart du temps des budgets pharaoniques. "Moon" est la preuve qu'on peut faire de l'excellence sans faire dégoûliner le pognon sur l'écran. Je ne ferai pas l'affront de dire que Duncan Jones a bricolé son film au fond de son jardin car ses décors, intérieurs comme extérieurs sont d'une beauté à tomber, mais il est évident qu'on ne croule pas sous les effets spéciaux ou pas. "Moon" ne peut que ravir les amateurs du genre mais pas uniquement car il est d'une qualité exceptionnelle tant sur le plan du scenario, de la réalisation que de l'interprétation sans oublier la musique enivrante, obsédante.
Ce film avait selon moi toutes les caractéristiques pour devenir culte car depuis "2001..." et "Solaris" qu'on ne peut s'empêcher d'évoquer ici, jamais un film d'anticipation n'avait atteint ce niveau d'excellence et c'est vraiment avec fermeté que je vous engage à vous procurer le DVD. Comme tout grand film qui cache ses secrets, celui-ci ne peut se satisfaire d'une seule vision et même s'il est difficile d'en parler sans trop en dire, la révélation est faite à peu près au milieu du film avec une simplicité vraiment déconcertante.
Dès la divulgation du secret, on passe au second niveau de perception et de résolution. Comment Sam va t'il se sortir de ce guêpier ? Gertie la "voix" (celle de Kevin Spacey en VO) qui évoque évidemment celle de HAL ou CARL de "2001...", mielleuse, doucereuse nous fait toujours osciller entre inquiétude et apaisement. Faut-il se méfier de Gertie qui se met à éluder les questions, qui a des conversations confidentielles avec la Terre ou s'en remettre à ses propos rassurants ?
Absolument seul dans sa station lunaire comme à l'écran, l'acteur prodigieux qu'est Sam Rockwell (pas uniquement dans ce film mais chaque fois qu'il est devant une caméra) ne s'adresse qu'à un ordinateur qui a une petite bouille de "smiley" et à un écran où les messages de sa femme lui parviennent sans qu'il puisse communiquer en direct ! Son interprétation est une performance qui aurait dû le propulser au premier rang. Le voir si sûr de lui d'abord, puis douter, se dégrader, réagir alors qu'il n'a jamais personne en face de lui tient de la prouesse.
La fin du film, renversante, écoeurante laisse peu d'espoir quant à l'évolution de l'espèce humaine...

mercredi, 30 juin 2010

I LOVE YOU PHILLIP MORRIS de John Requa et Glenn Ficarra**** (DVD)

Les très gentilles personnes de CINETRAFIC m'ont envoyé ce DVD. Vous pouvez retrouver mon avis sur ce film ici. J'espère qu'il vous donnera l'envie de vous procurer ce DVD édité par EuropaCorp Distribution.

Affiche du film I Love You Phillip Morris

C'est bien plus qu'une histoire sur et avec des gays mais bien d'une grande histoire d'amour dont il s'agit, d'un vrai mélo. Les deux acteurs époustouflants parviennent à nous la rendre crédible et touchante en ne jouant pas les "folles" mais simplement et assez génialement deux hommes amoureux qui se rencontrent de la plus étrange façon qui soit.

Dans les bonus du DVD vous trouverez : un making of, des interviews d'Ewan McGregor, Jim Carrey, John Requa et Glenn Ficarra.

Après avoir vu ces deux extraits, vous ne résisterez plus. 

vendredi, 04 juin 2010

SRI LANKA NATIONAL HANBALL TEAM de Uberto Pasolini ***

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Comme dans de nombreux pays où la situation financière est critique pour la plupart des habitants, beaucoup d'entre eux cherchent à le quitter. Le Sri Lanka fait partie de ces pays dont la croissance voire le développement ont été considérablement retardés par 30 années de guerre civile qui vient tout juste de prendre fin. Deux amis, Stanley et Manoj tentent régulièrement d'obtenir un visa pour l'Allemagne, le pays qu'ils ont choisi comme Eldorado. Ce jour là ils mettent leur plus belle chemise, se rendent à l'ambassade et une fois de plus n'obtiennent qu'un refus impatient et méprisant de l'administration. Découragés, ils tombent sur une affiche qui parle d'un Tournoi International de Handball en Bavière. Bien qu'ils n'ont aucune idée de ce qu'est ce jeu, ils décident de monter leur propre équipe, de s'inscrire officielement au tournoi et de quitter le pays en toute légalité ! Si au départ, ils ne trouvent personne pour les rejoindre dans cette folie, le projet prend peu à peu tournure et ils se retrouvent à 26 à vouloir en faire partie. Autant dire que cette étrange équipe est tout ce qu'il y a de plus hétéroclite d'autant que des pakistanais, des indiens et des afghans viennent s'y ajouter.
Ce film est sorti en 2009. Je l'avais raté à cette époque mais grâce à CINETRAFIC qui me confie parfois des DVD j'ai pu me rattraper et apprécier ce premier film du réalisateur jusque là producteur, Uberto Pasolini. Avant toute chose, il faut savoir que cette histoire absolument insensée est vraie et qu'il existe des types assez bargeots et désespérés pour tenter et réussir pareille entreprise ! C'est sur le ton de la comédie que Pasolini (ça fait très "drôle" d'écrire ce nom !) choisit de nous la conter. Il ne néglige néanmoins pas de faire une peinture absolument saisissante des bidonvilles de Colombo, ville qui semble bouillonnante et tentaculaire, écrasée de misère, et d'évoquer évidemment l'immigration clandestine de ces hommes désespérés prêts à vendre un rein pour trouver de l'argent et qui considèrent toujours l'Occident comme un monde meilleur.
Entre éclats de rire, attendrissement et compassion je ne peux que vous recommander ce DVD sorti le 1er juin. Pour en découvrir la bande annonce, rendez-vous ICI.

mardi, 27 février 2007

Le Parrain I, II, III de Francis Ford Coppola ****

Enfin ma DVthèque s’orne de ce chef d’œuvre, de cette Œuvre que je termine de revoir dans son ensemble. Une seule évidence : c’est parfait et on ne s’en lasse pas. Une seule histoire, trois volets virtuoses, trois acteurs remarquables, des seconds rôles irréprochables, une musique inoubliable et une voix… Voilà un siècle de la vie d’une famille partie de rien et de Sicile qui se retrouve les rois du monde aux Etats-Unis. Don Vito Corleone (Marlon Brando et Robert de Niro en Vito jeune) en 1945, refuse de s’associer aux trafics de drogue que proposent les autres familles mafieuses et les ennuis commencent. A la mort de Don Vito, c’est Michaël (Al Pacino) qui succède à son père et devient « patriarche » à son tour.

Entre quête de pouvoir, rivalités, intrigues, trahisons et meurtres l’histoire de cette famille est jalonnée de sang et d’amour. Le génie de Francis Ford Coppola est de nous avoir rendu sympathiques ces êtres ignobles, monstrueux pour nous faire finalement adhérer et que nous soyons touchés par la tragédie qui finit inévitablement par les atteindre. Lorsque Michaël souhaite être réhabilité aux yeux des siens, il s’accoquine avec une Eglise catholique bien corrompue (vision sombre et écoeurante du Vatican) pour finalement se confesser au Pape : « j’ai trompé ma femme, je me suis parjuré, j’ai tué des hommes, j’ai fait tuer des hommes, j’ai ordonné l’assassinat de mon frère… ».

« Ego te assolvo » lui dit Le Pape (Raf Vallone en Jean-Paul I, la bonté absolue) !

La fin idéale, éblouissante, au-delà de tout pardon, nous cloue au fauteuil : Michaël reçoit la punition suprême, celle qu’on n'attend pas et Al Pacino (fascinant) nous livre le cri muet le plus assourdissant du cinéma

(écoutez-le ci-dessous !), ou comment tuer un homme en le laissant en vie ! Si vous ne pleurez pas...

 

jeudi, 25 janvier 2007

Singin’ in the rain de Stanley Donen *****

Quelle chance et quel bonheur de pouvoir re-voir ce joyau sur grand écran ! On connaît par cœur les moments forts du film mais on oublie parfois l’histoire qui raconte l’avènement du cinéma parlant et comment certaines carrières ont dû être brisées à cause de voix pas adaptées ou pas en rapport avec un avantageux physique. C’est le cas de Lina Lemont (Jean Hagen, tordante) qui forme avec Don Lockwood (Gene Kelly, sublime) LE couple glamour des années 20 mais qui a une voix de crécelle ridicule ! Les scènes d’anthologie et les prouesses s’enchaînent à un rythme frénétique. Donald O’Connor (excellentissime) nous « make laugh », Debbie Reynolds est craquante, Cyd Charisse nous dévoile ses interminables jambes… et bien sûr Gene Kelly (bondissant, sautillant, souple, élastique, athlétique, pataugeant dans les flaques…) n’a (à mon avis) jamais été égalé et il a élevé la comédie musicale au rang de perfection. Grâce à lui, époustouflant, son humour, son charisme, son charme (tous les garçons devraient se faire greffer son nez et son sourire…), son enthousiasme, son dynamisme, son talent, ce film est un chef-d’œuvre.

Vous en reprendrez bien encore un peu non ?

dimanche, 21 janvier 2007

Un singe en hiver d’Henri Verneuil ****

Encore un miracle du septième art. Moi qui suis allergique au degré terminal aux poivrots et autres pochtrons qui prétendent que la moindre fiesta ne peut se faire sans être imbibé jusqu’aux yeux, qui affirment qu’on ne peut décoller du réel en dessous de trois grammes par litre, je me prosterne néanmoins devant ce film qui fait l’éloge de la cuite, l’apologie de l’ivresse ! Un véritable plaidoyer pour l’ivrognerie.

Il faut dire que les deux pochards ici présents élèvent la biture à un niveau artistique qui enivre !!! Et le singe égaré, comme on en rencontre en Orient au moment des premiers froids, c’est Jean-Paul Belmondo qui confirme la révélation qu’il fût dans « A bout de souffle » et tient toutes les promesses de l’acteur majuscule qu’il a toujours été. (Ah oui, j’aime Belmondo, le saviez-vous ?).

A force de voir et revoir ce film… l’histoire passe carrément au second plan (pourtant elle est belle et forte) et je ne vois plus que la rencontre de deux acteurs-monstres sublimes et d’un dialoguiste hors pair qui leur a mis en bouche une avalanche de répliques cultes qu’ils savourent et nous servent avec délectation. L’un vieillissant, Gabin, qui n’a pas eu son compte d’imprévus, « j’en redemande » hurle t’il, et semble passer le flambeau à l’autre, Belmondo, admirable. Il le prend sur son cœur : « dans mes bras fils, tu es mes vingt ans ! ». La tendresse et l’admiration que ces deux géants se portent sont palpables à l’écran.

Le mieux pour vous redonner l’envie d’avoir envie est d’entendre ceci :

« Depuis qu’il a arrêté de boire, il a viré sournois ».

« Le picon bière, ça pardonne pas. C’est de ça que mon pauvre papa est mort ».

"- Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'ont toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !

- Excuse-moi, mais nous autres, on est encore capables de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.

- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond vous méritez pas de boire. Tu t'demandes pourquoi y picole l'espagnol ? C'est pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous. »

« Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Wang Ho veut dire fleuve jaune et Yang Tse Kiang fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde ! »

« Mais c'est d'ta faute ! Si tu buvais plus vite, elle serait déjà là ! Les choses entraînent les choses... Le bidule crée le bidule... Y a pas de hasard ! Allez ! On rentre à la caserne ».

Et puis à la toute fin Albert et Gabriel se séparent dans un train pour ne plus jamais se revoir sans doute : une poignée de mains, le sourire ému de Belmondo, le regard attendri du jeune pour le vieux… et la dernière image emplie de la détresse de Gabin, seul sur le quai…

… « et le vieil homme entra dans un long hiver ».

Un miracle qui vous fait descendre le Yang-Tsé-Kiang et voir Manolete !

Albert : « A la gloire des fusiliers marins d'Extrême-Orient !

Gabriel : A Manolete ! Tué à Linarès par le taureau Isleiro ! »

En résumé, le bidule crée le bidule.

Je vous dis : MAGIQUE ! Tchin.

 

samedi, 06 janvier 2007

Trois enterrements de Tommy Lee Jones****

 

Pour ceux qui ont raté cette merveille à sa sortie, il reste la séance de rattrapage en DVD. N’hésitez pas, car pour ce coup d’essai, Tommy Lee Jones a réussi un coup de maître. On connaissait l’acteur marmoréen, on découvre le réalisateur engagé et amoureux fou de son pays.

Mike Norton (absolument génial Barry Pepper), garde frontière macho et bas de plafond (pléonasme ?) tue accidentellement Melquiades Estrada, méxicain clandestin devenu « cow-boy » et ami de Pete (magnifique Tommy Lee Jones) son contremaître. Devant la mollesse des autorités locales à mener l’enquête, Pete va s’en charger lui-même et offrir à son ami un enterrement digne comme il le lui avait promis. Il va retrouver l’assassin et le mener, à coup de crosse parfois, vers la rédemption.

Tout ici est absolument et simplement sublime. Au-delà des paysages grandioses qui coupent le souffle, voir un homme, très con, en chemin vers la lumière, se redresser, au prix de souffrances physiques et psychologiques certes, découvrir des valeurs modestes et pourtant fondamentales tels que l’amitié, le partage, l’entraide, le respect de la parole donnée est bouleversant. Ce voyage initiatique qui aboutit à la compréhension, à la tolérance et au pardon est un uppercut qui atteint en plein cœur. On n’oublie plus jamais ce nom : Melquiades Estrada dès qu’on a vu ce western passionnant à la fois classique, singulier et déroutant qui tire les larmes. Bien que cette histoire soit poignante, cruelle et passionnante, Tommy Lee Jones n’oublie pas de distiller l’humour avec finesse et on rit franchement à plusieurs reprises, sans oublier une scène presque onirique où une petite fille joue Chopin au milieu de nulle part sur un piano désacordé : magique. Il brosse également deux beaux portraits de femmes, magnifiques, délaissées qui prennent leur destin en main.

Quant à l’interprétation, je l’ai dit, elle est d’une subtilité, d’une intensité et d’une justesse exceptionnelles.

 Un chef d’œuvre !

dimanche, 03 décembre 2006

L’enfant sauvage de François Truffaut (1970)***


Bénéficiant d’une séance pour des scolaires j’ai pu revoir ce bijou en salle, et je confirme que rien ne remplacera jamais le grand écran.

Un « enfant sauvage » capturé dans une forêt de l’Aveyron en 1798 est amené au parisien Docteur Itard qui s’emploie à éveiller ses capacités intellectuelles. Très rapidement l’enfant, Victor, sera capable de respecter quelques règles de vie sociale mais aussi et surtout, il deviendra parfaitement inadapté aussi bien à cette vie qu’à la vie sauvage. Il trouvera un semblant d’équilibre près des fenêtres qui marquent la transition entre l’enfermement et le dehors et lui permettent de contempler, de sa prison dorée, cette nature qui l’a maintenu en vie.

Le film est magnifique, réalisé dans un noir et blanc soigné et François Truffaut est parfait dans le rôle du professeur, un peu rigide et pourtant fréquemment bouleversé par les progrès phénoménaux de son protégé. La scène où, pour lui faire prendre conscience du bien et du mal, le professeur inflige une punition non méritée à son élève est poignante.

Quant au jeune Victor, il est interprété par Jean-Pierre Cargol qui est réellement impressionnant.

«Nous avons imaginé que le Docteur Itard, au lieu d’écrire ces rapports, avait tenu son journal quotidien, ce qui donne au récit l’allure d’une chronique et préserve le style de l’auteur, à la fois scientifique, philosophique, moraliste, humaniste, tour à tour lyrique ou familier.» François Truffaut.

Quand l'homme sauvage s'élève au rang d'homme social : voici la scène "abominable" :

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