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  • Two for the money de D.J. Caruso **

     

    Prévisible de la première à la dernière image ce film bavard et maladroit développe la trame ultra connue et rabâchée de l’ascension-chute-happy-end avec exposé sur la relation père/fils, maître/élève et aussi un petit détour du côté des alcooliques anonymes, des accros-malades du jeu en thérapie de groupe, de la psychologie à deux dollars, des dollars brassés par millions sur des « paris » et j’en passe et des plus subtiles !

    Mais, mais, mais, trois fois mais… ce salmigondis est emmené par Al Pacino, plus « pacinien » que jamais, il « pacinisme » non-stop, en grande forme, survolté, toujours à l’extrême limite de la crise cardiaque, il vampirise l’écran, le film et ses partenaires qui le laissent faire et déverse un torrent de tirades-monologues. Il disparaît quelques instants de l’écran ??? On s’ennuie. Ce n’est pas un film : c’est un One Man Show frénétique et délirant, parfois drôle. Et puis, à la toute fin de l’histoire, sa femme lui fait quelques révélations, et Pacino s’effondre, se fige, soudain muet et son visage, paysage encore bien plus éloquent que ce flot de paroles, nous (me ?) rappelle quel acteur phénoménal il est.

    Matthew McConaughey (très bien) et Andre Russo (impériale) ne déméritent pas mais ils se sont laissé manger tout cru sans broncher et semblent au contraire visiblement hypnotisés et attendris par la Star !

    Ardent

    Lyrique

    Passionné

    Amoureux

    Cabotin

    Immense

    Narcissique

    Ogre !

    I love you…

  • Brokeback mountain d’Ang Lee *****

    Que vous soyez filles ou garçons, si vous ne tombez pas amoureux de Jack ou de Ennis ou des deux, si vous n’êtes pas en larmes lorsque Ennis soupire « Jack, I swear… », débarrassez-vous de votre cœur, il ne vous est d’aucune utilité ;-)

    Voir (et revoir) ce film vous brise le cœur et pourtant une seule envie persiste, retourner à Brokeback Mountain. Et dès que le film s’achève, certains (j’en connais…) courent acheter la « short story » pour replonger grâce aux mots âpres et sans fioriture d’Annie Proulx dans l’histoire de ces deux héros, ces « deux paumés qui ne savaient où aller ».

    Dans les années 60 deux «lonesome cow-boys » trouvent un travail saisonnier : garder un gigantesque troupeau de moutons et dans des conditions à la limite de la survie, ils apprennent à se connaître. Rapidement, c’est "un courant électrique qui jaillit entre les deux", la chose contre laquelle on ne peut rien. Ils s’aiment, tout simplement.

    Ang Lee place le spectateur dans la même situation d’apprendre à connaître puis à aimer les deux personnages. Il filme large une nature imposante et grandiose et prend tout son temps pour que l’histoire s’installe et que les héros nous deviennent indispensables comme ils le sont l’un pour l’autre.

    Jack (Jake Gyllenhaal, lumineux) et Ennis (Heath Ledger, torturé), et ce sont eux les premiers surpris, vont s’aimer. Leur première étreinte inévitable est filmée comme une lutte. Puis, les regards et caresses échangés sont d’une douceur et d’une évidence rarement vues au cinéma. Au matin Ennis cherche à nier l’évidence : «Je ne suis pas une tapette », et Jack, qui assumera toujours mieux ses sentiments, répond « moi non plus ». Et en effet, ce n’est pas l’histoire de deux cow-boys homosexuels mais une histoire d’amour qui nous est contée avec tout ce qu’elle comporte d’interdit et d’impossible car au-delà du carcan des préjugés, être deux garçons qui s’aiment dans cette Amérique c’est être en danger de mort, pas plus, mais surtout pas moins.

    Ils se séparent au terme de la saison sans projeter de se revoir et l’on découvre sur leur visage le ravage des secousses sismiques qui les animent. Pendant des années ils s’appliqueront à mener une vie « normale » avec mariage, enfants et femmes délaissées… Pendant cet intermède où l’on découvre leur vie respective et séparée, Ang Lee réussit le tour de force de nous mettre dans la situation du manque causé par l’absence de l’autre.

    Ils choisiront enfin de retourner chaque année vivre leur secret à Brokeback Mountain car ce n’est pas une chose sans importance qui leur est arrivée. La scène des premières retrouvailles est d’une beauté à la fois grisante et déchirante : ils comprennent dès la première minute qu’ils devront se cacher.

    Toute leur vie sera ponctuée par ces retrouvailles indispensables, essentielles et vitales, des instants  de magie suspendus où ils ne feront rien d’autre que ce que font tous les amoureux du monde : se promener, regarder les étoiles, chahuter, rire, parler, se taire… s’aimer. Ils connaîtront aussi tous les tourments et les angoisses des séparations vécus comme des tortures, le manque effroyable de l’autre qui donne envie de mourir, la jalousie aussi, perçue comme une souffrance supplémentaire.

    Gloire aux deux acteurs habités, inspirés, qui portent haut les sentiments qui animent leurs personnages, aux regards de Jack, à leur conviction à tous les deux et à cette scène où Ennis « enfouit son visage dans l’étoffe d’une chemise et respire lentement par le nez et la bouche, espérant y trouver la légère odeur de fumée et de sauge, le goût salé de la sueur de Jack… ». Quel amoureux n’a pas fait ce geste ?

    Cette histoire est d’une force, d’une banalité, d’une pudeur totales symbolisée ainsi par Annie Proulx : « Aux vibrations du plancher sur lequel ils se tenaient tous les deux, Ennis pouvait sentir la force des tremblements de Jack ».

    C’est un film déchirant, poignant et douloureux mais c’est une merveille, un miracle, un joyau.

  • Communiqué

    Si vous croisez Al Pacino  ces jours-ci merci de bien vouloir lui assurer que si je n'ai pas encore vu son dernier film ce n'est :

    - ni parce que le titre est débile ,

    - ni parce qu'il y cabotine et vampirise l'écran plus que jamais (j'adore quand il fait ça... surtout quand il ouvre grand les yeux et qu'il entrouve à peine la bouche... Ouh, je me calme, il fait déjà suffisamment chaud !),

    - ni parce que je file le parfait amour avec Matthew McConaughey  (les "minets" ne me font aucun effet),

    - ni parce qu'il fricotte avec Rene Russo (je ne suis pas jalouse)...

    C'est simplement parce qu'avant hier soir me rendant à la seule séance compatible avec mon emploi du temps de Ministre (un Ministre qui travaillerait...) je me suis trouvée face à un barrage de police (GRRRR !) qui m'a obligée à faire un détour de 48 kilomètres me faisant rater ladite séance. Je mets tout en oeuvre pour récidiver ! Mais surtout dites-lui bien que j'irai. Je le connais, il est hypersensible, il est capable de se transformer en Lucifer ou en Scarface !

    Sinon, donnez-lui mon mail fandetoi@hot.com ou mon téléphone 01 02 03 04 05. Merci.

  • Entre deux rives de Alejandro Agresti °

     

    C’est la canicule et le Ministère de La Santé recommande de passer deux à trois heures par jour dans un endroit frais. Mission accomplie et j’espère que le Ministère des Finances m’accordera une remise d’impôts pour bonne conduite.

    C’est l’été et les Etats-Unis (pardon) nous envoient la comédie sentimentale. Dans cette catégorie il y a les excellents crus voire parfaits (« A Love Affair », LA référence), les moyens crus (« Coup de foudre à Nothing Hill »…), et les mauvais (« Sa mère ou moi »…). Celui-ci fait partie de la troisième catégorie !

    Kate quitte sa belle maison sur pilotis sans nous dire pourquoi ; ça lui brise le cœur ! Elle laisse un mot au locataire suivant pour qu’il fasse suivre son courrier au cas où… et pourtant elle a pris soin de faire son changement d’adresse à la poste, mais on ne sait jamais. Alex prend la suite dans la maison et répond au mot de Kate en le glissant dans la même boîte aux lettres (celle de la maison… c’est logique, à la poste, pas moyen de leur faire confiance) qui se révèle être magique. Vous suivez ??? Dès lors, chacun leur tour, nos tourtereaux se postent (ah ah) devant la boîte en attendant que l’autre vienne mettre la réponse : ça va toujours ? Sauf qu’ils ne se voient pas étant donné qu’Elle vit en 2006 et Lui en 2004, ce qui fait qu’Il l’appelle « la femme du futur » !!! Mais non, ne partez pas !!!

    Quelle idée bizarre d’avoir choisi une histoire où les deux amoureux ne se rencontrent pas, ou à peine ! Il faut pourtant bien que le film se fasse et le réalisateur choisit de l’étirer sur deux longues heures soporifiques et interminables. Puisque les deux héros sont éloignés dans l’espace spatio-temporel, ils n’ont d’autre choix que de jacasser chacun leur tour sur leur vie, leur solitude etc… Et ça donne des échanges surréalistes du style « à vous de me dire ce que vous aimez », « bon allez, je me lance : j’aime le parfum des fleurs, l’odeur de la pluie.. » et pourquoi pas le son du cor le soir au fond des bois tant qu’on y est ? Ah, oui Elle est médecin et Lui est architecte. Dans les comédies sentimentales, on voit rarement un boucher et une coiffeuse !!! C’est un autre débat.

    Dire que ces deux amoureux là ont l’air un peu crétin est loin de la vérité. Lui, c’est Keanu Reeves, on peut dire qu’il se donne un mal de chien pour essayer d’exister et parfois on voit qu’il est convaincu qu’il a un rôle dans un film. Mais c’est dur quand on vit en 2004, de faire des apparitions en 2006 tout en revenant en 2004, en restant planté comme une bûche pour ne pas effrayer la belle et en faisant des petits signes de la main, histoire de faire comprendre à la myope que « coucou, je suis là !!! ».

    Elle, c’est Bullock qui fait sa Sandra, petite tête de fouine liftée jusqu’aux oreilles, toujours seule et triste… Sinistre.

    Offrez-vous plutôt un brumisateur !

  • The Squid and the Whale de Noah Baumbach ***

    Encore une démonstration irréfutable que tous les maux de la planète, que le seul fléau sur terre est : LA MÈRE ! Elle est responsable du malheur des hommes et du chagrin des enfants. Voyons le verre à moitié plein et disons qu’au moins, les psys ont du boulot !

    Cette réserve étant faite, le film est excellent tant les acteurs, (magnifiques Jeff Daniels et Laura Linney) s’effacent derrière l’histoire tout en y apportant force et intensité. Un couple de BO.BO intellectuel new-yorkais se sépare après 17 ans de vie commune. Chez ces intellos qui jurent comme des charretiers à tout bout de champ, on ne dit pas « beauf » ou « connard », on dit « philistin », et à table, on ne parle pas du programme télé mais des films de Godard ou de « La métamorphose » de Kafka. Comme c’est fait sans emphase ni prétention, c’est très plaisant et les enfants (deux garçons de 10 et 16 ans absolument parfaits) prennent part à la discussion sans en ajouter dans le style « premier de la classe ». Les dialogues sont donc délicieux. On se croirait chez Woody sans l’hystérie et l’hypocondrie.

    Ce qui a mis le feu aux poudres de cette séparation qui couvait est surtout le fait que les deux parents sont écrivains, que monsieur a jadis eu ses succès de librairie et que c’est madame qui semble prendre le relais en publiant à son tour. Monsieur supporte mal le revirement de célébrité, d’autant plus qu’il est convaincu (monsieur est un homme !) que le talent de Madame lui est dû.

    On a beau être chez des intellectuels cultivés, cela n’empêche ni les gens de souffrir, ni les petites bassesses, menaces et mesquineries d’éclater au grand jour.

    C’est le point de vue des enfants (parfaits je le répète) qui nous est montré. Ils refusent cette séparation, cette garde alternée. Le plus petit vénère sa mère alors que le plus grand a fait de son père un modèle. Tout est très juste, douloureux et parfois drôle aussi. Il y a des larmes, des remises en cause, des interrogations, des parents qui font des confessions maladroites à leurs enfants et des enfants qui grandissent trop vite.

    Et puis, il y a cette dernière image très belle où un tout jeune homme de 16 ans le regard fixe devant une scène qui l’a jadis terrorisé et où il semble braver la plus grande terreur que ressentent un jour les enfants quel que soit leur âge, voir leurs parents se séparer !

     

    P.S. : la BO est une BO de rêve, Pink Floyd ("Hey you"...), Lou Reed etc...

  • La raison du plus fort de Lucas Belvaux ****

    Quel casse-tête de parler de ce film dérangeant, dérangé qui tombe dans le vide comme son héros stoppé net dans son élan, son envol !

    Lucas Belvaux a dit : « j’aime l’idée que les gens parlent en sortant de la salle »… pari gagné, ce film ne vous lâche pas facilement.

    Je dirai qu’il y a un Ken Loach de ce côté du Channel, ne le boudez pas, il s’appelle Lucas Belvaux, il est belge et son film est un coup de poing qui frappe fort. Après sa sublime trilogie (« Un couple épatant » « Cavale » « Après la vie »), il nous embarque dans le milieu prolétaire de la banlieue liégeoise où ferment toutes les usines qui faisaient vivre la région et surtout ses habitants à qui l’on a fait croire qu’ils étaient « l’aristocratie du prolétariat » pour mieux les dégager ensuite. Certains y ont laissé la vie, d’autres leurs jambes, tous sont oubliés. Ils sont parqués dans des cités HLM inhumaines où ils ont en commun la solitude, la pauvreté mais aussi une solidarité et une entraide admirables. La première image du film est saisissante : tous ces ouvriers chômeurs regardent derrière une grille leur usine en train de se détruire, le regard fixe, plein de doute et de terreur, on dirait des prisonniers dans un camp ! Et c’est vrai que les plans aériens (sublimes) de la ville ressemblent plus à une vision concentrationnaire qu’à un endroit où il fait bon vivre.

    Malgré cela, ce film fort, intense et dense peut-être drôle avec des dialogues (pas un mot de trop cependant) savoureux :

    « - T’es con.

    -         Oui, je sais tu me l’as déjà dit.

    -         Oui, mais t’es tellement con que ça vaut le coup de te le dire deux fois ! ».

    Vers le milieu du film, Lucas Belvaux nous embarque dans un polar noir, noir avec un côté pieds nickelés réjouissant par instants. Pour aider un copain (bac + 6 au chômage) à offrir une mobylette à sa femme, trois amis décident de jouer au loto. Quand il ne reste plus que ce moyen pour essayer que les choses aillent un peu mieux, c’est que tout va vraiment mal… Là encore, les dialogues sont exquis :

            « Il faudrait gagner 100 000 euros.

             - Non, 1 million ce serait mieux. On peut rêver quand même.

         - Ben, c’est pas parce qu’on rêve qu’il faut pas être raisonnable.

    Lorsqu’ils perdent, ils décident de passer à la vitesse supérieure en tentant un casse, aidé par Marc (Lucas Belvaux) ex-taulard en liberté très surveillée et nouvellement arrivé dans la cité. Pour cela il faut des armes. Les apprentis truands rassemblent leurs maigres économies pour les payer et Marc leur dit « Vous êtes sûrs de vouloir aller plus loin parce que là, il y a assez pour payer une mobylette ». Glaçant.

    Ils iront au bout et en paieront le prix fort.

    C’est magistral, captivant, d’une pureté (pas austérité), d’une simplicité et d’une maîtrise absolues. Lucas Belvaux réalisateur-acteur engagé et enragé s’est entouré de deux comédiens belges époustouflants qui s’installent petit à petit dans notre tête. Pas forcément ni immédiatement sympathiques au début, leur visage, leur personnage ne vous quittent pas de sitôt. Ils sont l’expression même de ce que peuvent être l’amitié, le partage, la compréhension. Quant à Gilbert Melki, compagnon de route de Belvaux, en deux scènes et en trois mots, il est magistral.

    Malgré toutes ces qualités, au-dessus de la mêlée plane néanmoins Lucas Belvaux himself, acteur prodigieux et singulier, doux et en colère permanente, truand romantique qui traîne, mains dans les poches, cigarette vissée à la lippe boudeuse, sa carcasse, ses remords, ses regrets et sa solitude.

    Il s’offre un final digne d’Hollywood, plus seul, plus beau, plus fort : le choc final.

  • GERARD OURY

     29.04.1919/21.07.2006

    gérard oury

    O comme Oury

    (Ma Grande Vadrouille, éditions Plon)

    "Je suis né le 29 avril 1919 à Paris, 24 rue de La Tour, car les femmes à cette époque accouchaient dans leur appartement. Fils de Serge Tennebaum, violoniste, et de Marcelle Oury, sans profession, je fus déclaré à la mairie du 16e arrondissement sous le nom de Tennenbaum Max Gérard. Max, mon parrain, fut un très célèbre tragédien de la Comédie Française du nom de De Max. Gérard est un prénom que je ne regrette pas, car il est d'origine germanique et signifie "lance de puissance" ! Mes parents divorcèrent lorsque j'eus trois ans, et je fus élevé par ma mère et ma grand-mère. Il était donc naturel que j'adopte leur nom lorsque je décidai d'embrasser le métier d'acteur. Mais la Loi française est piquante : on a certes le droit de prendre le nom de sa mère mais en le modifiant. Ce qui fait qu'aujourd'hui encore mon passeport est libellé comme suit : 'Houry dit Oury Gérard' ".

     

    A la fois acteur, scénariste, réalisateur il était le roi de la comédie populaire qui devient culte « Le Corniaud », « La Grande Vadrouille », « Le Cerveau », « Rabbi Jacob » etc… Le coup de génie absolu est d’avoir rassemblé Bourvil et Louis de Funès et de les avoir réunis à plusieurs reprises.

    « La Grande Vadrouille » reste pour moi la comédie française haut de gamme, inégalable et dont je ne me lasse pas. Plus de 17 millions de spectateurs en salle à sa sortie en 1966, ce raz-de-marée n’a été dépassé depuis que par une vague titanesque. Chaque passage à la télé est un triomphe. Les scènes cultes succèdent aux répliques cultes, c’est un festival et c’est inoubliable !

     

    Quelques petites remises en oreilles savoureuses :

     

    L'Anglais: Me, Mac Intosh

    Stanislas: Vous Mac Intosh

    L'Anglais: And the signal is "Tea for two"

    Stanislas: Le signal…

    L’Anglais siffle “Tea for Two”

    Stanislas : Sifflez pas ça, is an american song

    L'Anglais : Yes

    Stanislas : Is ferbotten ici, c'est, alors…

    (Il joue la mélodie au piano. L’Anglais lui fait signe d’arrêter)

    Attendez. If I go to the turkish bath, I risk énormément

    L'Anglais : Yes

    Stanislas : But, if you, you go out, si vous sortez, the Germans, les Allemands, ils vous attrapent, et crcrcr

    (il fait le geste de quelqu’un que l’on torture)

    vous allez parler, et moi I risk encore plus

    L'Anglais : Yes

    Stanislas : Donc, I risk on the two tableaux

    L'Anglais : Yes

     

    Plus tard, au bain turc :

    Augustin: Are you ?

    Stanislas: You are.

    Augustin : Happy

    Stanislas: Glad. Where is Big Moustache ?

    Augustin: I don't know and If you don't know, non ?

    Stanislas : I don't understand

    Augustin : You come with me to pick up Peter

    Stanislas : Non, you, come with me to pick up Mac Intosh

    Augustin : Non, non, non, you

    Stanislas : I beg your pardon

    Augustin : And if you don't come, I, heu, ah ! merde alors ! comment on dit ça ?

    Stanislas : Comment ça "Merde alors", but alors you are French !

    Augustin : You are not English !

     

    Stanislas a du mal à avancer et rouspète.

    Augustin: Évidemment, c’est pas des chaussures pour la marche que vous avez là.

    Stanislas: Puisque vous me le proposez si gentiment, j’accepte !

    Augustin : Quoi ?

    Stanislas : Que vous me prêtiez vos souliers.

    Augustin : Bah, euh, vous chaussez du combien ?

    Stanislas : Du comme vous.

    (Ils échangent leurs chaussures)

     

    Un régal, inimitable !

  • Camping-Car de Barry Sonnenfeld*

    C’est toujours l’été et c’est l’occasion pour tous les films caca/prout de sortir en salle…

    Celui-ci (en dehors des geysers de merde qui jaillissent) a l’avantage de développer deux thèses existentielles.

    1) Si vous avez de gros problèmes familiaux, si êtes équipés d’une femme au foyer très souriante et de deux ados puants qui vous insultent non-stop, promettez à ce joli petit monde des vacances à Hawaï et puis changez d’avis, embarquez tout ça dans un camping-car et partez sur la mythique Route 66 découvrir le Colorado. A l’issu du voyage, tout le monde s’aimera et vous serez le plus génial papa du monde.

    2) L’autre thèse est que, si en chemin vous rencontrez une autre famille camping-car unie, aimante et franchement rock’n’roll, fuyez-les. Car des gens qui s’aiment, qui vivent en camping-car, qui vous invitent à partager leur repas le premier soir, qui jouent de la guitare et dont les enfants semblent heureux et épanouis, sont des « gros connards ». Plus tard, lorsque vous apprenez que ces gens issus d’universités côtés aux States (mais qui n’en font pas étalage), ont un QI hors norme, excusez-vous en écrasant une larme, trouvez-les géniaux et appelez-les « amis » !

    Vous l’aurez compris, ce film ne vaut que pour la présence de Robin Williams absolument en roue libre et heureusement seul à l’écran une grande partie du film. Evidemment, les allergiques à Robin Williams risqueront fort de faire une rechute d’urticaire. Ce n’est pas mon cas, Robin Williams, je l’aime, il me fait rire. Un acteur cabotin de cette envergure, il y en a peu et moi j’aime ses impros délirantes, son irrésistible façon de cligner des yeux dès qu’il est contrarié, sa facilité à passer du rire aux larmes dans la même phrase, sa faculté à tout encaisser : les coups, les insultes, les torrents de merde (désolée) sans broncher et en gardant ce sourire et ce regard d’enfant et qui semble toujours se demander ce qu’il fait dans un monde d’adultes.

    Les vacances en camping-car : Non,

    Robin Willliams OUI !

  • Tsotsi de Gavin Hood ***

    Tsotsi est un jeune chien fou, enragé et sans avenir. Il a oublié jusqu’à son prénom et survit plus qu’il ne vit dans un bidonville de Johannesburg. Tsotsi veut dire « gangster » et il est le petit chef d’une petite bande de petits malfrats minables. Ici, tout le monde s’appelle « mon frère », mais la fraternité est plutôt absente de ces ghettos sans âme. Dès les premières minutes, la bande commet un crime abominable assez terrifiant dans un métro et Tsotsi se sauve. Il vole une voiture, tire sur la conductrice et s’aperçoit après avoir roulé un moment qu’un bébé gazouille à l’arrière. Sans explication il décide de garder le bébé avec lui et de s’en occuper tant bien que mal. On tremble pour l’enfant tant les conditions d’hygiène et de sécurité sont absentes pour un nourrisson. Avec ce bébé à ces côtés, tous les pans occultés de l’enfance de Tsotsi vont ressurgir, la tendresse et l’humanité vont envahir ce garçon jusque là violent et froid.

    Si le film est traversé de véritables instants de grâce, le réalisateur ne joue ni avec nos sentiments ni avec nos larmes qu’il ne vient pas chercher, au contraire ! Et pourtant, on sympathise, on s’attendrit, on vibre et on frissonne pour le destin de ces deux enfants. C’est d’une noirceur absolue et pourtant la lumière semble poindre à l’horizon.

    Le film a reçu l'Oscar du meilleur film étranger cette année, mais au-delà de cette récompense, il y a Presley Chweneyagae, tout jeune comédien immense et inspiré, d'une instensité et d'une justesse rares : une évidence et une révélation.

  • Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone (1966)****

     

    Sergio Leone est sans doute le réalisateur champion du monde des plans séquences silencieux qui s’étirent à l’infini pour notre (mon ?) plus grand bonheur. Ici les acteurs parlent avec leurs yeux et quand ils parlent vraiment cela devient expéditif…

    1864… plus ou moins, alors que les Etats-Unis sont à feu et à sang et se déchirent dans une guerre fratricide, 3 zigotos pas très recommandables, individualistes forcenés traversent le pays à la recherche d’un magot de 200 000 dollars planqué dans une tombe, dans un cimetière. Quelle tombe ? Quel cimetière ?

    Blondin sait dans quelle tombe. C’est lui le « bon », ce qui est relativement vite dit car, exceptés deux accès compassionnels envers deux mourants, il est plutôt sensible de la gâchette et pas le genre à se laisser marcher sur les éperons. Le Bon, Clint Eastwood, démarche chaloupée, cigare vissé à la bouche, regard pénétrant et énigmatique, taiseux et lymphatique, entrait, sans le savoir avec une classe infinie dans la légende westernienne, et portait comme personne et sans être ridicule (comme d’autres le font pour la cape et le slip rouges…) le poncho !

    Tucco sait dans quel cimetière. C’est lui le « truand » multi condamné, multi récidiviste et la liste de ses forfaits qui va du vol au meurtre en passant par le viol est longue comme un jour sans pain. Le Truand, est un type à la fois pathétique, roublard, menteur et tricheur et on ne peut que saluer bien bas l’interprétation haut de gamme d’Eli Wallach qui le rend tour à tour grotesque, ridicule, humain et émouvant.

    Sentenza ne sait rien mais par ses méthodes barbares s’immiscera dans le duo pour avoir sa part du butin. La Brute, c’est Lee Van Cleef dont le physique atypique et inquiétant s’adapte parfaitement au rôle du très méchant, sadique et sans cœur.

    Absolument sans morale, complètement opportunistes et prêts à tout pour sauver leur peau, les trois lascars seront tour à tour yankee ou sudiste selon les besoins de leur cause et porteront le costume gris ou le costume bleu au hasard de leurs rencontres.

    Mine de rien, Sergio Leone propose une belle charge anti-militariste en montrant les ravages de part et d’autre d’une guerre civile abominable qui s’étire en longueur et multiplie les victimes. La défense d’un pont ridicule est l’un des épisodes dramatique et spectaculaire de cette tragédie. De bien belles scènes pleines de rage et de mélancolie ponctuent ce western sublime et nonchalant comme on n’en fait plus. Une scène de torture assez longue ajoute encore à la barbarie ambiante.

    Arrivés au cimetière de Sad Hill, Sergio Leone nous offre le clou de ce spectacle ininterrompu : la course effrénée d’Eli Wallach est une prouesse où la musique lancinante d’Ennio Morricone transcende les images et la rend magique. Le duel à trois qui s’ensuit s’étire à l’infini et la caméra s’approche des regards pour ajouter une scène mythique à ce film qui en contient déjà tant. Il la reproduira à l’identique dans «Il était une fois dans l’Ouest » avec Henry Fonda et Charles Bronson.

    Dernière cerise sur ce gâteau déjà savoureux et somptueux, le Bon face au Truand et la réplique des répliques :

    "Tu vois, le monde se divise en deux catégories ! Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent.... Toi tu creuses !".

    Un chef d’œuvre.