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  • Inland Empire de David Lynch ?????

     

     

    Laura Dern et David Lynch s'aiment, c'est indéniable.

    Et si trop de mystère tuait le mystère ?

    Une fille triste en Pologne regarde un feuilleton télé dont les héros sont des lapins géants : un lapin fait du repassage, un autre cause et le troisième répond au téléphone quand le téléphone sonne. La fille pleure, pourtant c’est drôle, il y a même les rires ajoutés du public comme aux meilleures heures de « Benny Hill » (il y en aura pendant tout le film car David Lynch est un comique). Une autre fille (Laura Dern) à Hollywood Californie reçoit la visite d’une femme inquiétante qui lui dit qu’elle va obtenir le rôle qu’elle attend mais que ce sera pas du gâteau. Laura a peur : elle plisse le front et tord la bouche vers le bas. Le tournage du film commence… Aleluyah, c’est Jérémie Irons le metteur en scène et il est souriant mais il ne sera là que pendant un petit quart d’heure.

    David Lynch est un génie : il filme en numérique ; c’est bien la preuve qu’il est en avance sur son temps et le cinéma de demain qui arrive à grands pas. Il dit « avec la caméra numérique, vous êtes léger, mobile… ». Du coup il filme en gros gros plans les visages. On voit les pores de la peau. Dans « Climat », c’était magnifique. Ici c’est moche de voir que les actrices ont des boutons… sauf Laura Dern qui est maquillée, mais pas les autres. De ce fait, Julia Ormond, vieille et moche se balade avec un tourne vis et le plante régulièrement dans le ventre des filles qu’elle croise. On ne devrait jamais laisser un tournevis traîner dans les films de David Lynch. Quand Laura se prend un coup de tournevis dans le ventre : ça la fait vomir des geysers de sang sur Hollywood Boulevard sur l’étoile de Dorothy Malone… Qu’est-ce qu’elle lui a fait Dorothy Malone ? C’est Julia Ormond qui la plante ! Laura se relève, c’est normal on est au cinéma. Mais parfois elle court au loin et elle s’approche si près de la caméra en hurlant avec sa bouche toute déformée qu’elle m’a vraiment foutu les chocottes. Justin Theroux est très beau mais il ne retire jamais son tee-shirt alors on ne voit pas vraiment à quel point il est beau. David Lynch préfère déshabiller les filles. C’est vrai. Parfois, une fille soulève son tee-shirt et reste face caméra pour montrer qu’elle a de beaux et gros seins. Les autres filles lui disent « waouh ! ils sont beaux tes seins !!! ». Et comme David Lynch aime voir des filles qui s’embrassent, parfois les filles s’embrassent. Les filles s’aiment dans les films de David Lynch… sauf Julia Ormond, mais c’est normal aussi, vous feriez quoi si Laura Dern débarquait chez vous, hirsute, en gueulant comme un veau à votre Paulot : « I love you Paulot ? Do you love me ? ». En Pologne, un type sort d’une maison et dit : « y’a plus de papier aux toilettes ». C’est rassurant de se dire que même dans un film de David Lynch, il y a ce genre de problèmes, ça le rend humain. Laura franchit des portes, il faut bien lire tous les niveaux de conscience et les différents rôles qu’elle explore quand même ! Vous faites exprès de ne pas comprendre ou bien ? Parfois, souvent, c’est écrit Axxon… mais ne vous inquiétez pas on ne saura jamais pourquoi. Mais le numéro 47 revient souvent aussi et à un moment Laura s’arrête devant une porte (ah oui, j’oubliais ya plein de couloirs aussi !) qui porte le numéro 47. Aaaaah ! qu’on se dit et paf… j’avais tout bon, c’est pile poil la porte de la maison des lapins ! Par contre, ya vraiment un truc qui fend le cœur, c’est Harry Dean Stanton qui fait la manche pendant tout le film. Ce type là a fait Paris-Texas à pieds et il est toujours sans le sou. D’ailleurs, au générique j’ai lu Nastassia Kinski… mais je ne l’ai pas vue dans le film. Je suppose qu’elle ne devait pas être maquillée ou qu’elle portait une perruque rose : je ne l’ai pas reconnue.

    J’ai lu ceci à propos d’Inland Empire : « en l’absence de script, chaque scène était écrite au jour le jour. Je rédigeais une scène et Laura et moi la tournions ». Si vous voulez des explications, écrivez directement à David, moi j’ai fait tout ce que j’ai pu.

    J'adore la critique de Didier Peron : "C'est ainsi que, de l'extase à la décomposition, au terme d'un supplice figuratif particulièrement secouant, une joie sans nom se libère et que le film enfonce dans nos têtes en feu la pointe effilée d'une nouvelle lucidité". Wah ! la classe... mais on sent bien que c'est pas le gars à qui il faut confier un tournevis... David dit : "Il y a une logique dans chacun de mes films, mais l'important, c'est votre logique à vous". Moi, en sortant du dortoir... euh, pardon de la salle, je me suis sentie comme un cobbaye dans un laboratoire ; ça te va comme logique ça David ???

    Pendant tout le générique, toutes les filles du film se mettent à chanter et à danser (sauf Laura qui les regarde en penchant la tête d’un air de dire « amusez-vous les filles ! ») un truc de ouf qui met une ambiance du feu de dieu, et là normalement, en temps normal je veux dire, je me serais levée et je serais allée faire la farandole avec elles, mettre mes deux pieds en canard pour faire redémarrer la chenille… mais je sais pas pourquoi, à ce moment là j’avais plus envie de danser ! Je me suis juste souvenue d’une splendeur qui se terminait par un mot :

    Silenzio !

    Ici, Le mot, c’est :

    Sweet...

    David est un sacré farceur !

     

  • Le Parrain I, II, III de Francis Ford Coppola ****

    Enfin ma DVthèque s’orne de ce chef d’œuvre, de cette Œuvre que je termine de revoir dans son ensemble. Une seule évidence : c’est parfait et on ne s’en lasse pas. Une seule histoire, trois volets virtuoses, trois acteurs remarquables, des seconds rôles irréprochables, une musique inoubliable et une voix… Voilà un siècle de la vie d’une famille partie de rien et de Sicile qui se retrouve les rois du monde aux Etats-Unis. Don Vito Corleone (Marlon Brando et Robert de Niro en Vito jeune) en 1945, refuse de s’associer aux trafics de drogue que proposent les autres familles mafieuses et les ennuis commencent. A la mort de Don Vito, c’est Michaël (Al Pacino) qui succède à son père et devient « patriarche » à son tour.

    Entre quête de pouvoir, rivalités, intrigues, trahisons et meurtres l’histoire de cette famille est jalonnée de sang et d’amour. Le génie de Francis Ford Coppola est de nous avoir rendu sympathiques ces êtres ignobles, monstrueux pour nous faire finalement adhérer et que nous soyons touchés par la tragédie qui finit inévitablement par les atteindre. Lorsque Michaël souhaite être réhabilité aux yeux des siens, il s’accoquine avec une Eglise catholique bien corrompue (vision sombre et écoeurante du Vatican) pour finalement se confesser au Pape : « j’ai trompé ma femme, je me suis parjuré, j’ai tué des hommes, j’ai fait tuer des hommes, j’ai ordonné l’assassinat de mon frère… ».

    « Ego te assolvo » lui dit Le Pape (Raf Vallone en Jean-Paul I, la bonté absolue) !

    La fin idéale, éblouissante, au-delà de tout pardon, nous cloue au fauteuil : Michaël reçoit la punition suprême, celle qu’on n'attend pas et Al Pacino (fascinant) nous livre le cri muet le plus assourdissant du cinéma

    (écoutez-le ci-dessous !), ou comment tuer un homme en le laissant en vie ! Si vous ne pleurez pas...

     
  • Les Oscar

    Rien pour Nos "Indigènes", des prix de consolation pour Mon Clint et "Babel", une consécration pour un remake (sublime, d'accord, mais quand même...). La cohérence (contrairement à nos César) c'est que le meilleur et le meilleur réalisateur récompensent le même film... Je n'ai jamais rien compris à ces deux catégories.

    Les photos concernent les Oscar que j'approuve à 200 % (je sais, il y a une contradiction, et alors ?). 

     LE PALMARES !

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    Meilleur film : "Les infiltrés", de Martin Scorsese

    Meilleure actrice : Helen Mirren, dans "The Queen"

    Meilleur acteur : Forest Whitaker, dans "Le dernier roi d'Ecosse"

    Meilleur second rôle féminin : Jennifer Hudson, dans "Dreamgirls"

    Meilleur second rôle masculin : Alan Arkin, dans "Little Miss Sunshine"

    Meilleur réalisateur : Martin Scorsese, "Les infiltrés"

    Meilleur film étranger : "La vie des autres" (Allemagne)

    Meilleur film d'animation : "Happy Feet"

    Meilleur scénario original : "Little Miss Sunshine"

    Meilleure adaptation : "Les infiltrés, de M.Scorsese

    Meilleure bande originale : "Babel"

    Meilleur film documentaire : "Une vérité qui dérange", d'Al Gore

    Meilleurs costumes : "Marie-Antoinette"

    Meilleur montage sonore : "Lettres d'Iwo Jima", de Clint Eastwood

  • Les CESAR

     

    Décidément la vraie fête du cinéma c’est bel et bien dans les salles que je la vis et nulle part ailleurs. De cette cérémonie des César, l’occasion pour toutes les filles de mettre leur plus belle robe (j’avais mis mon plus beau « jean », celui à paillettes, je vous le jure !) et les garçons leur smoking, je retiendrai,

    le meilleur :

    Valérie Lemercier qui chante et qui danse (on peut dire qu’elle « mouille la chemise »…),

    Marlène Jobert, magnifiquement juvénile, et son discours vibrant,

    L’émotion vraie et touchante de Mélanie Laurent, Guillaume Canet et François Cluzet ;

    Le pire :

    La sinistrose aiguë dont semble atteinte toute l’équipe d’un film dont la Lady s’égare dans un bois…

    Je suis ravie pour (mon) Guillaume, déçue pour les « Indigènes » et j’imagine déjà la razzia à laquelle nous assisterons l’an prochain à la gloire d’un moineau !

    C’est peu et en résumé c’est assurément Jude Law qui a trouvé la conclusion et la justification qui fait que je continuerai toujours de fréquenter les salles obscures :

    « il faut aller au cinéma, c’est toujours sexy ! ».

     Meilleur film : Lady Chatterley de Pascale Ferran.

    (Je ne l’ai pas vu pour une raison que je n’ose exprimer…).

    Meilleur réalisateur : Guillaume Canet (Ne le dis à personne).

    (J’avais choisi Rachid Bouchareb mais la sincérité et l’énergie de Guillaume…).

    Meilleur acteur : François Cluzet (Ne le dis à personne).

    (J’avais choisi Gérard mais ce choix est beaucoup plus judicieux et amplement mérité).

    Meilleure actrice : Marina Hands (Lady Chatterley).

    (Pour moi : Catherine Frot).

    Meilleur acteur dans un second rôle : Kad Merad (Je vais bien ne t’en fais pas).

    (Entièrement d’accord même si son « discours » n’a fait rire que lui…).

    Meilleure actrice dans un second rôle : Valérie Lemercier (Fauteuils d’Orchestre).

    (Elle est parfaite en maîtresse de cérémonie mais Mylène Demongeot m’avait époustouflée).

    Meilleur espoir masculin : Malik Zidi (Les amitiés maléfiques).

    (J’avoue que je n’avais pas d’avis).

    Meilleur espoir féminin : Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t’en fais pas).

    (Trois cent mille fois mérité).

    Meilleur premier film : Je vous trouve très beau (Isabelle Mergault).

    (Oh lala !!! Mon choix était « Mauvaise foi »).

    Meilleur Scénario original : Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle (Indigènes).

    (Prix de consolation… mais quel film !!!).

    Meilleure musique écrite pour un film : Mathieu Chedid (Ne le dis à personne).

    (Oui, oui, oui, cette musique est magique).

    Meilleur film étranger : Little Miss Sunshine de Jonhathan Dayton et Valérie Faris.

    (Superbe film mais j’avais choisi « Babel »).

     P.S. : Il faudrait suggérer à l'Académie une cérémonie simple comme celle du Festival de Cannes qui va à l'essentiel en remettant les prix et qui dure une demi-heure.

     

  • Odette Toulemonde d’Eric Emmanuel Schmitt **

    Odette vit à Charleroi et a fait de son univers restreint un monde enchanté. Elle est vendeuse dans un grand magasin, a deux enfants (un fils coiffeur adorable et homosexuel, une fille rebelle et désoeuvrée) et habite un appartement minus. Ce qui rend sa vie si belle, c’est qu’elle est une optimiste forcenée, qu’elle est fan de la mer du Nord (la seule, la vraie, celle qui change de couleur tous les quarts d’heure), de Joséphine Baker et surtout, surtout de Balthazar Balsan, auteur à succès (féminins) de romans à l’eau de rose dont elle dit qu’il lui a sauvé la vie quand elle allait si mal...

    L’auteur déprime. Un jour, alors qu'Odette lui a adressé un courrier d'admiratrice énamourée, il frappe à sa porte…

    Voilà un film rose bonbon comme un roman Harlequin. C’est kitsch, bourré de clichés, dégoulinant de bons sentiments et pourtant le charme opère à condition de ne pas être trop exigeant et de laisser aller son côté midinette car il ne révolutionnera pas le 7ème art.

    Encore une fois, je n’ai rien compris à la critique qui s’est acharné sur ce film. Effectivement si E.E. Schmitt ne revendique pas la naïveté et la « fleurbleuitude » de son film, il faut qu’il consulte. Mais si, comme je le crois toute cette candeur est parfaitement assumée, on passe un bon moment. D’autant que le couple vedette est particulièrement attachant. Catherine Frot (mon actrice française préférée ex-aequo… j’aime TOUT chez elle ; elle est drôle, fine et vivante). Elle est tout à fait à l’aise et à sa place dans ce rôle de femme à la fois légère et positive qui répand le bonheur autour d’elle. Quant à Albert Dupontel (décidément très éclectique) il est un parfait séducteur.

    P.S. : MAIS ??? Elle n'est pas belle ma lettre à Clint qu'il ne vienne jamais frapper à ma porte ???

     

  • Je crois que je l’aime de Pierre Jolivet **

    Echaudé par des chagrins d’amour qui l’ont rendu dépressif, Lucas, PDG surbooké, se méfie lorsqu’il rencontre la trop parfaite Elsa. Il demande au responsable de la sécurité de sa société d’enquêter sur elle.

    On ne doute pas un instant de l’issue de cette histoire, mais c’est le principe même de la comédie romantique et ici il semble parfaitement assumé. Pas de prise de tête donc, juste du plaisir en barre de suivre ce conte survitaminé dont l’intérêt et le rythme ne faiblissent pas un instant. Les dialogues sont ciselés et les acteurs les savourent et les prononcent avec finesse. Le trio de tête est en grande forme et se réjouit autant que nous d’alterner les situations douces-amères ou franchement comiques. Vincent Lindon est craquant en amoureux timide et maladroit. Sandrine Bonnaire (mon actrice française préférée : j’aime TOUT chez elle, son rire, sa voix, son allure, son dynamisme) est à la fois simple et sublime, le naturel absolu. Et François Berléand est tout simplement grandiose (comme toujours je dirai) en ex.flic gaffeur aux méthodes extrêmes.

    Un régal, ne le boudez pas.

  • Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood****

    En réponse miroir au récent « Flag of our fathers » voici la version nippone (en V.O.) de la même sanglante bataille d’Iwo Jima qui laissa sur le carreau 7 000 soldats américains et plus de 20 000 (soit plus de 95 % de l’effectif…) japonais. Les lettres des soldats japonais, jamais envoyées, ont été retrouvées en 2005 permettant d’éclairer ce que furent ces 40 jours de combats héroïques sous le commandement d’un général déterminé mais humain dont le but était de maintenir en vie le maximum de ses hommes alors que l’Etat-Major leur avait intimé l’ordre de ne pas se rendre à l’ennemi.

    Lettre From Le Bois de L’Est :

    Très Cher Clint,

    On te demandait récemment : « qu’est-ce que ça vous fait d’être vu comme l’un des plus grands réalisateurs actuel ? » Tu répondais, poli et amusé que tu n’y pensais pas trop. Et bien oui, que répondre à une telle question ? Peut-on réellement avoir conscience être en train peu à peu et de plus en plus précisément d’entrer dans la légende car que ce soit comme acteur, réalisateur, compositeur, scénariste ou producteur, tu es bel et bien en train de bâtir une œuvre d’une solidité incontournable ? Ce qui la rend encore plus remarquable est que tu te places au-dessus des modes et que tu ne ressembles à personne. Tu as tout exploré, du documentaire où l’on te trouve énamouré auprès de tes idoles du jazz jusqu’Au Film d’amour, le plus anti-hollywoodien qui soit, en passant par les westerns spaghettis, les policiers bas de plafond, les mélos flamboyants, les drames intimistes.

    Ici tu nous parles d’un épisode particulièrement sanglant pour évoquer tous les conflits qui dépassent les hommes de bonne volonté. Tu dis : « J’ai voulu montrer la futilité de la guerre. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Mais toujours la même chose : le sacrifice de la jeunesse ». La première partie, d’une lenteur extrême nous fait vivre l’attente de ces hommes (souvent jeunes et « appelés ») qui creusent des tunnels et des tranchées pour résister à l’ennemi, dès qu’il aura débarqué : « Hanako, suis-je en train de creuser ma propre tombe ? » écrit l’un d’eux à sa jeune épouse. Mais quand débarquera t’il ? Les hommes attendent, effrayés (ils savent qu’ils n’auront aucun renfort et certains sont même là par mesure disciplinaire..) et perplexes : « Ne peut-on la laisser aux yankees cette colline ? ». Ils sont par ailleurs confrontés au manque d’eau potable, à l’absence de nourriture et de sommeil.

    Et puis, finalement elle arrive l’armada. Proportionnellement, étant donné la taille de l’île, cela semble aussi gigantesque que le débarquement en Normandie. Et les combats commencent, immédiatement meurtriers, forcément, désespérés. Quelques jours suffisent pour que le drapeau américain soit planté au sommet du mont mais les combats se poursuivent pendant 40 jours. Les japonais résistent héroïquement. La pire honte étant de se rendre, cela donne lieu à une scène de suicide collectif hallucinante qui répond à un passage du « premier épisode » resté sans explication, où des soldats américains entraient dans une grotte et en ressortaient malades d’horreur en pleurant : « que s’est-il passé ici ? ». Dans un dernier geste de désespoir et d’honneur, les soldats dégoupillent une grenade, la frappe contre leur casque et la porte sur leur cœur. Tu filmes cela sans emphase ni à grand renfort de musique (juste les quelques notes du doux piano que tu as confié à ton fils Kyle), c’est effroyable !

    Peu à peu, la couleur semble disparaître de l’écran. Ce clair-obscur que tu aimes tant, si lumineux dans certains films semble être ici ta vision de la vie qui s’échappe peu à peu des visages puis des corps. C’est magnifique.

    Un soldat américain est fait prisonnier. Un officier japonais intime l’ordre de le soigner à la grande surprise des soldats qui voulaient l’abattre. L’américain d’abord terrifié, méfiant répond aux questions de l’officier qui connait les Etats-Unis. Ce dialogue, ce partage, cette connivence se concluent par une poignée de mains franche et bouleversante. Tu filmes ces instants là comme personne. Cela fait écho en moi à LA scène, sublime, irréelle où tu tournes le dos à une fermière de l’Iowa qui est au téléphone et qui, dans un geste superbe, anodin et spontané replace le col de ta chemise ! Qu’est-ce que j’aurais aimé être cette femme pour ce tout petit moment magique !

    Quant aux acteurs, ici, ils sont tous parfaitement au diapason de ton discours sur la tragédie des guerres. En tête évidemment le magnifique et impressionnant Ken Watanabe.

    Ton film, austère et poignant, est magistral. Je te citerai une fois encore : "Dans la plupart des films de guerre que j’ai vus au cours de ma jeunesse, il y avait les bons d’un côté, les méchants de l’autre. La vie n’est pas aussi simple, et la guerre non plus. Les deux films ne parlent ni de victoire, ni de défaite. Ils montrent les répercussions de la guerre sur des êtres humains dont beaucoup moururent bien trop jeunes ». C’est aussi simple que cela un discours pacifiste et humaniste ! C’est toujours bon de le rappeler à l’heure où résonnent tant de bruits de combats et où s’enlisent encore des soldats dans des bourbiers ! Comme toujours c’est avec une finesse exemplaire que tu poses ton regard désolé sur la bêtise et la folie des hommes. Tu ne cesseras jamais de dire avec force et sobriété que la guerre c’est con. Sois-en remercié. Puisses-tu être écouté !

    Le plus cruel quand je viens de voir un de tes films (et ici, deux en quatre mois quand même, je sais…) est de me dire qu’il va falloir attendre pour découvrir le suivant. Ne tarde pas. Pour celui-ci, message reçu : Peace

    And Love.

     

  • La nuit au musée de Shawn Levy **

    Pour pouvoir assurer la garde en alternance de son filston, Larry doit trouver un travail. Il devient gardien de nuit du Musée d’Histoire Naturelle de New York qui est en perte de vitesse niveau fréquentation. A la grande surprise de Larry, chaque nuit, tous les personnages en carton pâte ou en cire s’animent. C’est la folie car il doit composer avec Théodore Roosevelt, Attila et les Huns, un général romain, des cow-boys en manque d’action, la momie d’un pharaon, un tyranausore qui ne pense qu'à jouer... etc, et remettre de l'ordre dans ce chahut avant le lever du jour.

    Autant le dire, j’y allais pour m’amuser et je n’ai pas été déçue. Ben Stiller aux commandes est tordant, Robin Williams est en grande forme, Steeve Coogan et Owen Wilson forment un duo hilarant. L’ensemble n’a je pense nulle autre prétention que de distraire et c’est réussi. C’est fantaisiste et dynamisant, du niveau cour de récré et alors ? On nous promet bien une petite leçon d’histoire à un moment qui n’arrive jamais, mais peu importe. C’est marrant aussi de retrouver trois papys manifestement ravis d’être là : Mickey Rooney vieux ronchons de 87ans, Dick Van Dyke (82 ans), vous n’avez pas oublié le Bert élastique de « Mary Poppins » qui dansait sur les toits en ramoneur ?? et Bill Cobbs.

    Emmenez vos moutards à partir de 6 ans et vous vivrez une cure de jouvence en participant à leurs éclats de rire, bien plus salutaire que toute récente production bessonnienne… et qui sait cela leur donnera peut-être envie de visiter un musée qui fera travailler leur imagination !

  • Les CESAR, Les OSCAR

    Samedi c’est la grande fête du Cinéma français…

    Voici les nommés aux CESAR des catégories principales (pour moi).

    La photo correspond à mon choix.

    MEILLEUR FILM :

    INDIGÈNES, de Rachid Bouchareb,

    JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS, de Philipe Lioret,

    LADY CHATTERLEY, de Pascale Ferran,

    NE LE DIS À PERSONNE, de Guillaume Canet,

    QUAND J’ÉTAIS CHANTEUR, de Xavier Giannoli.

    MEILLEURE ACTRICE :

    CÉCILE DE France (Quand j’étais chanteur),

    CATHERINE FROT (La Tourneuse de Pages),

    CHARLOTTE GAINSBOURG (Prête-moi ta main)n

    MARINA HANDS (Lady Chatterley).

    MEILLEUR ACTEUR :

    MICHEL BLANC (Je vous trouve très beau),

    ALAIN CHABAT (Prête-moi ta main),

    GÉRARD DEPARDIEU (Quand j’étais chanteur),

    JEAN DUJARDIN (OSS 117 : Le Caire, Nid d’espions).

    MEILLEUR FILM ETRANGER :

    BABEL, d’Alejandro Gonzalez Inarritu,

    LITTLE MISS SUNSHINE, de Valérie Faris et Jonathan Dayton

    LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN, de Ang Lee,

    THE QUEEN, de Stephen Frears,

    VOLVER, de Pedro Almodovar.

     

    Dimanche, c’est la grande fête du cinéma américain...

     

    Voici les nommés aux OSCAR des catégories principales (pour moi).

    La photo correspond à mon choix.

    MEILLEUR FILM DE L’ANNÉE

    BABEL, d’Alejandro Gonzalez Inarritu,

    LES INFILTRES, de Martin Scorcese,

    LETTRES D’IWO JIMA, de Clint Eastwood,

    LITTLE MISS SUNSHINE, de Valérie Faris et Jonathan Dayton

    THE QUEEN, de Stephen Frears.

    (Pour des raisons que certains comprendront, je ne pourrai me prononcer qu'après avoir vu "Lettres d'Iwo Jima"...)

     

    MEILLEUR ACTEUR DANS UN PREMIER RÔLE :

    Leonardo DiCaprio (BLOOD DIAMOND)

    Ryan Gosling(HALF NELSON)

    Peter O’Toole (VENUS)

    Will Smith (LA POURSUITE DU BONHEUR)

    Forest Whitaker (LE DERNIER ROI D’ECOSSE)

    Je ne parviens pas à les départager :

    MEILLEURE ACTRICE DANS UN PREMIER RÔLE :

    Penelope Cruz (VOLVER)

    Judi Dench (CHRONIQUE D’UN SCANDALE)

    Helen Mirren (THE QUEEN)

    Meryl Streep (LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA)

    Kate Winslet (LITTLE CHILDREN)

    (par élimination).

    MEILLEUR FILM ÉTRANGER :

    AFTER THE WEDDING (Danemark)

    INDIGENES (France)

    LA VIE DES AUTRES (Allemagne)

    LE LABYRINTHE DE PAN (Mexique)

    WATER (Canada)

  • The Good German de Steven Soderbergh ***

     

    Jake Geismar, journaliste américain, revient à Berlin en 1945 pour couvrir la Conférence de Postdam en présence de Churchill, Staline et Truman, qui doit décider du sort de l’Allemagne et de l’avenir de l’Europe. Il retrouve Lena qu’il a jadis aimée et qui doit coûte que coûte sortir de Berlin. Il met tout en œuvre pour l’y aider mais la belle est pleine de mystères et cache de lourds secrets.

    Impossible d’en dire plus sous peine de haute trahison. Alors pour ne pas trop parler du fond (passionnant néanmoins), parlons de la forme qui moi m’a séduite et bien au-delà ! Une merveille visuelle en noir et blanc tourné selon les techniques cinématographiques des années 40 jusque dans la direction d’acteurs. Les puristes mauvais coucheurs diront « pillage » et moi je vois « hommage » respectueux, amoureux à deux films devant lesquels on se prosterne « Casablanca » et « le Troisième homme ». Des amants désunis aux espions en pagaïe, tout y est. Et quand la fameuse scène de l’aéroport sous la pluie survient on ne peut s’empêcher d’avoir la fibre cinéphile qui palpite. Que c’est bon ! Georges Clooney, amoureux comme jamais, se fait balader avec masochisme par Kate Blanchett, fatale à souhait. Tobey Maguire est un salaud d’envergure. Tout le monde se régale, nous aussi.

    Vas-y « Play it again… » Steven !