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  • Le Festival International du Premier Film d'Annonay

     

    affiche2007

    La 24ème édition du Festival International du Premier Film d’Annonay a lieu du 2 au 12 Février 2007. Il présente une sélection de huit premiers longs métrages de fiction de 8 nationalités différentes, œuvres inédites en France dans les salles et à la télévision. C’est le seul festival dont les membres du jury soient exclusivement constitués de cinéphiles sélectionnés par courrier. Il sera présidé par le réalisateur Manuel Pradal (« Un crime »)..

    La section thématique du Festival, quant à elle, portera cette année sur les road-movies. Constituant un genre à part entière, le road-movie est souvent construit comme une quête initiatique. Le voyage s’apparente alors à un rite de passage, métaphore du cinéma lui-même, la ligne pointillée ressemblant aux perforations de la pellicule. La route symbolise la liberté de mouvement ou l'exil, la souffrance ou l'errance. Au programme : « Paris-Texas », « La balade sauvage », « Transylvannia », « Tandem », « Hana Bi »...

    Le festival rendra hommage à Hippolyte Girardot.

    J’ai eu la chance de faire partie du jury il y a deux ans et de vivre une expérience cinéphile enthousiasmante et toujours très présente dans mon esprit. Cette petite ville est plus connue pour d’autres animations car elle est la « patrie » des Frères Montgolfier. Néanmoins, pendant 10 jours elle vit au rythme du cinéma international (acteurs et réalisateurs sont présents) et c’est vraiment passionnant de voir toute une ville devenue cinéphile. J’y serai cette année encore (du 8 au 12), jouant le rôle qu’on m’a attribué : Nounou du Jury !!!

     

  • Bobby d’Emilio Estevez **

    Une journée pas tout à fait comme les autres dans le luxueux hôtel Ambassador de Los Angeles où est attendu Robert F. Kennedey ancien Ministre de la Justice, candidat démocrate à la Maison Blanche et probable futur Président des Etats-Unis d’Amérique. Or, cette nuit là, dans cet hôtel « Bobby » sera assassiné. Tout l’hôtel est en ébullition et s’affaire pour préparer l’arrivée du futur héros.

    Quel dommage que Bobby n’ait que ce film en hommage pour l’instant !!! On sent bien qu’Emilio Estevez se fait la voix des américains qui pleurent encore ce qui fut un bel élan d’idéalisme. On entend clairement un discours où résonnaient très fort des mots tels que : non violence, tolérance, paix au Vietnam, justice, égalité et égalité des chances. Mais ici les problèmes sociaux et politiques ne sont qu’effleurés : le racisme, le sexisme, la misère, la guerre… Et malgré le casting stellaire, il règne (derrière et devant l’écran) un ennui poli… les stars ne se chargeant même pas de venir faire un numéro mais simplement de bâiller respectueusement et d’être, au mieux transparentes, au pire ridicules.

    Néanmoins, le film est parcouru d’images d’archives et de discours de Bobby et c’est dans ces moments là que le film devient absolument passionnant.

    Quant au dernier quart d’heure, il est animé d’une intensité telle qu’elle vous cloue littéralement à votre fauteuil. On sait que Bobby sera assassiné, néanmoins la ferveur de son dernier discours, l’espoir et la dévotion qui se lisent sur chaque visage rendent la fin du film à la fois bouleversante, insoutenable et on se prend à envisager à quel point la face du monde aurait pu en être changée si... On se prend à réfléchir, à imaginer et finalement, comme les américains, à regretter en pleurant, car des déclarations

    ANTI-RACISTES, ANTI-GUERRES, et ECOLOS

    qui datent de 1968 (d’une actualité sidérante et désolante finalement) je n’en entends aucune en 2007  !

    Un film qui ouvre sur une réflexion c’est vraiment bien au fond !

  • Les ambitieux de Catherine Corsini *

    Julien rêve d’être édité. Il rencontre Judith, éditrice redoutable dont il devient l’amant. Elle lui donne son avis sur le livre qu’elle n’a pas lu, et lui conseille de retourner à ses études.

    Ce qui commence comme un brûlot contre le monde impitoyable de l’édition, contre les écrivaillons qui se piquent d’écrire un roman et n’ont que leur enfance à raconter, contre les ambitieux prêts à tout, contre les tout-puissants ou prétendus tels dès qu’ils ont un petit pouvoir, se transforme rapidement en drame psychanalytique où dominent trahison et mensonges pour finalement s’achever en bluette sentimentale. Dommage !

    Karin Viard est surprenante en working girl sans cœur qui voit peu à peu se fissurer son écorce, son armure, mais c’est peu.

  • Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier **

    Jean-Baptiste Adamsberg, flic instinctif qui fonctionne au flair perd son odorat lorsque le quitte sa douce et jolie Camille (LA Camille d’ « Indochine »). C’est le moment que choisit un énigmatique peintre pour orner les murs des portes des immeubles de Paris de 4 inversés. Ce signe annonce le retour d’un fléau mortel : la peste. Les premiers morts mystérieuses apparaissent. Adamsberg et son compère Danglard doivent résoudre un véritable casse-tête en forme de jeu de piste et trouver le lien entre elles !

    La tension, l’intérêt et le mystère vont crescendo dans ce polar bien ficelé, inspiré même, rondement mené à l’atmosphère lourde dans un Paris insolite entre ombre et lumière. La mise en scène est remarquable, fluide et sans temps mort. L’interprétation de José Garcia froid, tendu, dépressif, nerveux est parfaite et en dehors de Marie Gillain (transparente) tout le monde tient sa partition concerné avec application : Michel Serrault (érudit et fatigué), Lucas Belvaux (inquiet et impliqué (je l’aime)), Nicolas Cazalé (frémissant : qu’on lui offre des rôles enfin !!!)…

    Malgré toutes ces bonnes choses et le fait que les rebondissements soufflent en permanence réveillant chaque fois l’attention, j’ai envie de vous dire : sortez 10 minutes avant la fin (pour que dure le mystère) car le dénouement fait « flop » ou « pshiiit »...

    « Ah bon ? Tout ça pour ça ? » ai-je eu envie de dire ? Non, je l’ai dit !

  • Little Children de Todd Field *

    Sarah et Brad s’ennuient ferme dans leur mariage raté respectif. Ils se retrouvent au square du quartier de leur banlieue bourgeoise où ils poussent leurs enfants sur des balançoires (pendant que nous, on s’en balance), ils vont à la piscine et finissent par s'envoyer en l'air au rythme de la machine à laver. Un pauvre type détracté sexuel, condamné pour attentat à la pudeur refait surface dans le quartier où l’on rêve de le castrer. Des flics à tendance homo jouent au foot. Des djeunz font du skate…

    Le plus difficile dans ce salmigondis petit bourgeois moralisateur et qui fiche le malaise est, d’une part de tenter de faire le lien entre toutes ces histoires censées s’entrecouper et surtout, surtout d’imaginer une seconde comment la vibrante, troublante et frémissante Kate Winslet peut jouer les Emma Bovary et éprouver une passion coupable pour un acteur aussi pâlichon que Patrick Wilson qui fera peut-être s’émouvoir quelques adolescentes pré-pubères ?

    Pour Kate uniquement.

     

  • Singin’ in the rain de Stanley Donen *****

    Quelle chance et quel bonheur de pouvoir re-voir ce joyau sur grand écran ! On connaît par cœur les moments forts du film mais on oublie parfois l’histoire qui raconte l’avènement du cinéma parlant et comment certaines carrières ont dû être brisées à cause de voix pas adaptées ou pas en rapport avec un avantageux physique. C’est le cas de Lina Lemont (Jean Hagen, tordante) qui forme avec Don Lockwood (Gene Kelly, sublime) LE couple glamour des années 20 mais qui a une voix de crécelle ridicule ! Les scènes d’anthologie et les prouesses s’enchaînent à un rythme frénétique. Donald O’Connor (excellentissime) nous « make laugh », Debbie Reynolds est craquante, Cyd Charisse nous dévoile ses interminables jambes… et bien sûr Gene Kelly (bondissant, sautillant, souple, élastique, athlétique, pataugeant dans les flaques…) n’a (à mon avis) jamais été égalé et il a élevé la comédie musicale au rang de perfection. Grâce à lui, époustouflant, son humour, son charisme, son charme (tous les garçons devraient se faire greffer son nez et son sourire…), son enthousiasme, son dynamisme, son talent, ce film est un chef-d’œuvre.

    Vous en reprendrez bien encore un peu non ?

  • LE VENT SE LEVE de Ken Loach *****

    Comme chaque année "la semaine Télérama" propose de venir voir ou revoir une sélection des meilleurs films de l’année 2006. Cette sélection est faite par les journalistes de Télérama et par les lecteurs de la revue. J'ai choisi cette année de revoir en salle : "The wind that shakes the Barley".

     

    The Wind shakes the Barley (Le vent se lève) de Ken Loach

    Quel film et Quelle palme ! Le réalisateur Wong Kar Waï et son jury ne s’y sont pas trompés en accordant à ce film la Palme d’Or du Festival de Cannes en 2006.

    1920 en Irlande la guerre d’indépendance fait rage et le beau titre original fait référence à un poème irlandais de Robert Joyce « Le vent qui agite l’orge » qui évoque le soulèvement irlandais de 1798.

    Damien, jeune médecin tout juste diplômé souhaite partir à Londres exercer son métier. Témoin de deux scènes insupportables au moment de son départ, il renonce au départ et choisit de s’engager dans les troupes de l’Armée de la République d’Irlande (I.R.A.) pour combattre les troupes britanniques qui occupent le pays. Entre l’engagement politique, les scènes de combats, l’entraînement de cette troupe d’abord désarmée obligée de bricoler ou de voler ses armes, la torture et les exécutions sommaires d’innocents parfois, dans les deux camps, rien ne nous est épargné !

    Et puis il y a un moment où tout bascule et les phrases chocs, c’est  encore Damien qui les prononcent : « j’ai étudié l’anatomie pendant des années, et je vais tuer un homme d’une balle en pleine tête. » Et plus tard : « J’ai franchi un cap, je ne ressens plus rien ».

    A nous spectateurs, d’encaisser cela.

    Ce film dérangeant, percutant et bouleversant est l’œuvre d’un anglais qui dénonce avec effroi et en hurlant le colonialisme, l’impérialisme, toutes les occupations abusives de pays, toutes les oppressions et plus encore toutes les guerres de religion ainsi que les luttes absurdes et aberrantes dans leur horreur. Il le fait en contant le drame qui va séparer Damien et Teddy au cours d’une lutte fratricide imbécile. Deux frères, deux clans, deux groupes qui se déchirent c’est toute la « connerie » des guerres et plus encore des guerres civiles

    Voici donc l’œuvre (le chef-d’œuvre) d’un humaniste pacifiste en rage contre la folie des hommes et il y a bien longtemps qu’il nous avait été offert de voir un film de cette exceptionnelle qualité ! Qu’il soit réalisé par un honnête homme de 70 ans toujours en colère le rend encore plus admirable.

    Sur le plan cinématographique, c’est tout aussi remarquable. Pas de romantisme, les morts ne meurent pas au ralenti sur de la musique classique, Ken Loach ne nous impose pas de bondir par un coup de cymbale ou de pleurer en sortant les violons. Ce cinéma classique, sans fioriture, traité chronologiquement en toute simplicité est un coup de poing ! Le vent secoue la lande magnifique et résistante comme un maquis.

    L’histoire d’amour (généralement superflue dans nombre de films) est filmée pudiquement d’autant que l’élue du cœur de Damien est elle aussi une résistante qui aura à souffrir mille tourments dans son corps et dans sa chair.

    Quant à Cillian Murphy : quel acteur, mais quel acteur !!!

    Comment ne pas être à genoux devant Ken Loach et ce cinéma exemplaire ? Comment ne pas finir en larmes comme cette femme à genoux en pleurs elle aussi face à l’étendue désastre ?

  • Rocky Balboa de Sylvester Stallone ***

    Il y a trente naissait un nouveau héros fait de chair, de sang et de muscles : Rocky Balboa. L’histoire était celle d’un petit migrant italien de Philadelphie qui devenait Champion du Monde de Boxe des poids lourds et rencontrait l’amour : le rêve américain dans toute sa splendeur ! Aujourd’hui, Rocky est restaurateur et il raconte sa gloire passée avec gentillesse et disponibilité à des clients conquis et impressionnés.

    Autant que je vous l’annonce tout de suite : Adrian, la mythique est morte…

    J’avoue que j’avais laissé tomber la saga au deuxième épisode et que trente ans plus tard (pouh !) j’y retourne, à la fois nostalgique et parce que c’est Sylvester Stallone qui a décidé d’y mettre un terme en passant derrière la caméra. Sans pouvoir l’expliquer réellement, cet homme, cet acteur et cette histoire m’ont toujours émue. Revoir Sylvester à 60 ans remonter sur le ring est absolument touchant et vibrant, voir son corps martyrisé par ces années d’entraînement est émouvant. Quant au film, Stallone n’a pas cherché à le moderniser à tout prix mais au contraire à rendre hommage à ce qui a fait sa gloire. Il dit lui-même et sans illusion que le jour de sa mort on déclarera « Rocky est mort » et non Stallone. Il avoue : «j’ai commis toutes les erreurs. Toutes».

    Pour ces raisons (peut-être mauvaises) et parce que ce film est un véritable tour en cinéphilie (flash-backs où apparaît Adrian/Talia Shire, scènes d’entraînements qui donnent au film son élan, combat final dont les deux premiers et le dernier rounds sont en temps réel, musique archi-connue mais enthousiasmante…), parce que les dialogues sont souvent hyper drôles, parce que Stallone pose sur lui un regard ironique et objectif « on va pas s’empêcher de faire des choses pour deux ou trois bougies de trop !!! », parce que c’est digne et pas racoleur, parce que c’est un direct au cœur, et parce que la fin est exactement celle que j’attendais tout en me disant « non, il ne va pas oser ! »,

    j’ai aimé ce film !

     

  • Zone Libre de Christophe Malavoy **

    Quelques juifs et quelques « justes » qui les hébergent en zone libre néanmoins occupée par quelques allemands…

    Christophe Malavoy passe derrière la caméra et s’inspire de sa propre histoire (ses parents ont caché des juifs pendant la seconde guerre mondiale) pour raconter celle de cette famille. Fluide et joliment raconté avec une évidente sincérité et de réelles qualités, ce film hésite pourtant parfois entre drame et comédie. Dommage, compte tenu du thème, qu’il lui manque le souffle nécessaire pour en faire une œuvre bouleversante et que le petit garçon de l’histoire dont le rôle est très important soit interprété par un petit garçon qui joue très très mal... c’est-à-dire qu’on voit constamment qu’il joue.

    Néanmoins, cela est gommé par les interprétations absolument exceptionnelles de Lionel Abelanski et Jean-Claude Roussillon. Le premier est d’une justesse incroyable et absolument touchant lorsqu’il cache sa trouille permanente en explosant de colère régulièrement. Il est aussi capable en une seule réplique de faire passer à la fois sa peur et son évident talent comique lorsqu’il dit à sa belle-sœur enceinte : « c’est vraiment pas le moment de mettre au monde des petits youpinots alors qu’on sait pas quoi faire des anciens ! ». Quant à Jean-Claude Roussillon, il est simplement parfait. Tout le monde doit rêver de l’avoir pour grand-père, toute personne en difficulté doit rêver de le rencontrer.

    Pour eux deux donc, en priorité mais aussi pour l’histoire qui résonne toujours fort non ?