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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 58

  • Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller **

    Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben StillerTonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller Tonnerre sous les Tropiques - Brandon T. Jackson, Ben Stiller, Robert Downey Jr., Jay Baruchel et Jack Black

    5 acteurs hollywoodiens à l’égo pachydermique et à l’ambition de mammouth (un Oscar sinon rien !) sont engagés pour tourner « le plus grand film de guerre de tous les temps ». A la direction : un réalisateur anglais déclaré incompétent par un producteur survolté. Pour tenter de relancer le tournage du film dont un technicien a malencontreusement fait exploser les décors, le réalisateur emmène son quintet d’acteurs en pleine jungle pour une séance de cinéma vérité. Ils vont vite se rendre à l’évidence que plus aucune caméra ne tourne et qu’ils se trouvent plongés dans une vraie guerre !

    Je n’avais pas autant ri (au cinéma...) depuis des semaines. Pourtant le début peut laisser présager le pire : une série de fausses bandes-annonces de faux films des acteurs dans le film du film dont certains (même parodiques, merci j’ai compris) ne sont vraiment pas drôles du tout du tout. Et puis ça s’arrange dès que le tournage du film dans le film commence (vous suivez ?).

    Si Ben Stiller entend parodier et critiquer les films de guerre à gros budget (j’en sais rien, j’ai pas de dossier de presse moi madame), il se plante car son film n’a rien d’un nanar de pacotille tourné avec deux bouts de ficelle de cheval : C’EST un film de guerre à gros budget. Quant à la satire du système hollywoodien (les producteurs mégalos pourris, les caprices de star, les films « franchise » à millions d’entrées, les produits dérivés, la cérémonie des Oscar etc…) si elle est parfois savoureuse n’est pas vraiment vitriolée. La réussite est aussi ailleurs et surtout à découvrir Ben Stiller capable de réaliser un film musclé, macho (on n’en doutait pas), énergique, trépidant et drôle, très drôle.

    Si comme moi, vous vous êtes gavés de « Platoon », « Apocalypse Now », « Voyage au bout de l’enfer » et j’en passe, vous verrez qu’ici tout est là : la jungle hostile, les méchants asiatiques, les tortures, la cervelle qui gicle, les tripes à l’air, les actes héroïques, la franche et virile camaraderie, les soldats qui rient et pleurent en même temps, qui tombent au ralenti au son de musique symphonique, la fin qui n’en finit pas de finir avec sauvetage in extrémis du soldat Ryan, et « Sympathy for the devil » des Rolling Stones (les Stones chantent toujours dans les films qui parlent du Viet-Nam)… Dans les « modèles » tout ceci était émouvant, tragique ou insupportable. Ici, c’est marrant.

    Le plaisir tient également, c’est évident à l’interprétation. Je ne citerai pas toutes les guest stars invitées qui défilent, d’autres s’en chargent mais ceux qui n’ont rien lu pourront avoir des surprises, mais je recommande le rôle proprement ahurissant du producteur vulgaire et accro au coca light. La star d’hollywood qui s’y colle, grasse, poilue, chauve m’a impressionnée et prouve qu’elle peut encore surprendre. Bravo.

    Pour le reste, j’ai découvert deux acteurs très prometteurs et jusque là inconnus, Brandon Jackson et Jay Baruchel qui se collent les rôles des « bleubites » et parviennent à s’imposer face à leurs aînés. Chapeau.

    Jack Black, qui ne m’a encore jamais fait rire, confirme qu’il ne me fait pas rire et hérite une fois de plus du rôle qu’il préfère : caca-prout-vomis. Passons.

    Restent Ben Stiller qui n’hésite jamais à se ridiculiser aussi bien dans les dialogues que dans les déguisements ou attitudes, mais surtout celui qui surprend encore c’est Robert Downey Jr. Son rôle d’acteur proche des thèses de l’actor’s studio qui consiste notamment à entrer dans un personnage fait qu’il a subi une intervention de pigmentation de la peau pour être un soldat noir et adopte le parler « yo man » dans une caricature outrancière qui étrangement le rend plus sobre qu’à l’accoutumé. Bon, il faut le voir et l’entendre pour le croire.

    Allez, faites tourner les hélicos !

  • Cliente de Josiane Balasko **

    Cliente - Nathalie Baye et Eric CaravacaCliente - Nathalie Baye et Josiane Balasko

    Cliente - Eric Caravaca et Isabelle Carré

    Judith a la cinquantaine resplendissante des femmes sûres d’elles et elle est responsable d’une petite entreprise qu’elle mène de main de maître avec sa sœur, amie et confidente Irène : une émission de téléachat. Toutes les deux ont un point commun : elles ont trop souffert en amour. Alors qu’Irène attend toujours l’amour avec un grand Ta, Judith a choisi de payer pour rencontrer des jeunes gens, prendre du plaisir avec eux et que ça s’arrête là. L’amour sans les ennuis qui vont avec, c’est pas mal. Elle devient la cliente régulière de Marco/Patrick marié et amoureux de sa femme, Fanny. Cette dernière n’est pas au courant de la manière dont son mari ramène l’argent à la maison et surtout pour payer les traites de son salon de coiffure. Lorsqu’elle l’apprend, tout est bouleversé. L’amour s’en mêle !!!

    Les bonnes intentions (et les bons sujets) ne font pas les grands films. C’est le cas ici. Malgré ce qui agace un peu : le choix de la musique (un rap assourdissant et une chansonnette débile des années 60 ou 70 que vous aurez en tête jusqu’au lendemain parole d’honneur !!!), la place considérable prise par les seconds rôles qui n’apportent RIEN à l’histoire mais l’encombrent en l’alourdissant (la co-animatrice sosotte qui change de fiancé comme de déprime, l’ami qui fait des chantiers, l’assistant homo…), certaines scènes répétitives de repas dans une HLM de banlieue qui tournent immanquablement à la bagarre rangée, une escapade en Arizona très jolie mais inutile… et la voix off des personnages principaux qui nous commentent ce qu’ils pensent alors que les merveilleux acteurs présents à l’écran nous les exposent clairement. Et bien malgré tout ceci c’est quand même l’impression de sympathie qui l’emporte. Car lorsque Josiane se concentre sur les rapports des 4 personnages principaux, elle fait souvent mouche. De belles scènes drôles, réalistes et émouvantes entre les deux sœurs démontrent la complicité de deux actrices aussi différentes et talentueuses que Josiane Balasko et Nathalie Baye. Isabelle Carré, qui semble pouvoir tout jouer, est ici une petite balieusarde amoureuse, perchée sur des talons de 15 centimètres très surprenante.

    Mais surtout c’est entre Judith (Nathalie Baye, exceptionnelle) et Marco (Eric Caravaca, adorable) que tout se joue. Leurs scènes, malgré le sujet qui aurait pu être graveleux, sont pleines de justesse et de délicatesse. Il est dommage que la réalisatrice se soit éparpillée au lieu de se concentrer sur eux mais au final, c’est un film d’amour (celui qui n’a pas d’âge…) où personne n'a le "mauvais" rôle, qu’elle nous offre avec son cœur de midinette gros comme ça.

  • Faubourg 36 de Christophe Barratier **

    Faubourg 36 - Kad Merad, Clovis Cornillac, Gérard Jugnot et Maxence PerrinFaubourg 36 - Gérard Jugnot, Kad Merad et Nora ArnezederFaubourg 36 - Clovis Cornillac

     

    Paris 1936, 3 amis se retrouvent au chômage après que le cabaret où ils travaillaient a fermé. Le moment d’abattement passé, ils vont tout faire pour tenter de redonner vie au spectacle. Ce ne sont pas les embûches, les contre-temps et les coups du sort qui vont faire défaut...

    Tout est impeccable dans ce beau film qui semble revendiquer un petit air plaisamment vieillot. Tout est parfait, l’ambiance, la reconstitution de Paris, ses pavés, ses escaliers, ses toits, à mi chemin entre « Moulin Rouge » et « French Cancan », le climat social, l’allure résolument « titi » des énergiques interprètes, les chansons drôles, tristes à pleurer ou réalistes qui semblent dater des années 30 (alors que pas), les morceaux de music-hall follement dynamiques et colorés qui donnent des fourmis dans les pattes, les sketches pas toujours finauds mais qui faisaient s’éclourer de rire des salles entières. Il ne manque rien ou presque ou seulement une chose qui me semble essentielle et m’a retenue de voir le grand film populaire que j’attendais : l’émotion ! En effet, malgré toutes les difficultés, les complications, les empêchements et les drames qui se nouent sous nos yeux, ils restent désespérement secs et le cœur ne palpite pas.

    Dommage, mais en tout cas, l’interprétation brillante n’y est pour rien car chacun des acteurs (qui poussent tous la chansonnette) est un virtuose dans sa partition. Comme il faudrait les citer tous et détailler leurs talents (ce qui serait trop long) je n’en citerai que deux : le tout jeune Maxence Perrin (déjà adorable Jojo dans « Les Choristes ») et surtout, surtout Nora Arnezeder, toute jeune  et sublime nouvelle venue de 18 ans, qui maîtrise aussi bien le chant que la comédie et est le véritable soleil de ce faubourg. Une révélation.

    Cela dit je souhaite à ce film le même succès que celui des Choristes, précédent film de Christophe Barratier, et je ne saurais le déconseiller car le pari est osé de réaliser un film aussi spectaculaire et dont l'ampleur des séquences musicales va crescendo.

  • La belle personne de Christophe Honoré **

    La Belle personne - Louis GarrelLa Belle personne - Léa Seydoux et Grégoire Leprince-RinguetLa Belle personne - Louis Garrel et Léa Seydoux

    Dans un lycée parisien où les profs et les élèves rivalisent de beauté éthérée et se mélangent au gré de leurs amours possibles ou interdites, Junie est la « nouvelle ». Elle va chambouler la tête, le cœur et la vie d’Otto, un garçon de son âge et de Nemours, son prof d’italien.

    Evidemment on ne peut le nier et comme l’a écrit Madame de La Fayette « jamais cour n’a eu tant de belles personnes ». J’aurais aimé adorer ce film pour plein de raisons. Notamment parce qu’il est de Christophe Honoré qui m’a valu mes plus belles émotions « trufaldiennes » (oups !) et cinématographiques de ces dernières années et la découverte de quelques acteurs sublimes. Hélas, cette mayonnaise n’a pas pris, je n’ai cru ni à l’histoire ni aux effets collatéraux en cascade qu’elle entraîne. La patte de Christophe Honoré est là pourtant, indéniablement, ne serait-ce que dans sa façon inimitable de filmer Paris qui donne encore et encore le désir de redécouvrir la ville en dehors de tout circuit touristique. Mais la passion censée animer et détruire les trois personnages en présence m’a laissée de glace. Elle nous est imposée sans qu’on comprenne bien pourquoi et comment cette gamine boudeuse aux yeux rouges (elle vient de perdre sa maman…), ado dans le pur style fille perdue cheveux gras, peut séduire et ravager le cœur des deux garçons. Il faut dire que la fille, la toute nouvelle Léa Seydoux qui semble enflammer aussi les critiques malgré sa diction approximative et son jeu limité ne m’a pas convaincue du tout ; et qu'ils cessent de la comparer à Adjani, pitié ! Il faut dire aussi que mon cœur de pierre était déjà resté de marbre devant la « Naissance des pieuvres » l’an passé, autres ados ronchons et soupirantes. J’aime être emportée par le souffle épique et romanesque des passions romantiques mais je pense que les émois adolescents et capricieux des cours de récré ne me captivent pas. Autant une héroïne shootée au spleen existentialiste peut électriser quand elle est interprétée, incarnée par une actrice qu’on sent bouillonner et animée de l’intérieur autant il ne reste que des bouderies lunatiques exaspérantes quand c’est une petite fille qui s’y colle…

    Face à elle, les deux très aristocratiques Louis Garrel (sublime, qui peut alterner dans la même scène humour, légéreté et désespoir) et Grégoire Leprince Ringuet (la grâce et la ferveur incarnées) sont les joyaux de ce film également illuminé par les apparitions (c’est rien de le dire) luminescentes, flamboyantes, fulgurantes des merveilleuses Chiara Mastroiani et Cothilde Hesme.

  • Max la Menace de Peter Segal **(*)

    Max la menace - Steve CarellMax la menace - Steve Carell

    Maxwell Smart est un gratte papier grisâtre d’une agence de renseignements américaine, entre FBI et CIA (j’imagine). L’agence s’appelle CONTROL et Max rêve d’en être un de ses mythiques et légendaires « agents de terrain » pour porter de beaux costumes et une cravate assortie. Par un concours de circonstances il accède à cette promotion et se voit chargé de démanteler la dangereuse organisation KAOS dont le chef Siegfried (Terence Stamp, magnétique…) envisage d’équiper les dictateurs (instables et imprévisibles !) du monde entier en armes nucléaires. La co-équipière de Max est la terrible « agent 99 » aussi belle que redoutable !

    A ranger dans la catégorie sitôt vu sitôt oublié ce film à l’humour régressif assumé fait passer un délicieux moment plein de joie et de bonne humeur. Nouveau retour quelques décennies en arrière (décidément) il rappellera encore aux plus âgés d’entre nous que ce Max a bercé notre enfance. C’était l’agent secret le plus balourd et ringard qui soit et qui parlait dans sa chaussure équipée d’un téléphone ; il rejoignait son bureau après avoir franchi de lourdes portes blindées et tapé un code dans une cabine téléphonique ascenseur, au son d'une musiquette inchantable mais inoubliable... ça y est, vous y êtes ! Ce Max nouveau parle aussi à sa chaussure mais beaucoup moins, mais il est également équipé de gadgets insensés tel un lance-flammes dans un couteau suisse, et rien que de l'entendre, et le voir, dire "est-ce que que je serais transparent ?", à force de se faire bousculer voire piétiner, est hilarant ! Moins couillon et même beaucoup plus malin que OSS 117, moins glamour que James-Ô James !-Bond (quoique) ce Max là possède un atout XXL : son interprète, Steve Carell que je ne connaissais que par son très beau et très subtil rôle de dépressif dans « Little Miss Sunshine » (décidément, il faut d’urgence que je me mette à l’humour caca prout pour découvrir des acteurs tels que lui et récemment Adam Sandler). Ici, l’humour bas de plafond fait des prouesses et il faut bien reconnaître que 9 fois sur 10, c’est drôle, très. Steve Carell possède cette espèce de détachement nonchalant, cette fantaisie métaphysique digne de Bill Murray (qui fait ici une apparition… tronquée) et comme il ne se départit jamais d’une raideur plutôt adorable dans sa folie, on meurt d’envie de lui demander d’aller encore plus loin dans l’extravagance, la loufoquerie et l’outrance.

    Max/Steve Carelll est accompagné dans ses exencitricités par l’Agent 99/Anne Hattaway qui s’en donne à cœur joie en prouesses physiques et scènes de séduction et parvient à assurer plus que bien face au rythme comique faussement paresseux de son partenaire.

    Les scènes d’action se succèdent à un rythme d’enfer, les effets spéciaux sont parfaits car invisibles mais vous l’aurez compris la machine de guerre de cette parodie de films d’espionnage, celui dont on  a envie de dire « mais il ne s’arrête jamais ! » c’est Steve Carell.

  • A swedish love story de Roy Andersson **

    A Swedish Love Story - Ann-Sofie Kylin et Rolf SohlmanA Swedish Love Story - Ann-Sofie Kylin et Rolf Sohlman

    Pär croise le beau regard d’Annica. Ils ont 15 ans. Ils vont se chercher, hésiter puis s’aimer. Près d’eux, autour d’eux : des adultes complètement à côté de la plaque. Ça se passe en Suède et c’est, forcément, différent.

    Est-ce un mal de tête persistant qui m’a fait (un peu) passer à côté de ce chef d’œuvre annoncé datant de 1969 ? Ce que je ne peux nier c’est que ce film singulier qui alterne bruit et fureur puis calme et douceur ne ressemble à aucun autre, même s’il y plane l’ombre de Bergman. Suède oblige sans doute. Il y a avant tout une ambiance, une façon de filmer ou de sous-entendre que les sentiments vont à la dérive, qu’on finit forcément seul et mal dans sa peau. Le réalisateur était encore tout jeune (27 ans) lorsqu’il a filmé cette histoire d’amour adolescente pure, sincère, forte, belle et passionnée. On y croit, on s’y retrouve. Plus rien ne compte, plus rien n’existe, on abandonne les copains et les après-midi à jouer au flipper et à fumer des clopes, à faire le mariole sur sa mobylette. Il n’y a plus rien d’autre que l’Autre, son regard, son sourire et ses bras. Le moindre de ses gestes est magie, la moindre de ses paroles est rêve. On s’abandonne à la musique qui décrit si précisément cet état hors du monde. Les deux jeunes acteurs, excellents, nous replongent sans résistance dans ce bienfaisant bain d’adolescence.

    Imbriquée dans cette histoire miraculeuse, il y a celle, en périphérie, beaucoup plus sombre des adultes. Ils sont tous moches, ridicules, grotesques et surtout désespérément tristes voire dépressifs. Ils donnent cette impression tenace d’avoir raté leur vie. Et on tremble pour nos deux sublimes tourtereaux plein d’espoir et de promesses. On ne parvient pas à douter qu’ils vont devenir des vieux cons. C’est triste.

  • X-Files Regeneration de Chris Carter **

    X Files - Régénération - David Duchovny et Gillian Anderson
    X Files - Régénération - David Duchovny et Gillian Anderson

    Une pourriture prêtre pédophile (!) a des visions de scènes de crimes et de filles disparues qui seraient encore en vie alors que beaucoup de choses prouvent le contraire. Ses dons vont être utilisés pour résoudre l’enquête sur les disparitions et mener à un réseau de traficoteurs d’organes humains des plus goûtus… Les agents Scully et Mulder, apparemment rangée des voitures pour elle et mis en quarantaine pour cause de grosse connerie pour lui sont appelés à la rescousse. Vu qu’ils étaient dans une vie antérieure les spécialistes des affaires non résolues.

    En tant que béotienne qui ne connaît de la série que le nom des protagonistes et trois petites notes de musique je dois dire que j’étais un peu larguée rapport à ce qu’il y a entre Mulder et Scully. Ils sont mariés, amoureux, fiancés ou quoi ? Non, parce qu’au début la fille retrouve le gars, tout barbu dans une maison bordélique. On dirait qu’ils ne sont pas vus depuis des années. Ils se regardent souvent avec des yeux de crapauds morts d'amour. Ils s’appellent toujours par leur nom de famille ce qui est bizarre pour un couple. Moi chéri je l’appelle Lapinou ou Choupinet comme vous non ? Et pourtant ils ont des prénoms charmants : Fox (ça fait un peu renard d’accord) il s’appelle le garçon, et elle c’est Dana et non Rouky malgré une tignasse flamboyante. Une autre fois Dana dit « je quitte la maison ». Plus tard ils sont couchés dans le même lit et ils ont une insomnie. Comme Fox pique (rapport) à sa barbe, Dana lui dit « non pas ce soir, j’ai la migraine ». Fox, bon prince, file dare dare en pleine nuit se raser (épilation totale) mais Dana continue à faire sa bêcheuse et Fox se la met sur l’oreille. Pas grave, il la fumera plus tard. Dans le bureau de Fox, il y a des photos partout, des coupures de journaux, la photo d’un enfant avec gros plan insistant sur ladite… si t’es pas X-Filienne comme moi, faut être extra-lucide parce que niveau explication, c’est zéro.

    Mulder et Scully sont des gens super beaux mais super tristes. Ils ont dû avoir un sale coup dans leur vie parce qu’on voit qu’ils sont marqués par un drame qui fait que JAMAIS ils ne sourient, jamais ils ne plaisantent. Ah si, une fois Mulder dit un truc marrant mais j’ai oublié quoi parce que c’est sexuel et je suis pas du genre. Mais pour savoir ce qu’est leur tragédie traumatique, il faut repasser parce que nada, on nous explique que dalle à nous autres qui avons jamais regardé X-Files dans le poste. En tout cas, une chose est sûre, la vie est une dure lutte pour eux. On voit qu’ils ont morflé mais ils continuent encore à croire en l’espèce humaine et à vouloir sauver le monde, surtout la fille qui est médecin et qui opère un petit garçon avec des larmes plein les yeux. Fox, lui, il est plus du genre à aider en jactant, on voit bien que c’est lui qui travaille du chapeau.

    En plus, Fox et Dana ne sont jamais d’accord vu que lui croit à E.T. et qu'elle porte ostentatoirement une croix de Jésus. Rien à voir et du coup ils passent leur temps à se contredire et à se dire (je résume) «t’es vraiment quelqu’un de génial, j’ai besoin de toi, sans toi j’y comprends queud à tout ça »… et la minute qui suit c’est : « mais putain Muldy (ou Sculler), tu dis tellement de conneries au kilomètre carré que parfois je me demande si t’as tout ton kilo, je préfère faire comme si j’avais rien entendu ». Pas facile à suivre leur histoire de couple je vous assure. Ces deux là sont torturés bien comme il faut mais ils vont quand même se rouler une pelle à un moment. Bon, c’est pas l’orgasme non plus mais on peut voir une esquisse de sourire quand même et je vous jure sur la tête de mon premier baiser de cinéma, on est content pour eux à ce moment là !

    Le film ? Ah oui, le film. Ben vous me croirez ou pas mais on a plutôt l’habitude d’entendre qu’un film de cinéma est une pure trahison comparée à la série télévisuelle, et bien là, moi je vous le dis en vérité, c’est la première fois que j’ai envie de découvrir une série après avoir vu un film. Pourtant je peux vous l’avouer maintenant, y’a pas grand-chose à se mettre sous l’œil et question paranormal, c’est plutôt Waterloo. L’histoire lorgne mollement du côté de « Seven » ou du « Silence des agneaux » et le prêtre pédophile balance de temps à autre des vérités définitives : « ne renoncez jamais » ou "c'est là !". Question dialogues, c’est pas du Shakespeare non plus… lorsqu’un patient subclaquant meurt d’un cancer des poumons, Scully déclame sans sourciller : « je crois qu’on peut affirmer que cet homme était gravement malade ». Messieurs les scénaristes, j’ai un rire sonore… me faites pas des coups comme ça, mes voisins de salle qui sont à fond dans l’histoire sont parfois au bord du lynchage !

    Sinon, je trouve que Gillian Anderson et David Duvochny sont de bons et beaux acteurs et qu’il faut que les réalisateurs fassent preuve d’un peu d’imagination pour les sortir de là !

    P.S. : il faut rester jusqu'à la fin du générique de fin... Une fois de plus, j'étais toute seule dans la salle alors du coup, les autres, ils savent pas !

  • L’incroyable Hulk de Louis Leterrier **

    L'Incroyable Hulk - Edward Norton
    L'Incroyable Hulk - Edward Norton

    Pour tenter de contrôler son problème de « transformer », Bruce Banner est parti se planquer dans une favela brésilienne. Il prend des leçons de sel-control avec un sadique qui lui file des beignes et l’apprend à respirer avec le bide. Ça calme et ça l’empêche de devenir tout vert. Pour se débarrasser de son truc, il est aussi en contact via OutLook avec un mystérieux scientifique qui lui donne plein d’indications et lui fait tester son sang et tout et tout. Mais Bruce a d’autres problèmes. Vu qu’il lui faut pas d’émotions… il est obligé de regarder sa fiancée de loin se faire embrasser par un autre… s’il l’embrasse lui-même, il devient vert et casse tout (Hancock à côté, c’est un minus). Et c’est pas tout, l’armée le recherche pour en faire une arme fatale. Ce qu’il ne veut pas évidemment. Bruce, c'est un non violent. Alors voilà, tous les problèmes que Bruce il a. C’est pas triste et ça fait comme un film !

    La bonne idée c’est d’avoir remplacé cette quiche molle d’Eric Bana par le toujours juvénile, très charismatique… et allons-y c’est l’été, hyper bandant Edward Norton. Pour le reste tout est à la bonne place quand il faut dans ce genre de film… même si, curieusement, Hulk est bien le seul personnage qu’on n’a pas vraiment envie de voir apparaître. Il faut dire que la marionnette est pas terrible. Je vous dis ça alors que pourtant, le vert c’est ma couleur préférée. Mais franchement, King Kong était bien plus expressif. Mais trop poilu à mon goût. Et puis le costume trashos d’Hulk, franchement ça le fait pas et t’as pas trop envie d’être sa meuf si tu maîtrises pas la machine Singer (ce qui est mon cas évidemment). Donc, Hulk c’est pas mon genre. Mais Bruce/Edward, si, trop mon genre même. Alors du coup je préfère les scènes où il est seul, qu’il morfle et qu’il est triste et sale pire qu’un SDF. Oui, je sais c’est pas chrétien mais quand ça devient trop pyrotechnique, Edward n’est plus là et moi j’attends qu’il se calme. Hulk ! Il faut qu’il se calme pour qu’Edward revienne. Le combat final n’est pas terrible comme dans le film de l’autre jour.. ah oui, Iron Man ça s’appelait… mais dans l’intérieur d’Iron Man y’avait Robert Downey Junior et j’avais déjà très très chaud.

    Revenons-en à Hulk. Un autre machin super moche a été créé encore plus fort qu’Hulk. Dedans y’a Tim Roth (Tim, arrête de faire le con, redeviens « L’homme sans âge »). Il grogne et il casse tout, même sans raison. Bien sûr, ça se termine à New York, la ville que les réalisateurs et les trucs zarbis aiment démolir. On comprend pas pourquoi ça s’arrête, mais ça s’arrête alors qu’il n’y a aucune raison vu que les deux sont aussi forts l’un que l’autre. En gros, j’ai pas vu le temps passer et franchement Edward Norton, il en a sous le capot pour arriver à être crédible, pas ridicule et convaincant alors qu’on sait que de temps en temps il va devenir un gros géant vert ! Il est tout triste et tout malheureux et c’est joli à voir, en plus de sa jolie peau et de ses jolis muscles qu’on n’a pas QUE envie de regarder... A la fin il va se planquer en Colombie… un endroit sûr comme on sait et il nous fait un gros clin d’œil, l’air de dire : I’ll be back.

    Donc, y’a ça… Edward, je veux dire, et puis, y’a les 30 dernières secondes et rien que pour ces 30 secondes là j’aurais envie de dire « faites le déplacement » mais je ne peux rien vous dire parce que je suis pas là pour faire des révélations, mais franchement les trente dernières secondes et une "apparition" maousse costaud… redonnent le sourire après ce combat nazebrock !