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Sur la Route du Cinéma - Page 525

  • American gangster de Ridley Scott °/*

    Photos de 'American Gangster'Photos de 'American Gangster'

    Dans les années 70 à New-York, l’histoire vraie de Frank Lucas, son ascension, sa grandeur et sa dégringolade. A la mort de son ‘patron’, ce second couteau va discrètement prendre la relève et devenir leader dans le commerce de la drogue ! Un flic, LE seul flic non corrompu et incorruptible de New-York et du New-Jersey réunis est lancé à ses trousses.

    Pour en arriver à la dernière bonne (mais sans plus) demi-heure il faut endurer deux interminaaaaaaaaables heures d’un film qui piétine, tourne en rond et se regarde le nombril (les références sont tellement écrasantes que je n’aurai pas la cruauté de les citer) sans énergie ni invention. C’est un film où les truands ressemblent à des hommes d’affaires et les flics à des délinquants. Quoi d’neuf docteur ?

    Quelques scènes réveillent la spectatrice que je suis : une intervention musclée dans un logement social new-yorkais (une ruine) par exemple ou le désossage intégral d’un avion qui revient du Viet-Nam… et hop, on se rendort gentiment (mais un peu en soupirant quand même) en attendant la suivante, qui peine à arriver. C’est bien filmé, la reconstitution seventie a l’air nickel chrome et on apprend même (enfin, moi j’ai appris) que l’aviation US s’occupait du transport de la drogue lors du rapatriement des militaires morts au Viet-Nam sous le regard hypocrite de Nixon qui déplorait, la larme à l’œil dans le poste, que l’Amérique de ces années là soit devenue toxico. Le réalisateur insiste d’ailleurs lourdement en nous matraquant pas moins d’une bonne dizaine de seringues s’enfonçant dans des bras bien amochés et quelques overdoses bien craignos… C’est bon Ridley, on a compris : la drogue c’est pas bien !

    Ajoutons à cela quelques scènes bien ridicules. Celle de l’arrestation de Frank est un sommet. Le flic l’attend, sourire en coin à la sortie de la messe (oui messieurs dames, le truand est un bon chrétien et aussi un bon garçon (il aime sa maman) et un bon mari (il ne trompe pas sa femme, une ex miss sans cervelle épousée vite fait après une séance de drague très comique) et le truand répond par un sourire en coin, pareil le même !

    Une autre pour la route ??? Allez, je ne peux rien vous refuser. L’enquête piétine (faut dire aussi qu'elle semble se résumer à épingler des photos sur un tableau, j'vous jure !!!)… imaginez que les flics n’en sont encore qu’à pister des petits revendeurs sur le trottoir. Alors évidemment, ils sont encore loin de savoir qui est le grand manitou derrière tout ça. Et bien le super-cop, un jour il va voir un match de boxe au Madison Square Garden (ooops pardon, THE match de boxe, y’a même Woody Allen et Diane Keaton dans la salle dites-donc) entre Mohammed Ali et je ne sais plus qui. Il a son appareil photo. Il y a des milliers de personnes… Et bien le super flic trouve que le type noir avec un chapeau à poils laineux au deuxième rang n’est pas à sa place ! Et hop, c’est comme ça que le Franck Lukas a été démasqué : parce qu’il portait un chapeau et un manteau où c’était écrit dessus « arrêtez-moi ! ».

     Encore une ??? Oh la la, vous êtes gourmands ! Bon d’accord, mais rapide alors, juste un petit bout de dialogue. Le flic, qui a sa vie privée qui se barre en sucette (divorce, garde d’enfant et tout le toutim je vous passe les détails, on a même droit aux scènes de prétoire de la séparation…) n’en est pas moins homme pour autant. Donc, il saute sur tout ce qui bouge (avocate, hôtesse de l’air etc…) et l’avocate qui est en train de se faire besogner sur une table lui hurle : « va-z’y Johnny, baise moi comme un flic !!! ».

    Tout n’est pas ridicule, non, pas tout mais plutôt ennuyeux et looooooooooooong.

    Reste que j’attendais l’affrontement entre les deux fauves… et que même, encore plus fort je m’attendais à une espèce de choc du genre Bob/Al dans « Heat », j’étais folle… Chacun essaie de tirer la couverture en se passant une tasse de café (le voir pour le croire…).

     

    Photos de 'American Gangster'

     

    Sinon, quand même et HEUREUSEMENT, il y a Denzel, son visage, son sourire à 48 dents, son allure, sa démarche, son physique, sa classe, Denzel, Denzel, Denzel. Mais malgré cela, je trouve qu’il se fait chiper la vedette par Russel -Maximus ! Maximus ! Maximus ! – Crowe. Il paraît qu’il n’y a que Ridley Scott pour maîtriser la bête et il la maîtrise admirablement. Tout en sobriété, mal coiffé, mal sapé, mal rasé, le muscle gras (bien qu’il transpire des litres à pousser de la fonte en salle), il est magnifique même si, j’avoue, à tout moment je m’attends à ce qu’il annonce : « je vais tuer Commode ! ».

     

    Allez voir : "L'homme sans âge" de Francis Ford Coppola (un film qui invente...).

  • Maman est folle de Jean-Pierre Améris

    Voilà six mois que je vous parle de ce film sur lequel je suis allée pendant une journée (de rêve) pendant le tournage. Je ne vous ferai pas l’affront de vous proposer d’aller relire

    En tout cas, cette fois, vous pouvez réserver votre soirée de jeudi soir, car ce film sera diffusé

    le 22 novembre à 20 h 55 sur France 3.

    Je ne l’ai pas encore vu mais il a été plébiscité en septembre au Festival de la fiction TV de la Rochelle où il a obtenu ces prix : le Grand Prix, le Prix de la meilleure interprète féminine, le Prix du meilleur scénario, le Coup de coeur de la meilleure fiction - Prix du jury jeunes - Conseil Général de la Charente Maritime.

    Pour vous mettre encore un peu plus l’eau à la bouche, voici quelques extraits de ce qu’en dit Emmanuelle Bouchez dans Télérama :

    « Maman est folle » est un téléfilm atypique. Et même mieux encore : un conte qui frappe au cœur mais ne fait pas pour autant la morale. Le sujet, d’actualité, s’y prêterait pourtant : Sylvie, une jeune mère au foyer, fragile et dépressive, découvre, dans sa ville (Calais ?) un monde à part. Celui des bénévoles qui tentent de soulager la cruelle précarité des deux à trois cents migrants qui s’y relayent en permanence pour frapper aux portes de l’Angleterre…

    En endossant le manteau rouge de Sylvie, Isabelle Carré illumine le personnage. Elle est devenue une héroïne de conte. Car il n’y a pas de moralisme lourd : cette fable sait naviguer entre gravité et légèreté. Son personnage s’est trouvé un destin à accomplir et il fonce. Sans la pudeur de la caméra et l’engagement total et sensible de la comédienne, on aurait pu ne pas y croire. On est bien au contraire touché d’emblée par une réalité que l’on sait sans l’appréhender vraiment. Les scènes de fiction, entrecoupées d’images d’exilés saisies (avec leur consentement) dans la lumière pâle du Nord, ont une force dont ne font pas toujours preuve les reportages ».

    Jean-Pierre Améris, parlant de son co-scénariste Olivier Adam dit : « on l’a rêvée ensemble, cette histoire, mais nos désespoirs sont différents ».

     

  • Faut que ça danse de Noémie Lvosky *

    Faut que ça danse ! - Valeria Bruni Tedeschi et Jean-Pierre Marielle
    Faut que ça danse ! - Valeria Bruni Tedeschi et Jean-Pierre Marielle

    Salomon a plus ou moins 75 ans, il vit seul mais est encombré d’une ex-femme folle et dépendante, d’une fille qui l’idolâtre et tremble à l’idée de le voir mourir. Salomon, plein de vitalité devient vieux dans le regard des autres alors qu’il rêve de Fred Astaire et d’amour encore, du dernier.

    D’une comédie qui s’appelle « Faut que ça danse », on est en droit d’attendre que ça pétille, que ça sautille, que ça frétille… or ici, on reste constamment au niveau du dance-floor sans jamais décoller et à aucun moment on n’a de fourmis dans les jambes. Que reste t’il 24 heures après la projection d’un film qui brasse la transmission, la Shoah, la peur des enfants de voir leurs parents mourir, la vieillesse, la maternité… sans s’attarder sur aucun thème ? Peu de choses, si ce n’est quelques échanges touchants et savoureux entre un père et sa fille mais aussi une scène d’accouchement INTERMINABLE la plus grotesque, débile et jamais vue à l’écran… même si au cinéma, les scènes d’amour et d’accouchement sont celles qui ont souvent, selon moi, la palme du ridicule, celle-ci remporte la mise haut la main. Reste les comédiens que la réalisatrice aime et qui le lui rendent bien. Valéria Bruni Tedeschi est épatante. Bulle Ogier, pourtant condamnée à répéter indéfiniment la même scène et à traîner en moon boots et robe de chambre matelassée (pour signifier la folie douce…) est délicieuse. Arié Elmaleh en mari attentif est touchant. Bakary Sangare en ange gardien est un rayon de soleil. Reste « le cas » Sabine Azema, la seule actrice connue qui « régresse » de film en film et sera bientôt capable d’interpréter une gamine de 12 ans.

    Mais largement et très haut dessus de tout, des autres et du film, il y a Jean-Pierre Marielle, impérial, magnifique, jamais ridicule quelles que soient les situations, touchant, maladroit, de mauvaise foi, élégant… Il a une classe inouïe et il est LA raison d’être de ce film raté.

     

    ALLEZ VOIR LE FILM DE FRANCIS FORD COPPOLA :

    "L'HOMME SANS ÂGE"...

  • Once de John Carney ***

    Once - Markéta Irglová et Glen HansardOnce - Glen Hansard et Markéta IrglováOnce - Glen Hansard et Markéta Irglová
    Once - Glen Hansard et Markéta Irglová

    Un garçon chante avec sa guitare pourrie dans les rues de Dublin. Il a eu le cœur brisé par une irlandaise à fossettes. Il rencontre une fille avec un aspirateur qui vend des fleurs dans la rue et qui joue du piano chez un marchand de musique parce qu’elle n’a pas les moyens d’avoir un instrument chez elle. C’est l’histoire d’une rencontre avec beaucoup de cœur et beaucoup de chansons dedans.

    Sur le papier, ça a l’air de ne pas valoir un kopek ! En plus, ça a manifestement été tourné avec deux euros six cents et alors pourquoi, dès la scène d’ouverture, forte et drôle, est-on emporté pour ne pas dire transporté ? Simplement parce que si le mot générosité a jamais eu un sens au cinéma, c’est ici qu’il trouve sa raison d’être. C’est simple, naïf parfois mais jamais niais et les personnages ont des misères, des malheurs, des bonheurs et des responsabilités. C’est rare. Ils se parlent, ils s’écoutent, ils se regardent et ils chantent. C’est Irlandais, c’est pop, c’est folk, c’est délicieux, plein d’humour et de petites attentions qu’on distingue à peine (le père qui vient déposer un plateau avec du thé…) mais qui font un bien fou. Je l’ai déjà dit mais combien de fois cette année êtes-vous sortis d’une salle avec un sourire banane d’une oreille à l’autre J ???

    J’ajouterai que les acteurs Glan Ansard et Marketa Irglova au charisme XXXL sont auteurs compositeurs des chansons qu’ils interprètent dans ce film en-chanté !

    Ce film est fait pour les amateurs de musique, de sentiments, pour les musiciens, les mélomanes, les romantiques, c’est un bijou plein de frissons et c’est précieux des films comme celui-ci !

    Once - Markéta Irglová, Glen Hansard et le réalisateur John Carney
  • Darling de Christine Carrière *

    Darling - Marina Foïs

    De son enfance mal aimée à son mariage avec Roméo, un routier débile, violent et alcoolique… le parcours de Darling, femme martyrisée par la vie et par pratiquement toutes les personnes tarées et sadiques qui croisent sa route !!!

    Difficile d’affirmer que je n’ai pas aimé ce film et de ne pas passer pour une sans cœur, mais tant pis, je le dis, je n’ai pas aimé. Et cela ne tient évidemment pas à Marina Foïs, elle est absolument extraordinaire et le grand intérêt du film est (pour moi) sa prestation. Tout sonne juste chez elle, jusqu’à sa voix off omniprésente et irrésistible. Mais je n’ai pas compris, le but et l’intérêt, d’autant que la réalisatrice se permet des traits d’humour assez insupportables dans ce portrait qui va jusqu’au bout de l’horreur et même au-delà. Devons-nous la remercier que tous les coups soient assénés hors champ ? Non, car cela fait travailler l’imagination. Que le sort, la bêtise et la méchanceté s’acharnent sur une seule et même personne qui s’applique consciencieusement à écarter de sa route toutes les personnes qui auraient pu l’aimer, cela laisse complètement KO. Amateurs de misérabilisme, de malheurs en chaîne, de tortures morales et physiques, ce film terrifiant est pour vous !

  • La chambre des morts d’Alfred Lot ***

     

    La Chambre des morts - Mélanie Laurent
    La Chambre des morts - Mélanie Laurent

    Sylvain et Vigo, deux chômeurs jouent aux chauffards une nuit sur le parking désert d’une usine désaffectée près d’un champ d’éoliennes. Ils renversent un homme qui meurt sur le coup et découvrent un sac contenant deux millions d’euros. Ils décident de garder l’argent et de faire disparaître le corps. Parallèlement, une fillette retrouvée morte dans les parages, une autre enlevée le jour suivant font démarrer l’enquête menée par une équipe dont fait partie Lucie, jeune et douce « profileuse ». Les deux affaires vont rapidement avoir un rapport l’une avec l’autre.

    La référence est écrasante mais loin d’être indigne et dès le départ (et la scène finale où Lucie est seule dans le noir à parcourir des couloirs...) on ne peut s’empêcher d’évoquer « Le silence des agneaux » car même si Hannibal Lecter est absent de ce polar parfois horrifique, nul doute que Lucie (Mélanie Laurent, exceptionnelle) a la fragilité, les névroses, les casseroles, la ténacité et le flair de l’agent Clarice Starling. De rebondissements en péripéties, un scénario malin, impressionnant et palpitant nous balade jusqu’au dénouement, pas clairement explicite sur tout, mais peu importe, les deux heures d’enquête qui nous mènent aux portes de la peur sont captivantes. La faiblesse de ce premier film très réussi vient de l’historiette d’amour entre Lucie et son collègue, qui arrive comme un veuch sur la soupe sans convaincre… il faut dire, et j’en suis désolée, qu’Eric Caravaca en fantasme masculin : NON ! Heureusement, ce n’est qu’anecdotique mais ralentit sans intérêt l’action et plombe le film d’un gros quart d’heure de trop. Cette réserve faite, je déconseillerai aussi le film à ceux qui ne supporteront pas de voir des enfants et des animaux souffrir… mais ce cauchemar, d’une noirceur totale est un véritable ovni dans le paysage cinématographie français il me semble. La multiplication des personnages inquiétants et bien barrés (ah ! Jean-François Stévenin…) ne nous égarent jamais même si elle embrouille et met les enquêteurs sur de fausses pistes, et permet à quelques acteurs de faire de jolis numéros tarés ou borderline (Laurence Côté est méconnaissable).

    Cerise sur le clafoutis, c’est tourné à Dunkerque et à Lille… la mer du Nord… men plater land, tout ça.

    La Chambre des morts
  • Dans la Vallée d’Elah de Paul Haggis ***

     

    Dans la vallée d'Elah - Tommy Lee Jones
    Dans la vallée d'Elah - Charlize Theron

    Alors qu’il est de retour d’Irak, Mike est porté « absent » par son unité. Retraité de la Police Militaire, son père Hank enquête sur cette absence avec l’aide d’Emily Sanders, officier de police exemplaire et motivée du Nouveau Mexique où Mike a été vu pour la dernière fois. Ce que Hank et Emily vont découvrir au cours de leur enquête qui multiplie les zones d’ombre de plus en plus mystérieuses est indicible.

    Scénariste du « Million Dollar Baby » de Clint Eastwood, réalisateur du très voyant et démonstratif « Collision », Paul Haggis choisit cette fois la sobriété pour dévoiler l’horreur d’une guerre sale, d’une sale guerre avec une rigueur époustouflante. On est étourdi par tout ce qu’on découvre sur ce conflit, sur les séquelles des jeunes militaires de retour au pays égarés, abrutis et pratiquement déshumanisés par ce qu’ils ont fait et vu là-bas et maintenus avec la bénédiction de leur état-major dans le sexe, la drogue, l'alcool et donc, la violence. Certains ne rêvent même que de retourner en Irak ! Hank trouve des vidéos dégradées dans le portable de son fils qu’un champion de l’informatique va peu à peu réussir à décrypter. On découvre le contenu de ces vidéos au fur et à mesure de l’enquête et Hank y perd quelques certitudes. Ce que Mike a fait là-bas est au-delà de ce qu’un père peut croire de son fils. Ravagé de chagrin, rempli de larmes, Tommy Lee Jones, sobre comme jamais, n’en versera pas une. Sa présence imposante et magistrale à l’écran fait de sa prestation un modèle de retenue et d’évidence (et le concurrent numéro un à Brad et Casey pour les Oscar). Face à lui Charlize Theron est admirable, tout en retenue et en détermination.

    Hors de tout sensationnel, ce film est poignant et s’il se termine, comme c'est souvent dans les films américains par un gros plan de la bannière étoilée,  c’est pour une fois important et hautement symbolique car ce drapeau est en train de perdre beaucoup d’éclat… D'ailleurs, Hank le hisse à l'envers ce qui est un S.O.S. signifiant "au secours, la patrie est en danger...".

    INDISPENSABLE.