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catherine mouchet

  • MARVIN OU LA BELLE ÉDUCATION

    d'Anne Fontaine **(*)

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    Avec Finnegan Oldfield, Jules Porier, Grégory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Mouchet, Isabelle Huppert

    Marvin Bijou vit une enfance et une adolescence en enfer. Dans son village des Vosges, entre la violence verbale de son père, la violence physique de son frère, l'indifférence de sa mère et le harcèlement dont il est victime à l'école, il n'est entouré que de bêtise et d'incompréhension.

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  • MARGUERITE ET JULIEN de Valérie Donzelli **

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    Synopsis : Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir…

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  • LE MOINE de Dominik Moll °

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    Frère Ambrosio fait salle comble à chacun de ses prêches fiévreux et habités. Pourtant, pour se rendre au couvent juché sur un promontoire où il évangélise, il faut traverser un désert de caillasses sous le cagnard hispanique. Mais dès que le quasi saint homme assène ses homélies remplies de certitudes et tout infatué qu'il est de son intransigeance qui le met à l'abri du péché, les regards se figent, les pucelles se pâment et s'évanouissent. En un mot, Ambrosio est craint et admiré. Abandonné sur les marches du couvent alors qu'il n'était qu'un nourrisson, il n'a connu d'autre vie que celle du monastère et s'est imprégné dès le plus jeune âge des saintes écritures. Il reçoit en confession les pires méfaits qu'il pardonne de trois pater et un ave mais livre par son inflexible sévérité une pauvre petite nonne qui a fauté, à la justice impitoyable de sa mère supérieure. Le quotidien d'Ambrosio est brusquement perturbé par la venue d'un novice dont le visage rongé lors d'un incendie est dissimulé sous un masque... Et voilà que notre irréprochable se met à avoir le goupillon qui frétille sous la soutane. N'y allons pas par quatre chemins : Satan l'habite, d'autant qu'une frêle jeune fille animée d'une inébranlable foi que les paroles du prêtre n'ont fait qu'intensifier se met en tête qu'il lui récite le Psaume 6. Et l'Ambrosio de s'exécuter, mais de ne retenir du quatrain (enfin, on s'comprend) que les sous entendus sexuels :

    "Je suis à bout de forces,
    Mes os sont brisés,
    Mon âme est bouleversée.
    Reviens, et délivre mon âme,
    Sauve-moi, en raison de ton amour.
    Je songe à toi sur ma couche,
    Mon âme se presse contre toi,
    Ta droite me sert de soutien.
    Protégez-moi des ouvriers du mal.
    Voici qu’ils guettent mon âme,
    Ils reviennent au soir, ils rôdent par la ville,
    Tant qu’ils n’ont pas leur soûl, ils grondent.
    Tu me tires du gouffre tumultueux,
    De la vase, du bourbier.
    Et moi, je chanterai ta force,
    J’acclamerai ton amour au matin.
    Oh ma force, pour toi je jouerai.
    Oui, c’est toi ma citadelle,
    Le Dieu de mon amour."

    Alors bon comment dire ! Que faire d'autre, à part rire franchement et copieusement de voir notre bon vieux Mesrine Vincent Cassel emberlificoté dans sa robe de bure, christique et douloureux à souhait mais beaucoup plus à l'aise dès lors qu'il s'agit de se muer en bête sexuelle et de nous montrer ses fesses une fois de plus ? On appelle cela un miscasting je crois ou erreur de casting en français dans le texte.

    On peut aussi redoubler de hoquets convulsifs dès qu'apparaissent lors d'une procession en l'honneur de Notre Sainte Vierge Marie ces hommes bougies ou bougeoirs

    Que dire de Sergi Lopez, bouffi et sans âme ? De Deborah François dont l'absence totale de mystère peine à nous faire croire qu'elle soit un suppôt de Satan ? Comment ne pas pouffer derechef lorsque par deux fois le moinillon Valerio (je crois) se rend dans une énigmatique tombe ouverte pour en ressortir avec une branche magique ou guéri d'un étrange mal ?

    On peut aussi et finalement se désoler de voir un film jamais malsain, jamais déroutant qui ne fait ressentir ni trouble ni malaise alors qu'il y avait une matière considérable et qu'on se serait perdu avec délice et perplexité dans les profondeurs impénétrables des voies du Seigneur

  • L'ARBRE ET LA FORET de Olivier Ducastel et Jacques Martineau ***

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    Frédérick n'assiste pas aux obsèques de son fils Charles. Lorsqu'il rentre chez lui après la "cérémonie" les réactions des membres de la famille ne se font pas attendre. Sa femme Marianne et une de ses belles-filles Françoise semblent comprendre ou du moins accepter, son autre fils Guillaume explose et crie sa honte, sa petite fille Delphine (fille du défunt) reste provisoirement muette de stupéfaction. Frédérick ne s'explique pas, il préfère nonchalamment retourner "parler" au tilleul, compagnon de son mystère et qu'il a planté en 1943, continuer d'écouter (ampli sur 12) et réveiller chaque jour tout le monde au son de la tétralogie de Wagner !

    Frédérick et Marianne sont un couple solide depuis près de 60 ans. Guy Marchand et Françoise Fabian en sont les interprètes et déploient une complicité et une intimité tellement évidentes qu'elles donneraient presque envie de vieillir tant leur sagesse et leur connivence font plaisir à voir. Ils sont propriétaires d'une belle demeure perdue dans la campagne au milieu d'une forêt qui leur appartient et dont ils ont au fil des décennies planté et regardé grandir les arbres. Dans un premier temps, chacun va essayer d'oublier cet épisode étonnant d'un père qui n'assiste pas aux obsèques de son fils. Faire comme si... Jusqu'à ce que Frédérick au cours d'un énième repas familial décide de révéler le secret qu'il garde depuis longtemps et l'a isolé de ses proches. Il commence ainsi : "Je ne suis pas allé à l'enterrement de Charles parce qu'il m'a demandé de ne pas venir. Charles était un salaud...".

    Stupeur et tremblement !

    La révélation, même si elle est loin de celle(s) de "Festen" n'en est pas moins surprenante mais c'est davantage les réactions de chacun qui sont explorées ici. Ah la famille !!!  Les secrets y font mal la plupart du temps, parce qu'ils sont l'objet de fantasmes, d'interprétations, de confusions, de méprises, de jugements qui isolent, séparent ou détruisent. Les réalisateurs choisissent clairement de nous dire que c'est par la parole qu'on se décharge du poids que font peser les mystères, les mensonges, les dissimulations sur tous les membres d'une famille. Que seule la parole est libératrice et permet de combler ce besoin incomprénsible parfois tyrannique d'une plénitude familiale !

    Certains personnages sont particulièrement bien observés et les réalisateurs me semblent accorder une attention toute particulière à l'autre fils Guillaume, alcoolique, amer, malheureux qui crie son besoin d'amour et de reconnaissance par une attitude souvent odieuse. A Marianne, la femme éternellement amoureuse malgré les décennies qui s'additionnent, compréhensive et accommodante sans être une victime résignée. A Delphine, la petite fille qui tremble de s'engager avec l'homme qu'elle aime et qui l'implore constamment de l'aimer, de la protéger, de ne jamais lui mentir, de lui faire des serments pleins de toujours et de jamais... Et puis il y a Françoise, la belle-fille, ex femme de Charles, qui refuse de juger, qui affirme que le deuil s'accomplit pour chacun à sa façon, que rien n'est vraiment grave et définitif au fond. C'est mon personnage préféré et c'est Catherine Mouchet qui l'interprète. Actrice rare, d'une classe et d'une intelligence hors du commun, d'un naturel désarmant, son attitude souvent désinvolte mais dénuée d'ironie, sa gaité, sa malice et son humour, sa voix très caractéristique et son débit nonchalant font que c'est décidé, quand je serai grande si je suis grande un jour, je VEUX être Catherine Mouchet. Ses conversations avec Marianne/Françoise Fabian ou sa "fille" sont des moments de grâce et d'intelligence. L'entendre dire à Françoise Fabian qui lui fait des confidences "ah ben ça mérite un ptit verre !" ou à sa fille qui s'inquiète de son avenir : "Tout ce fatras psychologique j'trouve ça tellement... bête. On a des problèmes avec son papa et sa maman, et alors qui n'en a pas ?" sont des merveilles !

    Un beau film à l'interprétation plus que parfaite plein de douleur et de sagesse qui ne donne pas de recette mais essaie de traduire quelques comportements, tels que juger sans savoir ou comprendre, s'enfermer en croyant bien faire, révéler sans se préoccuper de ce qu'on va déclencher. Prendre la bonne distance est parfois source de conflits mais peut aussi/surtout être salvateur et favoriser un certainement apaisement voire l'épanouissement. Il n'est pas interdit de rêver, on est au cinéma.

    Pour vous achever de vous donner envie : la bande annonce (avec Catherine Mouchet vers 1mn30...)

  • L'AUTRE DUMAS de Safy Nebbou **

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    Alexandre Dumas et son "nègre" Auguste Maquet essaient de trouver l'inspiration au bord de la mer à Trouville. Charlotte, jeune admiratrice de l'écrivain dont Maquet tombe instantanément amoureux croit qu'il est le grand homme ! Malgré les tentatives pour révéler à la jeune fille qui il est réellement, le malentendu s'installe.

    Il y a des "choses" vraiment formidables dans ce film. Voir de la littérature au cinéma, moi, j'adore. C'est l'assurance la plupart du temps, et c'est le cas ici, d'avoir à se mettre dans les oreilles de beaux dialogues joliment troussés et un rien ampoulés comme j'aime. Aucune phrase ne commence par "à la base" et ne se termine par "c'est clair". Et ça, c'est "juste" délicieux.

    Et puis il y a les acteurs. Le tandem de deux "monsieur plus" excessifs et d'ordinaire plus tonitruants fonctionne admirablement, tous deux ayant choisi (ou ayant été contraints par leur réalisateur) d'être plus "intérieurs" et d'opter pour une simplicité, une humilité et une subtilité qui leur conviennent parfaitement. Aucun des deux ne tirent la couverture. Et il se glisse derrière leur complicité parfois teintée de doute et de jalousie, beaucoup de mélancolie, une certaine lassitude qui s'accomodent incroyablement bien à la personnalité de ces deux acteurs parfois/souvent travaillés par le découragement. Depardieu/Dumas reste l'ogre épicurien qui baise et qui bouffe viscéralement mais ici plus fragile, parfois ridicule, il est vraiment touchant. Quant à Poelvoorde/Maquet, talentueux mais besogneux, c'est tout en finesse, humilité et douceur qu'il compose ce personnage fasciné et rebuté par son "maître". Il est extraordinaire.

    Les femmes de ces monstres envahis par leur ego sont sublimes. En tête Catherine Mouchet qui avec sa voix envoûtante, son physique incomparable compose une savoureuse Madame Maquet capable de beaucoup de distance et qui joue de sa fantaisie. Dominique Blanc en ombre jalouse et protectrice de Dumas est finalement plus despote qu'elle ne paraît avec un art consommé de se rendre indispensable. Et enfin Mélanie Thierry est parfaite en jeune féministe rebelle et prête à la révolution.

    Hélas, en mélangeant les histoires : littéraire, amoureuse, révolutionnaire (j'y ai perdu mon latin parfois à savoir qui est républicain qui est monarchiste et je m'en foutais éperdument)... j'ai l'impression que Safy Nebbou se prend un peu les pieds dans le tapis. Chaque histoire mérite qu'on s'y attarde mais ici j'aurais eu envie de me concentrer exclusivement sur Dumas et Maquet.