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eric elmosnino

  • ESPÈCES MENACÉES

    de Gilles Bourdos ***

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    Avec : Alice Izaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément, Eric Elmosnino

    Synopsis : Trois destins familiaux entrelacés. Joséphine et Tomaz viennent de se marier dans l’allégresse. Mais bientôt les parents de Joséphine vont découvrir une réalité plus sombre. Mélanie, elle, annonce à ses parents qu’elle attend un bébé mais le père de l’enfant n’a pas du tout le profil du gendre idéal !

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  • LE SKYLAB de Julie Delpy ***

    LE SLYLAB de Julie Delpy, eric elmosnino, noemie lvoski, alert delpy, valérie bonneton, aure atika, denis ménocher, cinémaLE SLYLAB de Julie Delpy, eric elmosnino, noemie lvoski, alert delpy, valérie bonneton, aure atika, denis ménocher, cinémaLE SLYLAB de Julie Delpy, eric elmosnino, noemie lvoski, alert delpy, valérie bonneton, aure atika, denis ménocher, cinémaLE SLYLAB de Julie Delpy, eric elmosnino, noemie lvoski, alert delpy, valérie bonneton, aure atika, denis ménochet, vernadette lafont, cinéma

    Le Skylab ("laboratoire du ciel") a été la première station spatiale américaine lancée le 14 mai 1973. Elle devait se désintégrer au-dessus de la Terre le 11 juillet 1979 en rentrant dans l'atmosphère. Certains prédisaient que la station devait tomber sur l'ouest de la France. Et c'est justement dans la maison familiale de Bretagne que se rendent Ernestine et ses parents pour rejoindre le reste de la famille à l'occasion de l'anniversaire de la grand-mère.
    Aucun suspens et ce n'est évidemment pas le sort de la station Skylab qui intéresse Julie Delpy même s'il en sera régulièrement question et dont de nombreux débris finiront par s'écraser sur l'Ouest de l'Australie. La réalisatrice choisit de se replonger dans une journée en famille à l'aube des années 80. Et on plonge avec elle, égrénant avec délice des souvenirs et des images comme s'il s'agissait de notre propre famille. Et je dois dire qu'il ne manque pas grand chose à l'évocation d'un dimanche à la campagne. Alors soit Julie est une espionne, une voyeuse car il me semble que nous avons tous peu ou prou vécu les mêmes micro événements qui constituent la vie infernale d'une "famille", soit, alors que nous nous croyons tellement uniques, nous sommes tous effroyablement identiques dès lors que nous constitutions ce groupe éminemment déconcertant qu'est la famille. Même si aujourd'hui ce mot, cette "notion", cette abstraction me paraîssent toxiques et néfastes, il n'en demeure pas moins que les bains d'adolescence ou d'enfance font un bien fou. Il faut dire que le soin du détail matériel apporté à cette reconstitution d'une époque, "le bon vieux temps" donc, est impressionnant. Et tant pis si c'est réac' et vieux con de le dire !
    Le film de Julie Delpy ne sent pas la poussière. Il semble peut-être dater de l'époque dont il parle, mais il sent bon l'enfance, les vacances et les souvenirs.
    Réunir pour un même repas une mamie qui a eu six enfants qui se sont mariés et ont fait des enfants à leur tour, cela fait deux tablées (les enfants d'un côté, les adultes de l'autre) assez conséquentes de tatas, de tontons et de cousins qui arrivent en 2 CV, en Simca 1000, en 4L et même en train. Il y a donc tout un panel d'humanité qui va du tonton fasciste, au "bon" para qui regrette les guerres, au sportif en short qui a évidemment amené son ballon pour un foot digestif, en passant par la tata instit' qui procrée en batterie, la tata bègue complètement à côté de la plaque, l'autre qui vote à droite, une autre féministe, sans oublier les artistes gauchistes, le tonton dépressif et suicidaire... et pendant ce temps là, les moutards jouent dans la grange, vont à la plage, connaissent quelques émois, quelques frayeurs aussi.
    Et les acteurs dans tout ça ? Ils sont en vacances, à la fête et ils nous réjouissent, nous font bien rire aussi à être ces prototypes d'une autre époque, d'un autre siècle. Certains, tel Vincent Lacoste, n'hésitent pas à jouer à fond la carte du ridicule en étant ce boutonneux auquel les filles ne résistent pas malgré (ou à cause de ?) le paquet de clopes dans son slip de bains. Denis Ménochet est impressionnant en ex para traumatisé par toutes les guerres... Ils nous rappelent les expressions (la "première patacul" m'a particulièrement fait rire, ou les "moutons sont des animaux à poils laineux..." mais je suis une bonne nature), les chansons de Sardou à Ferré...
    Tout cela est bien bon et ensoleillé.
    Et le casting de moutards est épatant !
    De toute façon Julie Delpy, je l'aime d'amour et celui qui s'avisera d'en dire le moindre mal sera banni à tout jamais de ce blog. Vivement son prochain film.
  • MIKE de Lars Blumers **

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    Mike n'est pas ce qu'on appelle une lumière, mais ce n'est pas un méchant garçon. Il vit à Kembs en Alsace avec son père et son petit frère. Un village à la frontière de la Suisse et de l'Allemagne. Que voulez-vous faire à Kembs ? Mike qui en fait s'appelle Fabrice, mais il préfère qu'on l'appelle Mike, s'endormait à l'école. Il trouve un travail au péage d'une autoroute et il s'y endort. Mike ne garde jamais bien longtemps un travail. Il joue au foot dans l'équipe qui est la dernière du classement. Il a des copains tout aussi losers que lui qu'il retrouve chaque jour chez un gars plus âgé qu'eux qui vit dans un mobil home au mileu d'une espèce de décharge en buvant des bières et regardant des films pornos.

    Pourtant Mike a une passion. Bien que ne possédant pas le permis de conduire, il adore les voitures depuis toujours. Alors il en vole une régulièrement qu'il remet à sa place quelque temps après. Désoeuvrés et sans argent, Mike et ses potes vont essayer d'en trouver de façon illégale. Pourquoi pas un hold up ? Trois baltringues qui s'embarquent dans un cambriolage de banque improvisé entre deux bières... 

    Et puis Mike rencontre Sandy, qui n'est pas bien fufute non plus et ensemble ils font des choses...

    On ne comprend pas bien où nous mène ce film souvent très drôle dans sa première partie qui semble décrire le parcours pas folichon d'un gentil flemmard qui, comme il le dira lui même, ne sait jamais trop ce qu'il doit faire ou ne pas faire. Même franchir la limite entre le légal et l'illégal ne semble pas faire partie de son système de pensée. S'il pense. Pas sûr. Néanmoins ce Mike a le charme et la nonchalance de Marc-André Grondin qui a un don inné pour jouer les personnages lunaires, rêveurs, un peu farfelus et sans une once de méchanceté. Sa réaction lorsque sa petite amie lui annonce qu'elle est enceinte vaut à elle seule le détour pour voir ce film. Le fourire dont j'ai été saisie marque cette scène ou plutôt cette réplique du sceau de l'anthologie !

    Un flic trop perturbé pour réellement mener à bien son travail de remise dans le droit chemin tentera un temps de donner à Mike une petite notion du bien et du mal. Retrouver Eric Elmosnino dans ce rôle inabouti de flic amoureux et délaissé fait vraiment plaisir. Mais ce premier film longtemps charmant qui se termine en drame absolu lors d'une scène finale assez suffocante est plein de bizarreries et de questions sans réponse. Où est la mère ? Où sont les copains dont on n'entend brusquement plus parler ? Pourquoi le sort s'acharne t'il sur Mike ? De quoi vit-il lorsqu'il emménage avec sa copine ?

    Bref, agréable, attachant, imparfait et le charme de Marc-André Grondin. Ce n'est déjà pas si mal !

  • MA SEMAINE AU CINEMA

    GAINSBOURG - vie héroïque de Joann Sfar ***(*)

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    MOTHER de Joon-Ho Bong **** 
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    CITY ISLAND de Raymond de Felitta **(*)

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    A SERIOUS MAN de Joël et Ethan Coen **

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    IN THE AIR de Jason Reitman *

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    MES COUPS DE/AU COEUR
    Gainsbourg - (vie héroïque)Andy Garcia
    Laetitia Casta
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    Georges à Venise, septembre 2009 - Photo prise par mes soins...
  • Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar ***(*)

    Gainsbourg - (vie héroïque)Gainsbourg - (vie héroïque)

    Gainsbourg - (vie héroïque)

    Avant d’être Serge Gainsbourg, Gainsbarre fut Lucien Ginsburg un petit garçon qui vit avec ses parents, juifs et russes. Dans le Paris occupé des années 40, le jeune Ginsburg est le premier à aller chercher son étoile jaune. Il clamera bien plus tard en affrontant des paras violemment mécontents qu’il ait donné une version reggae de la Marseillaise : « je suis un insoumis ». Mais comme le précise Joann Sfarr : « Ce ne sont pas les vérités de Gainsbourg qui m'intéressent mais ses mensonges », il ne s’agit donc pas d’un « biopic » ordinaire mais d’un conte revendiqué où des libertés sont prises et d’ailleurs peu importe où et quand. Ce qui compte c’est que ce film est beau, beau à entendre et beau à voir.

    La première partie qui retrace quelques épisodes de l’enfance est même tellement sublime que j’aurais eu envie qu’elle se prolonge. Le jeune Kacey Mottet qui interprète Gainsbourg enfant y est absolument prodigieux. Enfant et jeune homme, Gainsbourg ne s’intéressait qu’à la peinture et au dessin. Heureusement (pour nous) son père, lui-même pianiste eut l’excellente idée de l’obliger à se mettre à la musique. Ce n’est que bien plus tard alors qu’il cachetonne dans des pianos bars et par le hasard d’une rencontre avec Boris Vian (Philippe Catherine, génial) puis Juliette Gréco qu’il se mettra peu à peu à la chanson, cet art mineur comme il le disait, mais qu’il a porté au zénith comme on le sait.

    Sûr de lui et de son génie, il est aussi et surtout un être fragile, timide, sensible et angoissé qui brûle sa vie par tous les excès, notamment dans l’alcool et le tabac. Le sexe évidemment viendra plus tard, comme par harsard et il sera le premier étonné de son pouvoir de séduction. Car Gainsbourg est également complexé et persuadé d’être laid et ce ne sont pas les nombreuses et sublimes femmes qu’il aimera et qui l’aimeront qui lui feront prendre confiance en son physique. Avec son nez et ses oreilles il se rebaptisera lui-même "l’homme à tête de chou, moitié légume, moitié mec". Et il est vrai qu'il n'est pas banal Gainsbourg et qu'il ne ressemble à personne.

    Ses amours difficiles et désespérantes, ses volutes bleues, ses vapeurs d’alcool, sa beauté de laid ont toujours inspiré ses mots et ses musiques intemporels et éternels.

    Et comment s’en sort Joann Sfar pour raconter comme un conte un peu de la vie de cette légende ? Mieux que bien. Et ce qu’on peut affirmer c’est qu’il sait raconter des histoires et que dès le générique : on plonge. Parce que les premières notes de Melody Nelson (je crois) sur des images animées, des dessins animés, d’emblée, instantanément, allez savoir pourquoi, ça étreint le cœur. Le bonhomme au grand nez et aux grandes oreilles qui semble voler, on le connaît, c’est Gainsbourg drôle et inquiet. On entre dans sa vie et on découvre que dès tout petit, l’imaginaire, l'inspiration et l'impertinence occupaient pratiquement toute la place et qu’un gros bonhomme un peu effrayant mais pas tant que ça le suivait partout et toujours. Plus tard, ce double se transformera en une grande marionnette mi monstre mi dandy. C'est Gainsbarre, la (mauvaise) conscience, la part Mister Hyde qui est en Gainsbourg, celle qui donne les conseils et son avis en permanence, qui fait douter, avancer, se tromper... Et c’est magnifique.

    Le reste, tout le reste est affaire de rencontres et de ruptures, de bonheur et de deuils, de création, d’idées de génie, de provocations, de caprices, de doutes, de colère, de la santé mise en danger… et jusqu’à la mort du chien « d’une cirrhose, sans doute par osmose ».

    Les rencontres sont déterminantes, depuis celle impromptue avec Fréhel (Yolande Moreau,magique comme toujours) jusqu’à Bambou la dernière femme aimée. C’est pourtant dans l'évocation de la succession des amours que le réalisateur se montre le moins adroit. Alors que jusque là tout n’était que fluidité et harmonie, la chronologie des rencontres ressemble à un moment à un catalogue : la première amante, la première épouse, Juliette Gréco (Anna Mouglalis, bof), Brigitte Bardot (Laetitia Casta, renversante et parfaite) le grand amour partagé mais douloureux, France Gall (Sara Forestier, la seule à être ridicule), Jane Birkin (Lucy Gordon) puis Bambou (Mylène Jampanoï). L’autre aspect étrange et regrettable est la part qui semble nettement insuffisante consacrée à Jane Birkin.

    Mais il serait malhonnête et sans fondement de bouder un film aussi brillant pour les yeux et les oreilles, émouvant, un film qui éveille les sens et réveille les souvenirs, un film qui fait aimer, découvrir ou redécouvrir un homme, un artiste, hors du commun, empli de contradictions, d’élégance, d’impertinence, un sentimental émotif qui aima et fut aimé passionnément donc douloureusement.

    Et puis, comment ne pas se réjouir de voir sous nos yeux extasiés et admiratifs, un acteur considérable (Eric Elmosnino) qui élève son interprétation au niveau du prodige ?

    Un acteur et un réalisateur qui aiment autant leur personnage, sans le singer ou le caricaturer, sans le trahir c’est formidable et admirable.

    Bravo.