11/05/2011
VOIR LA MER de Patrice Leconte **



Pendant que Clément se fait plaquer sans passion par sa petite amie, son petit frère Nicolas est en boîte de nuit et tombe sous le charme de Prudence qui se débarrasse sans façon de son ami Max, garçon très amoureux quelque peu soupe au lait. C'est l'été, Clément et Nicolas partent en vacances à St Jean de Luz rejoindre leur mère malade. D'abord en stop puis en camping-car, Prudence les accompagne et parvient même à dérider Clément qui aurait souhaité une virée entre garçons. Sous l'impulsion de Prudence grande fille apparemment toute simple venue de nulle part au vernis à ongles orange fluo, et finalement un peu compliquée quand même, le trio fraternel se mue en trio amoureux.
On lorgne du côté de "Jules et Jim" et des "Valseuses", on craint vaguement (tout en l'espérant) que grâce au personnage de Max (Gilles Cohen génialement hilarant) en amoureux meurtri armé jusqu'aux dents d'un pistolet d'alarme qui tire de vraies balles, le film va prendre un virage dangereux, voire loufoque... Et non, l'histoire de Clément, Nicolas et Patience n'est rien qu'une gentille bluette estivale et très ensoleillée (malgré quelques larmichettes). Pourtant il y a de belles tentatives de dialogues louftingues : "les citroën c'est des sournoises voire des vicelardes" et une ébauche libertaire mais rien de bien "méchant".
Reste le trio magique, solaire et séduisant. Pauline Lefèvre évoque Clotilde Hesme et son sourire irrésistible fait qu'on l'aime dès qu'elle apparaît même si on ne doute pas un instant qu'avec elle, les ennuis vont commencer. Les deux garçons pas bien malins, Clément Sibony, bougon, Nicolas Giraud, naïf sont eux aussi craquants +++.
12:26 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : voir la mer de patrice leconte, pauline lefevre, nicolas giraud, clément sibony, cinéma
29/04/2011
COUP D'ECLAT de José Alcala *

Fabienne Bourrier est capitaine de police à Sète. Sa mission de faire reconduire les sans papiers à la frontière ne la réjouit guère mais elle est néanmoins très appliquée à la tache bien que très sujette aux vertiges. Elle vit seule dans un triste appartement avec sa mère grabataire. Un jour une prostituée étrangère qui se serait jetée du haut d'un immeuble est retrouvée morte. La jeune femme qui avait été interpellée pour racolage avait la veille demandé à Fabienne de l'aider à récupérer son fils laissé seul à la gare. Fabienne découvre que la jeune femme était traquée et va dès lors chercher par tous les moyens à retrouver le petit garçon.
Que dire ? Dans la série les bonnes intentions ne font pas les bons films, celui-ci devrait figurer en tête de liste. On comprend que oui le métier de keuf, c'est pas rose tous les jours, qu'ils ne roulent pas sur l'or et vivent dans des banlieues pas roses moroses, que la vie des sans papiers c'est dur tous les jours, que les reconduites à la frontière c'est pas bien... mais alors qu'est-ce que ce film est mou du genou pour le dire !!! Tant et si bien qu'on se fout comme d'une guigne d'à peu près tout ce qui s'y passe. Car trop d'ellipses et d'allusions implicites destinées sans doute à faire subtil alourdissent au contraire considérablement le film : la photo d'un petit garçon, une banderole avec un marteau et une faucille par exemple. Et qu'est-ce que c'est que cette relation soudainement complice avec un émigré algérien (en règle, avec papiers tout ça... enfin, je crois) ? Ainsi que l'évocation d'une usine qui ferme et se débarrasse sans manière de ses employés ???
Sète est filmée comme un repoussoir à touristes pour montrer peut-être que décidément non, la misère n'est pas moins pénible au soleil... de toute façon, Sète est plus moche que le dernier entrepôt désaffecté du Pas-de-Calais, il y pleut beaucoup et on y grelotte.
Quand modestie rime à ce point avec austérité, cela donne "Coup d'éclat" ! Coup d'éclat que d'ailleurs on cherche en vain puisque le réalisateur bizarremment, ne se donne même pas la peine de terminer son film !
Que serait-il d'ailleurs sans la merveilleuse Catherine Frot -que j'aime d'amour- qui investit ce rôle totalement inhabituel pour elle ? En femme flic, maussade, grincheuse et un poil agressive, elle habite cette histoire où j'ai trouvé que pas grand chose tenait debout. Mais cette actrice géniale est capable de rendre éloquent le silence et d'incarner avec force une femme infiniment triste qui finit par avoir raison de son vertige.
08:00 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coup d'eclat de josé alcala, catherine frot, tchéky karyo, nicolas giraud, cinéma
