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  • RETOUR À MONTAUK

    de Volker Schlöndorff **(*)

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    Avec Nina Hoss, Stellan Skarsgard, Suzanne Wolff, Niels Arestrup

    Synopsis : L'écrivain Max Zorn arrive à New York pour promouvoir son dernier roman. Sa jeune femme Clara l'a précédé de quelques mois pour contribuer à la parution du livre aux Etats-Unis. Dans son roman, Max raconte l'échec d'une passion dans cette ville, il y a 17 ans.

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  • 96 HEURES de Frédéric Schoendoerffer *

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    Synopsis : Carré est le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). 3 ans plus tôt, il a fait tomber un grand truand, Kancel. Aujourd’hui, à la faveur d’une extraction, Kancel kidnappe le flic. Il a 96 heures pour lui soutirer une seule information : savoir qui l’a balancé.

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  • À PERDRE LA RAISON de Joachim Lafosse °

    A perdre la raison : photo Emilie DequenneA perdre la raison : photo Emilie Dequenne, Tahar RahimA perdre la raison : photo Baya Belal, Emilie Dequenne, Niels Arestrup, Tahar Rahim

    Avec beaucoup de surprise et d'émotion Mounir découvre qu'il ne peut plus se passer de Murielle. Il veut l'épouser et "faire sa vie" avec elle. Murielle, heureuse et lumineuse jeune femme, par ailleurs prof de français, accepte. Mounir prend cette décision sans même consulter le Docteur Pinget, le père adoptif grâce à qui il a pu vivre en France depuis son enfance. C'est aussi celui qui a épousé la soeur de Mounir afin qu'elle obtienne des papiers français. Le Docteur Pinget est un "homme bien", généreux. Il assure à Mounir une vie matérielle confortable et après avoir manifesté une légère et très chic réticence -le docteur Pinget est un homme raffiné- ("tu vas quand même pas épouser la première qui te suce") accepte que Murielle vienne s'installer avec eux dans l'appartement. Pour le mariage, le bienfaisant Docteur Pinget offre le voyage de noces aux tourtereaux. Les inconscients acceptent le cadeau, à condition (accrochez-vous au pinceau, je retire l'échelle) qu'il les accompagne !!! Et ainsi va la vie et Murielle se met à pondre un enfant chaque année, une fille, une autre fille, une troisième fille et... enfin, un garçon ! Le rêve pour papa et beau-papa ! Et tout ce petit monde s'entasse dans un minuscule deux-pièces étouffant jusqu'à l'asphyxie qui ne va pas tarder à suffoquer Murielle sans qu'elle parvienne réellement à mettre des mots sur son mal-être croissant ! Le déménagement dans une vaste demeure immaculée ne changera rien à l'affaire. Quand c'est trop tard, c'est trop tard.

    Avec ce film est née une nouvelle catégorie : le film exécrable, agaçant auquel j'ai l'impression que même le réalisateur n'a rien compris. Et moi non plus, tant je me sens en décalage avec la dithyrambe quasi générale.

    Déjà, si comme moi vous n'avez jamais entendu parler de Geneviève Lhermitte dont l'histoire effroyable inspire le film, restez-en là et ne lisez rien, ni ici ni ailleurs car vous risquez de perdre 99% de l'effet de surprise qu'il pourrait effectivement susciter. Et éventuellement l'émotion. Hélas, en ce qui me concerne, et moi qui ai pourtant la larme si facile au cinéma, mes yeux et mon coeur sont restés secs. Et pourtant c'est un calvaire, un chemin de croix, une descente aux enfers qu'il nous est donné à observer ici, en voyeurs. Je n'avais qu'une envie, traverser l'écran et arracher, le personnage et Emilie Dequenne à ce cauchemar. Je me suis longtemps demandée jusqu'où le réalisateur repousserait les limites. Quel plaisir sadique il prenait à démolir, enlaidir et torturer son actrice, admirable Emilie Dequenne et à nous imposer ces épreuves ? J'aurais aimé, comme rarement ça m'est arrivé, être le Président d'un Tribunal et condamner à perpétuité deux hommes (et trois avec le réalisateur tant que j'y suis) pour non assistance à personne en danger qui ne cesse d'appeler au secours.
    "On" va me dire que je juge. Et juger c'est LE mal. Je sais et je m'en fous. Sauf que vraiment je ne comprends pas à quoi sert ce film. Qu'est-ce que le réalisateur a bien voulu faire passer comme messages, comme sensations, comme sentiments ? En gros, où veut-il en venir ? A quoi sert ce film ? Vraiment. C'est un cauchemar sans subtilité. Tout est lourd, prévisible. Les personnages masculins sont des caricatures sans la moindre nuance, réduits chacun à un seul et unique trait de caractère. Mounir est vélléitaire, inconsistant, hésitant. Le Docteur Pinget abusif, envahissant, parfois colérique comme un enfant qui taperait du pied. Rien jamais ne viendra nuancer leur attitude.

    Devant ces deux abrutis monstres, une femme abandonnée sombre misérablement dans une dépression abyssale sans qu'aucun d'eux jamais ne vienne à son secours. Au contraire, ils semblent prendre un plaisir pervers à l'enfoncer davantage. Mounir en disparaissant pendant des semaines car môssieur a besoin de repos, le Docteur Pinget en humiliant Murielle de ses piques assassines, "pour qui tu te prends ?", "enlève ça, tu es ridicule", "tu crois que c'est bon pour tes enfants de te voir comme ça ?" Et la musique baroque, le Stabat Mater de Haendel entre autre, vient encore enfoncer le clou d'une réalisation patapouf pour nous signifier massivement à grands coups de contrepoint, que le drame qui sourd ne va pas tarder à nous jaillir en pleine face. A ce titre, la petite fille qui rampe vers son supplice pour monter l'escalier est encore une démonstration sadique de la finesse ambiante !

    Et ce ne sont pas les vagues discours prétendûment accusateurs sur le colonialisme, le gentil blanc tout puissant (et tout de blanc vêtu d'ailleurs) s'en vient sauver les pauvres maghrébins reconnaissants, qui vont rehausser le niveau ! Mais je crois que ce qui m'exaspère le plus est que la folie de Murielle soit explicitement affirmée. Or, c'est évident, elle est tout sauf folle. Et non, Murielle n'a absolument pas perdu la raison !

    Cependant, dans ce salmigondis aberrant, il y a trois acteurs prodigieux. Tahar Rahim fabuleux dans son aveuglement, Niels Arestrup dans son numéro parfaitement rôdé de grincheux autoritaire et magnifique et surtout Emilie Dequenne dans une composition inqualifiable tant ce qu'elle fait et donne ici est au-delà de ce que peu d'actrices ont réussi à offrir jusqu'ici !

  • TU SERAS MON FILS de Gilles Laurent ***

    Tu seras mon fils

    Synopsis officiel : Paul de Marseul, propriétaire d’un prestigieux vignoble à Saint Emilion a un fils, Martin, qui travaille avec lui sur le domaine familial. Mais Paul, vigneron exigeant et passionné, ne supporte pas l’idée que son fils puisse un jour lui succéder. Il rêve d’un fils plus talentueux, plus charismatique… plus conforme à ses fantasmes de père ! L’arrivée de Philippe, le fils de son régisseur va bouleverser la vie de la propriété. Paul tombe en fascination devant ce fils idéal. Commence alors une partie d’échec qui se jouera à quatre : deux pères, deux fils, sous le regard impuissant des femmes qui les entourent. Et au moins l’un d’entre eux n’a plus rien à perdre …

    ........

    En quatrième vitesse, je vous dis simplement : allez voir ce film formidable où un père et un fils s'affrontent sur le terrain des sentiments, de la confiance, de la transmission avec tant de conviction que chacun de leurs saisissants tête à tête en est angoissant.

    Opposer le massif Niels Arestrup (IMMENSE !) au gringalet Lorant Deutsch (qui se sort très bien d'un rôle complètement casse gueule de freluquet qui veut maladroitement faire ses preuves) est une merveilleuse idée. Le père écrase littéralement son fils. Ce qu'il lui fait subir, ce qu'il ose lui dire en font un monstre phénoménal !

    Mais c'est Niels Arestrup et du coup tout devient fascinant.

    Et puis, vous le savez, le vin rouge est le seul brevage (alcoolisé) que j'apprécie et ce cru là est très goûtu...

  • Un prophète de Jacques Audiard *****

     Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo) Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo) Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo)

      Niels Arestrup, Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo)

    Lorsque Malik condamné pour 6 ans entre en prison, il n’est encore qu’un tout jeune garçon quasi analphabète, terrifié de découvrir l’univers carcéral, et très seul. Dans le bâtiment où il se trouve, la Mafia Corse fait la loi, avec à sa tête un « parrain » Cesar Luciani aux pouvoirs étendus et incontestés qui règne à la fois sur les détenus et sur les gardiens.

    6 ans, c’est long et c’est court. En prison c’est une éternité. Conscient de la fragilité de Malik, Luciani lui propose sa protection en échange de « services » dans le plus pur style « je vais te faire une proposition que tu ne pourras pas refuser »... Pour le mettre à l’épreuve, il lui ordonne de supprimer Reyeb un autre détenu. Malik, affolé, va tenter d’avertir l’administration pénitentiaire, mais il ne peut que constater qu’elle est aussi sous la coupe de Luciani et que finalement il n’a pas le choix.

    Soumis et corvéable à merci, Malik va docilement jouer son rôle « d’esclave arabe » et remplir consciencieusement ses missions. Mais armé d’une intelligence supérieure à la moyenne (il va suivre les cours d’alphabétisation, passer des examens, apprendre seul le « corse » en observant et écoutant les autres) et d’un instinct de survie hors du commun, il va résister, s’endurcir, exprimer la violence qui sommeille en lui, gagner la confiance de tous mais aussi être hanté jour et nuit par le fantôme de l’homme qu’il a tué.

    Il n’hésitera pas non plus à fréquenter ses « frères » musulmans, à sympathiser avec un « gitan »… bref, à faire le grand écart entre toutes les communautés présentes, animées par le racisme et les luttes de pouvoir ; les corses détestent les arabes qui détestent les gitans et tout le monde se le rend au centuple !

    Jacques Audiard désormais, ça me paraît incontestable, Grand Cinéaste fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle à tous les niveaux. Il réussit l’exploit de faire qu’on s’attache à son héros alors qu’il est typiquement le genre de personne qu’on n’a pas du tout envie de rencontrer dans la vie réelle. Il faut dire que Malik, c’est Tahar Rahim, inoubliable, époustouflant, mélange de candeur, d’innocence, de naïveté, d’intelligence et d’agressivité qui fait évoluer son personnage physiquement, intellectuellement, psychologiquement comme il est rare de le voir au cinéma.

    La scène où Malik doit remplir son premier contrat (tuer un homme), est répétée plusieurs fois entre Malik et un corse qui joue le rôle de la future victime. Rien que la répétition est flippante pour Malik mais aussi pour le spectateur car le personnage paniqué est tremblant et on imagine bien qu’il n’est absolument pas en état d’accomplir cet acte. Lorsque le moment du meurtre arrive finalement, rien ne se passe comme prévu. Audiard étire la scène au maximum jusqu’à nous mettre dans un état de stress proche de celui de Malik. Une tension infernale s’empare alors du film, du personnage et du spectateur. C’est très rare. Le film sera parcouru de scènes poussant l’angoisse à son paroxysme et l’atmosphère électrique s’amplifiera dans un crescendo incessant nous faisant craindre le pire à chaque étape. Et ce n’est pas lors de ses permissions de sortie après trois ans d’enfermement, où il aura d’autres objectifs à atteindre qu’il sera le plus en sécurité. On continuera de trembler avec lui et pour lui.

    Heureusement, il retrouvera dehors l’ami qu’il s’est fait en prison et cette histoire d’amitié, essentielle, idyllique et bouleversante est sans doute la seule bouffée d’air dans cet univers et cet espace confinés dans lesquels le réalisateur nous enferme pendant deux heures et demi. L’acteur qui joue cet ami, Abel Bencherif, est également une impressionnante et réjouissante révélation. Le moment où il raconte la mésaventure avec son chien qui l’a sans doute menée en prison est à mourir de rire. Car oui, on peut éclater de rire plusieurs fois pendant ces deux heures et demi claustrophobes !

    Mais l'essentiel, l'essence même du film est qu'on assiste, cloîtré avec Malik à la métamorphose d’un personnage et d’un acteur. C’est absolument sidérant de voir comment il s’adapte, s’impose puis utilise les autres et la prison. Audiard fait de cette transformation une « ascension », sans poser de jugement, juste en racontant, en constatant : comment un petit malfrat devient un véritable caïd « grâce » à la prison ? Comment il s’en sort à force d’intelligence et d’opportunisme ?

    Face à lui, évidemment, il y a Cesar Luciani et l’acteur ogre Niels Arestrup lui donne son regard d’acier, sa démarche chaloupée, sa voix incroyablement pondérée. Il est une bombe à retardement dont chaque expression de douceur n’est que la manifestement du calme avant la tempête qui s’abat avec la brutalité à la limite de la démence dont il est capable. Ses face à face avec Malik/Tahar sont des moments de pure jubilation offerts par deux acteurs touchés par la grâce, et l’aîné posera d’ailleurs parfois un regard tendrement paternel sur le plus jeune.

    Jacques Audiard crée à l’écran un nouveau style de voyou individualiste qui nest pas un psychopathe sanguinaire inculte et assoiffé de pouvoir mais encore, mais aussi, mais surtout il nous fait un cadeau en faisant naître sous nos yeux énamourés de fans, un archange diaboliquement angélique, phénoménal dans un rôle écrasant : un Acteur, Tahar Rahim* !

    J’ai dit inoubliable ? Il l’est !

    Alors laissez-vous emmurer avec lui par Jacques Audiard.

     

     Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo)

    *C’est décidé Tahar Rahim, je l’aime d’amour !