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zinedine soualem

  • TÉLÉ GAUCHO de Michel Leclerc *

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    En 1996 une bande de doux dingues a créé une chaîne de télé locale qui se voulait anti-conformiste avec des programmes pris sur le vif de l'agitation sociale.Tout ce qui se faisait en matière de manifestations était filmé : les sans papiers, la lutte pour (ou contre) l'avortement... Le seul mot d'ordre pour proposer un sujet était qu'il ne soit pas de droite. Le grand ennemi était la télé privée et ses programmes puants de télé réalité déjà ! Victor provincial cinéphile rejoint la bande, tombe amoureux de Clara une fille instable et fragile, fait un stage chez l'ennemi juré, invente une rubrique "les objets qui nous emmerdent"...mais à peu près tout ce que produit cette équipe de bras cassés vire à la cata.

    Et ce film est fatigant. Fatigant d'énergie mal canalisée. Il part dans tous les sens, multiplie les scènes identiques, intègre deux historiettes d'amour sans grand intérêt et finit par être franchement ennuyeux et longuet... 1 h 52 mn quand même . Et surtout on ne sait jamais s'il faut s'attendrir ou se moquer de cette lose qui colle à la peau des personnages, hélas tous cantonnés dans un seul et unique trait de caractère.

    Il ressort néanmoins de ce grand bazar mal ficelé quelques gags qui peuvent tirer un sourire ou deux et l'interprétation d'Eric Elmosmino et Sara Forestier.

  • LE NOM DES GENS de Michel Leclerc ***

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    Bahia Benmahmoud (dire "BenmaRmoud") est aussi extravertie et fantasque qu'Arthur Martin est renfermé et réservé. Mais comme souvent au cinéma, les contraires peuvent s'attirer et faire des étincelles. C'est le cas ici évidemment. Bahia a été élevée par une mère française baba cool et un père algérien. Elle est fière de ses origines et rêvent que tous les êtres humains s'aiment d'amour. Pour elle, tout ce qui n'est pas à gauche est à droite et fondamentalement "facho". Elle ne fait pas beaucoup de nuances dans l'appellation et son combat consiste à séduire des hommes de droite pour les convertir à la cause. Pour un UMP il faut compter deux jours, c'est beaucoup plus long pour un mec du FN. Quant à Arthur, il n'en veut pas à ses parents traumatisés par leur passé de juifs persécutés qui ne veulent plus en parler, de l'avoir appelé Arthur, l'exposant ainsi aux moqueries diverses et variées... mais c'était Arthur ou Jacques...

    Donc Bahia et Arthur se rencontrent, s'aiment mais Arthur a un peu de difficulté à admettre le style de "travail" de Bahia. Il faut dire que militante sexuelle ce n'est pas courant comme job et il faut aimer partager sa fiancée, ce qui est rare.

    En tout cas, c'est une riche et formidable idée que d'avoir abordé le thème de l'identité nationale sur le ton de la comédie. Car sous ses airs de ne pas y toucher et en multipliant les pitreries parfois énormes, ce film réussit mine de rien et avec beaucoup de bon sens à évoquer des thèmes graves et bien dans l'air du temps. Je n'irai pas jusqu'à dire que le réalisateur réussit un pamphlet politique mais  tout en divertissant (on rit fort et beaucoup !), il parvient à faire passer un courant d'air salutaire sur certains clichés qui ont la vie dure. Non, tous les arabes ne sont pas musulmans et encore moins intégristes ! Il y en a même qui sont athés. Oui, on peut être fiers de ses origines mais on peut aussi s'en foutre. Et non, on n'est pas obligés de se trimballer toute sa vie durant les souffrances de nos aînés opprimés. Et j'en passe...

    Tout cela est traité sur le ton de la plaisanterie, mais comme c'est intelligent et drôle, c'est réjouissant. Une Cohen épouse un Martin pour ne pas se faire rattraper par les nazis. Quand les drames familiaux deviennent des priorités nationales. Quand une fille de gauche s'effondre en pleurant à la sortie de l'isoloir parce qu'elle a été obligée de voter Chirac en 2002. Quand la même, suffoque en 2007 de voir qui succède à Chirac... c'est à la fois drôle et grinçant.

    Jacques Gamblin prête son charme lunaire, sa désinvolture et sa fantaisie décalée à cet Arthur Martin fou amoureux. Sa timidité et sa gaucherie font merveille face à cet ovni qu'est Bahia Benahmoud. Sara Forestier qui n'avait fait que me décevoir depuis l'Esquive est ici époustouflante, complètement désinhibée, décomplexée, d'un naturel désarmant.

  • MA SEMAINE AU CINEMA

    Cliquez sur le titre des films pour retrouver mes articles.

    SUBMARINO de THOMAS VINTERBERG****

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    THE TOWN de Ben Affleck ***

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    POETRY de Lee Chandong ***

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    LES RUNAWAYS de Floria Sigismondi **

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    CES AMOURS LÀ  de Claude Lelouch **

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    DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier Beauvois **

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    MES COUPS DE COEUR

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  • CES AMOURS LÀ de Claude Lelouch **

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    Je sais que ça ne se fait pas trop, mais je ne peux pas m'en empêcher, j'aime Claude Lelouch, enfin, son cinéma (car je ne suis pas partageuse...), depuis toujours. Bien sûr, depuis quelques années et quelques films, il m'avait un peu déçue mais je restais fidèle en souvenir du bon vieux temps. Cela dit, il avait nettement repris du service avec "Roman de gare" en 2007, sorte de thriller littéraire, qui réussissait entre autre exploit de faire de Dominique Pinon un séducteur.

    Cette fois, c'est très très étrange ce qui se passe... Claude Lelouch refait quasiment à l'identique "Les uns et les autres" qui date de... je n'en reviens pas, 1981. Evidemment il y a quelques nuances et différences mais en gros, c'est la même chose. Sa caméra, étrangement peu virevoltante balaye la première partie du XXème siècle avec ses événements marquants (deux guerres mondiales, les camps de concentration, la libération, le débarquement...) et au centre, une héroïne qui tourbillonne d'amour en amour, d'homme en homme, échappe au sort réservé aux filles qui ont couché avec un allemand, traverse l'atlantique puis revient en France. C'est aussi grâce à une histoire toute en flash-backs que l'on va découvrir pourquoi Ilva dont la vie nous est contée, se retrouve au début du film dans un tribunal, accusée de meurtre.

    Voici donc une fille qui ne sait pas dire non, ou plutôt qui ne sait pas dire merci, ou plutôt qui ne connaît qu'une façon de dire merci : elle couche, elle tombe amoureuse, éventuellement elle épouse ! Une drôle de fille toute simple qui chamboule tous les garçons qu'elle croise, français, allemand, américain !

    Comme le dit Lelouch : "bien sûr qu'on peut aimer plusieurs fois, à condition que ce soit chaque fois un peu plus". Pourtant son Ilva, il la fait revenir à son premier amour, mais pas vraiment. Enfin bon, je ne vous raconte rien. Un film de Lelouch, c'est comme un livre, on tourne les pages, on déroule de la bobine. On se laisse emporter dès la première scène, lyrique XXL, ou on reste en dehors... et là, mieux vaut s'échapper si on n'adhère pas instantanément ! Moi, je me suis véritablement lovée dans mon fauteuil et pendant deux heures, je me suis laissée balader dans quelques décennies de cinéphilie que les films de Lelouch et les acteurs des films de Lelouch ont toujours accompagnée. Car oui, les péripéties d'Ilva finalement, on s'en cogne un peu. Ce qui compte ici c'est Lelouch, son regard, son enthousiasme, sa sincérité, son amour démesuré et communicatif du cinéma et des acteurs, la musique symphonique omniprésente, sa fidélité à certains acteurs, son don pour en découvrir d'autres auxquels on n'aurait pas pensé (Raphaël a l'air d'un ange et semble particulièrement à l'aise). Tous les excès et toute la passion de Lelouch sont dans ce film qui ressemble à un bilan. Alors bien sûr, il y a un chouya de mégalomanie (plusieurs extraits de son film Les Uns et les Autres), les scènes de camps de concentration sont ratées, voire gênantes, Liane Foly est exaspérante... mais il y a tout le reste. D'abord son incomparable direction d'acteurs, mais aussi sa façon unique de faire que la grande histoire du monde et la petite histoire des anonymes toujours se rejoignent logiquement avec tous ces hasards et ces coïncidences qu'il nous fait avaler comme des couleuvres. Mais ici, il crée un personnage qui n'est autre que lui-même, un petit garçon juif que sa maman a caché dans un cinéma à partir de 1942 pour lui éviter d'être découvert par la Gestapo. C'est ainsi que naît une passion... quand on s'intéresse de très près à ce qui se passe derrière l'écran ou dans la cabine de projection ! Et c'est émouvant de découvrir à quoi ça tient ce qu'on devient !

    Des extraits de films de l'époque où se situe la plus grande partie de l'action de "Ces amours là" sont inclus dans le film car le cinéma y tient une place déterminante. Ainsi peut-on revoir des passages de "Remorques", "Le jour se lève", "Hôtel du Nord" et "Autant en emporte le vent" et avoir le plaisir de retrouver Jean Gabin, Michelle Morgan, Arletty, Louis Jouvet, Clark Gable et... Scarlett. Et lorsqu'au générique défile les dizaines et les dizaines d'acteurs qui ont fréquenté les films de Lelouch on constate qu'il ne doit manquer aucun acteur français et ça donne une sacrée fringale de cinéma.