17.04.2011
MA SEMAINE AU CINEMA
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D'UN FILM A L'AUTRE de Claude Lelouch ****
WINTER'S BONE de Debra Granik ***
SI TU MEURS JE TE TUE de Hiner Saleem ***
RABBIT HOLE de John Cameron Mitchell **
MES COUPS DE COEUR







12.04.2011
WINTER'S BONE de Debra Granik ***



Au fin fond du Missouri, personne ne vous entend crier ! Mais ce n'est pas ce qui va faire reculer et céder Ree Dolly face à l'adversité. 17 printemps au compteur et chargée, contrainte et forcée de s'occuper de ses frère et soeur (12 et 6 ans) et de leur mère malade et aphasique depuis que le père est en prison, la jeune fille va devoir faire face à d'autres soucis et mener seule une véritable guerre contre un environnement humain et naturel plutôt hostile. Libéré, le père ne rejoint pas sa famille et Ree découvre que c'est la maison qui lui a servi de caution. Les autorités laissent une semaine à Ree pour trouver une solution : soit quitter la maison, soit prouver comme elle le suppose (puisqu'il n'est pas rentré) que son père est mort. Hélas, tous ceux qui ont vu l'homme pour la dernière fois mentent ou refusent de parler. Bien que s'appliquant à tenter de faire comprendre qu'elle ne cherche pas à connaître les secrets qui entourent cette disparition mais simplement à conserver un toit pour sa famille, tout le monde s'acharne contre Ree. Elle n'est pourtant pas très folichonne cette maison et froide en cet hiver glacial mais elle est le dernier rempart contre la misère absolue dans laquelle se débattent ces trois enfants et cette femme absente au monde.
La vie quotidienne de Ree est un enfer et rarement il nous a été donné de voir un personnage aussi démuni plonger dans une telle spirale d'épreuves toutes plus terrifiantes les unes que les autres, n'éveillant contre elle qu'animosité, hostilité et parfois violences. C'est d'autant plus insupportable à supporter qu'il s'agit d'une enfant. Malgré quelques gestes de générosité de la part d'une voisine bienveillante mais qui ne veut manifestement pas d'ennuis avec la police, on se demande régulièrement si un adulte va enfin venir au secours de cette petite. Lorsqu'après avoir été brutalisée, passée à tabac et jetée au fond d'une grange sinistre où chaque objet est menaçant, ses "bourreaux", 5 ou 6 hommes et autant de femmes aux mines patibulaires lui demandent : "que va t'on faire de toi ?", elle répond, et c'est à la fois audacieux, imprudent et bouleversant, "me tuer j'imagine ou m'aider... mais apparemment cette solution ne vous est jamais venue à l'idée !". La réalisatrice place, comme pour un conte, le cauchemar de ces enfants à l'orée d'un bois sinistre et inquiétant, sorte de no man's land où, à l'instar des personnages de "Délivrance" de Boorman les rares habitants semblent se reproduire entre eux. Il faut voir cette scène sidérante où au son d'un banjo... une famille de péquenauds à "trognes" fête l'anniversaire de la grand-mère et les voir tous à la fois entassés ou soudés les uns aux autres ! Un drapeau américain en mauvais état flotte au toit des maisons et c'est bien le seul indice qui nous permet de croire qu'on est aux Etats-Unis.
Dernier point qui rend ce film atypique particulièrement fort quoique très éprouvant, le choix d'avoir fait de Ree la combattante non pas une victime pitoyable et touchante, mais un petit soldat obstiné à la limite de l'inconscience et pas forcément sympathique malgré l'injustice des malheurs en cascade qui lui tombent dessus. La jeune actrice Jennifer Lawrence sans un sourire même lors des rares moments d'apaisement, sans une plainte non plus tient le film comme sa famille de cinéma sur ses frêles épaules accablées. Chapeau.
20:55 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : winter's bone de debra granik, jennifer lawrence, john hawkes, kevin breznahan, cinéma





