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  • Ulzhan de Volker Schlöndorff °

     

    Ulzhan - Philippe Torreton
    Ulzhan

    Charles a le cœur dévoré de chagrin. Sur une photo qui ne le quitte pas : une femme et deux enfants manifestement disparus… Nous apprendrons plus tard que oui, ils le sont, disparus. Pour noyer ce chagrin et s’oublier lui-même Charles boit des litres de vodka, abandonne papiers, voiture et portable sur le bord d’une route oubliée du Kazakhstan et part à pied into the wild…

    En route il va croiser Ulzhan, institutrice qui enseigne le français à de petits kazakes hilares. Ulzhan est une très jolie jeune fille évidemment aux cheveux savamment enroulés dans un crayon et qui va tout abandonner sur un battement de cils pour suivre Charles qui ne cessera de la repousser. Autre rencontre celle de Shakuni, clodo itinérant « marchand de mots »… En plein cœur des steppes de l’Asie Centrale et compte tenu de l’opulence manifeste de ses habitants, dépenser son argent à acheter des mots semble tout à fait vraisemblable. Le plaisir impatient que j’avais à retrouver plus de trente ans après Heinz Bennent (Oscar le Tambour, souvenez-vous) a été totalement gâché par sa prestation turbulente au-delà du ridicule et du supportable. Il est vrai que tous les « Raymond la Science » de la terre m’ont toujours paru ronflant, gonflant, gavant… Les divagations effleurées sur les goulags et les essais nucléaires dans la « région » (comme ils disent dans le poste) n’arrangent et n’apportent rien à l’affaire. Autant dire qu’on ne croit pas une seconde à ces rencontres providentielles pas plus qu’à cet amour et à cette amitié prétendument salutaires. L’aspect contemplatif de l’histoire échappe totalement, malgré l’application de Philippe Torreton à porter la misère du monde sur ses larges épaules, tant les dialogues sont niais « Pourquoi êtes-vous institutrice Ulzhan ? », « Quel est ton secret Charles ? », et les situations artificielles. Au bout d’un moment la musique pseudo ethnique de l’incontournable Bruno Coulais, la beauté époustouflante des paysages tantôt ravagés tantôt à couper de souffle de magie finissent par ne plus suffire à remplir le vide et l'invraisemblance, ont raison de la patience tandis qu’un ennui et un désintérêt incommensurables se sont installés, définitivement.

  • Funny Games US de Mikael Haneke ***

    Funny Games U.S. - Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt et Brady CorbetFunny Games U.S. - Michael Pitt
    Funny Games U.S. - Tim Roth et Brady Corbet

    Ann, George et Georgie, la famille idéale épanouie américaine se rend en vacances avec bateau et grosse voiture dans sa superbe résidence secondaire au bord d’un lac. A peine sont-ils arrivés que deux jeunes gens très polis, trop polis, Peter et Paul s’introduisent chez eux sous un fallacieux prétexte. Ann a juste le temps de se méfier qu’il est déjà trop tard. Les deux garçons vont proposer un jeu en forme de pari à la famille : « d’après vous serez-vous encore en vie dans douze heures ? ».

    Je ne pourrai faire aucune comparaison car je n’avais pas vu la première version autrichienne du film d’Haneke, j’avais trop peur. Cette fois, je me suis dès le générique et à juste titre cramponnée à mon siège et j’ai avalé ces presque deux heures d’ultra violence, quasiment en apnée. Pourtant seuls les effets seront montrés à l’écran, les coups portés restant toujours hors champ. Le réalisateur a bien compris que faire travailler l’imagination est plus pertinent que d’imposer des scènes de torture explicites.

    Depuis le jour où j’ai vu « Black Mamba » enterrée vivante dans « Kill Bill » je n’ai jamais connu expérience aussi traumatisante et flippante au cinéma. Sauf que dans « Kill Bill » il ne s’agissait que d’une scène… Autant vous le dire, ici tout le monde y passe : le chien, le petit garçon, le père, la mère. Face à eux deux tarés bien perturbés et visiblement désoeuvrés qui déciment des familles par simple goût du jeu et de la violence gratuite. Torturer moralement puis physiquement leurs victimes terrorisées EST le jeu mais évidemment ils sont les seuls à jouer bien qu’ils prétendent le contraire. L’autre principe de base du jeu est de ne jamais se départir d’une correction qui confine à l’obséquiosité. Pour interpréter ces deux dépravés, Haneke a fait appel à Michael Pitt, assez génial, horripilant à souhait, plus inquiétant que l’Alex d’Orange Mécanique avec ses gants blancs, son sourire perpétuel et sa coupe de cheveux débile et à Brady Corbet (vous vous souvenez ? le petit garçon traumatisé de « Mysterious Skin ») parfait en déséquilibré incontrôlable. Quant aux victimes, on ne peut que rendre grâce à Haneke d’avoir vu en Tim Roth (toujours extraordinaire) un acteur et non un emploi. Jusque là pratiquement toujours cantonné à quelques rares exceptions près (comme dans le magnifique et boudé « L’homme sans âge » de F.F. Coppola) aux rôles de vilains pervers, il est ici la pure victime, celui qui dès le début est rendu impuissant car immobilisé par une jambe cassée et donc obligé d’assister sans pouvoir réagir à ce qu’on inflige à sa famille. Naomi Watts, victime aussi mais comme souvent, met ici une belle énergie à résister, en vain mais jusqu’au bout, à ses tortionnaires. Le petit garçon, Tom Gearhart, dans un rôle quasi muet interprète la terreur et nous la communique avec effroi.

    La mise en scène est exemplaire dans un décor qui se veut chic mais qui m’a plutôt évoqué un hôpital psychiatrique… tout ce blanc !!! Et puis, brusquement et alors que le pire est arrivé… une accalmie dans l’horreur nous fait entrevoir un espoir. Dans une scène à la fois éprouvante et pleine d’espérance, les survivants cherchent et trouvent les moyens de s’en sortir. Les bourreaux ne sont plus là et la tension n’a pourtant jamais été aussi extrême et insupportable. Je vous laisse découvrir la suite…

    Que faut-il en penser ? Que la violence et le sadisme peuvent faire irruption dans votre vie avec une telle brutalité qu’on a du mal à imaginer comment on réagirait. Mais aussi comment des êtres humains peuvent faire subir « ça » à d’autres êtres humains restera toujours une question sans réponse pour moi. Haneke semble amorcer un semblant de réponse en évoquant les images dont nous sommes littéralement gavés et leur interprétation. A un moment le très dérangé Peter zappe frénétiquement hypnotisé devant la télé. Plus tard, alors que les évènements ont pris une tournure inattendue qu’il n’avait pas prévue et qui ne lui convient pas, Paul prend la télécommande et rembobine le film qu’on est en train de voir pour que l’issue soit celle qu’il a planifiée. Manifestement, pour certaines personnes déséquilibrées (ou pas) fiction et réalité se confondent et fusionnent… sauf que dans la réalité souvent quand on tire un coup de feu à balle réelle, elle fait des dégâts irréversibles.

    Film indispensable ou inutile, je n’en sais rien… Grand film dérangeant, traumatisant et admirable : oui !

     

    Funny Games U.S. - Affiche américaine
  • Pourquoi on l’aime toutes ???

    - Parce que quand pour la 2 817ème fois un(e) journaliste lui pose la seule question qui semble les tourmenter (et oui, journaliste c’est un métier !) « quand allez-vous vous marier ? »… George, galant, élégant et surtout incommensurablement patient répond armé de son sourire numéro trois bis testé en laboratoire sur un panel de « souris » : « On m’a souvent posé la question… mais vous m’avez fait changer d’avis ! Faisons cela cette après-midi. Sortez votre plus belle robe… ».

    Et oui les filles, George ne se marie pas parce que George n’aime pas décevoir et aussi peut-être un peu surtout… parce qu’en choisir une serait devoir renoncer à toute les autres ! George est le seul homme sur terre à pouvoir promettre le mariage à TOUTES les filles sans qu’AUCUNE lui en veuille.

    George est comme ça !

    - Parce que si des acteurs bons et beaux au cinéma, il y en a des wagons… le champion du monde de la farce et attrape et du second degré réunis c’est lui, George. Et nous les filles, on aime ça, rire. George n’hésite pas à faire le crétin dans ses films (« O’ brother », « Intolérable cruauté », « Jeux de Dupes ») alors que la plupart des acteurs ne se défroisserait pas le brushing pour un dollar ! Le petit truc en plus que les autres n’ont pas et qui est « même pas peur de me moquer de moi-même »… on aime. Il en joue, et alors ? Le voir se prendre râteau sur râteau en sirotant un café, c’est délicieux, savoureux et moelleux comme un loukoum : what else ? Il nous fait une fois encore croire que nous serions la seule à pouvoir le comprendre et le consoler.

    George est trop fort !

     - Parce que George est un acteur et réalisateur politique qui s’engage et n’hésite pas à mouiller la chemise pour tenter de mobiliser le monde sur des causes perdues. Son papa lui a toujours dit de se « battre pour ce qu’(il pensait) être juste et (il)essaie de (s)’y tenir ». George est démocrate et soutient Obama…

    George a peur des filles c’est évident !

  • Cash de Eric Besnard °

    Ca$h - Valeria Golino et Jean Dujardin
    Ca$h - Jean Dujardin et Alice Taglioni
    Ca$h - Valeria Golino, Alice Taglioni et Jean Dujardin

    Cash cherche à venger son frère assassiné. Pour cela il élabore une arnaque pour approcher et « pigeonner » le responsable.

    Que dire ? Qu’il faut attendre la toute fin, les 5 dernières minutes pour être un tantinet surpris mais la pirouette finale n’est pas suffisante pour rattraper l’heure et demi lénifiante qu’il faut endurer. Si vous passez outre cette mise en garde, je vous invite à tenter de deviner qui est le pigeon final de l’arnaque pour vous occuper. Personnellement je ne m’y attendais pas mais devoir en passer par tant d’invraisemblance et de retournements de situations cousus de gros fil blanc pour une si piètre révélation, c’est dur.

    En outre, que voyons-nous ? Une intrigue plan plan, absconce sans relief ni intérêt. Mais surtout des machos qui se font couillonner comme des bleus par des filles (qui  roulent des mécaniques pire qu’Aldo Maccione, jouent au poker, au billard, au golf, fument clope sur clope), uniquement parce qu’elles sont carrossées comme des Formules 1, ont les seins à l’air et les fesses moulées dans des robes cousues sur elles ! Entre les flics ripoux ou les trop zélés, les balances, les traîtres et  les multiples et successifs pigeons, on voit évoluer une bande de baltringues qui se prennent pour les Onze D’Ocean sur une musique jazzy et qui balancent des dialogues d’une platitude à bâiller, pas drôles et mal écrits. Berléand joue les utilités, Réno mauvais comme un cochon s’emmerde et cabotine mais au final c’est Jean Dujardin qui joue les beaux avec paresse qui a le mot qui résume parfaitement la situation : « j’m’ennuie ». Dommage mais personne n'a l'air d'y croire.

    Rendez-nous Dany Ocean... mais en attendant allez plutôt la pépite qui pétille ci-dessous !

  • Jeux de dupes de George Clooney ***

    Jeux de dupes - Renée Zellweger et George Clooney
    Jeux de dupes - Renée Zellweger et George Clooney
    Jeux de dupes - Renée Zellweger et George Clooney


    Dodge Connolly est capitaine des « Bulldogs », équipe de football américain professionnelle vers 1925. La caractéristique de ce sport à l’époque est de ne comporter aucune règle, ce qui donne lieu à de véritables batailles rangées. Le foot pro semble n’intéresser personne alors que les tribunes des stades universitaires sont pleines et certains sportifs tel Carter Rutherford de véritables stars. Afin de redorer le blason de son équipe lâchée par tous les sponsors, Connolly convainc Rutherford, ancien héros de la guerre 14/18 de rejoindre les «Bulldogs».
    Une accorte et pas farouche journaliste Lexie Littleton est chargée de suivre les matchs du héros et de rédiger un article sur ses exploits. Elle apprendra des choses qui l’amèneront à faire des révélations et en outre fichera une sacrée pagaïe entre les deux joueurs tombés sous le charme de la belle.
    Je l’avoue, devant la tiédeur générale et quasi unanime, je suis allée quasi à reculons et avec des pieds de plomb voir ce film… tu parles si c’est pratique. Je me disais que voir un clip long comme un jour sans pain de la pub Nespresso et devoir supporter Miss Hamster Number One (pardon Renée, plus jamais je le dirai que tu ressembles à un hamster, tu ne ressembles pas à un hamster du tout du tout, pour ma peine j’ai fait un parterre et deux navets) serait une punition mais tant pis… George quand même… Vous voyez l’truc. Et bien, rentrée avec des pieds qui pèsent une tonne chacun, je suis ressortie avec des ailes de fée. Je flottais au-dessus du cinéma, c’était très agréable et très joli à voir (pour les autres !). Pourtant je vous le jure devant mon premier coup-franc je ne suis pas le genre à faire une « ola » quand un malabar achève un match par un « touch down »… non vraiment je ne suis pas ce genre là. Mais ce film, je l’ai aimé de la première à la dernière image parce qu’il est beau, que l’ambiance (pas l’histoire hein, juste l’ambiance) m’a évoqué celle de « L’arnaque », que la reconstitution des années 20 toute clean et toute sublime est un ravissement, que la lumière est belle, les costumes nickel chrome et tout et tout. Mais surtout surtout, il y a George, drôle comme jamais ou comme toujours, qui ne perd pas une occasion de nous rappeler (comme si je ne le savais pas) que vieillir ça craint du boudin, qui prend un plaisir fou à se castagner dans les bars et à se prendre des coups et à tomber par terre et à se rouler dans la boue, que depuis Cary Grant on n’a pas fait plus Cary Grant que lui, qu’il est un roi de la comédie, qu’il se régale et nous aussi… Mais encore dans ce film, il fait de Renée Zelwegger une actrice, une vraie, charmante, tourbillonnante et séduisante. Que leur complicité ou leur amitié ou le truc qu’il y a entre eux explose aux yeux dans chacune de leur scène, que leurs roucoulades se dégustent comme des loukoums et que leurs dialogues ciselés sur mesure pétillent comme des bulles de champ’.
    Humour, fantaisie, gaieté, dérision, séduction… ce serait dommage de s’en passer ! Moi, j'en ris encore !

  • LES CITRONNIERS d’Eran Riklis ***

    les citronniers,cinéma

    Salma, veuve palestinienne d’une quarantaine d’années entre seule en lutte contre les autorités israëliennes pour tenter de sauver sa plantation de citronniers qui se trouve sur la Ligne Verte, frontière entre Israël et les territoires occupés. En effet, lorsqu’un prestigieux voisin (Le ministre israélien de la Défense) vient s’installer avec famille et garde rapprochée dans la maison juste en face, la plantation familiale de citronniers est perçue comme une menace susceptible de dissimuler des terroristes.

    Cette comédie dramatique prend comme métaphore de la paix entre israéliens et palestiniens des arbres qui sont là depuis toujours et pourraient témoigner. Mais au-delà de cette affaire de voisinage c’est l’histoire de deux femmes (la palestinienne qui survit grâce à la vente des citrons et l’israélienne femme de ministre) que tout oppose, leur statut, leur nationalité mais qui vont se rapprocher à cause de la solitude et l’incompréhension dont elles font l’objet. Leur étrange et inattendue complicité silencieuse est l’autre grande idée du film qui démontre que quelle que soit sa condition, la femme est souvent la victime de la bêtise des hommes. Le réalisateur ne cède cependant pas à la facilité qui aurait été de faire se rencontrer les deux femmes (deux actrices superbes) ce que secrètement on attend quand même, dans une grande scène lacrymale de réconciliation ! Il préfère rester toujours sur le fil de l’émotion en leur imposant une sublime dignité. Magnifique.

    Quant à la décision finale de La Cour Suprême, saisie pas Salma, elle est  d’une telle absurdité, qu’on en reste saisis d’effroi et de consternation !

  • Les randonneurs à St Tropez de Philippe Harel °°

    Les Randonneurs à Saint-Tropez - Benoît PoelvoordeLes Randonneurs à Saint-Tropez - Philippe Harel
    Les Randonneurs à Saint-Tropez - Géraldine Pailhas
    Les Randonneurs à Saint-Tropez - Karin Viard
    Les Randonneurs à Saint-Tropez - Vincent Elbaz

    Souvenez-vous, il y a 10 ans Cora, Nadine, Mathieu et Louis son frère randonnaient péniblement sur le GR20 Corse ! Aujourd’hui, ils décident de partir ensemble en vacances et choisissent Saint Tropez comme destination. Par hasard ils y retrouvent leur guide, Eric, qu’ils n’ont jamais revu depuis et à qui tout semble avoir réussi ! Youpitralala, « la nièce de Ben Laden c’est pas les Twin Towers qu’elle fait péter, c’est les bouchons de champagne !!! ». Ah ah ah ! Et oui, autant vous jeter tout de suite dans le grand bain !

    C’est ma douce moitié, qui a eu le flair de ne pas s’infliger cette purge, qui m’encourage à écrire une note sur ce machin. Je vous l’avoue aujourd’hui, en un peu plus de deux ans de blog, je n’ai pas pu, pas voulu, pas su écrire sur DEUX films seulement (ceux qui veulent les titres devront être très sages et très gentils) tant la honte et la consternation se mêlaient et provoquaient une véritable tempête d’embarras sous mon crâne. Celui-ci aurait pu être le troisième si Moitié (je ne peux rien lui refuser) n’insistait tant !

    Une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, je me suis faite piéger… et doublement. D’abord par les acteurs. Il faut que je cesse définitivement de leur faire confiance. Ici, il s’agit de Benoît Poelvoorde et Vincent Elbaz (quoiqu’il soit le seul qui ait réussi à deux reprises à me hisser les commissures vers le haut laborieusement en un rictus qui s’apparenterait au sourire si je n’avais eu tant les nerfs à vif pendant la projection !!!) dont je me suis dit « s’ils sont là, c’est la garantie d’au moins passer un bon moment ! ». Erreur monumentale. Le deuxième piège provient du titre. Si le terme « randonneur » m’avait laissé de bons souvenirs (je suis absolument persuadée d’avoir aimé et d’avoir ri au premier épisode des aventures de ces 4 là !), j’aurais dû être plus vigilante avec le terme Saint-Tropez qui est rarement gage de réussite et de finesse (mon gendarme, mon curé, deux enfoirés… tout ça, c’est à Saint Tropez, sans parler de Douliou Douliou Saint Tropez, encore dans toutes les mémoires !).

    Première surprise en ce qui me concerne. Que font Cora, Nadine, Mathieu et Louis ensemble et pourquoi décident-ils de partir ensemble en vacances ? C’est rare, précieux voire vital les vacances, alors pourquoi choisir de les passer avec des gens avec qui vous n’avez aucune affinité, aucune complicité. Et oui messieurs dames, je trouve que les 4 n’ont rien en commun et surtout qu’ils ne s’entendent pas, sont toujours au bord de la crise de nerf devant les réactions ou décisions des uns et des autres, bref, en un mot, ils ne sont pas amis.

    J’ai vécu l’arrivée sur leur lieu de vacances comme un cauchemar car l’ermite que je suis parfois/souvent (toujours ??? non !) aurait tendance à fuir ce genre d’endroit. Disons que la… hum, hum, résidence est sans doute bel et bien située à Sainte Maxime mais il s’agit d’un ensemble d’immeubles de deux ou trois étages agrémenté de jardinets fleuris où vous pouvez en tendant la main, toucher celle de votre voisin d’en face. Il y a bel et bien une piscine que vous pouvez apercevoir de votre fenêtre et où vous aurez la chance de voir s’y ébrouer une cinquantaine de personnes (moutards hurlant compris !) ! Un cauchemar je vous dis. Les 4 trouvent ça vraiment très chouette, eux. La suite ne vaut rien. Un film sans scénario, si bête, si laid et si vulgaire a vraiment tendance à me foutre la nausée. Qu’a tenté de prouver Philippe Harel ? Que les « classes moyennes » ne sont que des beaufs qui bavent devant les yachts, les strass, les paillettes, les milliardaires et rêvent de squatter les soirées pince-fesses à draguer ou à se faire peloter ? Soit, moi j’ai trouvé ça méprisant, dédaigneux et surtout très mal fait. Le film est laid je vous dis. Vous êtes sourds ?

    Ah oui, je sens que vous voulez que je vous parle des acteurs. Allonzo ! Commençons par le premier fautif, l’auteur, le responsable de cette sinistre farce. Philippe Harel, hypocondre ronchon timide et malheureux en amour doit se prendre dans ses rêves les plus fous pour Woody Allen. Erreur. Géraldine Pailhas nous refait sa Didine, coiffée et fagotée comme une souillon, elle est la femme bafouée, humiliée qui ne s’attache qu’à des sales types qui se moquent d’elle (je suppose que c’est un rôle de composition (mais il est usant !) car Christopher Thompson n’est pas comme ça, n’est-ce pas ?). Karin Viard nous la joue Marilyn de banlieue (tous les milliardaires de St Trop’… je dis St Trop’, c’est plus chic non ? sont fous d’elle) dans des robes cousues sur la bête. Elle éclate de rire puis en sanglots : fatigante. Benoît Poolvoerde m’a énervée et pour la première fois j’ai vu, senti et ressenti les limites de son numéro super rôdé de connard impulsif et euphorique : lassant. Cyrielle Claire caricature au-delà du ridicule Arielle Dombasle. Ne reste que Vincent Elbaz qui semble être le seul à ne pas avoir pris ce truc au sérieux, le seul qui semble décalé et qui ait tenté de placer du second degré dans cette pochade mal ficelée… mais je me trompe peut-être.

    C’est surtout au final et c'est bien ça le plus désolant PAS DROLE du tout !!!

  • Shine a light de Martin Scorsese ***

    Je l’ai revu… le film, le concert. J’en ai encore les mains moites et les pieds poites ! et je suis ELECTRIQUE ! Ah être une heure, une heure seulement, le micro de Mick Jagger, la guitare de Keith Richards ou Christina Agui... non, pitié pas "ça"... le micro ou la guitare seulement !

    Shine a Light - Mick Jagger, Ron Wood, Keith Richards, Charlie Watts et Martin ScorseseShine a Light - Les Rolling Stones

    Voici ce que j’ai lu de ci de là :

    Télérama : « même le fan admettra que les Rolling Stones sont leur propre musée Grévin depuis des lustres »…

    Le Parisien : « Assister à un show impeccable des Stones reste un spectacle unique (...) mais là, on se retrouve le plus souvent à attendre avidemment les parenthèses entre les morceaux ».

    Les Cahiers du Cinéma : « Quelques archives ponctuent toujours dans le même sens l'enchaînement endurant des morceaux live. Ces inserts sont trop rares pour viser une archéologie du groupe ou guetter (...) le parcheminement progressif des vieux rockers »…

    Libération : "Shine a light n'a qu'un seul but : démontrer que the Rolling Stones galopent encore comme des antilopes. Vrai, même si le témoignage paraît ne s'adresser qu'à ceux qui en sont déjà convaincus".

    M. Cinéma : "Le réalisateur arrive (...) à ménager quelques respirations, au hasard de quelques gros plans sur les regards. L'expérience [est] un poil frustrante pour le spectateur, figé dans son fauteuil et privé des odeurs de fumée et de transpiration".

    Oubliez ces pisse-froid à la digestion lente et difficile.

    Ecoutez plutôt ces fous là :

    Charlie Hebdo : « Shine a light n'explique pas la magie des Rolling Stones, mais se contente, magnifiquement, d'en apporter encore une fois la preuve. »

    Le Figaroscope : « Deux heures de rock haute tension offertes par un magicien de l'image. (...) Le tout sans nostalgie et avec pas mal d'humour."

    Métro : « Shine a light frise la satisfaction totale ».

    Elle : « En tant que spectateur, les pieds fourmillent, on aimerait se lever, danser. Lorsque la lumière se rallume dans la salle, on n'a qu'une envie : les acclamer pour un ultime rappel. »

    Brazil : « En artistan avisé, le vieux maestro Scorsese a su se couler dans la matière première, calquer la structure du film sur celle du concert, prouvant que son cinéma et la musique, c'est kif-kif. »

    Le nouvel observateur : « Le vieux pirate guitariste est le rock, et la captation de son geste [le lancer de cigarette] justifierait à elle seule que l'on se précipite pour voir Shine a light ».

    Positif ??? Comme d’hab’, j’ai compris les mots… mais j’ai RIEN compris…

    Vous hésitez encore ??? Si ces images ne parviennent pas à vous convaincre, je ne peux vraiment plus rien faire pour vous.

  • Sans arme, ni haine ni violence de Jean-Paul Rouve **

    Sans arme, ni haine, ni violence - Gilles Lellouche et Alice TaglioniSans arme, ni haine, ni violence - Jean-Paul Rouve et Alice Taglioni
    Sans arme, ni haine, ni violence - Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve

    En 1977, Albert Spaggiari réussissait le casse du siècle : le cambriolage de la Société Générale de Nice en passant par les égouts. Il s’évade du bureau du juge et parvient à s’échapper en Amérique du Sud où un « reporter » parviendra à le localiser pour en tirer une interview !

    Plus que l’histoire d’un bandit magnifique c’est l’histoire d’un loser que nous raconte ce film. Un type ordinaire qui un jour eut une idée majuscule. Il voulait gagner de l’argent facilement, en l’occurrence piquer celui des autres, et se la couler douce. Son rêve était de faire la couverture de Paris Match comme aujourd’hui on rêve de passer à la télé. Ses déguisements ridicules, plus voyants que l’anonymat le rendaient à la fois pathétiques et touchants. Par ailleurs, ce baltringue assez irresponsable, persuadé de ressembler à Alain Delon (celui du Samouraï, pas moins !) était littéralement couvé par une femme sublime et amoureuse qui l’a accompagné jusqu’à la mort.

    Le film est à l’image de son acteur, sympathique, enthousiaste, sincère et parfois drôle. Evidemment ce n’est pas suffisant pour en faire un grand film mais la complicité du trio d’acteurs de tête dont Jean-Paul Rouve et ses deux complices (Alice Taglioni, sublime, adorable, naturelle et Gilles Lelouche aimable faire valoir) manifestement dévoués à sa cause emporte l’adhésion définitivement.

    Et pour la première fois PAS A L'ECRAN : Gérard Depardieu...

  • L’île de Nim de Jennifer Flackett et Mark Levin °

    L'Ile de Nim - Jodie Foster et Abigail BreslinL'Ile de Nim - Gerard Butler

    Depuis la mort de sa mère, Nim vit sur une île déserte avec son père, un scientifique océanographe. La petite fille dévore les aventures de son héros dans des romans d’aventure écrites par une américaine agoraphobe pleine de tocs qui ne sort pas de chez elle. Je vous laisse découvrir comment tout ce joli monde va se retrouver sur l’île et vivre quatre jours de tous les dangers… moi ça me fatigue.

    J’ai fait confiance à Abigail Breslin (la petite merveille de « Little miss Sunshine ») et à Jodie Foster (la petite merveille de... c'était quand son dernier (bon) film ?) : j’ai eu tort ! La première, qui a bien grandi, bien maigri s’est littlestaraméricanisée (lire têtàclaquisée) et la seconde qui a dû abuser de la salle de muscu, s’est fait par là même fondre le cerveau et n’a pas une seconde de lucidité dans ce rôle grimaçant (et pas drôle) à l’extrême. Quant à Gérard Butler, c’est le seul qui ne déçoit pas : de film en film il confirme qu’il est bien l’acteur patapouf que j’avais découvert un jour par erreur, surtout quand il parle au moteur de son bateau en pleurnichant comme un tragédien "ne me laisse pas tomber". Ce type est impayable !

    Tant de bêtise, de niaiseries et d’invraisemblances, il fallait bien s’y mettre à deux pour les écrire… Cela dit, les moutards présents dans la salle ont gloussé une fois ou deux, alors à vous de voir !