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Sur la Route du Cinéma - Page 577

  • C.R.A.Z.Y. suite ...

    Petit lexique à usage des chanceux qui embarqueront vers C.R.A.Z.Y. Land : .

    - J’ai oublié mon sac de pot à la taverne

    (j’ai oublié mon shit au bistrot).

    - Manger des graines

    (tailler une pipe).

    - T’es pas parlable

    (on ne peut pas te parler).

    - Système de son

    (chaîne hi-fi).

    - Ça se peux-tu !

    (tu le crois pas)...

     

    Please : lisez la suite ci-dessous.

  • ANTARTICA de Frank Marshall **

     

    J’avais zappé les gouingouins qui marchent, j’avais snobé les nounours… pas question de louper les toutous !

    Alors voilà : un top modèle (Paul Walker) égaré sur la banquise en tant que guide est chargé d’aider un scientifique à mener à bien sa quête du Saint Graal : retrouver une météorite extra-terrestre tombée pile poil là où personne ne va, où sévissent des machins rampants/panthères, un éternel hiver, des crevasses, des tempêtes…

    Autour du mannequin (tablettes de chocolat là où il faut, sourire ultra-brite…) s’agitent Jason Biggs (pour la caution comique) Moon Bloodgood (pour assurer la partie bluette sentimentalo-niaiseuse et prévisible) et Bruce Greenwood (avec sa tête de Président des U.S.A. ou de scientifique, on ne sait jamais s’il va jouer le rôle du méchant ou du gentil : ici, c’est pas dur, il assure les deux). Tout ce joli monde équipé de dialogues indigents et pour tout dire bébêtes (ah ah) va vivre des aventures qui ne risquent pas de nous arriver… en tout cas pas à moi !

    Reconnaissons à Paul Walker un sacré bon sens et une lucidité désarmante puisqu’il admet dans une interview : « je ne suis pas à l’aise dans le registre de l’émotion ». Bien vu mon gars, rien que pour cette clairvoyance, tu mériterais le Prix Nobel.

    Notons au passage quelques aberrations scénaristiques qui devraient mettre une scripte au chômage. Lorsque les chiens sont abandonnés (oui, c’est horrible mais les chiens sont abandonnés) c’est l’hiver. Quinze jours plus tard quand Paul/Jessy dit qu’il DOIT aller les récupérer : c’est l’hiver, normal. Trois mois plus tard, quand il voyage de bureau en bureau pour demander qui c’est ti qui pourrait l’aider à financer son voyage, on lui répond : « non, gars, pas en plein hiver, on peut pas !! ». Six mois encore plus tard… « pas question, fiston, c’est l’hiver là-bas, personne voudra t’emmener »… Etc etc… Désolée, moi ça me fait rire le comique de répétition.

    Bon passons, vous l’aurez compris la partie humanoïde de l’aventure c’est du sans plomb mais la partie canine : c’est du super !!! Et là, en avant l’épopée : ça bouge, ça déménage, c’est beau, c’est drôle, c’est émouvant, c’est surprenant, c’est triste et ça finit pas trop mal mais pas complètement. Ces chiens sont des acteurs : expressifs, attachants, cabots of course, efficaces et dès qu’ils quittent l’écran, ils nous manquent. Cette partie (la plus importante heureusement) aventure animalière en terrain hostile est une vraie réussite.

    P.S. : une scène a fait décoller la salle entière de son fauteuil !

  • CANNES

    Mai, c'est Cannes et rien d'autre !

    Quelle affiche !!!

    Et peut-être avez-vous eu l'occasion de voir la bande-annonce dans les salles : un miracle.

    Pour tout savoir au jour le jour : Sandra y sera aux premières loges (accréditation professionnelle) et nous révèlera, nous commentera, nous donnera envie et nous éblouira de ses commentaires documentés et pris sur le vif.

    A partir du 17 Mai 2006, retrouvez sur le blog de Sandra son compte-rendu quotidien en direct du festival du film de Cannes de l'ouverture à la clôture avec ses critiques de tous les films en compétition officielle mais aussi, à l'image de celui effectué sur son blog l'an passé, son récit personnel des coulisses du festival.

    Cinéphiles : c'est ici que vous cliquez http://monfestivalducinema.hautetfort.com

  • S . O . S .

    "Allo Papa Charly... Ici Delta... Papa Charly, répondez...

    PC ??? répondez. Pas de salles obscures en vue.

    PC ??? transmettez !!!

    Maydé... Maydé...

    M

         a

              y

                   d

                        é !!!..."

  • Transmerica de Duncan Tucker***

    Un road-movie réussi est une belle occasion pour les personnages de faire connaissance, d’apprendre à se connaître, à s’aimer, de subir quelques mésaventures et de faire les rencontres utiles ou dérangeantes qui jalonnent le voyage. Celui-ci ne fait pas exception à la règle du genre et nous offre un parcours d’est en ouest sur les routes poussiéreuses, désertes et ensoleillées des Etats-Unis.

    Bree, jadis un homme, n’a plus que quelques jours à attendre pour subir l’ultime opération qui fera d’elle définitivement une femme. Mais elle reçoit l’appel d’un ado paumé qu’elle sort d’une prison New-Yorkaise et qui serait le fils né d’une liaison hétéro sans suite qu’elle/il aurait eu jadis. C’est ensemble qu’ils feront le trajet jusqu’en Californie où chacun court après son rêve, son identité, ses origines…

    Les scènes se succèdent de façon un peu linéaire et sans trop de surprise mais la surprise vient néanmoins de l’interprétation époustouflante de Felicity Huffman. Pour une fois, c’est une femme qui joue le rôle du transsexuel, le rôle d’un homme qui veut devenir une femme. Felicity Huffman est stupéfiante, tour à tour fragile, déterminée et parfois aussi, un peu cocasse mais jamais vraiment ridicule. Pour elle, en priorité, il faut voir ce joli film plein de bons sentiments.

    j'ajoute cette photo, car on y retrouve le "Kicking Bird" de "Danse avec les Loups", Graham Greene...

  • HOMBRE de Martin Ritt ***

     

    Fan de westerns, la cinéphile trouve bon et salutaire de parfois se rincer les yeux en faisant un bond de quelques décennies en arrière et plonger dans la dv-thèque haut de gamme…
    Arizona, 1884. Élevé par les Apaches, John Russell, hérite de son père adoptif et « blanc » et se retrouve contraint de voyager dans une diligence dont les sept passagers, très « conservateurs » n’apprécient guère la présence de cet indien bâtard. Parmi eux, un couple très bourgeois a détourné des milliers de dollars destinés à nourrir les indiens dans les réserves… Très vite John Russel est relégué hors de la diligence près du cocher. Mais attaqués par des hors-la-loi, ils se rendent à l’évidence, John Russel est leur seul espoir pour s’en sortir.
    Au-delà du western filmé dans des décors naturels gigantesques et désertiques, ce magnifique film intelligent, rigoureux, incisif et sans fioritures est une ode pour la tolérance et contre le racisme orné de dialogues brillants et servi par des acteurs exemplaires.
    Tout en haut en haut du casting, Paul Newman, minéral, impérial, exemplaire, sans tics, sans excès : une présence ! D’abord misanthrope, solitaire, asocial mais blessé, humilié, rejeté il prouvera ce qu’est l’humanité. LA réplique du film : lorsque Jessie une des passagères se dévoue pour aller sauver une autre passagère retenue prisonnière, elle dit à John Russel :
    -         « je ne vous demande que votre couteau… », il répond :
    -         « vous me demandez beaucoup plus que ça madame ».

    Evidemment, il prendra la place de Jessie pour aller au secours de la prisonnière : héroïsme, sacrifice, délicatesse, courage !!! et là, comme il est précisé sur la jaquette du DVD : « si « HOMME » se dit « HOMBRE », alors… Paul Newman est un HOMBRE ! ». Yeah !!!

  • Les filles du Botaniste de Dai Sijie**


    Se sentir bien dans les bras d’une personne du même sexe est dangereux et mortel et même si An et Mi Ling trouvent un temps leur Brokeback Mountain dans une espèce d’Eden asphyxiant et vénéneux, il ne fait pas bon enfreindre les codes de la Chine post Mao et Révolution Culturelle.
    Min Li, jeune orpheline de 20 ans, part faire un stage chez un maître botaniste glacial et autoritaire qui règne sur son jardin et sa fille An de façon despotique. La proximité et la complicité des deux jeunes filles se transforment vite en un sentiment sensuel et passionné qui rend leur séparation inconcevable. Pour ne jamais être séparée elle mette au point un stratagème plutôt risqué qui se révèlera redoutable.
    Alors pourquoi, malgré la beauté et la conviction incontestables des deux actrices, malgré la singularité du jardin et des plantes qui la composent (phalliques ou toxiques entre autres), malgré la brutalité des hommes (mari violeur, père tyrannique) qui contraste avec la douceur des deux filles reste t’on parfois (pas toujours) un peu à l’écart de l’histoire ???
    Le décor, l’environnement sont à couper le souffle et donne l’envie de plier armes et bagages illico pour aller visiter ces endroits à tomber par terre, et pourtant la cinéphile n’est pas prompte à s’ébaubir aisément devant la faune et la flore au cinéma (trouvant qu’il y a déjà suffisamment de boulot avec l’espèce humaine). Mais les ébats amoureux des deux jeunes filles sont filmés de façon un peu banale (proche de la niaiserie chichiteuse de David Hamilton… les anciens se souviendront) : chaque mouvement l’une vers l’autre semble ralenti (il doit y avoir d’autres façons de montrer la délicatesse et la douceur) et baigner dans une vapeur blanchâtre. Il faut ajouter à cela une musique d’ascenseur vraiment hideuse qui vient appuyer lourdement certaines scènes alors que la musique traditionnelle recèle de véritables trésors et que la Chine ne doit pas manquer de compositeurs. Je tiens donc particulièrement à citer Eric Lévy qui plombe le film lamentablement et honteusement.
    En résumé, c’est un film « entre deux », parfois superbe et passionnant, parfois insipide… et ça m’embête de dire ça tant j’avais aimé « Balzac et la petite tailleuse chinoise », une splendeur.

  • Les enfants du Pays de Pierre Javaux*


    Bonne nouvelle, les dérapages que l’on aurait pu craindre sont évités et si ce n’est un gros plan insistant sur une boîte de Banania « y’a bon » (ah ah ah), cela reste humainement et objectivement correct : au Sénégal, comme de ce côté-ci des colonies, il y a des sages intuitifs, des bergers, des analphabètes et des gens cultivés.
    Nous sommes en 1940 dans un village déserté des Ardennes où ne restent que trois irréductibles : un vieil homme (Michel Serrault définitivement cantonné dans les rôles de papy bougon… mais on lui pardonne en souvenir de Monsieur Arnaud, du docteur Petiot, de « Mortelle randonnée », de « Garde à vue » etc…) et ses deux petits enfants.

    Un matin, débarquent 6 tirailleurs sénégalais qui se sont égarés et cherchent à rejoindre leur régiment. Après avoir dépassé la méfiance et les à priori, les soi-disant méchants sauvages apprivoiseront les soi-disant gentils blancs dans une succession de saynètes charmantes.
    C’est un film un peu didactique, mais pas trop, un peu drôle, mais pas trop, un peu poétique mais pas trop… Voilà, c’est un film un peu… mais pas trop ! Il est conseillé pour toute la famille alors, courage et bonne chance pour expliquer à vos loupiots pourquoi cette gentille fable sur la tolérance et l'acceptation de la différence se termine par une horreur absolue même si une voix off à la toute dernière minute vient essayer de nous faire croire que ça n’a pas existé.
    Quelle connerie la guerre !!!

  • The Secret Life of Words de Isabel Coixet***

    A une époque pas si lointaine, je jugeais les films en fonction du nombre de litres de larmes versées ! La méthode vaut ce qu’elle vaut et le cœur d’artichaut de la cinéphile a beaucoup saigné par périodes. S’aventurer dans une salle où est projeté « The secret life of words » sans kleenex, ce qui fut mon cas, est une entreprise qui relève de la haute voltige.

    Travaillez sans filet si vous le souhaitez mais je vous aurai prévenus.

    Un homme, Josef (Tim Robbins : waouh !) est victime d’un accident sur une plate-forme pétrolière. Gravement brûlé et intransportable, une infirmière est envoyée sur place. L’infirmière, Hannah (Sarah Polley : douce et délicate) compétente mais mystérieuse semble cacher un lourd secret. Elle est sourde et pour s’isoler encore davantage, elle débranche parfois son appareil. Josef a été rendu aveugle provisoirement suite à son accident. Entre l’homme blessé, quelque peu humilié d’être dépendant pour les actes quotidiens les plus intimes et la jeune femme silencieuse se crée un lien étrange. Il parle, s’essaie à l’humour, pose des questions, se dévoile, se confie… Elle reste muette.

    Jusqu’au jour où, sans doute poussée par l’imminence de leur séparation, elle se met à déverser des flots de paroles ininterrompus, elle est intarissable et révèle dans les moindres détails son terrible secret que seuls viendront troubler les sanglots de Josef…

    C’est grandiose et bouleversant avec en point de mire l’horreur, l’amour et la compassion. Alors pour ce genre de mélo : je dis oui à 200 %.

    Ajoutons à cela une BO chavirante avec entre autres Paolo Conte, Tom Waits et Antony (l’ange des anges) et deux acteurs renversants, vulnérables et attachants, et vive le cinéma.