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  • Parce qu'

    il n'y aura pas de nouveau film avant plusieurs jours, voici votre petit jeu préféré pour ne pas que vous vous ennuyiez.

    De quels films sont extraits ces morceaux d'affiches ?

    I

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    III

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    IV

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    V

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    VI

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    VII

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    VIII

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    Et en publiant je m'aperçois que c'est vraiment trop simple... Je ferai mieux une prochaine fois...
  • Eden à l’ouest de Costa-Gavras ***

    Eden à l'Ouest - Riccardo ScamarcioEden à l'Ouest - Riccardo Scamarcio

    Elias vient de l’Est après un voyage dans un rafiot plein d’émigrés comme lui. Pour échapper à la police il plonge et parvient à la nage sur les côtes italiennes dans un club de luxe entouré de barbelés qui propose comme activité à ses riches résidents la chasse nocturne aux clandestins.

    A pied ou en stop, nous suivons le périple d’Elias du sud de l’Italie jusqu’à Paris où il rêve de rejoindre un magicien peu scrupuleux qui lui a fait miroiter un avenir. A cause de, ou plutôt grâce à son irrésistible beauté et à sa grande naïveté, Elias franchira les épreuves et les étapes de ce parcours, toujours entièrement prêt (ou presque) à mettre ses charmes à disposition. Hommes, femmes et enfants tombent immédiatement sous le charme de ce beau jeune homme. La beauté aide manifestement à s’en sortir. Il quittera les bras d’une belle allemande en quête de sensations exotiques pour suivre un temps un illusionniste, faire un bout de route avec deux routiers sympas et « gays » dont il repoussera les avances, un couple de suisses en pleine scène de ménage l’abandonnera en pleine montagne, il s’échappera de chez une paysanne solitaire pas à son goût pour satisfaire son appétit sexuel, il devra semer la police et fera également une halte dans une usine qui exploite les émigrés…

    Il est difficile de reconnaître le style de Costa-Gavras qui nous avait habitués à des charges politiques très sombres et très virulentes. On se demande même s’il ne va pas tenter à la fin de nous faire croire au Père Noël… mais non, quand même pas. Cela dit les aventures picaresques, mouvementées et ensoleillées la plupart du temps d’Elias sont une vraie bonne surprise et il fallait beaucoup de talent pour nous faire vivre à la manière d’une fable à la fois humaniste et humoristique l’itinéraire d’un émigré clandestin. Les aspects plus rugueux comme l’exploitation, l’indifférence ou l’humanisme intéressé ne sont pas éludés mais la plupart du temps traités sur le ton de la comédie. On ne saura jamais d’où vient Elias car le but est sans doute d’en faire un déraciné universel comme le dit lui-même le réalisateur.

    "Eden à l'Ouest tente de faire écho au parcours, à l'errance, à l'histoire de ceux - hier ce fut nous-mêmes ou nos pères et mères - qui traversent la terre, bravent les océans et les uniformes à la recherche d'un toit. L'histoire d'Elias n'est pas celle d'Ulysse, ni celle de Jean-Claude, ni la mienne. Mais je me reconnais dans Elias, cet étranger qui ne m'est pas étranger..."

    La désarmante fraîcheur de Riccardo Scamarcio dans le rôle d’Elias est pour beaucoup dans la réussite totale et l’immense plaisir qu’on prend à ce film. Dans un rôle quasiment muet, on ne peut que reconnaître à quel point l’acteur évoque Charlie Chaplin ou Buster Keaton tant son physique, son visage et ses yeux n’ont besoin d’aucun mot pour exprimer tous les sentiments et sensations qui traversent son personnage. Il est de quasiment tous les plans, époustouflant et porte le film.

    Eden à l'Ouest

  • Ricky de François Ozon **

    Ricky - Arthur PeyretRicky - Sergi Lopez, Alexandra Lamy, Mélusine Mayance et Arthur Peyret

    Katie et Paco sont ouvriers à la chaîne, leurs regards se croisent, s’ensuivent une étreinte fugace dans les toilettes de l’usine et la décision de vivre ensemble. Paco s’installe chez Katie, sous le regard désapprobateur de sa fille Lisa, 6 ans née d’une autre liaison sans lendemain. Un autre bébé naîtra bientôt et sera affublé du prénom de Ricky, ce qui ne sera pas la moindre et la seule étrangeté de l’enfant.

    On ne peut reprocher aux médias d’avoir révélé le pouvoir insolite (et qui restera inexpliqué… quoique…) de Ricky, la bande-annonce du film elle-même s’en chargeait. Et c’est dommage. Car l’intervention du merveilleux dans la réalité et le quotidien assez minables de Katie qui peine à s’en sortir dans une banlieue pas rose aurait été la première surprise de ce film multiple.

    Ça commence, fait nouveau chez François Ozon, dans une HLM sinistre où une mère de famille seule, déprimée et dépassée confie sa détresse à une assistante sociale. La romance entre Katie et Paco, si elle reste bien ancrée dans un quotidien difficile, apporte du baume au cœur. Puis la femme amoureuse se transforme en mère louve qui développe une admiration et un amour immodérés et jaloux pour cet enfant différent. Elle le protège contre tout et tous et même contre son père dont elle se séparera, le soupçonnant d’avoir battu Ricky.

    On est conquis par cette fable délicieuse qui flirte parfois avec le divin parce que Ozon parvient à y véhiculer la douleur, la joie, l’amour, à nous faire rire et à nous émouvoir. On peut dire qu’il est bien aidé par Alexandra Lamy qui trouve enfin un rôle où elle est vraiment formidable. Il faut également préciser qu’on a jamais vu bébé plus drôle et expressif au cinéma. Mais c’est surtout la petite Mélusine Mayance qui interprète la sœur de Ricky, qui est le vrai miracle de ce film. C’est la petite fille la plus attachante, la plus triste, la plus extraordinaire rarement vue au cinéma. Son regard profond et fatigué distille une intense et troublante émotion teintée d’inquiétude qui laisse supposer à tout moment que le film pourrait basculer dans la folie…

    Hélas, François Ozon rate complètement sa fin, d’abord en insérant une scène très longue, très insistante et totalement gratuite où Alexandre Lamy joue au concours de la starlette en tee-shirt mouillé. On peut donc prendre le temps de s’éterniser sans aucune justification scénaristique sur les seins, les fesses, les looooongues jambes parfaites de l’actrice ! Ensuite en bâclant complètement une tentative d’explication à propos de la « différence » de Ricky… Dommage !

  • Doute de John Patrick Shanley °

    Doute - Meryl StreepDoute - Philip Seymour Hoffman

    Au milieu des années 60 dans le Bronx, la directrice d’une école catholique Sœur Aloysius soupçonne et accuse le Père Flynn de pédophilie sur un élève noir de 12 ans.

    Les discussions interminables sur la foi, l’engagement, la morale, la confession, le pardon, la rumeur s’enflamment. La mère supérieure s’acharne sans preuve réelle à établir la culpabilité du prêtre qui se défend parfois mollement, parfois avec ambiguïté. Philip Seymour Hoffamn joue de son physique et de sa personnalité qu’il peut rendre tour à tour séduisants ou inquiétants. Méryl Streep, sévère, rigide raide dans sa soutane multiple les 24 rictus secondes. Tous deux finissent par éructer, des larmes plein les yeux, Amy Adams disparaît sous la coiffe de Sœur James en pleurnichant beaucoup et la mère du jeune garçon qui l’a peut-être bien cherché pleure aussi en avalant trois kilos de morve.

    Coupable, pas coupable, doute ou pas : on se fiche de ce film qui sent la boule à mites...

    Si les Oscars se méritent au nombre de litres de larmes versées, les trois acteurs principaux l’emportent haut la main.

    Vous me pardonnerez, je profite du fait que des réalisateurs passent parfois ici pour me permettre une annonce personnelle.

     

    P.S. : propriétaire du blog surlarouteducinema.com , passionnée de cinéma depuis avant « La Grande Vadrouille », n’ayant aucun talent pour la comédie, aucun humour mais souffrant de conjonctivite chronique (se réveillant parfois le matin avec des yeux plus rouges qu’un lapin russe albinos) cherche emploi de pleureuse à Hollywood (ÉCONOMIE DE MAQUILLAGE GARANTIE !).

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  • CONCOURS

    Une nouvelle fois ALLOCINE me permet d’offrir une invitation pour deux personnes qui aura lieu à Paris à partir de 19 h 30 au Forum des Images :

    Le mercredi 25 février.

    Il s’agit de la troisième édition de la soirée « AlloCiné Family & Friends » avec au programme :

    • Rencontre avec les équipes d’AlloCiné,
    • Cocktail dînatoire,
    • Projection du film « WatchMen – Les gardiens » de Zack Snyder, réalisateur de l’inénarrable « 300 » avec l'encore plus improbable Gérard Butler (j’en ris encore !).
    • Watchmen - Les Gardiens

    Pour gagner cette invitation, il vous faut répondre à cette question simple.

    Vous constaterez que je reste très « in the mood » en vous demandant :

     

    Quel est le réalisateur ayant reçu une Palme d’Or à Cannes a également reçu le Grand Prix du Festival International du Premier d’Annonay (ce qu’il oublie toujours élégamment de préciser dans ces CV…) ?

     

    Question subsidiaire : serai-je à cette soirée ?

  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU 1er FILM - ANNONAY 2009, and MY winner is

    THOMAS de Miika Soini *****

    Finlande

     

    festival international du 1er d'annonay 2009,cinéma,thomas,miika soini

     

    Thomas est un vieil homme de 83 ans. Il vit (très) seul dans un minuscule appartement ni vraiment au rez-de-chaussée ni vraiment au sous-sol. Un petit soupirail par lequel il accède en grimpant sur une caisse en bois lui offre un peu de lumière et lui permet d’observer les mouvements de sa rue très en pente. Parfois il se risque à l’extérieur pour une promenade qui lui donne immédiatement envie de rentrer chez lui retrouver son quotidien monacal entre son jeu d’échecs, la radio qui ne diffuse que de la musique classique et une photo de sa femme.

    Immobile et silencieux, mélancolique et pas très sympathique, un peu absent au monde, c’est grâce à une rencontre inattendue dans un parc où il se promène parfois que Thomas va trouver un sens, l’explication, la reconnaissance de toute son existence et peut-être enfin la paix avec lui-même et ce monde qui l'a exclu...

    Comment vous parler de « Thomas » que peut-être vous ne verrez pas alors qu’il représente pour moi 1 heure et 10 minutes de cinéma parmi les plus vibrantes que j’ai vues dans ce Festival pour ne pas dire 1 heure et 10 minutes de cinéma essentiel ? Car oui, c’est un film qui va à l’essentiel en prenant néanmoins le temps de s’attarder sans jamais s’apesantir. Un miracle de tous les instants, d’une profondeur insensée, où tout s’éclaire peu à peu, où toutes les révélations finales expliquent et justifient la moindre scène, le moindre comportement depuis le début. Un cinéma lumineux où tout se justifie sans peser jamais, de la musique la plus troublante (Mozart) au silence parfait jusqu’au moindre dialogue anodin qui finit par se révéler déterminant.

    Dès l’ouverture du film, on est embarqué et surpris sans jamais être manipulé. Un vieil homme ronchon en reçoit un autre. On sait, en ayant lu le sinopsis qu’il n’en restera qu’un puisqu’on s'attend à suivre l’histoire d’un vieillard seul. Et dès les premières minutes, on est cueilli avec délice car celui qui reste n’est pas celui qu’on attendait. On retrouve donc Thomas à l’enterrement de son frère et l’on rit, comme il arrive parfois aux enterrements. Les surprises ne cesseront jamais dans ce film qui réussit l’exploit d’être à la fois contemplatif et de nous emballer par une histoire, celle de Thomas, dont on VEUT connaître l’issue et l’origine. Par petites scènes cocasses, pitoyables, bouleversantes, pathétiques… (il faudrait TOUTES les citer, ne pas en exclure une seule pour être juste et équitable) le réalisateur colle aux basques de Thomas (même les chaussures ont un « rôle » comique) et nous laisse avec le souvenir inoubliable d’un film, d’un personnage, d’un rôle et d’un acteur hors du commun.

    Gloire aux réalisateurs, de plus en plus rares, qui « posent » leur caméra pour nous raconter une histoire, qui ne poursuivent pas systématiquement leurs acteurs caméra à l’épaule (cela dit Thomas ne va plus très vite mais il marche toujours…) nous donnant des vertiges injustifiés. Ici, tout est calme et mesuré sans que cela nous empêche d’apprécier peu à peu l’ampleur de la tempête qui se joue sous le crâne de « Thomas » et le ronge. Cela donne lieu à des plans d’une beauté rare, à tomber, où tout est parfait, le cadre, la lumière, la durée. Chaque scène est un tableau dans lequel Thomas peut évoluer et se déplacer.

    Thomas c’est aussi un acteur, Lasse Pöysti, une légende vivante en Finlande qui continue d’avoir des projets malgré son grand âge. Il offre à ce rôle sa lourde stature fatiguée et son visage, incroyable masque impassible qui allie comédie et tragédie.

    Gloire également au jury qui a décerné à ce film « Le prix spécial » et surtout au jury des lycéens qui ne se sont pas laisser piéger par d’autres oeuvres plus faciles ou racolleuses et ont accordé leurs voix à « Thomas » malgré les décennies qui les séparent de ce vieil homme et pour un film qui parle de vieillesse, de solitude, de compassion mais surtout comme le revendique sans relâche Miika Soini : d’amour, dont la plus grande preuve reste pour lui de laisser « partir » ceux qu’on aime. Deux tomates d’or pour ce film, c’était le moins.

    Vous l’avez compris Miika n’est donc pas que ce beau jeune homme, sympathique, intelligent, drôle, merveilleux, attirant, chaleureux, charmant, gentil, ouvert, étonnant, spirituel… AIMABLE… c’est aussi un cinéaste. Après avoir été serrurier… il a fait du théâtre pendant des années en Finlande. Il est devenu acteur, mais il souhaitait tout maîtriser. Il a donc d’abord mis en scène des pièces de théâtre et intégré une école nationale de cinéma. Il est très fier d’avoir pu tourner son film « Thomas » en 10 jours avec un budget d’à peine 200 000 €uros. L'histoire est issue d’un recueil de nouvelles qui traitent de la vieillesse et dont il a écrit le scénario. Miika a tenu à plusieurs reprises à insister sur son empathie avec les personnes âgées dans un pays, la Finlande, où une personne de plus de 65 ans sur 2 se suicide…

     

    Ce film est inoubliable et Miika Soini peut en être fier car c’est bien le cinéma qui coule dans ses veines.

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    Et voilà... je vous laisse un peu tranquille avec "mon" cinéma d'Annonay. J'espère que vous pourrez au moins voir les 3 films de mon palmarès... Le film de clôture (une merveille) doit sortir en salle le 4 mars, je vous en parlerai donc à ce moment pour ne pas vous embrouiller et vous rappeler de ne pas le rater le moment venu...
  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU PREMIER FILM - ANNONAY 2009 (les films de la compétition, suite)

    THE SHAFT de Zhang Chi ****

    Chine.

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    Dans un petit village de la Chine Occidentale un mineur vieillissant s’approche de la retraite. Avec la modeste somme qui lui est allouée après 40 ans d’un travail accablant, il part à la recherche de sa femme disparue. Sa fille amoureuse fera un mariage de raison pour sortir de sa condition toute tracée d’ouvrière et son fils fait l’école buissonnière et rêve de devenir chanteur.

     

    Par ce film tout en finesse, en douceur et en subtilité, le réalisateur s’applique à démontrer la diversité de la Chine et surtout l’écart phénoménal entre le développement prodigieux de l’ouest et le sud quasi sous-développé. Pour avoir passé trois mois en compagnie de ces mineurs aux conditions de travail moyen-âgeuses et à la pauvreté écrasante il peut affirmer que tous, sans exception n’ont qu’une idée en tête : PARTIR, s’enfuir. Pour les jeunes, le choix est restreint. S’ils réussissent dans leurs études ils tentent d’intégrer les prestigieuses écoles de Pékin dans lesquelles il semble vraiment difficile d’entrer. Les filles peuvent espérer se marier avec un « beau parti » pour échapper à cette vie de misère. Ce sera le cas ici où la fille du mineur épousera un homme manifestement beaucoup plus âgé. Elle fondera une famille, totalement résignée à son sort.

     

    Toujours reliés au reste du monde par l’écran de télévision, les personnages voient leurs rêves s’écraser un à un face aux réalités, à l’adversité et au manque de moyens. Pour le fils, c’est par une participation à un karaoké dans une scène à la fois burlesque et bouleversante qu’il verra son rêve s’effondrer. Quant au père, on le verra partir et le plan qui l’accompagne est d’une beauté saisissante, symbolique des méandres qu’emprunte parfois la vie d’un homme.

    Aucun misérabilisme ni tentative d’apitoiement sur le sort des personnages et la monotonie de leur quotidien ne sont à déplorer ici. C’est au contraire avec une grande intelligence, beaucoup de délicatesse, d’élégance et des images superbes plus évocatrices que bien des discours que Zhang Shi raconte les désillusions de cette famille.

     

    Le réalisateur a mis 5 ans à financer son film, hypothéquant son appartement pour y parvenir. En Chine, seuls rois réalisateurs sont connus et obtiennent des financements. C’est aussi grâce à sa participation dans un film qui a obtenu un prix qu’il a pu réaliser celui-ci. Heureusement.

     

     

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    CONTINENTAL, UN FILM SANS FUSIL de Stéphane Lafleur***

    Québec

    festival international du 1er film d'annonay 2009,cinéma,continental un film sans fusil,stéphane lafleur

    Il fait nuit, un homme descend d’un bus et s’enfonce dans une forêt. On ne le reverra plus. Sa femme s’inquiètera de sa disparition auprès de la police qui lui rira plus ou moins au nez. Un homme démarre un nouveau travail d’agent d’assurances et peine à trouver des arguments pour placer des contrats. Loin de chez lui, il devra également soutenir par téléphone interposé une grande scène de ménage avec sa femme qui lui reproche son absence. Une jeune femme travaille de nuit à la réception d’un hôtel, elle rêve d’avoir un enfant mais ne trouve pas le père convenable. Un homme d’une soixantaine d’années accro aux jeux a été quitté par sa femme, il tente de la reconquérir mais avant souhaite s’offrir un nouveau sourire grâce à une chirurgie dentaire.

     

    Nous suivons pendant 1 heure 45 le destin sans beaucoup de joie de ces héros ordinaires. Le premier talent du réalisateur est de n’en perdre aucun en route, de les coller au plus près, de faire qu’on s’y attache et de parfois un court instant faire croiser leurs chemins. Le film est moins mystérieux et énigmatique que son beau titre, mais c’est effectivement un film sans fusil où les personnages accablés de solitude sans l’exprimer jamais vraiment, semblent ne même plus avoir la force et l’énergie nécessaires pour hurler l’amour dont ils sont emplis. L’humanité, la compassion et l’empathie s’échappent de chaque scène sans qu’à aucun moment on ne soit tenté de céder à un sentiment plus mesquin telle que la pitié. C’est l’autre grand miracle de ce film de faire de ces êtres touchants et vulnérables des hommes et des femmes qu’on aime sans les plaindre, qu’on aimerait aider ou prendre dans les bras. Un film qui révèle sa propre part d’humanité. Le dernier prodige et pas le plus négligeable de Stéphane Lafleur est évidemment de nous faire rire franchement aux déboires, au parcours de ces anti-héros « ben » ordinaires. On rit effectivement beaucoup sans se moquer car chacun peut se retrouver et reconnaître les petites tentatives ridicules que l’on déploie parfois pour être aimé. Les 4 acteurs/héros principaux n’ont pas leur pareil pour passer du tragique au comique dans la même scène avec ces petits riens burlesques, bizarres ou absurdes qui rendent la vie plus supportable parfois.

     

    Une belle part de vie, d’humour et d’humanité pour un beau film empli de douloureuse solitude.

    L’acteur canadien Gilbert Sicotte (il jouait dans « Mesrine : l’instinct de mort ») était présent et reconnaît que le fait de jouer dans des premiers films fait toujours évoluer un acteur.

     

    Voir des premiers films est aussi une expérience qui fait redécouvrir le cinéma parfois, encore et encore. Merci.

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  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU 1er FILM - ANNONAY 2009 (les films de la compétition, suite)

    FUORI DALLE CORDE de Fulvio Bernasconi ***

    Italie/Suisse

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    C’est grâce au dévouement voire au sacrifice de sa sœur Anna que Mike peut espérer devenir un jour boxeur professionnel. C'est avec son travail d’ouvrière dans une usine de poissons qu'elle lui paie ses entraînements. Mais à la suite d’un combat perdu, le manager de Mike refuse de renouveler son contrat. Pour faire face à ses dettes, il n'a plus d'autre alternative que de participer à des combats de boxe clandestins lucratifs mais beaucoup plus violents donc dangereux.

     

    Fulvio Bernasconi nous dépeint ce monde brutal et impitoyable des combats illégaux de façon radicale et sans ambiguïté. Contrairement au cinéma de Tarantino qui se sert de l’humour et de l’outrance pour dépeindre la sauvagerie, ici les ambiances sont constamment lourdes et étouffantes voire suffocantes. Chaque coup laisse une trace et seule la relation d’amour profond qui unit le frère et la sœur offre quelques beaux instants de calme, d’abandon et de douceur dans cette histoire dure, difficile où les ténèbres enveloppent les personnages.

     

    Si le scénario est parfois un peu prévisible, il n’en reste pas moins un film à l’atmosphère envoûtante et deux acteurs magnifiques Maya Sansa et Michele Venitucci.

     

    Le réalisateur Fulvio Bernasconi qui maîtrise un français parfait nous affirme qu’au départ le cinéma pour lui se passait uniquement en salle pour draguer. C’est « La déchirure » de Roland Joffe qui fut pour lui le film le plus marquant de sa jeunesse. Il a suivi un parcours « traditionnel » en suivant les cours d’une école nationale de cinéma. Il a déjà réalisé deux longs métrages pour la télévision mais se désole qu’en Suisse comme en Italie la culture soit défavorisée.

     

     

    SUMMER BOOK de Seyfi Teoman **(*)

    Turquie

     

     

    Le dernier jour de l’année scolaire l’instituteur remet à chaque élève de la classe un cahier de vacances dans lequel il promet qu’ils vont découvrir et apprendre. Hélas, sans qu’il puisse rien faire, Ali se fait volet son cahier par « un grand ». Il ne dira rien à personne et passera son été à subir ou observer le monde qui l’entoure.

     

    On accompagne pas à pas Ali et comme le réalisateur, comme l’enfant on suit cette chronique d’un été ordinaire et extraordinaire. Seyfi Teoman nous apporte par touches sensibles et avec une extrême pudeur des révélations sur la vie dans son pays si proche et si lointain, si semblable et si différent du nôtre. Les enfants sont cruels entre eux. La femme s’efface beaucoup devant les décisions et l’autorité du père mais c’est elle qui couve ses enfants et se désole que le grand soit si malheureux d’être contraint d’entrer à l’Académie militaire. Elle devient une vraie furie lorsqu’elle soupçonne son mari de la tromper (franchement qui voudrait de ce patapouf ronchon ? NDLR). Le réalisateur installe même un suspens assez solide avec la disparition d’une mystérieuse somme d’argent lors de l’hospitalisation du père.

     

    Le film se termine par la rentrée des classes et s’éloigne peu à peu de l’enfant qui finit par disparaître derrière les barreaux de la fenêtre de la salle de classe, comme pour nous dire que rien n’a changé.

     

    Seyfi Teoman nous a confié que le soutien financier de l’Etat lui avait été refusé et qu’il avait pu tourner le plus rapidement possible grâce à des financements locaux et personnels. Si ce film ne marche pas, ce sera une catastrophe pour lui qui rêve du cinéma de Wajda et Kieslowski.

     

     

     

     

    Peacefire de Macdara Vallely **

    Irlande

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    Colin est un adolescent à la limite de la délinquance qui fait des virées nocturnes avec deux copains dans des voitures volées. Il vit seul avec sa mère, dépassée par le comportement de son fils et qui voue un culte du souvenir à son mari assassiné une dizaine d’années plus tôt. Nous sommes en 1994 en Irlande du Nord et le conflit entre l’armée et l’IRA est omniprésent. L’IRA a son propre code de l’honneur et de la morale, elle a aussi des lois implacables qui ne tolèrent pas le moindre délinquant irlandais !!! Elle « gère » ce problème et punit les fauteurs de troubles (qui se soumettent de bonne grâce au châtiment) en leur tirant une balle dans les genoux alors qu’ils sont allongés face contre terre. Démonstration reproduite 3 fois et demi...

     

    Arrêté à la suite d’un nouveau vol de voiture, Colin a la possibilité de choisir entre la prison ou devenir informateur pour la police. C’est bien au-delà que se posera le dilemme pour le jeune homme contraint de réfléchir à des notions telles que loyauté, famille, patrie…

     

    C’est plus à la dérive d’un adolescent à laquelle on assiste ici qu’à une illustration politique et on comprend à quel point il est impossible de trouver des repères dans un environnement régi par le désoeuvrement, la haine, la violence et la délation. Mais en refusant à la fois tout manichéisme et toute prise de position formelle je me suis trouvée moi devant une bande de tarés (les flics, les habitants, les membres de l’Ira, les ados…) sans distinction de camp. Lorsque tout ce joli monde se retrouve hurlant, sautant, s’embrassant, tous unis contre le reste du monde devant un match de foot… je me suis dit que la bêtise humaine avait encore de beaux jours devant elle !

     

    Le réalisateur (très sympathique) originaire de la même ville d’Irlande que son très bon jeune acteur nous affirme qu’avant d’être ce film très très sombre, "Peacefire" fut un spectacle comique à New-York dont il interprétait tous les rôles. Il a souhaité en faire un film pour toucher un plus large public et peut-être alerter l’opinion sur une situation qui dure encore aujourd’hui malgré les processus de paix.

     

    Il ajoute que la qualité d’un film ne se mesure pas à son budget. Il a raison et d’ailleurs son film a eu les faveurs du jury qui dit avoir été « secoué » et a obtenu « Le grand prix » (une tomate d’or, 2 000 €uros au réalisateur et 3 500 €uros au distributeur qui diffusera le film).

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    MacDara (à gauche) avec Solveig (à droite), au fond (à gauche) l'acteur québécois Gilbert Sicotte, les tomates en or (sur la table)
  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU 1er FILM D'ANNONAY 2009 (les films de la compétition)

    Je sais, je sens et j’entends que vous trépignez et vous impatientez de connaître mon classement et mon avis sur les films que j’ai vus à Annonay. Car oui, je n’ai pas fait que poursuivre Miika me coucher tard et me lever tôt, j’ai aussi vu des films, les 8 de la compétition + le film de clôture + « The visitor ». Je sais, je l’ai déjà dit, et alors ? Il se trouve que j’ai plein de trucs à fouetter en ce moment. Alors je vous délivre mes articles au compte gouttes en commençant par ce qui m’a le moins séduite… pour vous emmener petit à petit au 7ème ciel ! Promis !

     

     

    Lo mejor de mi de Roser Aguilar*

    Espagne.

    Lo Mejor De Mi

     

    Raquel et Tomas s’aiment (enfin, c’est surtout Raquel qui aime Tomas quand on y regarde d’un peu plus près). Il est athlète professionnel et elle, journaliste dans une radio. Raquel propose à Tomas de vivre ensemble. Il accepte, contraint et forcé comme tout grand benêt de 30 ans (au cinéma), incapable de s’engager. Le ciel s’effondre sur la tête des amoureux lorsque Tomas tombe gravement malade. La seule façon pour qu’il s’en sorte est qu’il subisse une greffe partielle du foie. Que le donneur soit vivant décuplerait ses chances.

    Les donneurs compatibles ne courent pas les rues mais après avoir fait les analyses nécessaires, il se trouve que Raquel l’est. Avec son amour fou, démesuré, inconditionnel elle va faire ce don fabuleux et insensé à Tomas.

    Comment avec un sujet aussi peu banal, aussi éminemment mélodramatique qui devrait bouleverser et clouer le spectateur d’enthousiasme et de vertige dans son fauteuil peut-on faire un film aussi dénué d’émotion ? Les divers et successifs revirements des sentiments de Raquel et de Tomas laissent de glace. Lorsque Tomas dit à Raquel « tu m’as donné la meilleure part de toi ! », je me demande vraiment comment on peut faire dire à un homme que la meilleure part de sa femme c’est son foie ??? La réponse de Raquel est tout aussi zarbi et absconce…

    Il est évident néanmoins que la sublime Marian Alvarez porte le film à elle seule… mais quand on s’attend à voir un grand film d’amour, il est étrange que la scène la plus touchante soit le moment où la jeune femme appelle ses parents à l’aide en leur disant qu’elle ne se sent pas de taille à vivre cette épreuve seule… au moment même où je me demandais en bâillant poliment « pourquoi qu’ils ont jamais de famille dans les films des foies fois ? ».

     

     

     

     

    Une chaîne pour deux de Frédéric Ledoux *

    Belgique.

    Au moment de prendre sa retraite, Victor Granville vend sa petite entreprise belge de production de vélos. Elle est rachetée par un grand groupe international « New Deal ». Une « cadre » est envoyée sur place pour restructurer l’entreprise, ce qui suppose forcément la suppression d’une des deux chaînes de montage et donc des hommes qui y travaillent. Une compétition est organisée entre les deux équipes. Celle qui aura produit le plus grand nombre de vélos à la fin du mois gardera son poste.

    Peut-on rire de tout ? Oui répond le réalisateur et ses acteurs, tous formidables. Manifestement Frédéric Ledoux ne souhaitait pas faire un drame mais une comédie ancrée dans le social. Dès qu’il aura un micro en mains il ne cessera d’ailleurs de rabâcher (alors que personne ne lui demandait) à quel point « Les frères Dardenne, c’est chiant » !

    Rire avec ces ouvriers et même de leurs déboires face à l’imminence de leur chômage n’empêche nullement d’entrer en empathie avec eux et de comprendre le drame qui se joue. Et ça commence très bien tant qu’on ne quitte pas la chaîne de montage. La vie d’une toute petite usine, la solidarité, l’entraide puis l’émulation qui prend le pas sur l’amitié sont parfaitement retranscrites. Et l’interprétation drôle et rythmée est impeccable.

    Et puis ça se gâte… Lubna Azabal, la cadre dynamique et froide (dont le jeu consiste à pincer les lèvres en un rictus d’agacement) tombe raide dingue amoureuse de l’ouvrier le plus rebelle (étonnamment le seul jeune, beau avec moto et instructeur de vol sans parachute à ses heures perdues…). S’ensuivent une scène complètement gratuite de chute libre (juste pour se faire plaisir et répéter plusieurs fois bitocu… ah ah ah !), une autre où du jour au lendemain la teigne devient la copine de cette bande de futurs chômeurs et les rejoint au café du coin…Sans parler de la séance en plein bois de mise à l’épreuve des équipes.

    J’ai commencé à ne plus rire du tout quand un gars de l’usine (bon d’accord pas très sympathique, et même un peu con sur les bords) se fait brûler sa voiture et qu’il se retrouve lui-même à l’hôpital gravement brûlé en essayant d’éteindre le feu ou qu’un autre se plante un couteau dans le ventre tellement il craint de perdre son boulot !

    Il faut une sacrée subtilité pour réussir à faire rire dans ces cas là.

    Ce film a obtenu le Prix du Public. Le prix le «plus important» dit Frédéric Ledoux, d’une certaine façon, il a raison.

  • FESTIVAL INTERNATIONAL DU 1er FILM - ANNONAY 2009 (mon making-off)

    Avant d’en arriver à la partie essentielle, vitale (les films, les réalisateurs et MON avis sur les pré-cités) laissez-moi vous donner un aperçu de « mon » festival en mode « off » et en images.

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    Deux valent mieux qu'une...

    Avant toute chose, il est fondamental de bien choisir la personne qui vous accompagne. Sinon, y aller seul ne pose aucun problème, les rencontres se font aussi naturellement que… non, beaucoup plus naturellement qu’à l’habitude (en ce qui me concerne en tout cas, puisque dans la « vraie vie est ailleurs » je suis d’un naturel faites-moi pas chier « ours des bois »). J’ai donc choisi d’emporter en bagage accompagné ma moitié, mon double, mon alter, ma condition sine qua non, et plus quand affinités :

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    Les journées festivalières s’étalent de 9 heures du matin à environ 2 heures le matin suivant. On a beau essayer de prononcer cette étrange phrase « soyons raisonnables », on n’y croit pas vraiment.

    Ma nostalgie s’arrêtant où mon confort commence, j’ai renoncé à l’hôtel de la place des cordeliers (non je ne le citerai pas) qui jouissait jusque là d’un monopole scandaleux remis en cause donc. Ce qui permettra peut-être aux heureux propriétaires de (re)mettre aux normes l’établissement (mode langdepute off…).

    Cette année donc, j’ai choisi un havre de paix, de calme et de verdure ! Et effectivement, la nuit, aucune horde barbare de lycéens venus d’ailleurs ne claironnait la charge de la brigade mastoc en hululant des borborygmes de sioux scalpant des yankees. C’est beau, c’est chic, calme et voluptueux. L’accueil est chaleureux et naturel

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    et le petit déjeuner… idéal.

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    Les films se voient au « Théââââtre » ou aux Nacelles et il est essentiel d’établir un programme rigoureux si, comme moi, vous souhaitez voir les 8 films de la compétition. Ce qui signifie : 4 films le premier jour, 3 films le deuxième et 3 le troisième… Et là, vous me ferez finaudement remarquer que 4 + 3 + 3 font 10. Et je répondrai « bingo » ! » car voir les 8 films en compétition n’empêche personne de voir (ou revoir) un film hors compèt et le film de clôture. Et là vous ne me répondrez rien car c’est imparable !

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    Si vous êtes « accrédité » vous pouvez (comme moi) vous pavaner avec votre ‘créditation autour du cou ou en bandoulière et chercher les membres de votre équipe. Equipe rose pour le jury, équipe jaune pour les réalisateurs, équipe verte pour les invités etc…

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    Mais rapidement vous pouvez aussi vous lasser d’arborer la photo de Marcel Bidochon sur votre joli pull de Festival.

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     Si vous n’êtes pas chanceux, vous achetez votre ticket choc mais pas cher et à l’entrée de la salle un être humain charmant de la grande famille « Bénévoles » (on les reconnaît facilement aux cernes qui leur arrivent au milieu des joues) vous l’échange contre un bulletin de vote qu’il faudra remplir et mettre dans l’urne en sortant. Ce qui permettra l’élection du film du public seigneurmariejosephilleurserabeaucouppardonné ! Il faudra d’ailleurs qu’on m’explique la subtilité entre les rubriques « j’aime un peu » et « j’aime assez »… sinon, vous avez le choix entre « je n’aime pas du tout » (ça arrive), « j’aime beaucoup » et « j’aime passionnément » (ça arrive aussi !).

     

     

    La projection des films est suivie de conférences-rencontres-conversations avec les réalisateurs, acteurs, directeurs de la photo présents. Cette année, miracle, TOUS les films qui viennent de Finlande Mikaaaaaaaaaaa ! (calme-toi Bernadette !), Chine, Turquie, Québec, Italie, Espagne, Irlande et Belgique, avaient au moins un représentant. Gaël (vous savez le directeur artistique qui soigne toujours son costume de fin de Festival !) anime le débat puis invite les spectateurs à poser des questions. Il est donc utile et fortement recommandé de travailler ses langues étrangères.

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    La convivialité et le dialogue se poursuivent donc dans ce bel endroit qu’est la Cour des Cordeliers rebaptisée cette année « Le Zhéros » où les voûtes, les vieilles pierres et les arcades accueillent l’ensemble des participants : public, réalisateurs, jury… Pas de quartier VIP je le répète, pas de ‘table réservée’… chacun s’installe et discute.

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    C’est là qu’on peut s’enflammer dans une conversation cinéphile avec des « anonymes » dont on ne connaîtra même pas le nom, sympathiser avec d’autres, dialoguer à moult reprises en langage des signes et anglais approximatif avec un réalisateur venu de très loin ébloui et même pas déçu de repartir (injustement selon moi) sans « tomate » (le trophée de cette année ),

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    discuter avec d’autres, tomber sous le charme d’un autre (ce fut le cas de 99.9 % des festivaliers, hommes, femmes et assimilés !),

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    revoir un ancien membre du jury

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    retrouver les amis,

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    rencontrer (enfin) leurs parents, ce qui fait comprendre pourquoi qui est qui,

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    découvrir la plus jeune ‘accréditée’ de tous les temps etc.

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    Le Festival c’est aussi un jury présidé cette année par Solveig Anspach qui vient à Annonay pour la troisième fois. Discrète et charmante elle a accepté avec cœur et fierté sa mission de devoir guider et écouter les membres de son jury. Comme chaque année ce jury est composé de 8 cinéphiles choisis sur candidature par un comité de sélection (vous dis-je assez de tenter et re-tenter votre chance ?). Par manque de temps (oui je sais les gens qui disent « j’ai pas l’temps » me tapent sur le haricot, mais je suis chez moi, je dis ce que je veux... d'ailleurs la preuve, même pas une seconde pour me refaire une manucure express... heureusement personne ne le saura et personne n'a rien vu)

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    Alors que Moit' prenait toujours le temps de se cirer les pompes

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    Je n’ai pu en rencontrer que 4 (membres du jury, il faut suivre...) qui étaient ravis, enchantés, surpris, ébouriffés, enthousiasmés par l’expérience.

    Lorraine (c’est son prénom… ben oui !) a 32 ans (en paraît 18) vit à Lyon et travaille dans l’événementiel. Elle est fille de projectionniste (la veinarde) et ancienne projectionniste elle-même. Elle collectionne les affiches de cinéma, est fan d’un cinéma plutôt classique dans lequel comptent Hitchcock et Chabrol, mais aussi Christophe Honoré. Cette année, elle a particulièrement apprécié « Les plages d’Agnès ». Elle trouve le Festival passionnant et riche en rencontres.

    Coline a 23 ans et vient de St Félicien (07). Elle poursuit des études en bio/éthologie (étude du comportement animal.. vous êtes nuls, tout le monde sait ça). Elle connaît bien le Festival d’Annonay où elle se rend régulièrement en voisine. Il lui réserve toujours d’excellentes surprises. Le dernier film qu’elle a apprécié est « Les noces rebelles » mais elle est fascinée par le cinéma de Terrence Malick.

    Pierre a 18 ans, il vient de Toulouse, étudie l’anglais mais ses projets d’avenir seront inévitablement tournés vers le cinéma (scénariste, réalisateur). Il réalise des films en amateur pour l’instant. Il a pu participer au Festival simplement en trouvant un prospectus dans son cinéma. Son dernier film vu en salle « L’étrange histoire de Benjamin Button » fut une déception mais il garde de « There will be blood » le souvenir de son dernier « choc » en salle. Il aime le cinéma asiatique en général et considère « Le voyage de Chihiro » comme une merveille. Le Festival d’Annonay l’a ravi par sa qualité et sa convivialité. Il a été particulièrement touché par la complicité entre les réalisateurs.

    Annegret a 41 ans et vient de Backnang en Allemagne où elle est directrice de cinéma (la veinarde). Elle adore le cinéma et sa participation au jury lui a été proposée dans le cadre du jumelage de sa ville avec Annonay. Elle a quand même dû rédiger une lettre de candidature. Ce qui est amusant c’est qu’elle a écrit sa lettre, la faite traduire en français… Devant son français impeccable, elle a été choisie, mais en fait elle parle très mal le français. Evidemment, ce n’est en aucun cas un handicap les films sont sous-titrés en anglais. C’est une amoureuse du cinéma qui se souvient avec émotion d’un grand film « Il postino ». Le dernier évènement auquel elle a participé et qui l’a fortement marquée est l’avant-première mondiale à Berlin de « Valkyrie » en présence du fils de Von Stauffenberg. Elle précise que ce film est loin d’être son préféré même s’il est « moins pire » qu’elle le craignait, mais que cette soirée fut très forte.

    Je n’ai hélas pas pu rencontrer les quatre autres membres du jury et je le regrette. Il y avait néanmoins :

    Frédéric de Quimper, 58 ans et animateur culturel.

    Mathieu de Clermont-Ferrand, étudiant de 21 ans motivé par son envie de voir des films.

    Magali, 34 ans de Paris. Elle a fait une thèse sur le cinéma et a été particulièrement intéressée par le fait que le Festival présente des premiers films.

    Claude, 66 ans vient de la Drôme, formateur à L’IUFM et entraîneur de foot.

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    Tout cela pour vous démontrer encore une fois que l’âge, la profession, la région importent peu. Le seul vrai critère est uniquement la passion pour le cinéma et l’envie (ou le besoin) de la partager le temps d’un festival. J’espère que cela vous incitera à présenter votre candidature pour les prochaines éditions.

     

    Annonay c’est aussi un Jury des Lycéens qui a la charge de primer un film (encore mille bravos pour leur choix audacieux de cette année…). Chaque année ce jury est présidé par un professionnel, l’année dernière Bernard Blancan, cette année la comédienne Louise Blachère qui était déjà présente pour présenter « La naissance des pieuvres » en 2008. Le talent et la maturité n’attendant pas toujours le nombre des années, c’est avec sérieux, compétence et application que la jeune Louise a accompagné les membres de son jury à peine plus jeunes qu’elle.

     

    La soirée de clôture fut particulièrement bien pilotée cette année, emmenée par Marianne Ferrand la délicieuse, compétente et passionnée directrice de la MJC à l’origine du Festival. Le reste de la soirée fut présentée et animée par Gaël qui n’a pas hésité cette année à payer de sa personne en endossant le costume très seyant et la moustache (rase ça très vite pitié !!!) du super-anti-héros.

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    (oui j'aurais dû m'approcher...)
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    no comment !

     

    Il y a évidemment le moment incontournable de la remise des prix où mon cœur palpite autant que celui des participants : deux grosses, énormes, colossales déceptions et un grand bonheur (deux fois répété) pour moi… et le moment quasi inévitable mais drôle où il y a quasiment autant de personnes sur scène que dans la salle (non, c’est faux, le théâtre est plein à craquer).

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    La suite au « Zhéros » n’était pas décevante. Bien que certains réalisateurs devaient partir très loin et très tôt le lendemain matin, ils n’ont pas rechigné (au contraire) à faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Certains timides, discrets, pudiques et calmes se révélant particulièrement fêtards…

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    3 réalisateurs, 1 comédienne, 1 directeur de la photo, 2 membres du jury et une ex membre...

     

    Voilà, c’est fini… pardon pour tous ceux que je n’ai pas cités. Au plus vite, je vous parle des films de la compétition et du film de clôture qui sortira en salle le 4 mars (petits veinards, c’est une splendeur).

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    A suivre…

     

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    P.S. : pour finir, un ptit "truc" perso qui nous a bien fait rire (heureuses et simples natures que nous sommes)...

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