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5 * Bof ! - Page 37

  • Wackness de Jonathan Levin *

    Wackness - Ben Kingsley, Josh Peck et Mary-Kate Olsen

    New-York, été 1994. Luke passe son temps à dealer pour arrondir les fins de mois difficiles de sa famille. Il deale également ses séances de psy en échange d’herbe. Il tombe amoureux de Stéphanie fille sublime mais pas très sentimentale. Le maire Giulani instaure une police de plus en plus répressive, et voilà, juin, juillet et août passent…

    Malgré une interprétation plaisante et même mieux que ça de la part des deux petits jeunots Josh Peck et Olivia Thirlby (Ben Kingsley lui, cabotine au-delà de ce qui est supportable), je ne peux pas dire que je sois entrée dans ce trip caniculaire shooté aux joints et pétards et dopé par une bande son hip hop qui n’est pas ma came ! De jolis moments mélancoliques où les garçons ont le cœur brisé viennent rehausser l’ensemble vraiment mou du genou.

     

     

    Et n'oubliez pas, ce soir c'est sur France 3 à 20 h 50 que ça se passe...

    L'Arnaque

  • Comme les autres de Vincent Garenq *

    Comme les autres - Pascal Elbé et Lambert WilsonComme les autres - Lambert Wilson

    Dans un Paris de carte postale avec vue sur la Tour Eiffel où l’on trouve une place pour se garer juste devant l’appartement avec jardin… Philippe et Emmanuel s’aiment depuis longtemps. Emmanuel veut un enfant et Philippe pas. Alors Philippe quitte Emmanuel qui décide de faire quand même une demande d’adoption. Mais comment devenir papa quand on est homosexuel ?

    Le manque d’ambition dans le traitement d’un sujet grave et dans l’air du temps est assez décevant. Si l’ensemble est joli à regarder, on assiste quand même à une succession de saynètes et à un empilement de clichés :

    -          les homosexuels lisent « Têtu »,

    -          ils portent des chemises mauve,

    -          ils décorent leur appartement avec goût,

    -          les hétéros (hommes) lisent « L’Equipe »,

    -          les vieilles filles rêvent d’enfants,

    -          sans enfant, pas de bonheur et d’épanouissement possibles…

    Si Pascal Elbé, d’habitude excellent, nous la joue ici plus virile que Rambo, Anne Brochet est délicieuse en meilleure copine en mal d’amour… mais le petit miracle se produit dans l’interprétation juste et touchante de Lambert Wilson, convaincant, drôle et émouvant dans son rôle de futur papa perdu et amoureux.

  • Un mari de trop de Griffin Dunne *

    Un mari de trop - Uma Thurman et Colin FirthUn mari de trop - Jeffrey Dean MorganUn mari de trop - Uma Thurman

    Emma est sur le point de se marier avec Richard. Ils forment le couple parfaitement idéal puisqu’ils sont beaux, riches, intelligents, drôles, complices et qu’ils dorment en pyjamas blancs dans des draps blancs dans un appartement blanc à New-York. Richard est éditeur comme tout le monde et Emma vient d’écrire un best-seller comme vous et moi. Elle anime par ailleurs une émission de radio comme tout un chacun, où elle prodigue des conseils stupides sur le VRAI et grand amour avec un grand H (méfiez-vous les filles, y’a des imitations et des faux !) à des sottes qui ont trop regardé « La Belle au bois dormant » en chantant « Un jour mon prince viendra/ Un jour il me dira/ Des mots d’amour si troublants si tendres/ Que j’aurais tant plaisir à entendre ». J’en sais quelque chose, je suis une de ces sottes, sauf que moi j’ai trouvé y’a belle lurette sans avoir demandé conseil à Macha Béranger ou à Ménie Grégoire (les anciens comprendront…), thanks God !

    Bon, un jour Emma, toujours sûre d’elle et catégorique, fait comprendre à une de ses auditrices qu’elle ferait mieux d’annuler son mariage qui court à la cata avant même d’être consommé. Le promis évincé (Patrick) ne l’entend pas de cette oreille et va chercher à se venger de la belle péremptoire (c'est une catégorie de belle qui commence toutes ses phrases par "je sais de quoi je parle"). Il échafaude un plan machiavélique destiné à lui pourrir la vie bien comme il faut…

    Le principe de la comédie sentimentale (américaine) c’est la dichotomie, oui messieurs dames. Une paire de chromosomes XX et une paire de chromosomes XY qui n’ont rien en commun se rencontrent, se chamaillent, se séparent à l’orée d’un quiproquo et se retrouvent le fond de l’œil humide à roucouler le Canon de Pachelbel, parfois sous la pluie, d’autres fois à l’Eglise, rarement dans un garage. En principe, les individus sont deux, généralement équipés du-meilleur-ami-à-la-vie-à-la-mort plus moche et stupide qu’un bulot, et roule ma poule jusqu’au happy end. Une autre catégorie (et nous y sommes en plein ici) fait intervenir un troisième larron à la limite de la perfection physique, intellectuelle et plus si ça vous dit, qui sera humilié en place publique avant la fin de la dernière bobine alors qu’il ne demandait qu’à faire le bien sur la terre et au-delà. C’est donc le cas, et ça, j’aime pas. L’humiliation en place publique je veux dire. On n’est pas chez les sauvages quand même. Quoique.

    Vous l’aurez compris, ah non pas encore ??? Et bien je vais vous le dire, le seul, l’unique et cela dit, pas négligeable, intérêt de ce film couillon, n’est ni son affiche rose urticante, ni son titre gras crétin, c’est son casting quatre étoiles du luminaire. Et là, on est servi et on en reprend.

    D’abord Uma. Elle est irrésistible et se donne un mal de chien pour faire la rigolote. Elle y parvient parfois, mais elle n’a pas son pareil dans l’émotion et on la préfère de toute façon en Black Mamba déchaînée chez Couennetine. Cela dit, elle est parfaite, belle, drôle et tout et tout. Jeffrey Dean Morgan, parfaitement inconnu pour moi, est une révélation, un sosie, clone, mixe entre Javier Bardem et Robert Downey Jr, donc hotissimo les filles vous m’avez comprise. Sam Shepard est craquant en papa poule (et toujours hot aussi, y'en a des, on sait pas comment ils font... c'est comme ça, on n'a qu'à subir point barre).

    Mais surtout, surtout, il y a Colin Firth, et je sais pas vous mais moi il m’énerve beaucoup ce garçon, dans le sens sexuel du terme bien sûr. Dès qu’il s’approche (enfin, je me comprends), j’ai envie de lui arracher ses vêtements. Mais je ne sais pas s’il apprécierait (il faudra que je me renseigne) parce qu’en toutes circonstances, je trouve qu’il est vraiment la classe incarnée !

    Un mari de trop - Colin Firth

  • La fille de Monaco d’Anne Fontaine *

    La Fille de Monaco - Fabrice Luchini et Roschdy ZemLa Fille de Monaco - Roschdy Zem, Louise Bourgoin et Fabrice Luchini

    Chargé de la défense d’une meurtrière à Monaco, l’avocat d’assise Bertrand se voit imposer la présence d’un garde du corps, Christophe, pendant la durée du procès. Très médiatique, Bertrand fait la connaissance de la Miss Météo Audrey lors d’un passage à la télévision locale. Il va tomber sous le charme et l’emprise sexuelle de cette bombe pas farouche et très opportuniste !

    Je ne sais si quelqu’un trouvera la réponse à la très subtile et raffinée question posée sur l’affiche, ce qui est certain c’est qu’après un démarrage assez prometteur le film long et répétitif malgré sa raisonnable durée (1 h 35 mn) endort prodigieusement et ce n’est pas la fin pas très finaude qui réveille !!!

    Je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam pour cause d’absence de Canal + à la maison, mais pour que Louise Bourgoin soit mon amie et que je puisse me faire une opinion sur ses qualités d’actrice il faudra qu’elle se dévoile en se dévoilant moins… si vous voyez ce que je veux dire. Ici, à part quelques répliques assez drôles qu’elle balance énergiquement, on constate surtout que la nature peut être cruelle… mais pas avec elle, qu’elle a des jambes d’un mètre 30 chacune, des cheveux en cascade parce qu’elle le vaut bien, un ventre plat et de jolis seins moulés dans des robes cousues sur elle (environ 3cm² chaque robe !). Avec le même genre de prestation, Isabelle Adjani avait fait des miracles dans « L’été meurtrier ». Ici l’encéphalogramme reste plat, d’autant que la belle se répand en affirmant « j’aime le sucre et le gras… de dos je ressemble à un travelo…etc ». C’est ça, on va te croire !

    Bref, ce qui accroche vraiment ici, en ce qui me concerne évidemment, ce sont les deux garçons. Leur rencontre, leurs tête à tête, leurs face à face, chacune de leur scène est un régal. C’est bien entre le volubile intellectuel et l’ex loubard taciturne que les étincelles ont lieu. L’histoire de ce trio étant tarte à souhait et complètement invraisemblable, c’est vraiment sur ces deux grands acteurs qu’on s’attarde et c’est leur couple qui est la belle et grande idée du film. Fabrice Luchini est charmant, drôle, séduisant, fragile et j’en passe. Il m’étonne, il m’épate toujours. Ecouter ses répliques est toujours un festin : « ça va trop vite. Je vous assure, ça va beaucoup trop vite ! ». J’adore. Roschdy Zem n’a plus rien à prouver depuis longtemps mais il est parfait, d’abord muré dans son silence et son travail d’APR (Agent de Protection Rapprochée), il lâche un peu ses fêlures. Il est impressionnant, beau, inquiétant et drôle.

    Pour les garçons, donc.

  • Mad Money de Callie Khouri *

    Mad Money - Diane Keaton, Queen Latifah et Katie Holmes

    Son mari se retrouvant au chômage, la bourgeoise Bridget Cardigan sur-endettée se voit contrainte de chercher du travail. Son diplôme de littérature n’étant plus trop d’actualité et son âge avancé font qu’elle accepte un poste de femme de ménage à la Réserve Fédérale Américaine. Lorsqu’elle découvre le service où les billets usagés sont détruits, ses yeux clignotent. Elle va se faire deux copines déjà installées dans la place et elles vont à elles trois, aux yeux et à la barbe d’un service d’ordre sur-armé, prélever des milliers de dollars pendant des années…

    Le scénario abracadabrantesque, tiré, paraît-il d’une histoire vraie était très alléchant. Voir ces trois filles futées mais sans prédispositions particulières pour le hold-up est même plutôt plaisant. Et l’idée de prendre de l’argent qui n’appartient plus à personne et destiné à la poubelle donne à ce film un côté curieusement moral… Si le premier cambriolage est particulièrement réussi, vraiment drôle et réjouissant avec un petit côté (tout petit petit…) « Ocean… », le reste est hélas poussif et ennuyeusement répétitif.

    Par ailleurs, voir Diane Keaton jouer les fofolles survitaminées histoire de nous prouver qu’elle est toujours en forme malgré ses biiiip ans ne m’a pas séduit du tout. J’ai même trouvé ça assez gênant. Queen Latifah continue de jouer les bonnes copines. La bonne surprise vient de la charmante Katie Holmes vraiment craquante et à croquer ici. C’est maigrichon comme butin.

  • Sagan de Diane Kurys *

    Sagan - Sylvie Testud

    La vie, la mort, les amours, les emmerdes de Sagan… et quelques pages d’écriture de celle qui devint un mythe et dont la carrière commença par la sortie du livre jugé scandaleux « Bonjour tristesse ».

    On ne peut que reconnaître deux atouts imparables à ce film : la performance miraculeuse de Sylvie Testud et l’envie qu’il donne de (re)lire de toute urgence toute l’œuvre de Sagan.

    Bizarrement le film laisse une impression très mitigée de malaise et de déception, comme s’il était poussiéreux, inadapté et surtout l’insondable tristesse qu’il dégage, malgré les quelques tentatives pour faire sourire, laisse complètement anéanti.

    Sagan était une femme gaie qui aimait faire la fête et ne savait que faire une chose : écrire. Elle n’attendait qu’une chose de ses amis (nombreux) : qu’ils soient heureux ! Dès la parution de « Bonjour tristesse » elle devient millionnaire alors qu’elle n’a que 18 ans. Elle passera sa vie à dilapider tout l’argent qu’elle gagne, aux jeux, dans l’achat de luxueuses voitures, de maisons et surtout en s’entourant d’une cour de pique-assiette qu’elle entretient, loge, nourrit, sort. Elle s’en fiche, elle est généreuse, elle ne sait pas compter, elle veut qu’on l’aime.

    Deux mariages, un enfant (renié… pourquoi ?), ses relations homosexuelles, ses beuveries, son accident de voiture qui l’a rend pour toujours accro à la drogue, son arrestation… tout le film n’est qu’une succession de pages people ou scandaleuses. C’est un peu comme si on feuilletait en accéléré 50 ans de « Paris Match » et c’est assez écoeurant car si on se rend compte à quel point cette femme était adorable et imprévisible, on cerne peu sa personnalité complexe et son génie d’écrivain. Les plus beaux (et rares) moments sont ceux où en voix off, elle « écrit » ses plus belles pages. Pour le reste, toute une galerie de marionnettes plus caricaturales les unes que les autres se succèdent auprès d’elle pour l’abandonner finalement.

    Mais au centre de ce tourbillon de fêtes, de séductions et de défaites, il y a Sylvie Testud à la tête d’un rôle colossal qu’elle a empoigné, petite brindille au corps anorexique, comme possédée par l’écrivain. Elle est incroyable, troublante car on ne peut qu’insister sur la ressemblance confondante avec son modèle. Sans maquillage outrancier, sans latex qui enlaidit et dénature, juste par le mystère d’une mèche blonde qui balaye le front, d’une démarche qui devient de plus en plus hésitante avec les années, d’une façon de se caresser le sourcil, de se plaquer les cheveux dans la nuque nerveusement, et d’une voix sans pareil et surtout d’un débit hypernerveux, inquiet et impatient, elle devient Sagan, gaie, excessive, timide, attachante, touchante.

    Ce film doit TOUT à Sylvie Testud mais ne rend pas hommage à Françoise Sagan réduite ici à une fêtarde désespérée.

    Il faut également remercier, féliciter et rendre grâce à Chantal Neuwirth et à Sylvie Testud encore, qui dans le « spectacle » final de l’agonie rendent, par la force de leurs regards, toute sa dignité à une scène qui aurait sombré dans un mauvais pathos sans le talent de ces deux actrices.

    Un film d’une grande, profonde et insondable tristesse !

  • Le grand alibi de Pascal Bonitzer *

    Le Grand alibi - Mathieu Demy
    Le Grand alibi - Mathieu Demy

    Monsieur le Sénateur (Pierre Arditi, tellement rocailleux qu’il va finir par être inaudible) et Madame (Miou Miou tellement effacée qu’elle va finir par disparaître) reçoivent dans leur grande demeure/château avec piscine. Les invités s’aiment ou pas, se supportent ou pas sans qu’on sache vraiment quels liens les lient les uns aux autres. Mais on saura qui couche ou a couché ou couchera avec qui. Passionnant… Evidemment, on le sait, le scénario est tiré d’un roman d’Agatha Christie donc rapidement il y a un meurtre que sera chargé d’élucider le lieutenant Grange et les nombreux personnages semblent avoir tous une bonne raison d’avoir assassiné le Professeur Pierre Collier, au bord de la piscine avec un 7-65 !

    Que dire ! Oscillant entre sérieux et burlesque Pascal Bonitzer hésite sans cesse et ne se décide jamais. Dommage, burlesque ça aurait pu être bien. Du coup, on  ne sait jamais non plus sur quel pied danser et l’apathie des personnages finit par gagner le spectateur qui s’assoupit mollement dans son fauteuil. Si ce n’est une scène (trop courte) entre Miou Miou et Pierre Arditi qui nous sort de la torpeur, ce n’est pas rien de dire qu’on s’en fout un peu, beaucoup, passionnément de tout ça. A propos des acteurs, tous relativement apathiques devant défendre des personnages plutôt antipathiques, je dirai que Valeria Bruni tedeschise comme d’hab’, Anne Consigny complètement hagarde se ridiculise, et je décerne à Catherine Murino la palme d’Or de l’actrice tête à claques comme il y avait longtemps que je n’en avais pas rencontrée (la phrase est mal ficelée et tordue… mais j’ai la flemme). Elle a cependant le privilège d’avoir à proférer la réplique la plus tordante que j’ai entendue depuis longtemps également : « ne fais pas cette tête, tu ressembles à Bob l’Eponge »… Et ayant pu faire la connaissance très très récemment dudit Bob dans une salle d’attente où la télé braillarde et matinale était allumée, je peux confirmer que ce n’est pas un compliment.

    Que reste t’il et pourquoi une étoile me direz-vous ? Parce que j’en ai assez et plus qu’assez de cette hémorragie de bulles, qu’il faut que cela cesse et qu’il y a aussi et surtout les yeux de Mathieu Demy, la voix de Mathieu Demy, le sourire de Mathieu Demy, la barbe de Mathieu Demy… Mathieu Demy…

    Et puis aussi, un film dont le grand alibi est la connerie mérite bien une étoile... Non ? Mais si !

    Ah ! hélas je n’ai plus le temps (ce soir j'ai Cluedo) de vous parler de la… prestation ? apparition ? de Dany Brillant… hélas je n’ai plus le temps. Dommage si j’avais eu le temps je vous aurais parlé de Dany Brillant…. J MDR. LOL. PTDR…

  • Passe passe de Tonie Maschall *

    Passe-passe - Nathalie Baye et Edouard Baer

    Pour emmerder son beau-frère (très beauf) le doux, rêveur et prestidigitateur au chômage Darry lui pique sa grosse bagnole. Sur une départementale il rencontre Christine Deviers Joncourt Irène Montier Duval abandonnée là avec son sac Hermès rempli de billets de banque. Un peu contraint, beaucoup forcé par la belle emmerdeuse, il va la véhiculer de Paris à Lyon à Locarno et surtout tenter de la faire échapper à ses poursuivants : un ministre, la mafia coréenne…(et d'échapper lui-même à son beauf qui veut récupérer sa voiture). En effet, Irène a servi d’intermédiaire de séduction dans une vente d’armes !

    Que dire de cette course poursuite mollassonne survitaminée comme un épisode de Derrick qui fera sourire à peine et jamais rire ? La scène d’ouverture est un crève-cœur où Darry « place » sa mère dans une clinique chic et chère. Bulle Ogier ne se sort décidément plus de ces rôles de vieille dame un peu douce, un peu folle qui lui vont comme la maladie d’Alzheimer. Après ce démarrage, une révélation : Joey Starr, vraiment épatant dans une seule scène où tout l’écran lui appartient ! Il faut lancer un appel aux réalisateurs qui oseraient lui offrir un rôle à contre-emploi. Belle présence, belle diction, il est formidable ! Et puis, Nathalie et Edouard se rencontrent et ça marche. Leur fantaisie respective, l’énergie de l’une, la paresse de l’autre font merveille et puis rapidement pfffff, le soufflet retombe… Ils s’agitent à peine alors qu’ils ont la mort aux trousses, ils balancent leurs répliques qui semblent avoir été écrites, travaillées et retravaillées avec application, tellement que certaines sont répétées deux fois ! Allez, un ptit cadeau pour la route : « la politique ce sont des idées qui rencontrent des circonstances »… et on la bisse au cazou... Quelques seconds rôles viennent faire un petit numéro et le César revient à Mélanie Bernier (la pauvre !) contrainte de déverser des flots d’insultes et de mots très drôles (bites, couilles, zob… ah ah ah !) dès qu’elle est émue car elle est atteinte du syndrome Gilles de la Tourette ! A cette belle actrice aussi il y a urgence à lui offrir un rôle ! Un petit coup de Sinatra par ci « I got you under my skin », un petit coup de séduction de la part d’un acteur coréen très très très beau par là, un petit coup d’altermondialisme, des garde du corps armés et très très méchants … et puis hop le grand mystère, l’énigme sont résolus en 2 secondes par un tour de passe-passe non moins mystérieux et par le miracle d’une clé USB en croco Hermès ( !). Tous les acteurs sont debout sur un parking, certains trouvent l’amour, tout le monde est libre et content. J’ai RIEN compris. Cela dure 1 h 33 et ça m’a paru interminable !

  • Le nouveau protocole de Thomas Vincent *

    Le Nouveau protocole - Clovis Cornillac

    Raoul est bûcheron. Ça se voit, il a une barbe, une chemise à carreaux et un bonnet. Il reçoit un coup de téléphone qui lui annonce la mort de son fils de 18 ans dans un accident de voiture. Il est fou de chagrin jusqu’à ce qu’une jeune femme très très exaltée lui affirme que cette mort serait dû aux effets secondaires d’un protocole médical que son fils aurait suivi lui faisant perdre le contrôle de sa voiture. D’abord sceptique, il va finalement suivre Diane militante alter mondialiste dans son combat contre le lobbie pharmaceutique.

    La première et la dernière scènes, terrifiantes, essaient de nous faire croire que nous allons assister à un film très politique basé sur l’indignation que provoquent les essais cliniques commis sur les enfants africains par les grandes firmes pharmaceutiques. Pour cela, je vous conseille plutôt de revoir « The constant gardener » car ici nous assistons à un petit thriller paranoïaque à l’américaine, survolté et la plupart du temps assez invraisemblable. Si Clovis Cornillac est tendu, très impliqué et plutôt crédible, Marie-José Croze est très très exaspérante.

  • MR 73 d’Olivier Marchal *

    MR 73 - Daniel Auteuil
    MR 73 - Daniel Auteuil

    Un serial killer de femmes commet des crimes épouvantables à Marseille. Dans le même temps, un ancien sauvage qui purge une peine à perpétuité « risque » d’être libéré pour bonne conduite après 25 ans d’enfermement. Au milieu de ces deux histoires (sans aucun lien l’une avec l’autre !!!) se trouve Schneider, flic brisé, ratatiné par un drame personnel mais qui tente, entre deux comas éthyliques de résoudre les énigmes.

    Ça commence plutôt bien. Se lancer sur les traces d’un serial killer au cinéma promet toujours une multitude de pistes et de mystères à résoudre. Et puis découvrir le fonctionnement d’un cerveau malade peut être un voyage fascinant. Hélas, on ne saura rien de ce qui se passe dans ce cerveau et nous assisterons abasourdis à une succession de plans indigestes et très insistants sur des corps de femmes martyrisées, torturées, violées alors qu’un expert ès crime nous explique (pour enfoncer encore bien le clou) comment l’assassin a procédé. Est-ce le moment d’employer le mot « complaisance » (oui, pour ceux qui me connaissent, ils savent que c’est un mot que je ne parviens jamais à caser, les autres auront raison de s’en foutre) ? Sinon, il me semble que le film pourrait se « voir » simplement, sans arrière pensée si l’on ne savait qu’Olivier Marchal est un ex flic et que donc, il est difficile de ne pas voir un aspect documentaire dans ce(s) film(s)… C’est là que ça devient réellement effrayant. Soit Olivier Marchal a des comptes à régler avec son ancien métier, soit il crache dans la soupe froide, soit… et c’est là qu’on tremble, sa peinture du milieu de la police municipale reflète la réalité ! En effet, alors que ce matin encore dans ma radio préférée un monsieur flic qui a écrit un livre nous implorait d’aimer la police, il se trouve qu’ici aucun flic n’attire la sympathie et qu’au contraire même, ils sont tous plutôt repoussants voire inquiétants et effrayants les uns que les autres, à l’image des squats miteux où ils ont leur bureau. Apparemment, ils exerceraient tous leur métier par dépit, pour se venger de la vie qu’est pas rose tous les jours, certains parleraient à leur flingue « c’est plus beau qu’une gonzesse ! », certains voleraient des objets de valeurs sur les lieux de crimes et traficoteraient pour arrondir les fins de mois, d’autres vendraient des photos à la presse, sans parler des règlements de compte, vengeances et autres meurtres entre flics, et aussi qui couche avec qui, qui veut la place de qui, que doit-on cacher aux supérieurs etc, etc… Quant à l’aspect « dossier de l’écran » du film qui va faire plaisir à Mâme Dati (pouh ! rien qu’écrire ce nom fout le frisson !) : un psychopathe peut-il être réinséré ? La réponse est « non ». Les tarés restent tarés surtout si entre temps ils ont rencontré dieu en prison (ça aide pas !) et ceux qui ne le sont pas le deviennent. A ce titre, ce qu’on fait faire à Daniel Auteuil dans la dernière demi-heure (qui part en vrille ni plus ni moins) est tout bonnement invraisemblable, inconcevable et honteux. Je me demande toujours jusqu’à quel point les acteurs peuvent TOUT accepter dès lors qu’ils ont signé un contrat ? Ajoutons à cela une image bien crade aux couleurs sursaturées ou désaturées (les spécialistes trancheront) et vous aurez une idée de l’ambiance !

    Alors pourquoi une étoile me direz-vous encore ? Parce que les acteurs, figurez-vous ! Des seconds rôles en pagaïe : Louise Monot (la fofolle des pubs « une seconde de bourjois ») que j’attends dans un vrai rôle, Gérald Laroche impeccable, Francis Renaud toujours au bord de l’implosion et Catherine Marchal grande classe. Olivia Bonamy hérite du rôle difficile de la victime collatérale chargée de chialer abondamment avec le nez qui coule à flot (il faudra aussi qu’on m’explique pourquoi les jolies brunettes acceptent parfois de se coller une serpillière jaune paille sur la tête ?). Reste Philippe Nahon qui après une incursion (hilarante et réussie dans la comédie « Vous êtes de la police » de Romuald Beugnon) reprend avec conviction et persuasion son costard de salaud débectant.

    Et enfin, le stradivarius… Daniel Auteuil, imbibé jusqu'au fond d'oeil, qui compose ici une épave, un débris, un homme en ruines absolument irrécupérable et qui le fait avec toute son envergure et son talent, sans excès, sans exubérance, avec classe et sobriété. Chapeau.

    Olivier Marchal peut lui dire merci !!!