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5 * Bof ! - Page 45

  • Hooligans de Lexi Alexander *

     

    On ne peut imaginer que la réalisatrice (une femme donc..) ait voulu faire un film à la gloire des hooligans. On l’espère. Dans ce film, on voit à peine l’ombre d’un ballon et pour cause, le sujet n’est pas le football. On est d’accord.

    Par contre on y découvre que ces hooligans sont des gens, n’importe qui, vous, moi (enfin non, pas moi) qui ont une famille, un travail (pilote, fonctionnaire, prof…) et c’est ce qui est encore plus terrifiant. Les a priori laisseraient supposer qu’il s’agit de fous furieux décérébrés, parias de la société, exclus, marginaux… pas du tout. Ils aiment leurs enfants, leurs femmes, leur travail et le week-end ils deviennent déments dès qu’il y a foot. Le but n’est pas de voir un match mais de se mettre sur la tronche. C’est à la fois sadique et masochiste car le plaisir vient autant du fait de donner des coups que d’en recevoir. Quand le drame arrive, on se dit que la raison va revenir ! Non, ça décuple la haine et la violence. A ce niveau, il semble que cela relève plus de la psychiatrie que du fait de société. C’est effrayant et sans issue…

    Que reste-t-il ??? L’interprétation : Elijah Wood en tête, mais aussi Charlie Hunnam, presque nouveau venu plus que convaincant (chaînon manquant entre Brad Pitt et Colin Farell pour le physique) et Léo Gregory constamment au bord de l’implosion.

    Message personnel : bon maintenant Frodon, ça suffit, tu rentres à la maison. Tes mauvaises fréquentations (Gollum, Sin City et maintenant des Hooligans) vont finir par te jouer un mauvais tour. 

  • X Men, l’affrontement final de Brett Ratner *

     

    Pour contempler Hugh Jackman, une seule et unique solution : endurer les X Men !!! Ce type cicatrise plus vite que Lucky Luke tirait avant son ombre, et, bonheur de la ménagère : à chaque blessure, son tee-shirt cicatrise avec lui.

    Mais revenons-en au… film ??? Balourd, prétentieux, bavard, dénué d’humour et d’émotion sont les premiers mots et impressions qui viennent. Et pourtant ça commence plutôt bien car un savant a trouvé un antidote contre les pouvoirs des mutants. Dorénavant ils auront le choix : rester mutant ou devenir humain. La réflexion qui s’imposait était : dans un monde où tout est normatif, où il faut suivre des modes et des diktats comment faire pour imposer et assumer sa différence ? Certains refusent (et on les comprend) d’être considérés comme une maladie. Non, mais. Trop fort non ?

    Et puis, flop, entre les pros et les antis ça canarde à tout va dans un déluge d’effets spéciaux qui font peu d’effet et n’ont pas grand-chose de spécial. Jean Grey (plantée comme une bûche) dégomme tout le monde et en priorité ceux qu’elle aime. Magneto porte comme personne le casque à pointe. Malicia se fait des cheveux blancs parce qu’elle peut pas… euh, vous comprenez ??? avec son petit ami qui craque pour une patineuse. Mystique passe un sale quart d'heure. Tornade fait la pluie et le beau temps suivant les besoins. Il y a aussi deux comiques antinomiques l’un qui crache le feu, l’autre qui arrose à qui mieux-mieux et j’en passe. Ils sont venus, ils sont tous là !!! Cerise sur le clafoutis : un combat télépathique hilarant entre Jean et le Professeur Xavier et là, on balance la musique adonf' pour qu’il se passe quelque chose pour terminer par un gros plan désopilant sur le fauteuil vide de Xavier.

    Bon, heureusement à un moment Wolverine est dans une forêt et là, à mains nues (enfin presque), seul contre tous, il expédie tout ce qui bouge. Wolverine (Logan pour les intimes) : c’est toi mon héros !!! Je n’oublie pas le nouveau venu qui est mutant ce qui fait beaucoup de peine à son papa. Son super pouvoir ??? Voler ! Une fois, une seule, il déplie ses grandes ailes d’ange et là : C’EST BEAU et ça dure 4 secondes 12 centièmes !

    Bonne nouvelle, dans le titre, c’est écrit : affrontement final… mais moi je dis que si on attend la fin du générique, rien n’est moins sûr. Pour le IV : j’y serai, j’adore les films comiques même quand c’est involontaire.

  • Da Vinci Code de Ron Howard *

    Pour une leçon de philosophie, de théologie, d’histoire ou de cinéma : passez votre chemin car ici vous ne trouverez que de la bouillie pour chat. Hélas !

    Et pourtant le film suit à la page, à la lettre près le livre de Dan Brown et c’est peut-être ce qui en fait ce long pensum bavard et interminable ; alors que le livre se lisait d’une traite avec plus que de l’intérêt. En tout cas, nulle trahison mais nulle passion non plus, à une scène près ! Vers le milieu du film Sir Leah Teabing (Ian Mc Kellen) explique au professeur Langdon (Tom Hanks) et à Sophie Neveu (Audrey Tautou) la grande imposture que fut le Graal et sa quête, "La Cène" de Leonardo da Vinci à l'appui. Le Saint Graal ne serait ni une coupe ni un gobelet mais rien moins que le Féminin Sacré, le réceptacle de la fécondation… Est-ce le talent de Ian Mc Kellen, acteur passionné, est-ce le thème audacieux et réjouissant ? En tout cas là enfin il se passe quelque chose. Et voilà, pourquoi tout ce tapage : remettre en cause les fondements mêmes de l’humanité et de la religion catholique en prétendant que l’église a été bâtie non par un homme, Pierre, mais par une femme : Marie-Madeleine, ça ne se fait pas…

    Et donc de décryptages en décodages, d’énigmes en rebondissements parfois fastidieux, Ron Howard met du son et des images sur les mots. Soit.

    Que dire de l’interprétation ? Audrey Tautou est très appliquée et n’a rien à se reprocher. Tom Hanks, acteur multi-oscarisé doit avoir réalisé ici la plus mauvaise performance de sa carrière : est-ce dû à son unique expression (front plissé) ou à son improbable brushing, il est absent ? Jean Reno a dû envoyer son enveloppe charnelle sur le tournage, mais il n’était pas là non plus. Paul Bettany, je l'aime donc je ne dis rien... Seul Ian Mac Kellen flotte nettement au-dessus de ce manque d’inspiration. Quoiqu’il fasse, il semble toujours concerné et investi d’une mission : son boulot d’acteur en somme.

    Néanmoins, le livre de Dan Brown était un roman et ce film reste un film... vraiment pas de quoi polémiquer.

    Franchement, j’aurais vraiment aimé dire que ce film est un grand film. Il ne l’est pas.

  • Secrets de famille de Niall Johnson *

    Déception.

    Ce devait être extravagant et loufoque avec une bonne dose d’amoralité saugrenue dans le genre « Arsenic et vieilles dentelles », et c’est plan-plan, mou-mou… soporifique. Pourtant tout y était : l’histoire (une vieille dame indigne c’est toujours réjouissant) et on sent que les acteurs sont tout prêts à se lâcher et flop.

    Donc, une vieille dame meurtrière qui a passé environ quarante ans en prison-hôpital-psy débarque dans une famille au bord de l’implosion et dégomme tout ce qui pourrait l’empêcher de tourner rond. Gloria mère et épouse au bord de la crise de nerfs essaie de donner un sens à son existence morose entre un mari-pasteur (Rowan Atkinson, sobre !) qui la néglige, un fils perturbé et souffre-douleur à l’école, une fille ado nymphomane et un amant grotesque (Patrick Swayze, définitivement grotesque). La pauvre a beau faire la danse des sept voiles devant ces deux nigauds, ils ne voient pas la perle qu’ils ont devant eux. Soit… et bien tout ceci tourne à vide dans la belle campagne anglaise humide et verdoyante.

    Quelle dommage pour la grande Kristin Scott Thomas que je n’ai jamais vue aussi farfelue, excentrique, franchement marrante et l’immense Maggie Smith, toujours un peu inquiétante et irrésistible. On les sent toutes deux malicieuses, prêtes à dire et à faire des pitreries… et elles sont entravées par un scénario qui n’ose pas. Encore dommage.

     

  • Chromophobia de Martha Fiennes **

    Ce film se regarde sans ennui et sans passion. C’est une espèce d’ovni dans le sens où il ne ressemble à aucun autre mais qu’il semble néanmoins un peu vain. Pratiquement toute la famille Fiennes (sauf Joseph) s’y est mise d’arrache-coeur.
    En vrac, nous y trouvons une femme (Kristin Scott Thomas, belle, belle, belle) dépressive, mauvaise mère, amour-propre défaillant, obsédée par son apparence, son mari (Damian Lewis, impeccable) avocat qui prend du galon sans vraiment comprendre pourquoi, un petit garçon malheureux, un ex-flic dépressif itou (Rhys Ifans, plus que bien) reconverti en travailleur social, une prostituée en phase terminale (Penelope Cruz qui prend un nouveau risque : mal coiffée, mal maquillée, mal habillée : elle est moche), un ex Hobbit (Ian Holm) déboussolé, un amateur d’art raffiné et homosexuel qui aime bien les jeunes garçons (Ralph Fiennes : sublime… et oui, la cinéphile est une faible femme !!!) , un ami-traitre et journaliste (Ben Chaplin : œil de velours)… et d’autres encore, car c’est un film «choral».

    Quand le final arrive pompeux et grandiloquent, il y a un parfum de grande réconciliation qui flotte et là : j’aime.

  • M.I. 3 de J.J. Abrams **

    Ethan court ( à Shangaï)...

    C’est l’histoire d’une patte de lapin qui vaut 753 millions de dollars… Ethan, ça le fait courir de Berlin à Washington et de Rome à Shangaï et il court, vite, très bien et longtemps et ça nous laisse à peine le temps de visiter ces belles villes. Depuis Forrest Gump, personne n’avait autant couru, et si vite et si longtemps. Ethan est amoureux, ça le fait beaucoup courir et beaucoup pleurer. Ethan a un nouvel ennemi très cruel, très imperturbable, très implacable. C’est Philip Seymour Hoffman, acteur luxueux, et c’est réjouissant. Cet ennemi fait beaucoup courir Ethan.
    C’est un film pyrotechnique qui vous laisserait en apnée deux heures durant si quelques scènes romantico-niaiseuses ne venaient permettre de reprendre le souffle (et en même temps de ralentir l’action).
    Bilan : 354 voitures, 3 avions, 2 hélicoptères, 4 éoliennes, quelques humains… Et Ethan ??? mâchoire carrée et palpitante, 3 égratignures, 5 litres de sueur, 12 litres de larmes, une crise cardiaque, une résurrection : ce type est immortel.
    Au fait, c’est quoi une patte de lapin ??? Nous le saurons dans M.I. 4.
    Cerise sur le feu d’artifice, LA réplique du siècle :

    « ce type est dangereux car il est le symbole de l’embauche anti-évolutionniste » !!!???...

    Il court et des fois il tombe...

  • ANTARTICA de Frank Marshall **

     

    J’avais zappé les gouingouins qui marchent, j’avais snobé les nounours… pas question de louper les toutous !

    Alors voilà : un top modèle (Paul Walker) égaré sur la banquise en tant que guide est chargé d’aider un scientifique à mener à bien sa quête du Saint Graal : retrouver une météorite extra-terrestre tombée pile poil là où personne ne va, où sévissent des machins rampants/panthères, un éternel hiver, des crevasses, des tempêtes…

    Autour du mannequin (tablettes de chocolat là où il faut, sourire ultra-brite…) s’agitent Jason Biggs (pour la caution comique) Moon Bloodgood (pour assurer la partie bluette sentimentalo-niaiseuse et prévisible) et Bruce Greenwood (avec sa tête de Président des U.S.A. ou de scientifique, on ne sait jamais s’il va jouer le rôle du méchant ou du gentil : ici, c’est pas dur, il assure les deux). Tout ce joli monde équipé de dialogues indigents et pour tout dire bébêtes (ah ah) va vivre des aventures qui ne risquent pas de nous arriver… en tout cas pas à moi !

    Reconnaissons à Paul Walker un sacré bon sens et une lucidité désarmante puisqu’il admet dans une interview : « je ne suis pas à l’aise dans le registre de l’émotion ». Bien vu mon gars, rien que pour cette clairvoyance, tu mériterais le Prix Nobel.

    Notons au passage quelques aberrations scénaristiques qui devraient mettre une scripte au chômage. Lorsque les chiens sont abandonnés (oui, c’est horrible mais les chiens sont abandonnés) c’est l’hiver. Quinze jours plus tard quand Paul/Jessy dit qu’il DOIT aller les récupérer : c’est l’hiver, normal. Trois mois plus tard, quand il voyage de bureau en bureau pour demander qui c’est ti qui pourrait l’aider à financer son voyage, on lui répond : « non, gars, pas en plein hiver, on peut pas !! ». Six mois encore plus tard… « pas question, fiston, c’est l’hiver là-bas, personne voudra t’emmener »… Etc etc… Désolée, moi ça me fait rire le comique de répétition.

    Bon passons, vous l’aurez compris la partie humanoïde de l’aventure c’est du sans plomb mais la partie canine : c’est du super !!! Et là, en avant l’épopée : ça bouge, ça déménage, c’est beau, c’est drôle, c’est émouvant, c’est surprenant, c’est triste et ça finit pas trop mal mais pas complètement. Ces chiens sont des acteurs : expressifs, attachants, cabots of course, efficaces et dès qu’ils quittent l’écran, ils nous manquent. Cette partie (la plus importante heureusement) aventure animalière en terrain hostile est une vraie réussite.

    P.S. : une scène a fait décoller la salle entière de son fauteuil !

  • Les filles du Botaniste de Dai Sijie**


    Se sentir bien dans les bras d’une personne du même sexe est dangereux et mortel et même si An et Mi Ling trouvent un temps leur Brokeback Mountain dans une espèce d’Eden asphyxiant et vénéneux, il ne fait pas bon enfreindre les codes de la Chine post Mao et Révolution Culturelle.
    Min Li, jeune orpheline de 20 ans, part faire un stage chez un maître botaniste glacial et autoritaire qui règne sur son jardin et sa fille An de façon despotique. La proximité et la complicité des deux jeunes filles se transforment vite en un sentiment sensuel et passionné qui rend leur séparation inconcevable. Pour ne jamais être séparée elle mette au point un stratagème plutôt risqué qui se révèlera redoutable.
    Alors pourquoi, malgré la beauté et la conviction incontestables des deux actrices, malgré la singularité du jardin et des plantes qui la composent (phalliques ou toxiques entre autres), malgré la brutalité des hommes (mari violeur, père tyrannique) qui contraste avec la douceur des deux filles reste t’on parfois (pas toujours) un peu à l’écart de l’histoire ???
    Le décor, l’environnement sont à couper le souffle et donne l’envie de plier armes et bagages illico pour aller visiter ces endroits à tomber par terre, et pourtant la cinéphile n’est pas prompte à s’ébaubir aisément devant la faune et la flore au cinéma (trouvant qu’il y a déjà suffisamment de boulot avec l’espèce humaine). Mais les ébats amoureux des deux jeunes filles sont filmés de façon un peu banale (proche de la niaiserie chichiteuse de David Hamilton… les anciens se souviendront) : chaque mouvement l’une vers l’autre semble ralenti (il doit y avoir d’autres façons de montrer la délicatesse et la douceur) et baigner dans une vapeur blanchâtre. Il faut ajouter à cela une musique d’ascenseur vraiment hideuse qui vient appuyer lourdement certaines scènes alors que la musique traditionnelle recèle de véritables trésors et que la Chine ne doit pas manquer de compositeurs. Je tiens donc particulièrement à citer Eric Lévy qui plombe le film lamentablement et honteusement.
    En résumé, c’est un film « entre deux », parfois superbe et passionnant, parfois insipide… et ça m’embête de dire ça tant j’avais aimé « Balzac et la petite tailleuse chinoise », une splendeur.

  • Les enfants du Pays de Pierre Javaux*


    Bonne nouvelle, les dérapages que l’on aurait pu craindre sont évités et si ce n’est un gros plan insistant sur une boîte de Banania « y’a bon » (ah ah ah), cela reste humainement et objectivement correct : au Sénégal, comme de ce côté-ci des colonies, il y a des sages intuitifs, des bergers, des analphabètes et des gens cultivés.
    Nous sommes en 1940 dans un village déserté des Ardennes où ne restent que trois irréductibles : un vieil homme (Michel Serrault définitivement cantonné dans les rôles de papy bougon… mais on lui pardonne en souvenir de Monsieur Arnaud, du docteur Petiot, de « Mortelle randonnée », de « Garde à vue » etc…) et ses deux petits enfants.

    Un matin, débarquent 6 tirailleurs sénégalais qui se sont égarés et cherchent à rejoindre leur régiment. Après avoir dépassé la méfiance et les à priori, les soi-disant méchants sauvages apprivoiseront les soi-disant gentils blancs dans une succession de saynètes charmantes.
    C’est un film un peu didactique, mais pas trop, un peu drôle, mais pas trop, un peu poétique mais pas trop… Voilà, c’est un film un peu… mais pas trop ! Il est conseillé pour toute la famille alors, courage et bonne chance pour expliquer à vos loupiots pourquoi cette gentille fable sur la tolérance et l'acceptation de la différence se termine par une horreur absolue même si une voix off à la toute dernière minute vient essayer de nous faire croire que ça n’a pas existé.
    Quelle connerie la guerre !!!

  • V pour Vendetta de James Mc Teigue**

    Ça commençait plutôt bien. Dans un futur proche, un pays vit sous un régime totalitaire : couvre-feu à 23 h (sinon vous risquez de vous faire trucider, ou violer, ou les deux par les membres de la milice qui rôde : « Le Doigt »), tyran qui aboie ses ordres et ses discours via des écrans géants (c’est John Hurt qui s’y colle… oui, oui comme dans « 1984 »), portrait du tyran de 2 m sur 1 dans tous les foyers, expériences médicales réalisées sur des cobayes vivants, déportation des homosexuels et de tous opposants au régime, médias contrôlés par l’état, exercice du pouvoir basé sur la terreur… et j’en passe. C’est de la fiction. Mais tout le monde a reconnu l’Angleterre… et de ce côté-ci de la baguette et du béret, c’est assez comique de voir comment les yankees traitent leurs amis rosbif.

    Une nuit qu’une gentille mignonne, Evey (Natalie-Amidala-Portman) est sur le point d’y passer, surgit hors de la nuit un inconnu à cape noire qui la sauve d’un sale quart d’heure… C’est ici que la cinéphile toujours en quête du super héros prêt à sauver la planète ou à défaut, à rétablir la démocratie là où elle a déserté, s’écrie : « alleluia » !!! Evidemment le héros manie le sabre à double lame comme personne et porte la cape et les bottes de belle façon (Bravo à Hugo Weaving sous le masque : Oscar de l'acteur humble…) mais il porte aussi un masque un peu grotesque (et une perruque à la Chantal Goya), réplique du visage d’un anarchiste du XVIIème qui souhaitait faire sauter le Parlement pour restaurer la souveraineté du peuple. Bien. Et justement, faire sauter le Parlement, Big Ben et tout le tremblement, c’est le but du héros…

    Appelons-le V, pour Vendetta.

    Jusque là tout va bien, c’est beau, bien fait, mouvementé, intrigant et mystérieux. Il y a même de bien belles scènes, comme celle où des milliers d’anonymes masqués comme V, avancent désarmés vers une troupe casquée, bottée, armée jusqu’aux dents (entre autre).

    Là, on a un peu envie de lever la main en signant V, pour Victory...

    Et puis on s’aperçoit que les motivations de V n’ont pour seul objectif que la vengeance personnelle. En effet, dans un autre temps, il fut un cobaye de la médecine qui l’a transformé en steak tartare (d’où le masque) avant qu’il ne s’échappe… ce qui l’a rendu très cultivé, très solitaire, collectionneur, un peu à l’ouest (il se prend pour Edmond Dantès) et immunisé contre les rafales de mitraillette. Devenir poseur de bombinettes par revanche personnelle n’est déjà pas bien glorieux mais ce qu’il fait subir à Evey (Natalie-Skywalker-Portman… qui a vraiment un don pour se mettre dans les pattes de tous les mecs qui sont du côté obscur…) pour qu’elle n’ait plus jamais peur de rien et trouve la liberté est assez hallucinant et inexplicable. Là, est le premier dérapage incontrôlé de ce film qui hésite entre héroïque fantasy, satire politique et histoire d'amour. Et oui, Evey et V s'aiment d'amour. A cela s'ajoute une histoire d'amour lesbien qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans la dernière demi-heure du film : on avait compris, avec un peu plus de subtilité, que les homosexuels n'étaient pas les bienvenus (magnifique Stephen Fry)...

    Faire l’apologie de la violence, de la torture (sur et contre la personne qu'on aime le plus au monde. !!!) et du terrorisme pour gagner l’indépendance, je dis NON et excusez-moi, je vais vomir…