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5 * Bof ! - Page 42

  • Eragon de Stefen Fangmeier*

    Galbatorix a éliminé tous les dragons de la surface de la Terre dAlageïsia. Alors que régnait la paix, il n’y a plus que peur et misère. Le jeune Eragon découvre par hasard un gros œuf bleu d’où va surgir un bébé dragon qui est en fait une dragonne (très mimi) qui va devenir son amie.

    Le temps des dragonniers est revenu.

    Etrange film ! L’intrigue n’a rien mais alors absolument RIEN à voir avec une certaine quête d’un certain précieux, or, le réalisateur s’est bizaremment appliqué à ce qu’elle lui ressemble en tous points : décors, costumes, paysages, personnages. Le jeu consiste donc à jouer aux jeux des 7 erreurs... mais, hélas, le pauvre Eragon (oulala, Edward Speleers !!!) n’a ni le charme de Frodon, ni le panache d’Aragorn, loin s’en faut.

    A la fin de cette "chose" qui souffre (à tort puisqu'il y avait un potentiel) d'un complexe d'infériorité, qui s'excuse d'exister, qui refuse de s'affirmer, deux certitudes s’imposent :

    - le deuxième épisode ne pourra qu’être meilleur,

    - Frodon peut reposer en paix aux Hâvres Gris…

  • Coast guards d’Andrew Davis *

     

    Ben Randall (Kevin Costner) est une légende vivante chez les USCG (United States Coast Guards)… mais le jour où il perd son co-équipier, où sa femme le quitte, où il est atteint par la limite d’âge (« si tu avais un chien il se ferait écraser ») le blues s’installe et ses supérieurs lui propose de devenir instructeur pour jeunes recrues. Là, il rencontre Jake, forte tête et frimeur (Ashton Kutcher, la quintessence de l’acteur insipide) en qui il reconnaît son successeur ! Bon.

    Rendre hommage aux hommes qui risquent leur vie pour en sauver d’autres est une excellente chose mais quand le résultat est un sous « Top gun » aquatique, c’est dommage. Les scènes de sauvetage quasi documentaires sont impressionnantes mais au bout de la 10ème parfaitement identique, l’impatience gagne. D’autant que le « gag » récurrent « il faut rentrer, on n’a plus assez de kerozen » devient vite parfaitement risible. Ces gars là passent leur vie à s’entraîner pour des sauvetages en mer et au moment de partir : le plein de l’hélico n’est pas fait. Ça s’appelle sans doute « le comique de répétition » et cela donne lieu à des scènes à l’intensité hautement dramatique : il faut abandonner des victimes ou des sauveteurs sur zone, condamnés à une mort certaine !

    Evidemment les scènes d’instruction sadiques (les Coast Guards sont des militaires méchamment burnés) très chargées en testostérone et en « chef oui chef… hou… ha » essaient de ressembler aux modèles du genre… mais il est difficile de rivaliser avec « Full Metal Jacket » ou le plus récent « Jarehead ». Les passages obligés des permissions, des séances de drague et des scènes d’amour ne sont pas évités et sont à hurler de rire (sinon on meurt d’ennui). Les dialogues indigents sont insipides et le final qui flirte avec le merveilleux touche le fond du ridicule.

    Seul Kevin Costner est légèrement épargné dans cette histoire qui fait plouf et boit la tasse. Sans doute a-t-il compris qu’il est temps de raccrocher le costume de super héros puisque dans son prochain film il est annoncé comme un serial killer et qu’ensuite il devrait repasser à la réalisation. Vivement.

     

  • Mon meilleur ami de Patrice Leconte*

    François (Daniel Auteuil), marchand d’art peu scrupuleux fait un pari stupide avec son associée (Julie Gayet). Persuadée qu’il n’a pas d’ami, elle lui donne 10 jours pour lui présenter « son » meilleur ami. François jette son dévolu sur Bruno (Dany Boon) un chauffeur de taxi autodidacte, fou des jeux de télé, un brave garçon Souriant, Sympathique et Sincère : les 3 « S » indispensables pour être aimable.

    Bruno va consacrer beaucoup de temps à François pour lui enseigner la sympathie ce qui va donner lieu à quelques scènes cocasses, cruelles ou franchement humiliantes.

    Daniel Auteuil n’est jamais si bon que lorsqu’il est sobre, et il l’est. Dany Boon est bon aussi quand il n’a pas un rôle de faire-valoir demeuré, c’est le cas. Mais le problème avec les bons acteurs, c’est qu’il faut quand même leur donner un petit os à ronger !!!

    La maxime du film est « La bonne humeur c’est le début du bonheur ». Vous pouvez la faire vôtre : c’est Noël.

    Et la réponse à la question : « comment savoir qui est Votre Meilleur Ami ? » est (accrochez-vous, c'est du lourd) :

    c’est la personne que vous appelleriez si vous participiez au jeu de Jean-Pierre Foucaut « Qui veut gagner des millions »… Et là, je me suis étouffée de rire, de honte… je ne sais plus !

     

  • Le héros de la famille de Thierry Klifa*

    Gabrielle, né Gabriel, propriétaire du Cabaret niçois « Le perroquet bleu » vient de mourir. Il aimait les femmes, donc il aimait s’habiller en femme. Il s’était entouré d’une famille, avec en tête Nino (Gérard Lanvin) qu’il aimait comme un fils. Son enterrement est l’occasion de réunir cette famille éclatée, fâchée (on ne comprendra jamais vraiment pourquoi les enfants détestent tant leur père par exemple) pour ouvrir le testament. Contre toute attente c’est aux enfants que Nino a eus avec deux femmes différentes, que Gabriel(le) lègue le cabaret. Dès lors, les secrets, les non-dits, les mensonges, les cachotteries vont se révéler… Tout ce mystère et ces règlements de compte se résumant en fait à savoir qui a couché avec qui ! La belle affaire !

    Le film choral, genre casse-gueule s’il en est, est l’occasion de donner la part belle au casting souvent flamboyant. Encore faut-il une histoire qui tienne la route et non une succession de scènes où chacun vient faire son numéro !

    Je note un… détail qui m’a suffisamment déplu pour être signalé : les femmes sont toutes maquillées comme des voitures volées… Je sais, on est au cabaret : la nuit, les paillettes etc... mais c'est d'une laideur !!! 

    Parlons donc du casting :

    Gérard Lanvin : ronchon, fatigué, porte comme souvent la misère du monde sur les épaules, il en devient fatigant.

    Géraldine Pailhas : pour une fois qu’elle quitte son rôle de biche effarouchée (mais pas de femme trompée) est antipathique.

    Emmanuelle Béart est venue là pour chanter : elle chante.

    Claude Brasseur : comme toujours, quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise est touchant. Il me touche.

    Un trio domine pourtant :

    Michaël Cohen : homosexuel et boulimique est très émouvant en fils à qui on a interdit d’aimer son père.

    Miou-Miou : un peu « neuneu », simple et généreuse est tordante.

    Mais évidemment, largement au-dessus de tout ce petit monde, il y a la Grande Catherine, impériale, hilarante, libre et autoritaire. Elle s’amuse comme une folle à rire, à bousculer son entourage, à boire et à virevolter. A chacune de ses apparitions, le film prend une sacrée claque, dans le bon sens du terme. Son personnage le dit : « j’ai toujours aimé soigner mes entrées » et effectivement dès qu'elle paraît, elle dynamite et dynamise tout sur son passage. Quelle énergie, quelle classe, quelle présence et quel régal de l’entendre balancer des horreurs avec son débit de mitraillette inimitable ! La scène dans la cuisine avec Miou-Miou devrait entrer dans un recueil anthologique tant elle prend un plaisir communicatif à jouer les teignes.

    POUR ELLE.

     

  • Madame Irma de Didier Bourdon *

    Cadre d’une grande multinationale très imbu de sa petite personne et de son petit pouvoir, Francis se fait virer comme un malpropre du jour au lendemain. Comme il a toujours mené grand train et s’est assigné comme mission d’entretenir sa oisive et très jeune femme (qui devient responsable de galerie d’art comme par enchantement…), il cache cette déconvenue à son entourage. Il peine à retrouver du travail car il affiche 45 ans au compteur et donc, TROP d’ancienneté ! Son meilleur ami Ludo, seul dans la confidence l’aidera à contrecoeur à devenir la voyante « Madame Irma » pour subvenir aux besoins de la famille.

    Si (comme moi) vous avez aimé « Les Inconnus » vous pouvez aimer ce film qui est un peu une succession des sketches souvent drôles, même si c’est beaucoup moins corrosif que certains sketches d’antan ou même que « Trois frères ». En sortant de la projection vous entendrez immanquablement cette remarque (très drôle) : « Moi, j’y crois pas à tout ça, mais je connais une voyante vraiment très très forte qui m’a dit que !!! ». J’adore !

    Certains sujets sont effleurés et même s’ils n’engagent pas une profonde réflexion… y penser c’est déjà pas mal. En vrac :

    -          le chômage des cadres de plus de 45 ans,

    -          le charlatanisme des voyants qui exploitent la détresse humaine,

    -          le besoin à la fois pathétique et touchant des gens de parler, de se confier, d’être écouté,

    -          la bonne conscience des petits bourgeois à faire des colis pour Emaüs…

    Mais en même temps, c’est surtout un divertissement où l’on rit bien à certaines répliques ou situations qui font mouche.

  • The Host de Joon-Ho Bong*

     

    Suite à une pollution au formol (!!!), une créature "pouah beurcke" déboule dans la rivière Han à Séoul. Un jour la bestiole reçoit une cannette de bière sur la tête et ça l'énerve. Du coup, comme elle est amphibie, elle se met à cavaler dans un parc d'attractions et fait ses provisions pour l'hiver en dégommant tout ce qui lui barre le passage. Elle a le tort de mettre dans son caddie une petite fille toute mimi.

    La famille de branquignoles (le grand-père, le père immature, l'oncle chômeur alcoolo et la tante championne ratée de tir à l'arc) effondrée par la disparition de la petite, part à sa recherche.

    Quand on entend partout crier au génie, on s'attend à un minimum de bouleversements... hors, ce petit film gentillet hésite constamment entre la grosse farce comique et le drame familial.Au bout d'un moment on en vient presque à se demander s'il n'est pas inconvenant de rire, ou naïf d'avoir envie de pleurer devant le courage de cette famille décîmée.

    Quant à la charge contre le gouvernement coréen, il y a bien ça et là quelques moments qui font trembler comme celui de l'état brusquement policé qui ment au peuple (oh l'évènement !), la peur collective face au virus ou une pratique des soins en hôpital plus que douteuse... mais c'est peu.

  • Le Prestige de Christopher Nolan*

    C’est osé de terminer un film par ces mots : « vous n’avez pas envie de comprendre, vous avez envie d’être dupé »… surtout quand il s’agit d’un film qui semble se moquer si ouvertement du spectateur égaré dans la salle.

    Deux magiciens à Londres au début du XXème siècle subjuguent les foules par leurs tours ! Mouais. Une haine et une lutte sans merci pour obtenir les « trucs » de l’autre vont les opposer. Tous les coups (surtout les plus bas) sont permis, jusqu’au crime tant qu’on y est.

    De là s’ensuit la répétition une bonne vingtaine de fois du même « tour » (plutôt minable à mon avis.. même Garcimore en son temps m’avait épatée…) appelé successivement « L’homme porté », « Le nouvel homme porté » et enfin « Le véritable homme porté ». Qui est qui ? Qui est dans la boîte ? Qui est mort, qui est vivant ? Je dirais que c’est un peu comme le sort d’Elizabeth Short récemment : ON S’EN FOUT !

    Mais, heureusement Londres, humide, ocre et sombre est bien reconstituée et surtout, surtout on peut assister à un véritable défilé de bons et beaux acteurs : Hugh Jackman (il fait chaud), Christian Bale (il fait très chaud), David Bowie, Michaël Caine, Scarlett Johanson, Andy Serkis (Gollum). Le réalisateur c’est Christopher Nolan, responsable du cultissime et autrement plus sophistiqué « Memento » ainsi que du brillant « Batman begins »… donc, on l’attend !

  • C’est beau une ville la nuit de Richard Bohringer **

     

    C’est un film de Richard Bohringer, acteur, chanteur et réalisateur franco-sénégalais, donc c’est un film qui a les yeux délavés, un regard et un sourire d’enfant. C’est un film poétique, rocky, jazzy, bluzy, total foutraque, qui part sur les routes parce que le chagrin, ça fait de la peine et réciproquement. C’est un film qui dit « ils sont venus, ils sont tous là », les amis, les potos, les frérots, les paulots : Robinson Stévenin (lumineusement radieux), François Négret (sosie étonnant de Bohringer jeune), Luc Thuillier (émouvant clone de Mickey Rourke), Jacques Spiesser (toujours plein de douce amertume), Annie Girardot, Annie Cordy (forcément émouvantes), Farid Chopel (un sourire) etc…

    Et Romane, ah Romane !!!

    C’est un film énergique, sincère, désespérément plein d’espoir qui ressemble à son réalisateur mais en fait… j’ose le dire, ce n’est pas un film.

  • Désaccord parfait d’Antoine de Caunes *

    Alice, actrice britannique adulée et Louis, réalisateur à succès se sont aimés mais ne sont pas vus depuis 30 ans. Elle est choisie pour lui remettre un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Les retrouvailles sont épicées et les noms d’oiseaux volent bas !

    Passons sur le scénario plan-plan et la réalisation identique, passons sur le gag répété au moins 10 fois (le chien qui ronfle et qui pète ah ah ah !) parce que le couple vedette n’est autre que Charlotte Rampling et Jean Rochefort magnifiques et en très grande forme tous les deux. Ils s’amusent et du coup on s’amuse avec eux. Les dialogues sont ciselés pour eux. Ils se régalent et nous régalent à les dire. Ils sont drôles et touchants. D’après Jean Rochefort, Charlotte Rampling se déshabille avec « un tonus érectile » et sans complexe.

    C’est à la fois français et délicieusement british. Pour eux deux, donc.

     

  • Le Dahlia noir de Brian de Palma *

    Elizabeth Short, jeune starlette vient d’être assassinée, massacrée devrait-on dire (abominable le meurtre…) à Hollywood. Deux super flics/boxeurs ( !!!) se mettent sur le coup. Qui a tué Elizabeth ? Et pourquoi ???

    On s’en fout.

    Ça démarre plutôt bien, intrigues multiples tarabiscotées, ambiance rétro jazzy années 40, et finalement ça ne démarre jamais… Et De Palma plante le spectateur en chemin et on n’y comprend rien !

    Côté casting, Josh Hartnett n’a pas la carrure d’un détective, Scarlett Johansonn et Hilary Swank (sublimes actrices par ailleurs) ont beau fumer avec des fume-cigarettes, elles ne sont pas des femmes fatales.

    Visuellement (décor, lumière, costumes) : rien à dire c’est superbe.