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alexandra maria lara

  • JE N'AI RIEN OUBLIE de Bruno Chiche ***

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    Conrad est un grand garçon d'à peu près 60 ans qui commence à yoyoter de la cafetière. C'est en fait l'alzheimer qui s'insinue peu à peu. Du coup, il ne se souvient pas de ce qu'il a fait deux secondes avant mais se trouve par contre envahi des souvenirs de sa petite enfance. C'était le temps béni  où il était l'ami, le quasi frère de Thomas qui aujourd'hui le rejette. Cette mémoire sélective qui va puiser trop loin dans le passé,  n'est pas du goût d'Elvira matriarche presque octogénaire qui règne sur le domaine et la famille Senn et qui semble cacher quelques secrets. Conrad, qui a toujours vécu aux crochets de cette famille, leur a servi de jardinier, de gardien, d'homme à tout faire n'est plus le bienvenu depuis qu'il a mis accidentellement le feu à une maison de vacances de la tribu. Alors qu'Elvira a organisé en très grandes pompes le mariage de son petit fils et héritier chéri Philippe avec Simone, jeune beauté un peu perdue qui va essayer de s'intégrer au clan, Conrad fait irruption pendant la fête tel l'éléphant dans un magasin de porcelaine. Sa maladie l'empêchant de vivre seul désormais, Elvira décide, à la stupéfaction de tous, de l'héberger dans une "petite" maison au fond du domaine. Curieusement, la jeune mariée délaissée puis trompée par son goujat de mari et Conrad vont devenir amis. Pensant l'aider à faire travailler sa mémoire, Simone va en fait contribuer à faire ressurgir un passé que certains cherchaient à effacer ou mieux, à ne pas connaître. 

    Il ne faut pas être extralucide ou fin psychologue pour comprendre le fameux secret qui pèse sur certains membres de la famille. D'ailleurs, les explications finales fumeuses et alambiquées sont tellement compliquées qu'elles m'ont laissé comme un arrière goût d'à peu près et l'impression d'avoir même loupé une révélation... Malgré cela, ce film étrange, tantôt léger, tantôt inquiétant m'a profondément troublée. Il règne dans cette grande demeure aristocrate où Elvira (Françoise Fabian d'une beauté diabolique et d'une incroyable cruauté) impose sa loi, une atmosphère souvent pesante où l'on sent bien que l'hypocrisie et les mensonges sont une seconde nature pour chacun. Pour Thomas (Niels Arestrup, beau, charmant et souriant comme rarement jamais..) boire et se saoûler lui permet d'oublier et notamment d'oublier pourquoi il boit. Il élude l'évocation de son mariage échec et de son divorce avec Elisabeth (Nathalie Baye, douce et désenchantée) qui a préféré la sécurité en le choisissant lui plutôt que Conrad qu'elle a aussi aimé. Thomas repousse Conrad, préférant se persuader que sa maladie le rend gâteux. La relation qui naît entre Conrad et Simone (Alexandra Maria Lara, belle et digne) réserve de beaux moments de complicité. Et c'est finalement elle qui va, en toute innocence, réveiller le passé infâmant.

    C'est doux, profond, lumineux, sombre et cruel, parfois même envoûtant et ce casting singulier mais harmonieux où chaque interprète brille d'intensité est sans doute l'un des attraits essentiel de ce film classique et raffiné. Mais pas seulement... Et puis il y a Gérard Depardieu, fragile comme un oiseau, de plus en plus calme, doux et léger à mesure qu'il se dilate...

  • QUARTIER LOINTAIN de Sam Garbarski **

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    Thomas se rend dans l'indifférence générale de ses proches (sa femme, ses deux filles) à un Festival de B.D. dont il est un des auteurs invités. Manifestement las de tout, de sa vie, de son métier, en panne d'inspiration pour créer à nouveau, il ne se sent pas plus concerné lorsqu'un lecteur fan lui confie regretter qu'il ait abandonné son personnage vedette. Au retour, il se trompe de train, s'endort et se réveille miraculeusement à la gare du village où il a passé son enfance. Tout y semble plus ou moins déserté et après avoir traversé son ancien quartier, Thomas se rend au cimetière sur la tombe de sa mère morte 20 ans plus tôt. Il y est pris d'un curieux malaise et se réveille dans la peau de l'adolescent de 14 ans qu'il fut. Il veut profiter de cette aubaine pour tenter de modifier le futur car c'est justement l'année de ses 14 ans que son père a brusquement disparu pour ne plus jamais donné de nouvelles !

    Définitivement empreint d'une intense nostalgie ce film donne une envie folle de pouvoir comme le personnage de Thomas, d'un coup de baguette magique, replonger un temps dans son enfance. Et pas forcément pour en changer quoi que ce soit mais pour ressusciter un peu cette période sacrée. Si cette possibilité insensée et inespérée de revenir en arrière ne permet pas forcément à Thomas de modifier le cours des événements, il peut au moins dans son corps d'enfant mais avec sa mémoire d'adulte de 50 ans revoir ses parents et sa petite soeur, les aimer, les comprendre plus et mieux, parler enfin à la fille qu'il n'avait jamais osé aborder. Il pourra également définir le sens des priorités absolues et finalement admettre que la vie n'est pas nécessairement plus belle et réussie ailleurs et que non, on n'est pas obligés de répéter les mêmes conneries que ses parents. Qu'ils ne sont pas non plus obligatoirement responsables de tout et qu'il est possible de prendre son destin en mains.

    La reconstitution des années 60 est idéale ainsi que les rapports entre les êtres à une époque où les enseignants comme les parents ne s'embarrassaient guère de psychologie pour élever et éduquer les enfants. C'est un film fragile, sensible et délicat comme l'interprétation de Jonathan Zaccaï, Alexandra Maria Lara et du jeune Léo Legrand, et qui donne très envie à l'instar de son héros, d'effectuer ce voyage dans le temps.