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  • La Californie de Jacques Fieschi**

    Encore un film ovni qui vaut surtout pour ses acteurs, des premiers aux seconds rôles, mais pas seulement. Une bonne surprise.

    Contrairement à son titre, l’histoire se situe en France, où La Californie est un quartier résidentiel de Cannes. Maguy dilapide ce qui lui reste de fortune dans une maison chic. Elle boit beaucoup, sort énormément et s’ennuie encore plus. Elle est entourée d’une douce et joyeuse bande de parasites qu’elle entretient. Elle les considère tantôt comme sa famille, tantôt comme ses employés. Les heurts sont inévitables avec cette femme capricieuse, lucide et pathétique.

    C’est terriblement sombre, infiniment désespéré, vraiment incroyable.
    Que dire de Nathalie Baye ? Elle est drôle, touchante, agaçante, blessée. Elle est magnifique, elle est sublime. Quant à Roschdy Zem, il est la douleur et la tristesse incarnées, sorte de bombe à retardement qui donne l’impression qu’il va exploser à tout instant.

    Deux acteurs immenses de cette force et de cette beauté, c’est impressionnant.

    Pour Ed., voici Roschdy Zem, un des merveilleux acteurs de "Indigènes"... plus merveilleux de film en film : un acteur immense qui fait faire des booms au coeur !

  • Le plus sauvage d’entre tous de Martin Ritt ***

      

    A la demande générale de Ed., lassée de mes effets spéciaux qui tanguent, et en attendant mon retour dans les salles… voici La révélation ou, comment tout a commencé entre lui et moi !

    Je m’offre la coquetterie de ne pas parler de l’année de ce film mais il se trouve que c’est le premier que j’ai vu avec Paul Newman (à la télé noir et blanc de l’époque…), affectueusement et familièrement appelé depuis « Mon Paulot » !

    Avec le recul du temps qui a coulé sous le Pont Mirabeau, je comprends mieux l’inquiétude de mes parents qui se demandaient pourquoi je n’étais pas plus attirée par « La mélodie du Bonheur » ou « Mary Poppins » mais encore et toujours aimantée par les westerns . Il se trouve que ce film est un drame étonnant où, dans un vieux ranch à l’abandon, se déchirent un père rigide et pas affectueux et un fils (Paul Newman) forcément écorché, que l’absence d’amour de son père a rendu insensible, rebelle, voire violent. Tout ceci est observé par une gouvernante (Patricia Neal, magnifique, plus une midinette) dévouée et troublante. C’est un western moderne à l’ambiance lourde. Aucun manichéisme ne vient stigmatiser les personnages qui ne sont ni aimables, ni détestables. On y parle peu, on s’observe et quand on se parle, c’est pour se dire des horreurs.

    Alors que « La fureur de vivre » de James Dean m’avait paru peu réaliste et que je n’avais rien compris à « L’équipée sauvage » de Marlon Brandon… je découvrais médusée, fascinée et séduite à jamais : Mon « Rebel without a cause ».

    Plutôt que de se laisser enfermer dans des rôles auxquels aurait pu le cantonner son physique, Paul Newman ose des personnages ambigus et déplaisants. Il est ici vraiment antipathique, misogyne, alcoolique et pourtant… !

    Le film lumineusement photographié évolue dans un climat pesant et n’offre aucune rédemption de dernière minute au « héros ».

     

  • Mémoire de nos pères de Clint Eastwood ***

      

     

    « Si la légende est plus belle que la vérité, imprimez la légende ». C’est au fond ce qu’illustre le nouveau film de Clint Eastwood, géant parmi les plus grands. Son film ample, classique, sobre est un film de guerre de la plus haute tenue, passionnant et magnifique.

    Mais au-delà, Clint (permettez que je l’appelle Clint… après tout ce blog lui est dédié, le saviez-vous ???) s’interroge et démontre comment, à partir d’une photo, un gouvernement peut manipuler une nation et s’en servir pour sa propagande en faveur de l’effort de guerre. La question est aussi de savoir d’où vient ce besoin humain et pathétique de se créer des héros quand tout fout le camp ?

    Car même si nous sommes en 1945, la guerre n’est pas finie. Quelques hommes ont planté un drapeau en haut d’une colline sur l’île japonaise d’Iwo Jima où sévit encore la guerre du Pacifique. Ce sont eux les héros mais l’appareil du photographe est tombé à l’eau. Suivant le caprice d’un gradé qui veut récupérer cette mythique bannière… 6 autres vont remplacer le drapeau, en planter un second devant un photographe qui les suivait. C’est cette photo qui va faire le tour du monde ! Dès lors, 3 survivants parmi les 6 érigés en héros sont priés de faire le tour des Etats-Unis, de remettre en scène ce moment où ils ont risqué leur peau (sous les applaudissements…), de serrer des mains, d’assister à des pince-fesses dignes des soirées de l’ambassadeur, de vanter les mérites et le sacrifice de ceux qui se battent encore... Les trois hommes meurtris, traumatisés (qui seront plus tard abandonnés) par ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont vu, se prêtent de bonne grâce à ce jeu sinistre et cruel qui semble les dépasser.

    Lors des flash-backs on assiste à une scène de débarquement insoutenable, des scènes de batailles, interminables hécatombes où une fois encore, un réalisateur et ses acteurs nous démontrent que la guerre c’est sale, ça pue et que les hommes crèvent de trouille avant de crever tout court. Qui n’y verra pas un hymne anti-militariste a réellement une poutre dans l’œil !

    Le choix des acteurs ajoute à la force du propos. Il n’y a aucune tête d’affiche ce qui permet encore plus l’identification aux héros qui sont des hommes avant tout, comme les autres.

    On ne voit pas (ou très peu) de japonais dans ce film ? Normal, début 2007 sortira « Lettres d’Iwo Jima » qui relate la même histoire du point de vue japonais justement.

    Soyez-y car la guerre est une connerie… difficile de le dire autrement, mais le cinéma le dit parfois et Clint Eastwood s’y emploie avec son calme, son humanité, son regard, son cœur.

        

  • Prête-moi ta main d’Eric Lartigau ***

    Luis a 43 ans, il est célibataire, donc heureux… il aime son métier et il dit lui-même que « tout va bien ». Il est materné, dorloté, choyé par sa mère (Bernadette Laffont, formidable), et ses cinq sœurs. Il est également macho et mufle (Alain Chabat fait ça mieux que bien) : un homme quoi !

    Un jour, le gynécée n’en peut plus qu’il soit un assisté et décide en conseil de famille qu’il devra se marier. Horreur, malheur ! Luis élabore un plan : trouver une jeune femme qui se fera passer pour la fiancée idéale aux yeux de sa famille mais elle l’abandonnera le jour du mariage.

    C’est dans ces conditions que Luis rencontre Emmanuelle.

    Une comédie sentimentale a une trame simple : comment les personnages plutôt antagonistes au départ vont-ils finir dans les bras l’un de l’autre ? En France nous sommes peu doués pour cet exercice qui est souvent un succès chez les anglo-saxons. Alors pourquoi celle-ci est-elle une vraie réussite ?

    D’abord parce que le tout est rondement mené et qu’entre deux scènes drôles ou émouvantes un éclat de rire est garanti toutes les cinq minutes et au moins deux fou rires incontrôlables. Rien que pour ces raisons, courez voir ce film !

    Mais vous pourrez également apprécier des dialogues ciselés que tous les acteurs prennent un plaisir évident et communicatif à restituer.

    Et puis surtout, surtout Alain Chabat nous propose un festival « chabalien » de déguisements qui vont du sosie de Cure au marié en costume mauve pâle, sans oublier la tenue SM cuir et fesses à l’air du plus bel effet. Il est hilarant, agaçant, émouvant, comme toujours.

    Cerise sur ce délicieux gâteau : Charlotte Gainsbourg, déchaînée, drôle et charmante, aussi belle et à l'aise en short minimaliste qu'en robe mousseline/Marilyn. Je ne trouve pas de mot suffisamment doux pour dire à quel point cette fille est adorable. Luis et sa famille ne peuvent y résister car elle est tout simplement, comme d’habitude et depuis qu’on la connait IRRESISTIBLE !

     

  • Napoléon et moi de Paolo Virzy°°

     Qu'y a t'il à sauver de ce film ?

    La musique : Beethoven, et basta...

    Daniel Auteuil ridicule et absent, Monica Belucci ridicule et hystérique n'y sont donc pour rien. Je me demande toujours à quel moment les acteurs s'aperçoivent qu'ils sont en train de tourner dans l'un des navets du siècle ? Trop tard quoi qu'il en soit !

    Si vous êtes vraiment curieux et souhaitez connaître mon humeur en sortant de la salle : cliquez ICI !

  • Bamako d’Abderahmane Sissako ***

    Le réalisateur estime que « la création artistique est utile, non pas pour changer le monde, mais pour rendre l'impossible vraisemblable, comme ce procès des institutions financières internationales ». Voilà pourquoi il a imaginé une procédure judiciaire contre le FMI et la Banque Mondiale qu’il juge responsable de la situation dramatique du Mali en particulier, et de l’Afrique en général.

    Le tribunal est installé dans la cour intérieure d’un immeuble. La vie quotidienne n’est pas interrompue, ce qui donne lieu à des scènes cocasses, tendres ou cruelles alors que les témoignages et plaidoiries ne sont jamais suspendus.

    En dehors des révélations qui sont faites ou confirmées (car tout le monde sait..) la forme de ce film est en tout point inédite et captivante. L’intelligence didactique de la réflexion, la limpidité éducative du propos sont absolument passionnantes et tour à tour populaires ou érudites. C’est ce qui fait la puissance de ce film riche, sincère où la parole et la colère se libèrent.

    L’espérance de vie en Afrique est de… 46 ans, 40 % de ses revenus sert à rembourser la dette, les médicaments sont au Nord, les maladies sont au Sud… etc… L’Afrique est malade. L’Occident va-t-il laisser disparaître un continent ? Sissako rêve que son film coup de poing ait autant de répercussion qu’ « Indigènes »… j’en doute.

    Les deux plaidoiries à la fin du film sont d’une rage, d’une puissance, d’une énergie et d’une émotion absolument sidérantes !

     

  • Ne le dis à personne de Guillaume Canet ***

    … sa barbe est douce et il sent bon… ce n’est pas cinématographique pour deux sous, mais tant pis, je m’offre et savoure ma soirée 100 % midinette VIP.

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    Amis d’enfance, Alex et Margot sont mariés pour le meilleur. Un soir Margot est sauvagement assassinée par un serial killer alors qu’Alex qui tente de la sauver est brutalement assommé. Anéanti, Alex se consacre uniquement à son travail de pédiatre. Huit ans plus tard, il reçoit un e-mail anonyme qui lui montre un film où Margot apparaît ! Dès cet instant, retrouver Margot devient l’obsession et la priorité d’Alex.

    Le spectateur, tout comme, Alex n’aura plus une seconde de répit jusqu’à la dernière seconde tant les embûches et les intrigues à tiroir s’empilent et s’emmêlent !

    La première chose dont il faut remercier et féliciter Guillaume Canet est de ne jamais perdre le fil de son intrigue. Certes il nous embrouille à maintes reprises et on se prend même à craindre que ces péripéties ne retombent comme un plat soufflet dans une grande déception, ce qui arrive souvent dans ces histoires labyrinthiques qui ne sont pas maîtrisées jusqu’au bout. Ce n’est pas le cas ici, le réalisateur ne lâche ni son histoire, ni son personnage, ni son spectateur. La tension croissante est maintenue jusqu’au final, relancée et entretenue par une succession de scènes sidérantes et assez virtuoses dont une course-poursuite (à pied) hallucinante sur le périphérique parisien, une autre où François Cluzet se retrouve enfermé dans une benne à ordures en compagnie d’un rat (depuis Kill Bill 2, je n’avais pas vécu de scène claustrophobique plus flippante) etc…

    Ne le dis à personne

    L’autre atout majeur de ce film captivant est évidemment l’immense et merveilleux François Cluzet, acteur marathonien (il court, il court…) plus que parfait, il porte ce film avec son énergie, sa discrétion et son intensité. Au-delà de sa prestation extraordinaire, il faut rendre gloire au prestigieux casting de luxe qui illumine le film. Curieusement, et fait rarissime, TOUS les nombreux personnages, même les plus secondaires ont une partition essentielle à jouer. Aucun n’est oublié en chemin. Ecoutez ce casting de rêve : Marie-Josée Croze, André Dussolier, Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye (sublime), François Berléand (parfait), Jean Rochefort, Gilles Lelouche (mention spéciale pour ce rôle et cette interprétation sidérantes), Jalil Lespert, Olivier Marchal, Florence Thomassin, Marina Hand, Philippe Lefèvre, Brigitte Catillon… Guillaume Canet s’offre même un petit rôle, casse-gueule, difficile, totalement à contre-emploi qu’il dit lui-même n’avoir osé proposer à personne…

    Notons également ce détail suffisamment remarquable pour être évoqué : l’incroyable noirceur du propos où l’on brasse tueur en série, torture, pédophilie et l’extraordinaire lumière du film idéalement accompagné par la guitare vraiment magique de Mathieu Chédid.

    Guillaume Canet étant incorrigiblement romantique nous offre finalement un grand film d’amour enveloppé dans l’écorce d’un thriller haletant, énergique et sans temps mort.

    Mille fois bravo.

    Pour lui faire un triomphe amplement mérité, il vous faudra attendre le 1er novembre !

     

    POUR PATIENTER, CLIQUER ICI

  • Les fils de l’homme d’Alfonso Cuaron***

     

    Un film d’anticipation sans électronique, sans virtuel, sans soucoupe volante, un film bouleversant et intelligent filmé de façon magistrale : total respect !

    Cela devrait suffire mais voilà, nous sommes en 2027, la terre livrée à l’immigration anarchique et à la pollution explose dans le chaos. Seule l’Angleterre, devenue dictature policière et armée jusqu’aux dents résiste en enfermant les « réfugiés » dans des cages dignes de Guantanamo ou Auswitch. Les kits de suicide sont en vente libre, l’alcool et la drogue sont les seules échappatoires. Le film s’ouvre sur une idée merveilleusement terrifiante : l’être humain le plus jeune de la planète a 18 ans et il vient d’être assassiné ! A l’heure où l’on glorifie les Jeanne Calment de plus de 110 ans, perdre la plus jeune personne encore vivante provoque un séisme émotionnel sur les cinq continents. Les hommes et les femmes sont devenus stériles mais la jeune Kee est enceinte. Imaginer que l’avenir de l’humanité est dans le ventre d’une réfugiée noire est inconcevable. Théo (Clive Owen, très seul, très touchant, de mieux en mieux de film en film) est chargé de la protéger.

    Voilà un beau grand film, thriller époustouflant mais aussi film d’action et de politique-fiction filmé sans temps mort, plein de suspens et de rebondissements blindé par un casting sans faute et une réalisation très haut de gamme (lumières, cadres, paysages apocalyptiques, plans séquences sublimes…). C’est fort, violent, cruel et brutal et pourtant non dénué d’humour par instants.

    Une réussite enthousiasmante, géniale et effrayante !

     

  • The Queen de Stephen Frears ***

     

    Attention, Helen Mirren (prix d’interprétation à Venise amplement mérité) est… impériale !!!

    Le titre de ce film est « The Queen » mais il aurait pu/dû s’appeler « Comment Tony Blair a rétabli la monarchie dans le cœur des anglais ! »… mais c’était trop long.

    A l’annonce de la mort de Diana, le 31 août 1997, la Reine décrète qu’il ne s’agit en rien d’une affaire d’état mais d’une affaire privée, Diana ne faisant plus partie de la famille royale depuis un an et part dans sa résidence d’été de Balmoral !

    Tony Blair n’est premier ministre que depuis trois mois mais prend toute la mesure de l’incroyable et relativement incompréhensible onde de choc et d’émotion qui submerge le monde entier et particulièrement les sujets de sa Majesté. Devant l’absence de réaction de la Reine qui ne fait aucun commentaire, ne met aucun drapeau en berne et refuse les obsèques nationales, l’opinion publique devient pour la première fois hostile à la famille royale. Dès lors, devant ce qui a débouché sur une véritable crise institutionnelle, Tony Blair va mettre tout en œuvre pour redorer le blason des Windsor amenant, très diplomatiquement, la Reine à rentrer de vacances, faire une déclaration publique à la télé où elle exprimera son chagrin et organiser des funérailles nationales. C’est tout à fait surprenant, curieux et fascinant vu de ce côté ci de la république !

    La scène de trop est celle où Elizabeth, qui n’a pas versé une larme à la mort de Diana, s’effondre littéralement d’apprendre qu’un cerf a été tué !!!

    Les divers entretiens téléphoniques et entrevues entre le premier ministre et la Reine sont de grands et beaux moments de cinéma où l’on découvre Tony Blair, absolument fasciné et attendri par cette femme qui a sacrifié sa vie à son peuple et au protocole. Entre eux, le courant passe et au-delà, beaucoup de respect et une sorte d’affection d’un fils virtuel pour une mère. Ce que ne manque pas de lui reprocher Cherie Blair, dépeinte ici comme une harpie d’une vulgarité peu commune. Autour d’Elizabeth, nous trouvons le Prince Philip, abruti patenté qui n’ouvre la bouche que pour prononcer le mot « chasse » et le Prince Charles, idiot pathétique, obsédé par l’attentat dont il pourrait être victime…

    Mais ce qui emporte tout, ce sont les rapports entre la Reine et son Ministre faits de dureté, d’agacement, de discrétion mais aussi de beaucoup d’estime et d’émotion. On peut également être touché par cet aspect des choses qui marque la différence entre humilité et humiliation !

    Une réussite.