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DES FEMMES !

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MARIE STUART, REINE D'ECOSSE de Josie Rourke ***

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Avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden, Joe Alwyn

Marie Stuart fut brièvement une reine malheureuse, persécutée, assassinée exécutée. Mariée au Roi de France à 16 ans, veuve à 18, elle refuse de se remarier conformément à la tradition. et retourne dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. En tant que Stuart elle est légitimement la Reine. Elle contractera néanmoins deux autres mariages catastrophiques...

Elizabeth 1ʳᵉ règne aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes femmes n'entendent rien lâcher de ce qui leur revient, chacune conseillée, manipulée par tout un aréopage d'hommes plus ou moins intéressés par le pouvoir mais aussi évidemment convaincus qu'une femme ne peut gouverner un pays.

On assiste au spectacle cruel et fascinant de la rivalité de deux femmes qui échangent une correspondance où se mêlent fascination, admiration et crainte et j'ai été captivée de bout en bout. La réalisatrice prend évidemment quelques libertés avec la réalité en rendant ces relations follement romanesques, les amours platoniques, passionnées ou homosexuelles terriblement romantiques. Mais peu importe. Comme pour une histoire d'amour on a qu'une hâte, que les deux femmes se rencontrent. Ce qui arrivera dans une scène d'une grande beauté où culmine l'émotion.

La condition des femmes est universelle et traverse les siècles. C'est en partie de cela dont il est question. Et pour être ou demeurer ce qu'elles sont ici, des Reines, elles n'ont d'autres choix que de se comporter comme des hommes. C'est d'ailleurs leur estime et respect réciproques qu'ils prennent pour de la faiblesse, qui semblent les gêner par dessus tout. On assiste donc à un véritable jeu de massacre fait de trahison, complots, mensonges au milieu duquel les deux souveraines tentent de conserver leur place, leur autorité, leur libre-arbitre.

Il est aussi question de religion évidemment. Les deux pays, l'un catholique, l'autre protestant se dispute la suprématie de leur religion. Mais aussi de féminité, d'amour, de stérilité.

La reconstitution est flamboyante. Les costumes, les décors et l'interprétation sont exceptionnels. Il est incompréhensible que ce film ait totalement échappé aux Oscar. Cela dit, celui-ci aussi, donc, rien d'inquiétant.

Les deux actrices sont remarquables. La beauté évidente et délicate de Saoirse Ronan (n'oubliez pas de prononcer "sœur sha") tranche avec sa détermination. Elle est une Mary Stuart souvent bouleversante mais toujours digne et parfois intraitable. Face à elle Margot Robbie, plus raide, le visage rongé par la variole est elle aussi formidable.

Pour la vérité historique, il faudra je pense se replonger dans des ouvrages plus théoriques, la réalisatrice semble totalement acquise à la cause tragique de Mary Stuart, mais le film en donne l'envie.

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CELLE QUE VOUS CROYEZ de Safy Nebbou **(*)

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Avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia, Guillaume Gouix

 

Synopsis : Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent. 

Le film débute par un plan peu flatteur de Claire, le visage déformé par l'eau au fond de la baignoire. Mais Juliette n'en a cure, elle qui peut être une femme de 50 ans détruite par un chagrin d'amour et une gamine de 24 ans rayonnante de bonheur le plan suivant. Miracle du cinéma ? Pas seulement. Puisque c'est Juliette Binoche, corps toujours gracile, visage encore lumineux. Elle le dira dans une réplique plus tard : "je n'ai rien à cacher" en ôtant ses jolies lunettes laissant apparaître d'imperceptibles ridules au coin des yeux.

Ce film m'a semblé être un hommage voire une offrande à la beauté de Juliette Binoche et une nouvelle démonstration de son talent sans faille. S'il démontre sans violente réprobation l'invasion, la toxicité et l'addiction des téléphones souvent greffés à nous et surtout des réseaux dits sociaux sur notre mode vie, il est avant tout le portrait d'une femme amoureuse dont le dépit amoureux la mène aux portes de la folie. Le dernier plan suggère-t-il qu'elle va y sombrer ?

Après avoir été marié à un homme de son âge, Claire a une liaison avec Ludo qui pourrait être son fils. Lassé de ses exigences (et mufle également) le jeune homme la quitte sans ménagement. En surfant sur Internet elle a alors l'idée de se créer un compte Facebook grâce auquel elle pourra épier Ludo. Mais c'est Alex, son meilleur ami qui tombe sur le profil et est immédiatement séduit. Forcément, Claire a choisi les photos (sur le Net on peut se servir) d'une splendeur. C'est ici que le film m'a bien fait rire. Les échanges en MP entre Claire et Alex sont d'une banalité sans fond mais le jeune homme décide (c'est écrit dans le scenario) de trouver les propos de la jeune femme très profonds, voire très mystérieux. Mouais. Passée cette invraisemblance, on doit encore accepter l'improbabilité qu'Alex se montre d'une patience sans limite car évidemment Clara ne peut le rencontrer puisqu'elle est Claire. Elle ne cesse de l'éconduire alors que lui bien entendu devient fou d'impatience. Mais elle aussi finit par tomber éperdument amoureuse de cet homme qu'elle ne peut rencontrer. Claire a plus d'un tour dans son sac et je vous laisse découvrir par quel subterfuge elle va y parvenir.

On sait que l'histoire se passe mal puisque Claire consulte régulièrement une psychiatre. C'est la partie la plus passionnante : savoir comment tout a mal fini. Claire est d'abord déstabilisée voire agressive que son psychiatre (victime d'un AVC) soit remplacé par une femme à qui elle doit tout re-raconter. Nicole Garcia dans le rôle est admirable, plus vraie que vraie. Dommage que la pragmatique distance qu'elle oppose à sa patiente s'effrite peu à peu. Cela arrive sans doute dans la vraie vie mais cela gâche un peu mon plaisir de voir un personnage aussi concret et réaliste. Les entretiens sont passionnants. Claire commence par raconter une histoire que l'on découvre en habiles flash-backs...

Safy Nebbou aime et sait raconter les histoires humaines complexes (Comme un homme, L'empreinte de l'nge, L'autre Dumas et le plus beau de ses films Dans les forêts de Sibérie) et toujours s'entourer d'un casting très classe. Ici il est aussi question du temps qui passe, du refus ou de la peur de vieillir, d'être abandonné(e), de la passion amoureuse et de ses ravages. Mais après un démarrage intrigant et une fin du même ordre, j'ai ressenti un certain flottement dû sans doute au quart de trop (défaut de la majorité des films actuellement).

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LA FAVORITE de Yorgos Lanthimos **

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Avec Olivia Colman, Rachel Weisz, Emma Stone


Synopsis : Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de renouer avec ses racines aristocratiques. Alors que les enjeux politiques de la guerre absorbent Sarah, Abigail quant à elle parvient à gagner la confiance de la reine et devient sa nouvelle confidente. Cette amitié naissante donne à la jeune femme l’occasion de satisfaire ses ambitions, et elle ne laissera ni homme, ni femme, ni politique, ni même un lapin se mettre en travers de son chemin. 

Le réalisateur n'a aucune confiance et ne place aucun espoir en l'espèce humaine. Il nous le démontre film après film. Dans The Lobster toute personne célibataire était sommée de trouver l'âme sœur en 45 jours sous peine de se transformer en animal, dans Mise à mort du cerf sacré, on découvrait des enfants, créatures sans joie, condamnés à ramper ou à être monstrueux. Cette fois Yorgos Lanthimos s'attaque au film en costumes et fait s'affronter des femmes amoureuses d'une Reine, affaiblie, presqu'impotente, elle-même manipulée par son entourage masculin qui veut lui imposer sa façon de régner. L'âme humaine est toujours aussi sombre et tout le monde est opportuniste, fourbe et comploteur.

La politique et la religion sont en périphérie de l'histoire qui préoccupe le réalisateur : la lutte acharnée de deux favorites pour obtenir les faveurs de la Reine. Comme les Highlanders, il ne peut en rester qu'une et elles rivalisent de charme et de coups bas pour écarter la concurrente.

Si la première demi heure m'a fascinée par l'originalité du propos, la beauté des décors, l'anachronisme du langage très fleuri de ces dames, l'intelligence de l'interprétation, je reconnais que la réalisation a fini par avoir raison de ma patience. Les acteurs donnent l'impression de débouler des contours de l'écran et de rouler d'un bord à l'autre. Le parti pris du grand angle donne une impression de gigantisme à chaque pièce, chaque couloir, chaque scène.
En général je ne cherche pas à connaître les procédés techniques employés mais j'ai découvert ce qui me permet désormais de briller dans mes dîners en ville que l'objectif dit fish-eye déforme les perspectives, donnant cette impression que l'écran n'est pas plat. Ce système et les nombreux ralentis (surtout sur des moments crades, comme celui où un homme nu est bombardé de fruits pourris (je crois) par tous les membres (masculins) de la Cour) ont fini par me donner le tournis. Tout comme la déchéance physique de la Reine particulièrement éprouvante. Après 17 grossesses dont aucun enfant ne survécut, Anne souffre de crises de goutte qui la font hurler de douleur. La délectation que prend le réalisateur à filmer ces moments de souffrance est lassante.

Les hommes sont des pantins poudrés, perruqués grotesques et répugnants et les femmes en présence se livrent une guerre sentimentalo-sexuelle sans merci. Les trois actrices font un travail remarquable. Mais si Olivia Colman (déformée) et Emma Stone (angélique et diabolique) sont épatantes, c'est à Rachel Weisz que j'aurais attribué l'Oscar. Son autorité, sa tendresse non feinte envers la Reine ainsi que sa tristesse véritable mais surtout sa façon imperturbable, impassible d'accueillir toutes ses déconvenues et différentes disgrâces sont bien plus impressionnantes que l'hystérie ambiante.

A noter qu'Anne est une descendante de Marie Stuart évoquée plus haut.

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Merci d'apprécier le remarquable timing de la publication de ces articles...

Commentaires

  • Je n'ai vu que le dernier, que j'ai bien plus apprécié que toi. Tu me donnes envie maintenant d'ne savoir plus sur Marie Stuart, l'ancêtre.
    Le second ne me dit rien malgré la sublime Juliette, et de sa filmo je n'ai vu que Comme un Homme, que j'avais beaucoup apprécié. Mais je dois faire des choix ^^
    Belle journée Pascale :)

  • Marie Stuart est bien meilleur selon moi. Et quel destin !!!
    Tu devrais voir Dans les forêts de Sibérie. Raphaël Personaz est souvent nu :-)

  • Je vais en parler avec mon conjoint, si je le trouve sur Netflix, on regardera. Ahahahah :)

  • Mon conjoint :-))))) Arthur ???

  • Trois films que nous essayerons voir - peut-être nous attendrons la diffusion dans le ciné-club de notre petite ville ; il faut le soutenir parce qu'il a une belle programmation en VO !
    Bon weekend et vive les femmes, nous !

  • Mary Stuart vaut vraiment le coup.
    C'est chouette et courageux les petits ciné clubs. Les bénévoles font du bon boulot.

  • Rien vu de tt ça ....
    En cette journée internationale des droits de la femme 2019, j'ai vu 'Destroyer' avec l'internationale Nicole Kidman réalisé par la non moins internationale Karyn Kusama .....
    Une bouse, internationale la bouse donc. ;-)

  • Des droits DES femmes... t'y es presque :-)

    Ah ben déjà que tu t'aimes rien, pourquoi tu vas voir ça ? On t'a forcé ? Payé ? Rien que voir la tête de Nicole j'ai fait des cauchemars.

  • Vu en téléchargement ..... Par curiosité comme souvent ;-)
    Toujours en télech. Je viens de voir 'Koursk', sobre & (dépouillé comme la flotte du Nord russe ), 13/14 sur 20 si je devais sévir.
    спокойной ночи.

  • Je n'ai jamais téléchargé. Je ne sais même pas comment on fait.
    Kursk, le film où il ne leur reste que 2 minutes...
    хороший день

  • Je suis surpris de ton commentaire élogieux sur la petite Guise écossaise. Personnellement j'aurais davantage opté pour la Binocherie. Je note le conseil.
    très chouette chronique sur "La Favorite" que je n'ai pas vu non plus mais dont tu relates parfaitement la noirceur.

  • Guise et Stuart c'est du kif ??? Remarque ça les gênait pas de convoler entre cousins !
    Et oui j'ai trouvé ce film formidable.
    La binocherie est effectivement une binocherie tout à sa gloire.
    Quant à la Favorite, l'hystérie, le "filmage" très "regardez comment je filme", la déchéance physique... au bout d'un moment, ça lasse.

  • Je n'ai vu que "La favorite". Et je suis complètement d'accord avec toi: le côté m'as-tu-vu de la mise en scène a fini (assez rapidement) par prendre le pas sur le plaisir du jeu de massacre annoncé et, finalement, tellement outrancier lui aussi. Au bout d'un moment, ça m'a sorti du film et même déplu, pour tout dire.

  • Et ça fiche franchement la gerbe ce procédé !

  • Oui, c'était même écoeurant par moment et pas vraiment justifié. Et il remet une couche de gore avec le visage de Rachel Weisz... Et cette scène interminable avec l'homme nu qui se fait bombarder, au cas où on n'avait pas compris leurs jeux répugnants.
    Mary Stuard est plus classe (même si la Reine Anne et sa vérole...).

  • Egalement assez déçue par La Favorite, également lassée par cet abus de fish eye, ces aller-retour incessants dans des couloirs, cette impression générale de "trop", on n'a même plus le temps de respirer. J'avais adoré Mise à mort du cerf sacré que j'avais trouvé pertinent, ici je trouve le propos intéressant mais assez creux finalement, ça sent que Lanthimos n'a pas écrit le scénario, je ne reconnais pas la patte, je trouve cette vision même sur ces femmes et leurs relations assez simpliste par rapport à l'ambition affichée. C'est en revanche bien interprété. Je suis contente pour l'Oscar attribué à Colman car j'ai toujours aimé cette actrice qui mérite enfin sa reconnaissance. Mais Rachel Weisz m'a également éblouie. Emma Stone est bien mais elle fait du Emma Stone j'ai envie de dire.

  • J'avais beaucoup aimé The Lobster et Mise à mort. Ici en effet, il abuse de son joujou.
    Je ne connaissais pas Olivia Colman (qui est ravissante en vrai). Mais Rachel Weisz domine je trouve, et sans hystérie. J'ai trouvé aussi Emma Stone très bien, angélique et finalement pas.

  • J'ai vu les 3,
    La favorite :spectaculaire, j'ai aimé la mise en scène et les 3 actrices Olivia Colman que j'avais vue ds un rôle complètement différent détective ds la très bonne série "Broadchurch ", petite préférence pr Richel W.
    Marie stuart j'ai admiré la beauté et le jeu de Marie S., retrouvé l'actrice qui campe magistralement Elizabeth, je n'ai pas vu passer le temps, beaucoup aimé !!
    Par contre un peu déçue par le film de Binoche, beaucoup aimé le scénario, l'actrice Juliette, par contre j'ai été un.peu déçue par le personnage de la psychiatre pas par Nicole Garcia que j'apprécie à chaque fois, mais jattendais autre chose...j'ai du mal à l'expliquer Sorry!! Oui trop long! A bientôt!

  • Spectaculaire c'est le bon mot :-)
    On est d'accord pour Mary Stuart.
    Pour le Binoche, le personnage de la psy m'a déçue quand elle se met à devenir plus intime avec sa patiente alors que jusque là c'était nickel. Une vraie pro ne se laisse pas aussi facilement embobinée par une menteuse. Surtout avec l'expérience qu'elle a.
    A bientôt.

  • Nous avons enfin vu "La Favorite". Nous nous sommes laissées entraîner par le jeu des actrices et par le côté farce de la reconstitution historique.

  • Ce film m'a plutôt irritée. Pour moi c'est Rachel Weisz qui domine.

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