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1 ***** VERTIGINEUX - Page 4

  • UNE SEPARATION de Asghar Farhadi *****

    UNE SEPARATION de Asghar Farhadi,Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, cinémaUNE SEPARATION de Asghar Farhadi,Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, cinémaUNE SEPARATION de Asghar Farhadi,Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, cinémaUNE SEPARATION de Asghar Farhadi,Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, cinéma

    Simin et Nader ont décidé de se séparer. Surtout Simin qui a bataillé pendant 18 mois pour obtenir un visa dans l'intention de quitter l'Iran avec sa famille. Elle veut un avenir différent pour sa fille de 11 ans Termeh. Le juge aux affaires matrimoniales s'étonne « vous trouvez qu'il y a des problèmes dans notre pays que vous souhaitiez le quitter ? ». Dès lors un étrange malaise s'installe bien que les raisons de l'envie de partir de Simin ne seront jamais exprimées. De toute façon Nader n'a aucune envie de quitter l'Iran car son père atteint de la maladie d'Alzheimer a besoin de lui. Termeh, studieuse et sage non plus ne souhaite pas partir. Comme tous les enfants du monde elle veut que ses parents restent ensemble et lorsqu'ils sortent du tribunal, la petite choisit de rester avec son père. Simin retourne vivre chez ses parents tandis que Nader reste dans l'appartement avec sa fille et son père. Pour veiller sur le vieil homme pendant qu'il est au travail Nader engage une aide à domicile, Razieh. La jeune femme très pieuse et enceinte porte le nikab. Elle a caché à son mari dépressif, au chômage et couvert de dettes qu'elle allait travailler chez un homme seul, ce que la religion interdit. A partir de ce mensonge qui aurait pu rester anodin tant qu'il n'est pas découvert, toute une succession d'événements va survenir mettant chacun des protagonistes dans des situations de plus en plus délicates les forçant à découvrir peu à peu leurs zones d'ombre.

    Difficile de résumer ce foisonnant drame qui vous saisit dès la première scène et ne vous lâche plus un instant jusqu'au dernier mot du générique où l'on attend encore d'obtenir la réponse à une question... Le paragraphe précédent n'est en effet que le départ de toute une succession de faits, d'épreuves et de circonstances qui vont s'enchaîner comme si un implacable engrenage s'était emparé des moindres faits et gestes de ces personnages pour les broyer et les mener au(x) drame(s). Le film  s'ouvre sur une scène de tribunal où le couple, face caméra, tente de convaincre le juge de leur accorder le divorce. Ce n'est pas simple puisqu'ils sont à Téhéran, que le divorce n'est envisageable qu'en cas de consentement mutuel et que bien que la séparation sera finalement consommée, une femme ne peut en prendre seule la décision. La suite, de plus en plus oppressante va découler des agissements de Razieh dont les mensonges vont contraindre d'autres personnes à mentir au point de mettre en péril la vie et l'avenir de deux familles.

    Doté de mille prouesses, le film semble s'enrichir à mesure qu'on avance dans les intrigues qui s'imbriquent les unes aux autres de façon implacable. Les situations deviennent peu à peu aussi complexes que les personnages qui les vivent et les provoquent. C'est rien de dire que tous les héros de ce film sont loin d'être monolithiques, et chacun à leur tour se révéle victime, on n'en doute pas, puis brusquement antipathique et "coupable" on en est sûr aussi. Assurément le mot manicchéen ne fait pas partie du vocabulaire du réalisateur tant il soumet ses personnages (et les spectateurs) à toutes les ambiguités, contradictions et dualités qui composent un être humain. Cramponner au fauteuil le spectateur qui n'en sait parfois pas plus que certains personnages se met à douter, à changer d'avis, à croire l'un puis l'autre et se tromper, plusieurs fois. Construit de façon absolument prodigieuse et offrant des rôles complexes et profonds à ses acteurs, le film  chemine de façon inéluctable et impitoyable vers le dénouement et les révélations.

    Farahdi parle de son pays, du couple, de la façon qu'ont les parents d'ici comme d'ailleurs de mettre leur enfant au milieu de leur conflit, de justice, de religion, de tradition, de dévouement, de la famille. C'est foisonnant, passionnant, palpitant. On ne sait jamais où l'on va, mais on y va. On suit avec angoisse, le coeur battant tous les personnages qu'on prend le temps d'approuver puis l'instant d'après trouver qu'ils ont tort même et sans doute surtout parce qu'ils nous étonnent d'avoir tant de bonnes raisons de faire ce qu'ils font. Jamais on ne les juge. On prend leur parti successivement ce qui est un autre tour de force de ce film gigantesque et impressionnant qui offre la possiblité de mille questionnements et notamment celui-ci : "qu'aurions-nous fait à leur place ?". Evidemment vous ne raterez ce film sous aucun prétexte.

    Ah oui les acteurs sont PRODIGIEUX !

  • MIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen ****(*)

    MIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen, rachel mcAdams, owen wilson, kathie bates, marion cotillard, michael sheen; cinémaMIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen, rachel mcAdams, owen wilson, kathie bates, marion cotillard, michael sheen; cinémaMIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen, rachel mcAdams, owen wilson, kathie bates, marion cotillard, michael sheen; cinéma

    C'était quand la dernière fois que vous êtes sortis d'une salle de cinéma avec des ailes, léger comme une paillette cannoise ? Moi c'était hier, malgré tout. Il faut dire que Woody a mis le paquet pour nous emporter loin comme il sait parfois le faire, à condition bien sûr de se laisser embarquer sans condition ni résistance. Et si comme moi, vous ne savez strictement rien des méandres où plonge ce film avant d'entrer en salle, j'imagine que le plaisir déjà considérable peut être décuplé.

    Les cinq premières minutes du film s'étalent comme un dépliant touristique où l'on pourrait s'inquiéter à penser que Woody est tombé dans le piège d'un Paris de carte postale idyllique et irréaliste. Sur un thème de Sidney Bechet d'une mélancolie à tomber, nous visitons donc Paris en long en large et en travers où ne traîne aucun papier gras et en évitant soigneusement Barbès et le XIIIème (entre autre). Et finalement les barrières, l'appréhension et la méfiance s'effondrent car Paris, c'est aussi ça, cette ville magique et intemporelle avec ses pavés, ses toitures grises, ses escaliers, ses jardins, ses ponts, ses monuments célèbres, ses grandes avenues, ses petits marchés, ses squares, ses musées. Et l'on comprend à quelle déclaration d'amour inconditionnel le réalisateur va se livrer en faisant de la capitale un personnage où son imagination, sa folie et son inspiration vont pouvoir se manifester en mode majeur. Il va nous précipiter dans un rêve insensé et délicieux où l'imaginaire et les phantasmes les plus fous peuvent enfin se réaliser. Un songe, une rêverie, un idéal de cinéma que seul le 7ème art et un réalisateur de génie (j'emploie ce mot dans tout son sens) peuvent permettre et procurer.

    Woody Allen, au sommet, qui doute encore pourtant d'avoir jamais réalisé un GRAND film nous comble avec cette sucrerie dorée, subtile et profonde, drôle et mélancolique, cruelle et généreuse dont on sort le coeur allégé de toute peine et plein d'espoir. Woody laisse encore percevoir que le cinéma est un puits sans fond où l'inspiration et la fantaisie sont reines et dans lequel tout est possible, sans limite !

    Mais revenons-en un peu à notre histoire ! Dès les premières scènes qui mettent en présence Inez et Gil jeune couple d'américains en vacances à Paris avec les parents de la belle et qui doivent officialiser prochainement... on sent bien que rien ne colle entre eux. Alors qu'Inez, fille à papa et maman, bourgeoise, oisive et matérialiste s'imagine déjà dans sa villa à Malibu avec son scénariste à succès de mari, Gil quant à lui bohême, intellectuel et sentimental ne rêve que de simplicité et d'une vie sous les toits avec vue sur le ciel et pourquoi pas à Paris. Elle a hâte de s'installer à nouveau sur une plage californienne, il trouve que Paris est encore plus beau sous la pluie où il aime se perdre dans les rues. Elle affirme qu'il est plus crédible en scénariste, activité lucrative, il aimerait que le roman qu'il a écrit soit publié... Gil a de toute façon peu voix au chapitre et aucun de ses souhaits n'est pris en compte par sa fiancée comme par ses parents qui le méprisent ouvertement et auraient préféré un autre parti pour leur fille. Justement, la rencontre avec des amis américains va faire que providentiellement Gil et Inez vont découvrir Paris chacun à leur façon et de leur côté. Pour notre plus grand bonheur.

    Et Paris de devenir sous nos yeux émerveillés, le lieu de tous les possibles où la nostalgie, les rêves, les illusions, le passé, le présent et l'avenir s'entremêlent pour aboutir au constat vivifiant, réconfortant et exaltant qu'on peut s'enrichir du passé pour marcher vers un avenir peut-être prodigieux.

    Toute la magie d'une ville et d'une histoire devant la caméra d'un réalisateur particulièrement inspiré qui, en évoquant le subterfuge de "La rose pourpre du Caire" (autre chef-d'oeuvre de Woody) dont tout cinéphile a rêvé, nous égare et nous transporte (dans tous les sens du terme) pendant 90 minutes dans un songe enchanteur.

    C'est éblouissant, brillant, raffiné, c'est drôle, bavard et ironique, tout à la fois et plus que cela encore. Owen Wilson, nouveau venu chez Woody Allen, s'empare magistralement de l'univers, du phrasé, de la démarche même (mains dans les poches) de Woody qui ne peut (hélas) plus interpréter les personnages de ses rôles et possède ce qu'il faut de séduction, d'humour et d'élégance pour être absolument convaincant.

    Je vous laisse le bonheur de découvrir le reste du casting sans rien vous révéler de l'histoire et aller ainsi de surprise en émerveillement.  MIDNIGHT IN PARIS de Woody Allen, rachel mcAdams, owen wilson, kathie bates, marion cotillard, michael sheen; cinéma

    Et que celle qui prétend à tort que je raconte TOUJOURS la fin des films sache que je n'en dis strictement rien ici.

  • LES DEUX COMIQUES

    de France Inter lors de l'émission de ce matin "On aura tout vu" étaient fort dépités et ont fait part de leur indignation au fait que ce film prodigieux ne "décolle" pas

    incendies de denis villeneuve,cinéma

    C'est jusqu'à présent mon film préféré de ce début d'année.

    Et pourtant les critiques dont voici un aperçu atteignent des sommets :

    • LE JOURNAL DU DIMANCHE - Jean-Luc Bertet

    (...) un drame familial fort, puissant et bouleversant. "Incendies" brode sur le thème de la quête des origines, du secret, de l'impossible pardon, pour vous enflammer corps et âme !

    •  20 MINUTES - Caroline Vié

    Ce film coup de poing (...) remue en profondeur en explorant le Liban à l'aide de personnages déracinés.

    •  LA CROIX - Jean-Claude Raspiengeas

    Adapté de l'un des volets de la très belle et très forte trilogie théâtrale du dramaturge québécois, Wajdi Mouawad, né au Liban, (...) le film de Denis Villeneuve s'empare du sujet à cette altitude symbolique.

    •  LE FIGAROSCOPE - La rédaction

    Un sombre mélodrame de guerre, voyage (politiquement orienté) dans un Liban déchiré.

    •  LE PARISIEN - Hubert Lizé

    Ce drame, traversé par les déchirures de la guerre, dans un pays qui ressemble au Liban, se mue en quête identitaire quasi initiatique d'où surgissent les fantômes du passé. On en sort bousculé par la dureté des faits, et captivé par la force du récit.

    •  LES INROCKUPTIBLES - Emily Barnett

    "Incendies" démontre une belle puissance de récit, et une maestria de mise en scène dont on ressort le coeur tout étourdi.

    •  LIBERATION4 - Philippe Azoury

    Villeneuve(...), touche à quelque chose qui, concernant cette guerre, n'avait jamais été figuré.

    •  PREMIERE - Pamela Messi

    Un film coup de poing.

    •  TELERAMA - Jérémie Couston

    Le Québécois Denis Villeneuve a transformé la pièce de son compatriote Wajdi Mouawad en une enquête tendue à l'extrême, où le destin de Nawal, mère donc, mais aussi terroriste et prisonnière de guerre, s'éclaire au gré de retours en arrière à la violence fulgurante.

    •  CRITIKAT - Fabien Reyre

    Adapté de la pièce éponyme de Wajdi Mouawad, "Incendies" est à l'image de l'oeuvre qui l'inspire : constamment sur le fil du rasoir, suscitant tour à tour fascination et exaspération.

    Et pourtant la blogosphège ne tarit pas d'éloges :

    ICI ou LA par exemple alors je sais vous allez me dire gnagnagna il fait beau, je vais pas aller m'enfermer au cinéma et j'en passe et des plus météorologiques... sauf que je vous en donne ma parole, le soleil se lèvera encore demain.. par contre "Incendies" va disparaître des écrans sans que vous l'ayez vu et il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer.

    incendies de denis villeneuve,cinéma

    Donc, je pense que vous savez ce qu'il vous reste à faire...

    Et aussi, merci de terminer CE JEU (j'ai agrandi et repeint les photos dans leurs couleurs originelles) sinon lundi "tintin les pruneaux" !!!

  • OXYGENE de Hans Van Nuffel *****

      Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

     Film en compétition - Belgique Pays Bas

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    Tom et Lucas sont frères et sont tous les deux atteints de mucoviscidose (cette charmante maladie qui touche les voies respiratoires et vous fait au fil des années manquer d'air progressivement et tout à fait irrémédiablement). Mais alors que Lucas l'aîné est hospitalisé de façon permanente dans l'attente d'une greffe de poumons, Tom n'en est encore qu'au stade où il y fait des séjours réguliers et espacés de quelques mois, parfois quelques semaines. A l'hôpital Tom fait la connaissance de Xavier victime d'un pneumothorax. Bien que réagissant différemment à leur maladie les deux garçons deviennent amis. Tom lorsqu'il n'est pas hospitalisé fréquente des garçons pas très recommandables tandis que Xavier tente de conserver les activités sportives qui le faisaient vivre.

    Contrairement à ce que le thème très lourd pouvait laisser supposer (je crois que la mucoviscidose est une maladie incurable et qu'il est exceptionnel qu'un adulte en soit atteint...) ce film où les personnages manquent de souffle est une véritable bouffée d'air pur, de joie, d'espoir et d'énergie. Le jeune réalisateur (lui-même atteint par la mucoviscidose) est parvenu à déjouer tous les pièges tendus par ce genre de sujet et bien qu'il nous bouleverse vraiment, à aucun moment on ne se sent manipulé par un pathos et une emphase tire-larmes. Il n'en ajoute pas non plus dans le style "regardez comme je suis un malade courageux !". Du tout. Non, simplement il observe et transmet l'énergie vitale qui fait avancer ces jeunes gens qui se savent condamnés. Parfois ils renoncent, parfois ils s'exposent, se mettent en danger, trouvent injuste leur condition "c'est étrange de partir avant ses parents", et puis il leur arrive de connaître des parenthèses enchantées rendues exceptionnelles par l'urgence qu'ils ont de vivre un peu.

    Le choix idéal des acteurs principaux et l'excellence de leur interprétation est également une performance de tous les instants. En tout premier lieu celle de Stef Aerts/Tom qui est absolument prodigieux. Ils sont à la fois fragiles, courageux, déterminés et inconscients en étant souvent à bout de souffle. Jamais ils n'en ajoutent dans l'expectoration à la Marguerite Gauthier et jamais non plus ils ne nous font céder à un "chantage" affectif.

    Le réalisateur réussit haut la main son épilogue en nous abandonnant sans voix sur une scène et une réplique finales bouleversantes !

    Je crois que j'ai trouvé MON film préféré de cette sélection et comme je ne trouve pas d'images qui lui rendent suffisamment grâce (les couleurs sont par ailleurs absolument admirables), je vous recommande cette bande-annonce :

  • LE JOUR OÙ JE SUIS TOMBÉE AMOUREUSE POUR TOUJOURS DE

    entrer des mots clefs

    LE CAMERAMAN de Edward Sedwick et Buster Keaton *****

     Festival International du Premier Film d'Annonay 2011

    Ciné-Concert en partenariat avec "La Presqu'Île", salle de spectacles d'Annonay. L'accordéoniste hors pair et cinéphile passionné Marc Perrone a posé sa musique inventive sur ce chef d'oeuvre du cinéma muet.

    le cameraman, edward sedgwick, buster keaton, marc perrone, festival international du premier film d'annonay 2011

    Luke est photographe dans les rues de New-York. Lors d'une bousculade il aperçoit Sally. Il la prend en photo et en tombe instantanément amoureux ou l'inverse. La jeune fille travaille dans une société qui réalise des films documentaires. Elle encourage Luke à s'acheter une caméra et à postuler auprès de la compagnie. Luke va réaliser un reportage dans Chinatown puis lors d'une régate. Il va dans un premier temps égarer la bobine, puis la retrouver. Il sera la risée des autres reporters professionnels avant de gagner ses galons de cameraman et de finir au bras de la belle.

    Ce qui compte ici n'est pas tant où le personnage se rend et souhaite aller mais la façon dont il s'y prend pour y parvenir. C'est tout simplement GENIAL, et le mot ici n'est pas employé de manière abusive comme souvent. Tout, absolument TOUT ce que fait Buster Keaton tient du génie. Chaque scène, le moindre de ses déplacements est un gag, une occasion de hurler de rire tant ce qu'il réalise tient souvent de la prouesse même s'il ne s'agit que de descendre ou de monter un escalier. Toutes les scènes de ce film sont « anthologiques » et voir ce petit bonhomme évoluer avec souplesse et énergie tient du miracle. C'est constamment inventif, prodigieux, délirant. Luke/Buster, par sa finesse et ses astuces s'impose face aux malabars qui convoitent sa belle. La scène de la piscine est un moment désopilant comme il est rarement donné d'en voir au cinéma.

    Le timing comique délirant de Buster Keaton, la virtuosité inventive de Marc Perrone ont rendu cette soirée de qualité exceptionnelle absolument inoubliable.

    Ma connection quelque peu hésitante et chaotique du jour m'empêche de vous en dire plus et de joindre à ces quelques mots photos et vidéos que j'avais réalisées... mais je n'ai pas dit mon dernier mot !

    18 heures : connection lancée à 100 à l'heure... voici la petite vidéo concotée par mes soins pour vous donner un aperçu :

  • LE GUEPARD de Luchino Visconti *****

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    J'ai découvert hier le ciné-club de mon "art and try"... Et oui, shame on me, je n'avais jamais essayé de m'y rendre car rien qu'imaginer entendre des intellos parler cinéma et nous annoncer qu'ils avaient lu Lampedusa dans le texte, ça me gave rapidement et puis, bêtement, je croyais que les débats étaient animés par le propriétaire des lieux qui me tape sévère (pour être polie) sur le haricot. Sauf que depuis quelque temps il semble qu'il se soit mis au tambourin et que de toute façon les débats soient animés par François Bouvier, professeur de cinéma, personnage aussi passionné que passionnant. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai trouvé mon Thierry Frémaut (que j'aime d'amour... Thierry si tu m'entends :-)) local mais j'espère trouver le temps, l'énergie et tout le bazar pour assister régulièrement à ces soirées (qui obligent à se coucher bien tard).

    Hier il s'agissait donc de voir, et de revoir en ce qui me concerne, le film de Luchino Visconti qui reçut la Palme d'Or à Cannes en 1964 mais ce n'est qu'un détail (qui se souviendra de l'Oncle Bonne Mine dans 50 ans ??? malgré tout le respect que je dois à Atoiaussitujouaupingpong ?) car même sans palme, "Le Guépard" serait le chef d'oeuvre intemporel qu'il est. Incontestablement. Je l'ai découvert quand j'étais toute pitchoune, belle comme un soleil et déjà cinéphile et je n'avais dû rien y comprendre. Mais je ne l'ai jamais oublié. Je me souviens que mes parents (Gloire à eux qui m'ont emmenée au cinéma dès que je n'ai plus porté de couches !) disaient lorsqu'ils évoquaient ce film : "ah ? c'est le film où le bal dure une demi-heure et il ne s'y passe rien !". Et comme j'étais jeune, timide et docile, je disais aussi que c'était le film où le bal etc... Sauf que le bal dure plus longtemps, pratiquement le tiers du film (3 heures et 10 minutes de pure extase) et que déjà dans le temps d'avant je pensais au fond de moi que ce bal était un ravissement, qu'il n'était pas là pour rien, que j'avais bien vu tout le monde s'y observer, parler, se chercher, transpirer, perdre pied et à l'occasion danser, danser, danser !

    Mais de quoi s'agit-il ? En 1860, Garibaldi et ses Chemises Rouges viennent semer la panique en Sicile. Le Prince Salina emmène sa femme et ses sept enfants dans leur résidence secondaire de Donnafugata. La révolution en marche lui fait craindre que l'aristocratie vit ses derniers jours. Il consent donc à une union presque contre nature entre son neveu bien-aimé, le fougueux Tancrède et Angelica  belle mais un rien vulgaire (au début) fille du maire de la ville, sorte de bourgeois parvenu assis sur des lingots et des possessions qu'il offrira en dot.

    Tant par le contenu politique que par la technique, la durée de préparation (6 mois rien que pour le bal), l'abondance et la richesse des costumes et des décors, le tournage de certaines scènes en milieu naturel, ce film sans âge, indémodable est un chef d'oeuvre. Visconti lui-même aristocrate, communiste et homosexuel n'est pas un homme ordinaire et beaucoup de ses propres caractéristiques et de sa personnalité transparaissent au travers du personnage du Prince Salina dont il fut d'ailleurs un temps question qu'il l'interprète lui-même. Si l'on peut être au départ surpris que ce rôle de noble italien échoie à un cow boy américain, au vu de ce que Burt Lancaster fait du personnage, il devient impossible d'imaginer qui que ce soit d'autre. D'homme vigoureux, d'une beauté, d'une élégance et d'une autorité impressionnantes il devient en trois heures de film un homme terrassé, abattu et las tout aussi convaincant. Il s'éloigne lentement mais déterminé vers un sombre destin.

    Il y a donc une révolution qui gronde et dont les prémices se font entendre dès l'ouverture du film. Après avoir parcouru la longue allée bordée de statues figées qui mène à une demeure dont on sent malgré le délabrement de certains murs qu'elle fut somptueuse, on pénètre dans l'intimité de la famille Salina à genoux pour la prière quotidienne. Le Prince est obligé d'interrompre avec autorité cette prière pour tenter de comprendre le brouhaha extérieur. Un soldat mort a été retrouvé dans le jardin. Et c'est le début du commencement de la fin. Ce cadavre est la première brèche qui s'introduit dans l'ordre des choses. Et tout s'enchaîne. L'hystérie de la femme de Salina s'oppose au calme souverrain du Prince. Puis Tancrère survient. Alain Delon dans toute la force, la beauté et la gloire de ses 28 ans rayonnants. Fougueux et bouillonnant il séduit tout et tous sur son passage. Il semble virevolter comme Fanfan la Tulipe même si son ambition démesurée et sans morale le fera sans vergogne passer des troupes de Garibaldi à celles de l'armée "régulière". Car la révolution qui s'est amorcée ne mènera finalement à rien. Un bourgeois finira par devenir sénateur, un aristocrate, Tancrède sera député. Le pouvoir nouveau va s'appuyer sur l'aristocratie ancienne et pendant que les riches dansent, le peuple continue de bosser. "Pour que les choses restent identiques, il faut que tout change" dira le Prince. Ce changement doit donc en passer par le déclin de la classe des guépards : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Mais il s'agit aussi, comme le disait Visconti de l'histoire d'un contrat de mariage, d'une mésalliance entre la bourgeoisie ambitieuse et la noblesse décadente. Tancrède tombe amoureux de la beauté étincelante d'Angelica qui le lui rend, tout en jouant parfois les coquettes (cours après moi que je t'attrape hi hi hi !!!). Tancrède fera souffrir sa fade cousine Concetta qui l'aime sincèrement mais qui ne possède pas cette "qualité" supplémentaire et indispensable de nourrir une ambition folle que partage Tancrède avec Angelica. Ces deux là, au-delà de l'harmonie évidente de leur couple, de leur beauté foudroyante s'aiment-ils réellement ? On peut en douter.

    Pour clore ces histoires de guerre, d'amour et de pouvoir, il y a donc ce bal monumental, véritable tour de force de réalisation, morceau de bravoure tourbillonnant, qu'il faudrait voir et revoir encore pour qu'aucun détail n'échappe tant il est riche de précision et d'événements dont la plupart passe par les regards qui s'échangent ou que l'on saisit au vol à condition d'être attentifs, que ce soient ceux de la Princesse Salina excédée que son mari la délaisse, ceux de Tancrède dont on ne sait s'ils suggèrent la jalousie de voir sa fiancée flirter ou d'apercevoir son mentor vacillant ou ceux du Prince qui observe au travers de Tancrède et Angelica la fin de son monde et aussi (surtout ?) sa jeunesse à jamais perdue. Roc vacillant et las, jadis énergique qui semblait éternel, Burt Lancaster a imprimé à jamais de sa stature imposante et solennelle ce film somptueux, éblouissant et inoubliable.

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  • INCENDIES de Denis Villeneuve *****

    19590230_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20101115_025044.jpg19590232_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20101115_025044.jpg19590234_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20101115_025105.jpgLorsqu'ils se retrouvent chez le notaire qui leur révèle le testament de leur mère, Jeanne et Simon sont stupéfaits de ce qu'ils entendent. Elle leur demande d'être enterrée nue, sans cercueil, face contre terre, sans plaque ni aucune inscription car elle considère que sa vie n'a été qu'une honte. Deux lettres sont remises aux jumeaux. Une à Jeanne que sa mère charge de retrouver leur père qu'ils n'ont pas connu, une à Simon qui doit chercher un frère dont ils n'avaient jamais entendu parler. Ce n'est que lorsque ces deux lettres auront été remises à leurs destinataires que Nawal autorisera les siens à l'inhumer dignement.

    Denis Villeneuve alterne les flash-back qui déroulent toutes les étapes de la vie de Nawal dans un pays du Moyen-Orient qui n'est jamais cité et les recherches menées de nos jours par sa fille Jeanne (Simon ayant refusé de céder à ce qu'il considère comme un nouveau caprice d'une mère fantasque et absente) qui "débarque" dans ce pays inconnu pour elle puisqu'elle vit depuis toujours avec son frère au Canada. Nous suivons avec le même effarement que Jeanne puis de Simon (qui finira par rejoindre sa soeur) les découvertes qu'ils font de la vie de leur mère. Et c'est avec le même effroi que nous recevrons dans les dernières minutes l'étendue de l'horreur de ce que Nawal a vécu et surmonté, tout ce que cette femme humiliée depuis sa plus folle jeunesse a subi, remettant en cause certaines évidences mathématiques... Le réalisateur ne nous laisse aucun repos, nous asphyxie littéralement en osant aller jusqu'au bout de l'indicible. Et j'avoue que c'est en larmes comme ça ne m'était pas arrivé depuis une éternité que j'ai laissé se dérouler le générique de fin, me demandant si ce que j'avais vu était plausible. Hélas, la réponse est oui. Ce que l'absurdité des guerres, le "pouvoir" que les hommes exercent sur les femmes, l'intégrisme, la religion (TOUTES les religions), le racisme, la bêtise peuvent générer comme horreurs est insondable.

    Ici la tragédie familiale rejoint le drame d'une nation qui sert de "terrain de jeux" à d'autres peuples belliqueux. Tel le Liban sans aucun doute. Denis Villeneuve creuse le fond du fond de l'horreur et nous fait parcourir en apnée les événements que génèrent les guerres sur les citoyens "ordinaires". Dès les premières minutes on est happé par l'intensité des images et le regard du petit garçon dont on comprendra plus tard qu'il fera partie de ces "enfants soldats" qu'on utilise quand la chair à canon se met à manquer est de la même force que celui de cette afghane hagarde et terrifiée, souvenez-vous. On ne saura que bien plus tard ce que cette scène signifie. Car en plus de nous mettre totalement KO avec un film coup de poing, bouleversant comme rarement, le réalisateur n'en oublie pas de proposer un scenario à la fois complexe et limpide où tout finit par trouver un sens et une explication.

    Que de thèmes abordés sur la souffrance, la honte, le chagrin, le pardon ! Que de force et de dignité dans la volonté de trouver et de comprendre ses racines, d'où l'on vient et comment on en vient ! Que de coeur, de sentiments et de violence ! Que de chemin parcouru par cette femme déchirée, constamment malmenée, bafouée, avilie mais debout jusqu'à l'épuisement à la recherche de son enfant perdu ! Quel film, mais quel film que cet "Incendies" porté en tension constante par des acteurs (tous) inspirés, habités ! Mais que serait-il aussi sans la puissance et l'abnégation totales d'une actrice qui disparaît et s'abandonne comme jamais à son personnage ? Lubna Azabal digne, intense, "femme qui chante" souvent silencieuse et d'une sobriété admirable rend inoubliable ce film saisissant, cette histoire et ce personnage qui nous percutent en plein coeur.

  • INCEPTION de Christopher Nolan *****

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    PARLER D'INCEPTION SANS SPOILER.
     
    Voir ce film une fois est loin d'être suffisant. Et voir ce film ne donne pas simplement l'envie de le revoir, mais aussi de replonger dans toute la filmo assez irréprochable et passionnante de Christopher. Champion.
    C'est plus "reposant" la deuxième fois (remarquez que je ne dis pas la seconde...) mais ce qui était intrigant et insaisissable devient fascinant et lumineux (ou presque). Même s'il me paraît toujours aussi étonnant de constater à quel point le spectateur qui se retrouve devant "Inception" est prompt à entrer sans sourciller dans le monde étrange, singulier, énigmatique, ésotérique et mystérieux du réalisateur. Mais surtout d'accepter sans rechigner l'hypothèse de départ selon laquelle un homme, un "extracteur" peut pénétrer les rêves de quelqu'un pour en extraire une idée logée dans le subconscient. L'inception, beaucoup plus rare et périlleuse consiste à l'inverse à implanter une idée dans un cerveau mais toujours par l'intermédiaire du rêve. Et il s'en passe à l'intérieur d'un crâne ! Pas étonnant que certains aient des migraines parfois. Mais imaginez que ce procédé existe effectivement...
    En tout cas, nous, spectateurs, on fonce, on y va, tête baissée. On y croit.
     
    Les rêves ici ne sont pas constitués de paillettes et de couleurs pastels mais de scenarii terriblement réalistes parfois d'une rare violence où il convient souvent de se battre pour survivre. Mais on peut aussi "créer" soi-même son rêve, entre idéal et utopie et y vivre au risque de s'y perdre ou de tout perdre. C'est ce qui arrive à Dom Cobb qui a abusé de sa virtuosité dans son domaine...
    Ce film est un labyrinthe et l'on évolue au travers des strates successives nécessaires pour accomplir la mission de départ. Tout devient évident, le temps est élastique, celui des rêves est plus lent que celui de la réalité, mais on peut aussi rêver à l'intérieur d'un rêve. Le réalisateur nous embrouille, nous fascine, nous envoûte, nous hypnotise mais c'est finalement impressionné qu'on sort de ce film. Avec une seule envie : y retourner.
    Et là on goûte, on savoure, on se délecte. Par exemple, on sait, ce qui pourrait paraître anodin mais ne l'est pas, pourquoi Dom/Leo dit au début "je n'aime pas les trains". On goûte les rares digressions humoristiques qui ne servent pas à faire avancer le scenario, mais à rien d'autre qu'à faire sourire... celle où Saito/Ken Wananabe croise Tom Berenger croyant qu'il s'agit de Tom Hardy... celle où Saito encore croise une belle femme blonde sans se douter qu'il s'agit de Tom Hardy ! Oui bon, tout cela n'est pas clair, mais ça l'est.
    Que dire de plus sur les décors, réels, authentiques ou ceux imaginés, improvisés, déformés, idéalisés... C'est sublime, magique, étonnant ! 
     
    Mais comme Christopher Nolan a choisi pour acteur principal Leonardo DiCaprio de plus en plus excellent à mesure que se creusent les rides, celui qui sans doute souffre de la façon la plus convaincante aujourd'hui sur grand écran, ce film est aussi une folle histoire d'amour tragique et déchirante.
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    J'avais déjà parlé du film ici.
    Puis de la conférence de presse du film en présence des acteurs et du réalisateur à laquelle j'ai eu le bonheur d'assister, ici.
    La conférence de presse dans son intégralité : ici.
    Et enfin, vous pouvez trouver ici, l'interview de cinq des acteurs du film réalisée par quelques blogueurs d'Allociné.
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    ATTENTION : CEUX QUI N'ONT PAS VU - NE LISEZ PAS.
    Car tout de même, plusieurs questions demeurent pour moi sans réponse.
    Une sans importance. Pourquoi la chanson qui rappelle aux endormis qu'ils sont sur le point de se réveiller est-elle "Non, je ne regrette rien" ? En hommage à Marion qui fut, très profondément sous le latex, La Môme ?
    Une autre primordiale. Un totem est personnel et ne peut servir qu'à une seule personne... la toupie étant le totem de Mall... quel est celui de Dom ?
     
    L'essentiel demeure quand même, quoiqu'il en soit du reste, comme le suggère Tom Hardy/Eames à Joseph Gordon Levitt/Arthur :
    "n'aie pas peur de rêver plus grand, chéri".
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    Du coup, je suis perdue dans les limbes !
    Tout le monde s'en fout ?

  • INCEPTION, Leonardo, Tom, Michaël, Ken, Joseph, Killian, Christopher...

    Je ne résiste pas... une dernière petite série (plus belle tout ça) et j'essaie de passer à autre chose :-)

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    Si vous lisez ici ou là qu'ils n'étaient pas souriants et vraiment sympathiques, laissez dire, j'y étais et je pense que plus souriants ça aurait frôlé la tendinite des zygos non ?
    Merci mon Flofounichou à ce joli garçon qui donne ses jolies photos sans en faire une crise d'épilepsie.
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    Et merci à Christopher Nolan d'avoir réuni ce casting d'inception exception dans un film de rêve (et réciproquement). 
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  • JULIA de Fred Zinnemann***** - FESTIVAL PARIS CINEMA

    Julia et Lilian sont complices et amies depuis l'enfance. A l'âge adulte leur destinée va les éloigner l'une de l'autre. Lilian fait des études et devient une auteur de théâtre réputée et partage houleusement la vie de Dashiell Hammett. Tandis que Julia, bien qu'issue d'une famille aristocratique, devient une militante et résistante antifasciste à Vienne dans les années 30. Elles se reverront, feront des choses insensées l'une pour l'autre (Lilian est juive et traversera néanmoins l'allemagne nazie pour aider son amie qui finira par disparaître mystérieusement)...

    Dans ce film d'une beauté et d'une force incomparables tout est parfait. Je crois qu'il fera désormais partie de mes films cultes et je vous invite à le découvrir en DVD parce qu'il me semble absolument indispensable à tout cinéphile. J'en suis sortie en larmes. Je l'avais vu à sa sortie mais j'étais jeune et belle bête et il ne m'avait pas autant bouleversée. Cette amitié indéfectible qui ne faiblira jamais malgré la distance et le temps qui passe est tout simplement impressionnante et pourtant évidente. La force et la beauté des idéaux moraux de ces deux femmes, l'excellence de l'interprétation des deux actrices au diapason l'une de l'autre, l'intelligence extrême des dialogues, la puissance des sentiments auxquels s'ajoutent la perfection de certaines scènes (celle du train est un sommet de tension oppressante, celle des retrouvailles atteint le paroxysme de l'émotion (qui ne m'a plus quitté jusqu'à la fin du film) à cause/grâce à Jane Fonda en plein bonheur mêlé de désarroi... rien qu'en l'évoquant les larmes me montent aux yeux et je frissonne...) font de ce film un chef d'oeuvre inoubliable que je ne me lasserai plus de faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas.

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    L'état de fatigue bienfaisante mais réelle dans lequel je me trouve m'empêche de vous en dire plus... sachez simplement que j'ai vu les trois films prévus aujourd'hui et que c'était une journée bien riche cinéphilement et vraiment formidable par d'autres côtés... Les rencontres, les retrouvailles, les découvertes, les films merveilleux font de ce Festival une réelle parenthèse enchantée !

    Il faut que je vous parle encore de La rivière Tumen (fort et désespérant), Sawako decides (une comédie japonaise déjantée avec de la profondeur dedans), Lluvia (une rencontre inattendue dans Buenos Aires), Les Félins (avec un Delon drôle et magnifique). Quand vais-je pouvoir ? Et demain, de nouveau trois films au programme...