Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

tom hiddleston

  • KONG : SKULL ISLAND

    de Jordan Vogt-Roberts **

    440855_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

    Avec : Tom Hiddleston, Samuel L. Jackon, Brie Larson

    Synopsis : Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

    Lire la suite

  • THE DEEP BLUE SEA de Terence Davies ****

    The Deep Blue Sea : photoThe Deep Blue Sea : photoThe Deep Blue Sea : photo

    Hester prépare son suicide. D'une voix vibrante jusqu'à la brisure elle lit la lettre désespérée qu'elle rédige à son amant, son amour, avant d'avaler des comprimés et d'ouvrir le gaz. Pendant qu'elle glisse doucement, calmement vers le sommeil, Hester se souvient des bons moments, des moments fous, de la rencontre avec Freddie... La jeune femme est mariée à Sir William Collyer, un avocat qui l'aime profondément mais qui pourrait être son père. Ils mènent une vie aisée et Hester s'ennuie et dépérit car sa nature romanesque et passionnée est totalement bridée par les convenances et une éducation rigide. Puis la bienveillante gardienne de l'immeuble intervient et Hester est sauvée. Lorsque Freddie découvre cette tentative de suicide il entre dans une soudaine et incompréhensible colère. Tandis que William l'époux, qui avait d'abord refusé le divorce et promis de rendre la vie d'Hester impossible, essaie de lui porter secours mais la jeune femme totalement dépendante de son amour pour Freddie, ancien pilote de la Royal Air Force est incapable d'accepter la moindre aide.     

    Ce Deep blue sea est la quintessence du film d'amour romantique. Un film comme on n'en fait plus. Il donne ainsi l'impression de dater de l'époque où se situe l'action tant ce classicisme, ces sentiments exacerbés semblent venir d'un autre âge. En 1950 donc, quelques années après la fin de la guerre et l'on voit en arrière plan quelques décombres et vestiges d'une ville, Londres, en pleine reconstruction. La guerre a laissé beaucoup de plaies, de traces et de souvenirs indélébiles. Des blessures qui ne se referment pas et des traumatismes qui ne s'expriment pas. Hester n'oublie pas les bombardements où elle se réfugie avec son mari dans le métro. Freddie ne parvient pas à "faire son deuil" de ses années d'aviateur. C'est sans doute pourquoi il ne peut comprendre l'acte d'Hester de vouloir mettre fin à ses jours. Comment la vie peut-elle avoir si peu de valeur pour elle alors que lui a vu la mort de si près ? Comment peut-elle renoncer à vivre à cause de sa demande perpétuelle d'amour jamais assouvie alors que lui est déjà reconnaissant d'être encore en vie ? Même sa logeuse, totalement dévouée à son mari mourant, lui dira "aucun homme ne mérite qu'on meure pour lui". Mais Hester est sourde à tout argument raisonnable. Justement, plutôt mourir que d'être raisonnable. Freddie est TOUT pour elle. Elle n'en est pas heureuse, c'est juste une évidence. Mais le jeune homme ne partage pas cette passion destructrice. Il aime Hester, simplement peut-on dire. Il est triste de lui faire du mal "je ne suis pas sadique" lui dit-il, mais il est incapable de répondre à ces suppliques permanentes et ne veut en aucun cas porter la responsabilité de la mort d'Hester. C'est pourtant lui qui après une dispute lancera "tu m'aimes encore ?".

    Plus que la passion, ce sont ses effets et conséquences sur l'équilibre d'une jeune femme qui sont décortiqués ici. Lorsqu'Hester rencontre Freddie elle ne le regarde pas, elle le dévore des yeux. Son regard fasciné, émerveillé semble vouloir pénétrer l'âme du garçon dont l'amour n'atteindra jamais l'ampleur qu'elle quémande.

    La toute première étreinte, magnifique comme rarement au cinéma tant ce genre de scènes est le plus souvent au mieux inutile, au pire ridicule, est filmée comme un entrelacs de cuisses, de jambes, de bras. On ne distingue plus la peau de l'un ou de l'autre, ni où commence l'un et où finit l'autre. L'homme est le prolongement de la femme et réciproquement. Les corps s'emboîtent et s'enchevêtrent si bien qu'on ne peut douter : ces deux là sont faits l'un pour l'autre. Sauf que non. Les exigences, le sérieux, la culture de l'une se heurtent à la puérilité, la vulnérabilité, la simplicité de l'autre.

    On n'est pas ému comme j'aurais aimé l'être (plus je pleure au cinéma, plus j'aime !!! c'est ainsi !), mais les sensations se situent ailleurs que dans l'observation et le délitement d'une passion cinématographique. La quête éperdue d'Hester, son hystérie parfois, les humiliations qu'elle s'inflige et dont elle a parfaitement conscience installent un climat de tension, de malaise et d'inquiétude qui frôle parfois l'angoisse. On se demande jusqu'où Hester s'abaissera pour tenter d'obtenir l'amour qu'elle réclame, jusque quand et de quelle façon Freddie le lui refusera !

    On comprend que Vivien Leigh ait interprété ce rôle d'un romantisme délirant dans la version d'Anatole Litvak en 1955, mais Rachel Weisz est magnifique en héroïne tragique, parfois furieuse, parfois soumise et anéantie, consciente toujours de vivre la version la plus (auto)destructrive de l'amour. Tom je t'aime d'amour Hiddleston hérite du rôle peu aimable de celui chargé de dire non et de faire souffrir cette femme amoureuse. Il est beau, suffisamment ambigü pour qu'on ne sache s'il est conscient du mal qu'il fait, s'il aime ou pas, s'il va fuir ou céder...

    même si sa prestation manque évidemment de "hé hé hé !!!". Et je vous dispense de vos réflexions sur mon coeur de midinette, merci ! Si certaine (en râlant bien sûr) peut me redonner la version sonore du hé hé hé, je lui en saurais gré !

    imageimage

    MERCI