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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 47

  • RENDEZ-VOUS L'ETE PROCHAIN de Philip Seymour Hoffman **

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    Tous les new-yorkais ne sont pas des intellectuels névrosés qui ont un appartement avec vue sur Central Park. Il existe aussi une "middle class" qui trime et galère à trouver l'âme soeur. C'est de ces "petites gens" pas trop beaux, pas trop glamour dont il est question ici. Jack est comme son ami Clyde, chauffeur de limousine mais alors que Clyde est marié et amoureux de sa femme Lucy, Jack, timide et mal dans sa peau vit solitaire et sans amour. Clyde va lui faire rencontrer Connie, une beauté un peu abîmée par la vie aussi peu sûre d'elle que Jack.

    Ce film est à l'image de son acteur/réalisateur : différent, et j'aurais aimé l'aimer à la folie... et je n'en étais pas loin. Philip Seymour Hoffman, acteur IMMENSE a quelque chose en plus que beaucoup d'autres n'ont pas, en plus de son talent infini. Ce doit être ça le charme ou le charisme. Comment fait-il, avec le physique qu'il a, à des années lumières des canons hollywoodiens ou des critètres de beauté, avec ses cheveux jaune filasses, ses tâches de rousseur, son embonpoint, sa peau qui rougit s'il fait chaud ou s'il fait froid, pour être aussi charmant et séduisant ? Il se dégage de lui douceur, bienveillance, humanité, générosité et évidemment infiniment de fragilité. Toutes ces caractéristiques dans le même bonhomme le rendent extrêmement attachant et, ainsi que lui révèlera Connie, sexy. Ce type, cet acteur et ce personnage ont l'air touchés par la grâce et c'est ce qui fait en grande partie l'intérêt de ce film doux comme une caresse, prometteur comme un rêve pour certains mais cruel pour d'autres. En effet, à mesure que le couple Jack/Connie apprend à se connaître, celui formé par Clyde et Lucie va peu à peu se lézarder. Les révélations longtemps tues, les trahisons qu'on ne peut pardonner vont progressivement devenir insurmontables, insupportables et les mener à la rupture. Jack et Connie en observateurs attentifs et terrifiés par l'avenir vont "profiter" de l'échec qui prend forme sous leurs yeux pour comprendre toutes les erreurs à ne pas commettre.

    En apprenant avec son ami Clyde à nager, à se jeter enfin à l'eau (très belles, drôles et touchantes scènes de piscine), et jusqu'à un dîner qui vire au fiasco total, Jack et Connie vont tenir leur promesse de ce rendez-vous de balade en bateau à Central Park comme base de leur avenir commun. C'est simple, fort, léger et profond comme tous les obstacles que doivent franchir les émotifs anonymes... Amy Ryan et Philip Seymour Hoffman sont adorables !   

  • LES TROIS PROCHAINS JOURS de Paul Haggis **

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    Si l'on ne tient pas compte du fait que son père ne lui adresse plus la parole (pourquoi ??? mysère), on peut assurer que John, sa femme et leur petit garçon mènent une vie tranquille et sans histoire pleine de connivence, d'humour et de tendresse. La preuve : chaque matin, maman Lara fait un auto-portrait avec son APN de la sainte trinité. Sauf que ce matin là, à peine le petit déj' englouti et qu'elle ait eu le temps de détacher son manteau d'une trace de sang... la police de Pittsburg (oui, ça se passe à Pittsburg) fait soudainement irruption dans la maison et arrête brutalement Lara pour le meurtre de sa patronne... Stupeur et abattement chez les Brennan, Lara en prend pour 20 ans et commence à purger sa peine. Au bout de deux ans, elle craque, grave et fait une tentative de suicide. Du coup, John relit "Don Quichotte" et se souvient surtout qu'il est Maximus Decimus Meridius, commandant en chef des armées du nord, général des légions Phoenix, fidèle serviteur du vrai empereur Marc Aurèl, père d'un fils assassiné, époux d'une femme assassinée et qu'il aura sa vengeance dans cette vie ou dans l'autre. Non mais. C'est là que le petit prof de littérature se transforme en machine de guerre prêt à tout et aussi à devenir hors la loi pour sortir sa chérie de prison ! Et il était temps car voir Maximus se faire mettre minable par deux voyous sans broncher, ça énerve !

    Vous l'avez compris, le GRAND intérêt de ce film c'est Russel Crowe, alors si vous faites une allergie, passez votre chemin. Moi j'adore. En plus, le réalisateur nous réserve quelques belles scènes d'action et de poursuites, notamment dans la dernière demi heure qui relancent l'intérêt et provoquent quelques poussées d'adrénaline. Il s'agit donc du remake américain de "Pour elle" de Fred Cavayé. Mais est-ce à cause de l'effet de surprise totalement émoussé (jusqu'ou un homme peut-il aller pour sauver celle qu'il aime ?) ou parce qu'on ne peut imaginer que Russel Crowe puisse perdre, cette copie m'a semblé moins captivante quoique plus musclée que l'original. Et puis, il me semble que le réalisateur français laissait planer le doute quant à la culpabilité de Lara alors que l'américain révèle et explique tout.

    Cela dit, le divertissement reste plaisant et efficace. Deux heures sans la moindre minute d'ennui, et Russel toujours très concerné dès qu'il s'agit de sauver une femme en péril, ce n'est pas rien.

  • MACHETE de Robert Rodriguez **

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    Machete était jadis un agent fédéral aux méthodes ultra violentes. Comme son nom l'indique, il ne travaillait pas à l'arme à feu et n'hésitait pas à sacrifier son partenaire dans la bagarre. Néanmoins il était craint et respecté. Mais à la mort de sa femme, sauvagement assassinée par Torrez un plus tordu que lui et accessoirement grand manitou mexicain de la drogue , il est devenu clandestin au Texas. Il va croiser la route de la très jolie Sartana chargée de contrôler l'immigration, de la très très jolie et très révolutionnaire Luz, du très vilain Booth, homme d'affaires prêt à tout par amour de l'argent, du très pourri Sénateur McLaughlin qui entre autres joyeusetés entend bien faire électrifier la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique aux fins d'éliminer la vermine...

    Robert Rodriguez ne connaît pas le second degré, il est, pied au plancher et ampli poussé au maximum directement au 36ème. On suit ou on ne suit pas mais on ne fait pas beurque à condition évidemment d'avoir le coeur bien accroché. Moi qui suis une nature délicate et fragile, j'ai dû me réfugier plusieurs fois dans les bras du warrior car les têtes se décapitent, le sang gicle, un certain se hara kirise, un autre est crucifié, un autre encore s'évade d'un hopital en utilisant comme corde les intestins d'une victime... et j'en passe et des plus croquignolettes ! Tout cela dans le plus pur style Tarantino/Rodriguez. Les filles sont très belles et souvent dénudées. Les garçons même très moches et très tueurs peuvent se comporter en vrais gentlemen mais aussi en parfaits salauds.

    ça ne rigole pas à la frontière mexicaine et pourtant on rit beaucoup parce que c'est un sacré foutoir auquel on ne comprend pas bien tous les tenants et aboutissants. Mais comme il n'y a pas trois espèces d'hommes dans cet univers, les méchants sont punis et les gentils gagnent. Enfin, je crois.

    C'est donc bel et bien du big porte nawak avec jolie musique latina, quelques ralentis et des acteurs et trices qui s'amusent comme des fous et dans le plus grand sérieux avec leurs armes. Machete ne dit pas trois mots mais agit. Le physique massif de Dany Trejo, éternel second rôle qui emporte ici le premier, ses longs cheveux, sa peau grêlée, son corps tatoué suffisent à créer un personnage dont on s'attend à ce qu'il affirme à la fin "I'll be back".

    Jessica Alba est à croquer, Mme Rodriguez une bombe, Steven Seagal une baleine, et... bonne nouvelle : Robert De Niro peut encore faire du cinéma de façon tout à fait convaincante et crédible. Dommage que le réalisateur n'ait pas raccourci son film d'un petit quart d'heure...

  • PIEDS NUS SUR LES LIMACES de Fabienne Berthaud **

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    Lily est une grande fille sans âge qui est restée une enfant. C'est une herbe un peu folle qui fait des trucs étranges avec les animaux vivants ou morts. Elle vit seule avec sa maman dans une grande maison à la campagne et ça tombe bien, ça arrange tout le monde. Il fait du soleil tout le temps et Lily peut courir pieds nus dans la nature, se baigner nue et porter des robes trop courtes. Mais maman est victime d'un AVC mortel au volant de sa voiture. Lily pourrait vivre seule, elle est adulte, mais en fait non, elle ne peut pas. Alors sa grande soeur Clara, très sage, très gentille et très affectueuse vient la rejoindre chaque weed end avec son mari plutôt conciliant et pas trop con mais qui aime faire l'amour même les jours d'enterrement, ce qui ne se fait pas quand même ! Mais ce n'est pas encore suffisant, Lily qui n'est pas seule dans sa tête, fait des bêtises en dehors du week-end et la personne chargée de s'occuper un peu d'elle (mais pas trop) se lasse rapidement. Lily vient donc vivre en ville (à Paris) chez sa soeur et son beauf qui ont un appartement très moche et très laid et vraiment pas beau du tout. Alors Lily se sent en prison et elle déprime. Sa soeur rêve toute éveillée de la noyer dans l'eau du bain mais ne le fait pas. Lily qui n'a pas tout son kilo s'échappe et traîne dans Paris à la recherche d'un verre d'eau. Alors Clara décide de la ramener dans la grande maison Ricorée à la campagne et comme ça elles pourront se mettre des limaces sur les bras, des poulpes sur la tête, remplir le congélo d'animaux morts, sauter à pieds joints dans l'eau froide sans culotte et en riant comme des sottes !

    Et pourquoi pas créer un business de PantouFFles et confitures pendant qu'on y est ? 

    Trois mecs à qui on hésiterait à donner l'heure au coin d'un bois viennent faire un barbecue merguez. Lily qui a une araignée dans le plafond fabrique un slip en poils de rats à son fiancé et Clara se fait réchauffer par Jean-Pierre Martins. C'est dur parfois le métier d'actrice.

    Que serait ce film sans l'immense talent déployé ici par les deux actrices ? Rien car il est cousu de fil blanc, totalement invraisemblable et le bonheur vraiment trop beau pour être vrai... Mais il faut reconnaître que Ludivine Sagnier est ici parfaitement crédible et convaincante en adulte qui a oublié de grandir dans sa tête. Et on sait gré à la réalisatrice d'avoir su exploiter à ce point la part d'enfance qui demeure en elle. Quant à Diane Kruger, elle est sobre, digne, délicate et protectrice. Un beau rôle.

    Mais le côté "viens poupoule, je suis demeurée mais je vais t'expliquer la vie à toi la sacrifiée qui a toujours fait là où on t'a dit de faire !..." non et non, à d'autres.

    Dernière chose, il faudrait que les réalisateurs et trices se décident un jour à ne pas faire disparaître Jean-Pierre Martins dans les dix premières minutes de leurs films ou aparaître dans les dix dernières. Merci. On tient sans doute là notre Javier Bardem à nous... et qui le connait à part Fred et moi ???

  • QUARTIER LOINTAIN de Sam Garbarski **

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    Thomas se rend dans l'indifférence générale de ses proches (sa femme, ses deux filles) à un Festival de B.D. dont il est un des auteurs invités. Manifestement las de tout, de sa vie, de son métier, en panne d'inspiration pour créer à nouveau, il ne se sent pas plus concerné lorsqu'un lecteur fan lui confie regretter qu'il ait abandonné son personnage vedette. Au retour, il se trompe de train, s'endort et se réveille miraculeusement à la gare du village où il a passé son enfance. Tout y semble plus ou moins déserté et après avoir traversé son ancien quartier, Thomas se rend au cimetière sur la tombe de sa mère morte 20 ans plus tôt. Il y est pris d'un curieux malaise et se réveille dans la peau de l'adolescent de 14 ans qu'il fut. Il veut profiter de cette aubaine pour tenter de modifier le futur car c'est justement l'année de ses 14 ans que son père a brusquement disparu pour ne plus jamais donné de nouvelles !

    Définitivement empreint d'une intense nostalgie ce film donne une envie folle de pouvoir comme le personnage de Thomas, d'un coup de baguette magique, replonger un temps dans son enfance. Et pas forcément pour en changer quoi que ce soit mais pour ressusciter un peu cette période sacrée. Si cette possibilité insensée et inespérée de revenir en arrière ne permet pas forcément à Thomas de modifier le cours des événements, il peut au moins dans son corps d'enfant mais avec sa mémoire d'adulte de 50 ans revoir ses parents et sa petite soeur, les aimer, les comprendre plus et mieux, parler enfin à la fille qu'il n'avait jamais osé aborder. Il pourra également définir le sens des priorités absolues et finalement admettre que la vie n'est pas nécessairement plus belle et réussie ailleurs et que non, on n'est pas obligés de répéter les mêmes conneries que ses parents. Qu'ils ne sont pas non plus obligatoirement responsables de tout et qu'il est possible de prendre son destin en mains.

    La reconstitution des années 60 est idéale ainsi que les rapports entre les êtres à une époque où les enseignants comme les parents ne s'embarrassaient guère de psychologie pour élever et éduquer les enfants. C'est un film fragile, sensible et délicat comme l'interprétation de Jonathan Zaccaï, Alexandra Maria Lara et du jeune Léo Legrand, et qui donne très envie à l'instar de son héros, d'effectuer ce voyage dans le temps.

  • RED de Robert Schwentke **

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    Franck a beau a voir une jolie maison de banlieue toute proprette et bleutée, il s'ennuie ferme depuis deux ans qu'il est en retraite. Régulièrement il passe un coup de fil à Victoria, sentimentale loseuse, employée de la caisse de retraite en charge du dossier de Franck. Ils ne se connaissent pas IRL mais en rêvent et le redoutent l'un comme l'autre. Leur rencontre aura bien lieu en d'improbables circonstances que je vous laisse découvrir.

    Franck s'ennuie donc copieux malgré tous ses efforts pour tenter de ressembler à ses voisins adeptes de la décoration de Noël kitschissime :

    Heureusement pour les nerfs de Franck, un beau jour de décembre, son ancien employeur la CIA, décide de retrouver et d'éliminer tous les participants à une opération qui a eu lieu 20 ans auparavant et qui compromettrait les hautes sphères politiques actuelles ! Cela va permettre à Franck de nous prouver qu'il tient toujours la forme et qu'il est capable de déjouer les pièges, guet-apens et embuscades de ces nouveaux jeunes collègues. Ce sera l'occasion aussi à d'autres vieux briscards mis sur la touche de reprendre du service pour échapper à leurs poursuivants.

    Mon Jules a dit "j'espère que ton article sera une ode aux chauves qui sauvent le monde (ou leur carcasse) !" Et effectivement, avec un chauve, on se sent en sécurité. Le chauve ici, c'est Bruce, et Bruce, il faut l'avouer est beau et très bien conservé ! Alors qu'il expose son charme XXL intégré à son ADN, Malkovich joue comme souvent le barjot parano shooté au LSD pour les besoins du service avec délectation, Morgan Freeman fait le vieux sage philisophe comme d'hab' et Helen Mirren déploie sa classe en robe de soirée comme en pataugas. Quant à la délicieuse Marie-Louise Parker, elle tombe amoureuse de Bruce/Franck et on la comprend.

    Alors c'est drôle, vif, charmant, Bruce, de tous les plans est irrésistible et il faut que je me rende à l'évidence. Même amochés, j'aime les chauves !

  • LAISSE MOI ENTRER de Matt Reeves **

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    Synopsis : Abby, une mystérieuse fille de 12 ans, vient d'emménager dans l'appartement à côté de celui où vit Owen. Lui est marginal, il vit seul avec sa mère, et est constamment martyrisé par les garçons de sa classe. Dans son isolement, il s'attache à sa nouvelle voisine qu'il trouve si différente des autres personnes qu'il connaît. Alors que l'arrivée d'Abby dans le quartier coïncide avec une série de meurtres inexplicables et de disparitions mystérieuses, Owen comprend que l'innocente jeune fille est un vampire.

  • SANS QUEUE NI TÊTE de Jeanne Labrune **

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    Xavier est psychanalyste, ses patients s’allongent, il les reçoit dans un temps limité, il se fait payer en liquide de préférence et se lave les mains entre chaque rendez-vous. Alice est prostituée, ses clients s’allongent, elle les reçoit chez elle dans un temps imparti, elle se fait payer en liquide exclusivement et prend une douche après chaque visite. Voilà le postulat de départ et tout ce qui commence par psy (chiatre, chologe et chanalyste) doit être ravi de voir son art comparer au « plus vieux métier du monde ». Mais je trouve que c’est davantage la pute qui fait office de psy que l’inverse. Cela dit, Alice et Xavier vont mal tous les deux et sont lassés de voir défiler chez eux une faune mal dans sa peau ou mal embouchée ! Lui quitte sa femme fatiguée de ne plus comprendre son mari jadis "si gentil" et elle souhaite entamer une analyse qui devrait selon elle lui permettre d’abandonner son métier.

    Bonne nouvelle, surtout pour moi, Isabelle Huppert en deux films est remontée dans mon estime car elle est formidable et une fois de plus c’est elle qui tient tout le film. L’excellent Bouli Lanners, certes déprimé comme son rôle l’exige est ici particulièrement éteint et laisse ainsi toute la place à sa partenaire, qu’elle occupe avec panache. Il faut le reconnaître, à Isabelle tout lui va et elle s’adapte avec assurance et conviction à chacun des styles que ses clients pervers ou un peu dérangés lui imposent. Qu’elle soit en fillette qui aime les sucettes (même si elle reconnaît elle-même en se regardant dans le miroir affublée de son costume d’écolière que « ça commence à être limite »), en ménagère des années cinquante à bigoudis, en chienne SM ou en bourgeoise élégante, elle est incontestable.

    C’est donc pour elle et rien qu’elle que ce film vaut le déplacement. Car il faut reconnaître que la réalisatrice n’exploite pas du tout sa bonne idée de départ et que la rencontre des deux n’a jamais vraiment lieu. Dans le cabinet du psy nous ne verrons que des caricatures de « malades », un dépressif mal rasé qui se réjouit que son psy aille mal et un travesti un rien provoc' ! Et puis de quel droit le psy se permet-il de juger la prostituée ?

    Quant à la résolution finale miraculeusement idyllique, elle laisse vraiment un arrière goût de bâclage.

    Pour Isabelle donc, de pratiquement tous les plans et à son meilleur !

  • TROP LOIN POUR TOI de Nanette Burstein **

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    Un soir d’été New-Yorkais Garrett se fait plaquer d’un commun accord pour n’avoir pas réussi à décoder un cryptage fémino-vénusien. Il faut savoir qu’en tazunien lorsqu’une fille dit à un garçon « je ne veux rien pour mon anniversaire », il faut comprendre « vivement mon anniv’, que tu m’offres un cadeau ». Hélas Garrett n’a pas traduit et en est resté à la version martienne de la conversation, ce qui fâche définitivement la vénusienne. Heureusement, cupidon a plus d’une flèche à son arc et notre Garrett rencontre  Erin une merveille au langage très terrien.

    Halleluyah, les oiseaux chantent et on peut même entendre Jeff Buckley en tendant bien l’oreille. Seulement voilà, au bout de 6 semaines d’amour idéalement idylliques, Erin est obligée de rejoindre sa Californie natale car elle a enfin décroché le boulot de journalisme de ses rêves ! Bien que conscients des problèmes liés à l’éloignement, ils décident de poursuivre leur relation, par mail, par sms, par webcam et éventuellement de se payer l’avion de temps à autre pour une traversée est/ouest et réciproquement !

    Dans les comédies romantiques, il y a les master-pieces telles que « Elle et lui », « Brève rencontre », les sucreries comme « Coup de foudre à Nothing Hill » et les navets tel que le récent « Mange, prie, aime »… Celle-ci fait partie de la deuxième catégorie. C’est un petit bonbon acidulé qui ne fait de mal à personne et qui possède même beaucoup de charme grâce notamment à ses deux acteurs principaux.

    Evidemment il faut quand même supporter les inévitables codes et passages obligés qui ont parfois tendance à me hérisser les poils du dos, ici et notamment LES COPAINS !!! Quand ils ne sont pas stupides, obèses ou les deux à la fois, ils sont relous, scatos et évidemment de véritables repoussoirs. Les copains de Garrett sont de la dernière catégorie : bêtes et moches, restons polis !

    Par contre Erin n’a pas de copine (Dieu soit loué pour sa grandeur et sa magnificence !) mais une sœur et elle est vraiment tordante. Cette soeur a une fille qui est évidemment un condensé de teignerie, un mari qu’elle a définitivement castré, mais surtout elle est obsessionnelle : les taches, les odeurs, elle ne supporte pas. J’aime bien cette fille. Je la comprends, je suis (un peu) comme elle*. Et puis elle adore sa petite sœur et est prête à couper les attributs à celui qui lui fera du mal. J’aurais bien aimé en avoir une comme ça !

    Ce qui fait du bien ici c’est que même si les deux tourtereaux sont un peu des trentenaires immatures, d’ailleurs ils se rencontrent devant un jeu vidéo, ils ont aussi et surtout le charme XXL de Drew Barrymore et Justin Long, mais Drew d'abord que j’aime d’amour depuis 1983 ! Et puis, ils n’ont pas l’air de tomber d’une autre planète, ils parlent normalement, ont beaucoup d’humour, manifestent une complicité revigorante, une connivence évidente, ils sont assortis comme jamais… mais ont le triste désavantage d’être nés à une époque où il faut parfois choisir entre garder son boulot et vivre le grand amour !

     

    *pour les mal comprenantes, je suis "comme elle" rapport à ma maniaquerie qu'il faut pas m'approcher si on ne s'est pas désinfecté avant, pas parce que j'ai castré mon Jules !

  • AMORE de Luca Guadagnino **

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    C'est l'histoire d'une riche famille industrielle du Nord de l'Italie mais surtout d'Emma, mariée à Tancredi. Elle est mère de trois enfants et mène avec beaucoup de panache et de dévotion sa vie de femme du monde entre les luxueuses réceptions qu'elle donne dans sa maison-palais. Lors de l'anniversaire du patriarche, père de Tancredi, ce dernier lui transmet ainsi qu'à son fils l'entreprise familiale. Mais la passion qu'Emma va nourrir pour Antonio, un jeune cuisinier ami de son fils, va bouleverser et faire exploser les carcans qui l'écrasent. Un drame insurmontable va encore amplifier la révolution qui va déstabiliser les Recchi.

    C'est un film d'une ambition folle et démesurée qui par certains côtés, écrasé de ses références cinéphiles évidentes semble d'un autre âge. En effet, il m'apparaît complètement anachronique dans le cinéma d'aujourd'hui de s'intéresser à une grande famille capitaliste tant ses membres ont l'air déconnectés de la vie telle que le commun des mortels (dont je suis) la connaît. Je ne pense pas que ce qui m'a gênée soit la succession des styles, c'est même plutôt un bonheur de passer sans transition de Visconti à Hitchcock (même le chignon de Tilda Swinton IMPERIALE est Hitchcockien ainsi que cette « poursuite » dans San Remo copiée sur celle de « Vertigo ») mais la déception entre les sommets passionnants atteints et les profonds creux dans lesquels s'insinue un abyssal ennui. La très très longue scène d'introduction qui nous installe dans un dîner guindé où semble déjà planer le(s) futur(s) drame(s), nous promène dans cette maison musée pleine de marbre, d'escaliers, de pièces sombres, à la fois immense et étouffante... et malgré la longueur de cette scène, je n'ai pas réussi à comprendre parfaitement qui est qui (surtout les enfants, et certains invités...). Et je me suis plusieurs fois pendant la première heure, demandée quand l'histoire allait commencer.

    Par la suite, il y aura des coups d'accélérateur infernaux et vraiment saisissants qui m'ont clouée au fauteuil... puis de nouveau le calme, des plans fixes à la limite écœurant sur certains plats, une scène de sexe pas bien passionnante car pas bien passionnée. Et il faut reconnaître que le jeune partenaire de Tilda Swinton n'est pas, mais vraiment pas à la hauteur... Et pourtant j'ai vraiment l'impression qu'on était pas loin de tenir un chef d'oeuvre ! A quoi ça tient ?

     

    Par contre, Tilda Swinton magnifique, énigmatique, forte et fragile, parfois perdue, d'autres fois rassurante, mère, amante est le point positif irréprochable de ce film étrange. Cette actrice est immense et son investissement dans ce beau rôle est remarquable. Mais...