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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 43

  • KILLING BONO de Nick Hamm **

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    Je crois que même sans être fan (c'est mon cas) tout le monde connaît Bono, le groupe irlandais mythique U2 dont il est le leader et ne serait-ce qu'une chanson, l'emblématique (et magnifique) "Sunday, bloody sunday" ! Mais qui avait jusque là entendu parler de Neil McCormick, ami d'enfance de Bono à l'époque où il s'appelait encore Paul ? "Killing Bono" raconte une partie de la lamentable histoire de ce Neil McCormick qui passera plusieurs décennies à se pourrir la vie et celle de son frère (qu'il empêcha de devenir guitariste de U2 alors que Bono le réclamait) en jalousant Bono au-delà de toute raison, persuadé qu'il va créer le plus grand groupe de rock du monde. Mais plus U2 côtoie les anges et les sommets, plus Neil et son group Shook Up sombrent dans le néant. Pourtant au tout début, en 1976 alors que ces jeunes gens ont tous 16 ans, rien n'explique réellement que ce soit le groupe de Bono qui remplisse les salles et pas celui de McCormick, aucun des deux n'étant meilleur ou moins bon que l'autre. Mais beaucoup de chance, infiniment plus de jugeotte et surtout bien sûr de talent finalement ont permis à Bono et U2 de se propulser rapidement très haut. Tandis que McComick d'une arrogance qui frisera souvent la sottise ne fera qu'accumuler les mauvais choix, prendre les mauvaises décisions, frapper aux mauvaises portes, fréquenter les mauvaises personnes. Il faut le voir et l'entendre pour le croire, refuser de vendre une de ses chansons à Rod Stewart au motif que s'il la veut c'est qu'elle est bonne et que donc il peut la chanter lui-même, choisir comme date de concert de son groupe le jour même où un concert gigantesque réunissant toutes les stars du rock mondial est programmé, refuser encore de faire la première partie de Bono (qui ne reniera jamais leur amitié et tentera à plusieurs reprises de l'aider) en argumentant qu'il préfère une salle de 500 personnes venues le voir lui, que 80 000 venues pour U2... et j'en passe.

    N'ayons pas peur des mots, McCormick est un abruti de première classe qu'on a bien souvent envie de secouer fermement pour le faire redescendre sur la terre ferme. Ce serait peine perdue. Et pourtant malgré la lose qui colle à lui comme une seconde peau, malgré ses gros mensonges, ses petites trahisons, son parcours et ses comportements pathétiques, il est attachant. Et même si l'on sait que le film est l'itinéraire d'une carrière ratée, on a souvent envie que quelque chose de bon lui arrive enfin. S'attacher à un personnage aussi couillon est une prouesse dont le mérite revient sans doute à Ben Barnes (échappé avec brio du Monde de Narnia) qui s'abandonne comme rarement à un rôle de pauvre type. Tant d'orgueil et d'insolence auraient pu finir par agacer mais l'acteur réussit le prodige d'emporter toutes les scènes vers le haut. Chapeau.

    Hélas, le film souffre de pas mal de handicaps. D'abord sa longueur... deux heures, c'est bien long, d'autant que la première incroyablement répétitive semble s'éterniser. Ensuite l'interprétation réellement calamiteuse de Bono et du frère McCormick Yvan qui grimace plus qu'il ne joue. Le niveau s'élève un peu en seconde partie, lorque tout le monde a pris un peu de bouteille. Et puis la partie où Neil se met à fréquenter le "milieu" est totalement ratée. Enfin, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi Nick Hamm avait choisi de pencher du côté de la comédie alors que la vie de Neil et de son frère n'a vraiment pas été une partie de rigolade ! Rire du malheur des autres n'est pas mon sport favori... mais pourquoi je dis ça moi ?

    Mais je le répète, grâce au talent de Ben Barnes capable de s'assombrir alors que les portes claquent et que ses partenaires grimacent, ce Neil pathétique est touchant et attachant et ne s'enlise jamais dans le ridicule !

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    P.S. : j'ai très hâte de revenir vous parler de Super 8...

  • VOYEZ COMME ILS DANSENT de Claude Miller **(*)

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    Vic est un clown de talent, voire de génie et il fait salles combles à chacun de ses spectacles funambulesques et époustouflants. Mais Vic est d'une tristesse folle et constamment insatisfait. En France il aime Elise qui essaie de le comprendre. Mais il la quitte pour tenter de donner un sens à sa vie auprès des indiens mohawks du Canada. Il y rencontre Alexandra qui est médecin. Auprès d'elle il sera heureux un temps, peut-être. Mais trouver sa place dans ce vaste monde prend chez certains êtres à la sensibilité exacerbée une dimension dramatique. Alors Vic disparaît. Grâce à quelques coups de pouce au destin et par une succession de hasards et de coïncidences, les deux jeunes femmes vont se rencontrer au Canada. Elles sont aussi différentes l'une de l'autre qu'il est possible de l'être mais le point commun qui les unit finalement est d'avoir aimé cet homme unique. Elles vont passer quelques jours ensemble, s'affronter...

    Voilà un film que j'aurais aimé adoré mais qui, hélas, ne procure aucune des émotions escomptées. Est-ce parce qu'il est tourné en majeure partie par moins 30 qu'il reste aussi froid ? Il y a néanmoins dans ce film trois bonnes raisons de se déplacer et c'est un comble que Claude Miller n'ait pas réussi un beau mélo avec les trois acteurs incandescents qu'il avait sous la main !

    Construit à partir de nombreux flash-back, le voyage d'Elise devrait nous aider à reconstituer le cheminement de Vic, mais finalement au bout d'une heure et demi on n'en saura pas beaucoup plus sur  cet homme étrange qui n'aimait pas assez la vie.

    Mais voir les trois acteurs évoluer ensemble ou séparément est au fond le but incontestable de ce voyage. Ils donnent un sens au film même si hélas il reste une grande déception car tout y semble artificiel. On ne croit pas à l'amour, on ne croit pas à la rencontre des deux femmes ni à leurs réactions mesurées, mais les acteurs réussissent malgré tout des compositions inquiètes, tourmentées.

    Les deux filles sont belles. Marina Hands auréolée d'une nouvelle blondeur est tour à tour enfantine puis femme offensée avec la même aisance. Maya Sansa, plus secrète, plus adulte peut-être est la femme blessée qui garde la tête froide malgré sa douleur.

    Et au milieu d'elles deux, l'homme et l'artiste insaisissable, James Thierrée, acrobate, musicien, danseur, acteur, héritier de génie de son merveilleux grand-père. Et on ne peut que remercier mille fois Claude Miller d'en avoir fait l'acteur principal de son film tant il impose sa présence et son charme subtils à chacune de ses apparitions. Un acteur magnétique, un artiste fascinant. Vivement que le cinéma lui accorde enfin la place qui lui revient !

    Voyez comme ils dansent

  • LOURDES de Jessica Hausner *(*)

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    Chaque jour de chaque année des pèlerins handicapés, catholiques, croyants... se rendent par milliers à Lourdes (Pyrénées, France), lieu de culte célèbre pour ses miracles. Parmi le groupe que nous suivons, se trouve une jeune femme, Christine, tétraplégique depuis de nombreuses années. Comme les autres, elle suit, aidée de son accompagnatrice bénévole le rythme des visites organisées à la grotte, aux différents offices, à la dégustation d'eau bénite etc, en attendant le miracle.

    Ne rien savoir des intentions de la réalisatrice est-il préjudiciable au film ? Je n'en sais rien. En tout cas, rarement je me suis sentie aussi mal à l'aise, avec une impression de claustrophobie quasi permanente pendant un film. Lourdes le film se passe bien à Lourdes avec de vrais pèlerins mais il y a aussi au moins trois acteurs connus. Du coup, j'ai eu du mal à situer les intentions : documentaire, observation, critique ? En tout cas, je suis sûre d'une chose, le sentiment de malaise était tenace, même si j'ai des difficultés à l'expliquer. L'impression que tout, au cours de ce voyage minuté est sinistre, que l'humanité présentée l'est encore davantage, que la foi n'est qu'un prétexte, que la charité chrétienne ou simplement humaine est hypocrite, que l'espoir est cafardeux et culpabilisant...

    Lourdes est donc ce grand cirque clinquant, une espèce de parc d'attractions avec la religion catholique pour thème. Et c'est d'une tristesse sans nom. On ressent une sorte d'exploitation de la détresse qui donne la gerbe. Les boutiques de bibelots pullulent : boulaneiges Marie (tiens, je ne l'ai pas celle là !), Jésus lumineux, cierges ou lampions... et ce grand commerce dévot/fétichiste semble s'étaler jusqu'au bout de la nuit. Il y a même un restaurant sur les hauteurs : Le Paradis !

    Christine, l'héroïne atteinte de sclérose en plaque du film participe donc régulièrement à des voyages organisés. Etant totalement immobilisée et dépendante, c'est pour elle le seul moyen de sortir de chez elle. Parmi les membres de l'ordre de Malte, il y a un jeune homme qu'elle reconnaît et qui participait déjà à un autre voyage, mais à Rome. D'ailleurs Christine trouve que ce dernier était beaucoup plus agréable car beaucoup plus culturel. Christine croit en Dieu certainement mais sa foi n'a pas la ferveur et la conviction que manifestent certains autres participants qui mettent en la Vierge Marie toute leur espérance. On suit avec effarement les différentes étapes d'un tel voyage : les repas pris en groupe dans une cantine déprimante décorée de fleurs en plastique, les interminables files d'attente pour passer devant la grotte miraculeuse, le "parcage" des pèlerins qui souhaitent  se baigner dans la piscine d'eau bénite (je suppose), les messes en plein air ou dans des salles immenses genre Zénith et j'en passe. Et le soir se coucher dans une chambre grise qu'on partage avec un autre pèlerin...

    Lorsque le miracle survient, qu'un handicapé se lève et marche, ce n'est l'euphorie pour personne. Le miraculé s'interroge sur sa légitimité et les autres aussi, les délaissés qui n'ont pas été choisis se mettent à critiquer l'élu : pourquoi elle ou lui et pas un autre ? C'est très moche. C'est la nature humaine dans toute sa laideur qui envie, convoite et dénigre.

    En ce qui concerne les acteurs, je dirais que Bruno Todeschini (dont je n'ai rien compris au comportement) ne semble pas très à l'aise dans son costume de chasseur alpin, que Léa Seydoux est toujours aussi inexistante mais que Elina Löwensohn par contre, compose une religieuse accompagnatrice mielleuse qui peut d'une réplique être cinglante et qui cache parfaitement son secret.

    Mais il y a surtout ici une actrice prodigieuse qui ne peut s'exprimer que par son visage. Elle en fait un instrument tout à fait surprenant et ce qu'elle réalise dans les deux dernières minutes, absolument terrible, bouleversant est vraiment digne des plus grandes. Sylvie Testud a bien failli me faire pleurer... 

  • J'AIME REGARDER LES FILLES de Frédéric Louf **

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    Si Primo avait voté (pour la première fois de sa vie puisqu'il a 18 ans)en ce 10 mai 1981, il aurait sûrement voté Mitterrand. Pour l'occasion et alors qu'il vit dans une minuscule chambre sous les toits à Paris, il retourne en Province chez ses parents. Mais devant l'accueil une fois de plus réfrigérant de son père, il regagne la Capitale et s'inscrute dans une soirée chez des jeunes du XVIème. Il y rencontre une petite bourgeoise superficielle, Gabrielle. Pour être sûr de gagner et de conserver l'amour de la belle, il ment, s'invente un père mort et photographe (le sien n'est "que" fleuriste) et se prétend de droite. Dans le même temps la tout aussi bourgeoise mais beaucoup moins frivole Delphine fantasme sur Primo qui bien sûr l'ignore puisque son coeur appartient à Gabrielle qui va le mettre en pièces...

    Ce petit film d'éducation sentimentale entre bourgeois et prolos passerait sans doute inaperçu (et j'en demande pardon à Miss In The Mood qui le défend bec et ongles) s'il n'était illuminé par la présence extraordinaire de deux comédiens véritablement lumineux, d'une grâce, d'une légéreté et d'une profondeur tout à la fois, folles. Il s'agit de Pierre Niney dont le visage radieux embrase littéralement l'écran. Quant à Audrey Bastien (que j'ai croisée IRL) et qui est d'une réserve et d'une gentillesse délicieuse est une actrice à 200 % d'une beauté et d'un naturel inouïs. On aimerait que ces deux là passent leur vie ensemble et fassent plein de petits à leur image ! Dès qu'ils sont l'un et l'autre à l'écran il se crée une osmose et une alchimie comme rarement au cinéma. Le rôle de Primo, immature et passionné que Pierre Niney rend bouillonnant, capable de se jeter (plusieurs fois) par la fenêtre, de percuter un poteau en s'y jetant à toute vitesse s'oppose à la grande maturité de Delphine qui comprend, évalue de loin et patiente posément, calmement. Ils sont faits l'un pour l'autre mais il faudra que Primo redescende de son nuage pour le comprendre.

    Les autres personnages sont caricaturaux et pas bien sympathiques : les bourgeois de vrais cons, et les prolos des gens biens...

    Mais pour voir les larmes déchirantes de Primo/Pierre et de Delphine/Audrey, leurs sourires éblouissants et leur jeunesse resplendissante il est sans doute important de voir ce film puis d'attendre de les revoir vite tous les deux, ensemble ou séparément.

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    P.S. : si quelqu'un a une explication à propos du job que Primo effectue la nuit... je suis preneuse !!!

  • THE TRIP de Michael Winterbottom **

    The Trip

    Rater un film de Michael Winterbottom ? Jamais ! Il suffit de regarder la filmo du garçon très choupi de sa personne au demeurant pour comprendre dans quelle(s) aventure(s) cinématographique(s) il nous balade. Une fois encore le pari est audacieux, original et inédit puisque réalité et fiction s'y emmêlent au point de se confondre. La fiction peut se résumer au fait que deux (vrais) acteurs effectuent un périple d'une semaine dans de beaux et romantiques restaurants du Nord de l'Angleterre pour y goûter des plats. Au départ, Steve Coogan devait partir avec sa petite amie mais à la dernière minute, elle a souhaité "faire un break" et repartir vers son amérique natale. Il a donc élu (en cinquième choix...) un autre acteur, Rob Brydon et la différence voire l'antinomie des deux garçons donc très ciné-compatibles donne lieu à de sévères engueulades et des sommets d'incompréhension réussis et drôlatiques.

    Ce film était à l'origine une mini-série qui est passée sur la BBC et réunissait donc ce duo comique très à l'aise dans l'impro et le non-sens. Il se dégage de ce road-movie touristique et gastronomique un charme réel qui donne une envie folle de (re)découvrir l'Angleterre tellement magnifique et de goûter ses plats car contrairement à une fausse idée toute faite et trop facilement reçue, on y mange très bien. Voir les deux garçons est également très réjouissant. L'un est déprimé parce que sa carrière est au point mort (il semblerait que Steve Coogan passe tous les castings de Michael Sheen et que ce soit ce dernier qui obtienne les rôles...) et que sa petite amie l'ait (provisoirement) quitté, l'autre incorrigible optimiste mène une vie de famille (et sexuelle) très épanouie.

    Alors oui, c'est beau, les sens sont en éveil et c'est drôle. Mais le gros hic... c'est que l'humour anglais est ici très anglais et que les innombrables (battles d') imitations de stars britanniques auxquelles se livrent les deux rigolos ne sont pas toujours accessibles à nous autres pauvres français. Sans bouder un réel plaisir à retrouver l'excellent Steve Coogan... ce film aurait peut-être quand même dû rester insulaire !

  • M. POPPER ET SES PINGOUINS de Mark Waters **

    Dans son duplex de 300 m² avec vue imprenable sur Manhattan, Tom Popper, divorcé d'Amanda qui n'attend qu'un signe.., père de deux enfants qu'il voit à l'occasion, est surtout un agent immobilier à qui aucune affaire juteuse ne résiste. Mais un jour, il hérite d'un pingouin, rapidement suivi pas cinq autres et voilà le quotitidien et l'appartement qui se transforment en banquise...

    Je dois le reconnaître, ce film est comme son titre, comme son affiche, comme son pitch : sans grand intérêt. Sitôt vu, sitôt oublié... Mais je l'avoue même pas honte j'ai ri beaucoup comme les autres enfants de 5 ans présents dans la salle et puis surtout, évidemment, bien sûr :

    Jim Carrey est beau G.E.N.I.A.L. !!!

  • HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - PARTIE 2 de David Yates **

    HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - PARTIE 2 de David Yates , daniel radcliff, emma watson, rupert grint, alan rickman, cinéma, ralph fiennes, maggie smithHARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - PARTIE 2 de David Yates , daniel radcliff, emma watson, rupert grint, alan rickman, cinéma, ralph fiennes, maggie smithHARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - PARTIE 2 de David Yates , daniel radcliff, emma watson, rupert grint, alan rickman, cinéma, ralph fiennes, maggie smith

    Voilà, c'est fini, et je ne peux nier que bien que terriblement impatiente de voir enfin comment serait rendu sur grand écran l'épilogue d'une histoire qui a tenu en haleine des hordes de moldus pendant 10 ans, être triste à l'idée de ne plus avoir ce rendez-vous presqu'annuel avec les trois sorciers amis alavie/alamort Harry, Ron et Hermione et aussi Alan Rickman. C'est bon ces rendez-vous que l'on s'impose et où alternent emballement et déception mais dont il est néanmoins inconcevable d'en rater un seul.

    Après avoir vu la première partie de ce dernier tome scindé en deux pour le cinéma je m'attendais à un final en forme d'apothéose. Hélas Les Reliques de la Mort : partie 1 resteront donc pour moi et à tout jamais le meilleur épisode cinématographique de la saga, le plus beau, le plus fort, le plus émouvant, le plus captivant. Car quelle déception ici ! J'ai presque constamment eu le sentiment que le réalisateur avait en tête une idée et une seule : conclure, mais aussi une angoisse, une terreur : être meilleur que bon, ne pas décevoir, en faire beaucoup mais pas trop ! Bref, c'est difficile à exprimer réellement. Peut-être est-ce finalement mon attente ou mon exigence qui m'ont rendu cet épisode appliqué mais hélas trop souvent monotone dénué du feu et de l'ardeur du précédent ? Peut-être, ou pas !

    Après avoir enterré Dobby "L'Elfe libre", Harry et son duo/couple d'inséparables Ron et Hermione ont rendez-vous avec son destin : la destruction des horcruxes qui affaiblit Voldemort et finalement le "duel" qui opposera les deux sorciers, les forces du mal contre les forces du bien. Pour cela, Harry, Ron et Hermione doivent retourner à Poudlard où ils sont accueillis avec enthousiasme. Poudlard ressemble à une sombre prison depuis que le professeur Rogue en a pris la direction. Les élèves et les professeurs en assurent la défense contre les mangemorts et les géants belliqueux pendant qu'Harry va rencontrer Voldemort dans une forêt. Il en profite pour résoudre l'énigme du Vif d'Or, découvre la Pierre de Résurrection et retrouve pour quelques instants ses parents, son parrain et supplie sa ptite maman, avant d'aller vers sa mort quasi certaine de ne plus jamais le quitter... etc etc.

    Et malgré une infinité d'événements et de révélations, une 3 D aussi inutile que sans intérêt, un Neville Londubat qui prend ici une place considérable mais est hélas interprété par un garçon à l'absence totale de charisme Matthew Lewis on l'oublie il est impardonnable, des morts en pagaïe, une guerre sans merci, un baiser fougueux entre Ron et Hermione (à l'initiative d'Hermione le génie évidemment), le sauvetage de Drago par Harry, la destruction de Poudlard, les scènes de guerre et notamment celles d'après combats (très belles) dans un Poudlard en ruines et j'en passe... (même les trois jeunes acteurs principaux qui avaient pris une belle envergure dans la première partie paraissent ici plus statiques) tout ceci m'a semblé d'une platitude sans nom, indigne et quasi révoltante compte tenu de l'enjeu considérable.

    ATTENTION (petit) SPOILER

    Néanmoins, il y a dans ce film environ 10 minutes qui représentent pour moi le sommet de ce dénouement et qui à elles seules justifient de se rendre en salle. Il faut dire que c'est le professeur Rogue (mon personnage préféré), Alan Rickman (immense acteur devant l'éternel) qui en est le "coeur". J'emploie ce mot à dessein car pendant quelques instants, les aventures du petit sorcier devenu grand sont transfigurées pour laisser place à une grande histoire d'amour. Celle d'un homme en noir dont la vie n'aura été qu'humiliations et résignation au nom et en hommage à un sentiment désintéressé qui porte au renoncement et au sacrifice.

    Pour ces quelques minutes réellement bouleversantes et entendre Rogue supplier Harry de le regarder dans les yeux...

  • HANNA de Joe Wright **

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    Hanna ado de 16 ans vit seule avec son père Erik (ex agent tricard de la CIA) dans les bois enneigés d'une contrée inconnue. Bien que n'ayant jamais connu autre chose que cette vie, Hanna est très cultivée, parle de nombreuses langues étrangères mais est surtout capable de survivre aux conditions les plus extrêmes. Pourquoi son père, aux méthodes éducatives redoutables, l'entraîne-t'il à toutes sortes de méthodes de combats, d'attaque et de défense ? Vous le saurez en allant voir le périple éprouvant de la petite abandonnée par ce même père qu'elle doit aller rejoindre à Berlin à la maison des frères Grimm... car bien que toujours armé jusqu'aux dents, l'homme n'a jamais oublié de lui conter de jolies histoires pour enfants. Par un mystérieux tour de passe-passe que j'ai dû rater en clignant des yeux, Hanna se retrouve donc au Maroc, ce qui ne constitue pas la route la plus directe pour aller en Allemagne. Du froid polaire de sa forêt, elle débarque en plein désert et lorsqu'une fillette (p.é.n.i.b.l.e.) de son âge lui proposera de profiter de la voiture familiale pour continuer le voyage, elle préfèrera poursuivre la route à pieds. Normal quoi ! Plus tard elle empruntera néanmoins divers véhicules auto-tractés et fera moult rencontres dont la plupart très hostiles. Je n'ai pas compté le nombre de cadavres qu'elle laissera en chemin. Tout ce qu'on sait, c'est qu'elle doit retrouver une certaine Marissa Wiegler et comme pour les Highlanders, il ne pourra en rester qu'une des deux !

    Hanna n'est rien moins que la Nikita du troisième millénaire mâtinée de Jason Bourne qui cherche des indices lui permettant de retrouver ses racines. Voir cette gamine toute menue se dépatouiller avec des malabars de la CIA, des militaires, des skin heads et toute cette sorte de mal embouchés qui ne lui veulent pas du bien finit par être réjouissant car on s'aperçoit rapidement qu'elle va traverser toutes les épreuves sans une égratinure. Joe Wright y va très fort, à toutes berzingues et sans temps mort et cette cavalcade survitaminée donne même lieu à de bien jolis plans zarbis. Le petit revirement vers les contes de Grimm n'est pas bien convaincant même si Hanna ressemble parfois à un personnage sans défense. Et oui, sous la carcasse de tueur d'un robot bat un coeur de petite fille qui voudrait juste une amie.

    Le film tient finalement la route grâce à son étonnante et remarquable petite actrice tueuse implacable et victime à la fois. On suit avec surprise et intérêt Saoirse Ronan, belle comme un coeur, redoutable, fragile, fougueuse et déchaînée !

  • BLITZ de Elliot Lester **

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    Brant est un keuf de Londres aux méthodes expéditives (il règle le sort des ptits voyous voleurs de voitures à la crosse de hockey, entre autres joyeusetés). Il affiche sans complexe le regard bovin, la profonde ride du lion et le visage sans expression de Jason Statham. Il ne peut prononcer une phrase sans que sortent de sa bouche des propos homophobes ou misogynes. Mais le jour où un taré de la tête se met à dézinguer du flic en série, Brant mène l'enquête non seulement avec une fliquette noire (l'une des actrices les plus mauvaises que j'ai vue depuis longtemps, au passage !) et un flic homo (Paddy Considine, très très bien, ça compense).

    Alors évidemment, la police ne ressort pas grandie et rassurante de cette histoire puisqu'elle décidera de régler ses comptes en dehors de toute légalité. Sans compter qu'excepté le flic homo (forcément raffiné qui mange bio et écoute de la musique kassik) le keuf carbure au bourbon dès le petit déj'. Cela dit, ce divertissement violent et drôle (Jason Statham me fait mourir de rire que voulez-vous ?) se laisse voir sans ennui dans une ambiance zim boum bam et a surtout l'immense avantage d'être bien servi par un casting plutôt réjouissant de "on sait jamais comment ils s'appellent" et même de nouveaux venus comme ce Aidan Gillen en tueur psychopathe, clone ou sosie du physique et du jeu de RIP Gary Oldman.

    Du cinéma musclé qui se la raconte pas mal mais bon, hein ?

  • NI A VENDRE NI A LOUER de Pascal Rabaté **

    NI A VENDRE NI A LOUER de Pascal RabatéNI A VENDRE NI A LOUER de Pascal RabatéNI A VENDRE NI A LOUER de Pascal Rabaté

    Tenter de résumer ce film me fatigue alors je vous en propose le synopsis officiel : c'est enfin le week-end, un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Ce week-end-là, deux retraités se rendent dans leur résidence secondaire, une maisonnette aussi vaste qu’un timbre poste, et croisent un couple de punks ayant pour gîte une maison dessinée sur le sable d’une plage. Plus loin, deux imposteurs vêtus d’orange et de vert se mettent au golf non loin d’une procession funéraire. Au même moment, un représentant en parapluies a rendez-vous avec une maîtresse sado-maso dans un hôtel du bord de mer où séjournent deux couples dont l’existence sera chamboulée par un cerf-volant perdu. Il est aussi question d’étudiants des beaux arts, de voitures de sport, de voitures sans permis, de voitures de golf, de voitures volées, de caravane, de toile de tente, de lecteur de code-barres, de cadre photo décoré de coquillages et de tempête nocturne. Un week-end où les destins, les classes sociales, les générations, les sentiments, les douleurs comme les joies, se croisent. Un week-end à la mer, en somme.

    Ce que j'en pense :

    après les délicieux Petits Ruisseaux, Pascal Rabaté confirme qu'il aime les petites voitures ridicules. Et ici une galerie de plus ou moins "beaufs" bien typés et caricaturaux se croisent sans se voir dans une petite cité balnéaire au bord de l'océan (qu'hélas on voit trop peu !). Et c'est drôle parfois, original aussi et burlesque. C'est muet et ça marmomme, du coup ça fait penser à Jacques Tati. La musique est youplaboum, plein de personnages ne pensent qu'à baiser, les couleurs châtoient et du coup ça fait penser à Emir Kusturica (du temps où il était drôle !). Les cadres sont parfois bien jolis et bien travaillés et c'est donc plaisant à regarder. Et puis le casting est en or massif : Jacques Gambling, Maria de Medeiros, François Damiens, François Morel, Marie Krémer, Arsène Mosca, Chantal Neuwirth (la plus émouvante)...

    Mon gag préféré ? La fabrication des codes barres ! J'en pouffe encore !

    Un film sitôt vu, sitôt oublié qui ne fait pas de mal mais qui fait du bien alors franchement de quoi se plaint-on !