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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 45

  • PHILIBERT de Sylvain Fusée **

    PHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinémaPHILIBERT de Sylvain Fusée, jérémie rénier, alexandre astier, manu payet, élodie navarre, cinéma

    Philibert est un bon garçon d'une vingtaine d'années et il s'est forgé un idéal. Pour lui l'avenir se fera dans l'artichaut lorsqu'il deviendra cultivateur en reprenant l'exploitation de son père. Son autre grand projet est de rester vierge pour épouser la fille qu'il aura choisi par amour. Alors qu'il ferraille joyeusement avec un ami sien, une bien triste nouvelle lui parvient : son père chéri est mourant. Il se rend immédiatement à son chevet et les révélations qui lui sont faites le laissent fort marri. Il ne serait pas fils d'agriculteur mais gentilhomme de bonne naissance dont la mère serait morte en couches. Il répond par ailleurs au joyeux patronyme de Eude Bérendourt de Saint-Avoise. Après réflexion, il préfèrera garder le prénom qu'il porte depuis toujours, mais après avoir préparé son paquetage contenant sa collection de collants moulants multicolores, il se mettra sans délai en route vers la Bourgogne aux fins de retrouver le cruel Duc D'Anjou assassin de son père biologique. En chemin, il croisera la route de Martin, fourbe malandrin qui deviendra finalement son fidèle valet, mais aussi celle d'acortes jeunes filles toujours disposées à courir le guilledou et plus si affinités avec ce jouvenceau qui porte beau et qui aura parfois fort à faire pour résister et conserver sa fleur. Et oui, malgré un physique fort vigoureux, Philibert n'a réellement jamais "donné de joie" à une femme. Inutile de préciser que son périple le conduira à la fois vers le très vilain mais lui permettra également de trouver l'amour. Mais ce ne sont pas tant les péripéties de Philibert qui sont intéressantes mais évidemment la façon dont elles sont racontées.

    Hélas le film de Sylvain Fusée ne tient pas les promesses délirantes du premier quart d'heure et ne cesse de souffrir de regrettables baisses de régime. Il faut dire qu'il doit être assez difficile de tenir le rythme effréné et hilarant du début. Néanmoins, il serait dommage de bouder cette fanfaronnade et lorsque les aventures de Philibert reprennent du poil de la bête, on assiste à un véritable feu d'artifice de drôlerie tant les dialogues approximativement moyen-âgeux sont délicieux et les situations cocasses. Et puis, reconnaissons à Jérémie Rénier de s'en être donné à coeur joie pour notre plus grand plaisir, à jouer ce bellâtre un peu couillon au point de se déclarer volontaire pour être galérien. A la fois parodie et hommage aux films de cape et d'épée, ce Philibert est un peu comme une madeleine qui évoque l'époque folle où Jean Marais, Gérard Barray et Jean-Claude Drouot donnaient aux bécasses telles que moi la liberté de rêver au Prince Charmant autrement qu'en dessins animés. Jérémie Rénier d'une blondeur enfantine, au sourire ultra bright est un très très drôle et bien joli Philibert qui a par ailleurs l'excellente idée de perdre régulièrement TOUS ses vêtements. Je sais que ça peut en ramener certaines à la vie...

  • EASY MONEY de Daniel Espinosa **

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    JW étudiant appliqué et doué d'une école de commerce ferait tout pour faire réellement partie du milieu privilégié dont sont issus ses petits camarades de promo. Grâce à son physique très avenant et beaucoup d'aplomb il réussit à intégrer les soirées tape à l'oeil des "fils de"... où l'alcool, la drogue et les jolies filles sont l'ordinaire. Certaines nuits il travaille pour gagner l'argent qu'il claque avec ses "amis". Jorge est un dealer en cavale qui souhaite rejoindre son pays d'Amérique du Sud après avoir réalisé un dernier coup et avoir mis sa mère et sa soeur enceinte à l'abri du besoin. Mrado, tueur à gages serbe se voit confier la garde de sa petite fille au moment où ça tombe le plus mal... Qu'y a t'il de commun entre ces trois garçons ? Rien au départ mais tous trois avides d'easy money vont se retrouver embarqués puis impliqués dans la même "affaire" d'importation de cocaïne censée les enrichir tous rapidement...

    Un polar venu du nord c'est très rare, donc c'est précieux et celui-ci est efficace bien qu'il n'ait rien de réellement original. D'ailleurs pas grand chose nous permet de comprendre qu'on est en Suède, pays où l'on ne s'attend pas à trouver le destin croisé de ces trois ambitieux qui ont des rêves trop grands pour eux. C'est sombre, violent, souvent tendu. Le dernier quart d'heure est impressionnant et fait vraiment flipper. La conclusion réserve son lot d'imprévus. Mais le réalisateur bien que doué a sans doute lui aussi rêvé au dessus de ses moyens en faisant durer son film au-delà du raisonnable. J'avoue qu'à un moment j'ai un peu lâché et qu'entre les arabes, les serbes, les russes, les sud américains... je ne savais plus très bien qui courait après qui.

    Mais il y a une "chose" absolument renversante et inoubliable ici, c'est l'acteur principal, totalement inconnu de nos services et pour cause, il n'a manifestement pas encore sévi ailleurs que dans ce film. Parfois je me mets même à douter : est-ce que Dieu existerait ? En effet, Joël Kinnaman (retenez ce nom, merci !) est de pratiquement tous les plans. Physiquement c'est un mix harmonieux et réussi de Guillaume Depardieu, Christophe-Greystoke-Lambert et Thomas Dutronc. Rien à jeter croyez moi sur parole. Quant à son talent d'acteur, il le démontre à chaque seconde de ce rôle assez écrasant en endossant à la fois les costumes chics d'un yuppie opportuniste et la dégaine wesh-wesh d'un petit casseur. Pas sympathique puisque régulièrement en train de mentir voire de trahir juste par cupidité, il se révèle particulièrement intense lorsque les choses se mettent à virer vinaigre. Ce garçon est une révélation et Monsieur Espinosa peut lui dire un grand merci !!!

  • LES YEUX DE SA MERE de Thierry Klifa **

    LES YEUX DE SA MERE de Thierry Klifa, catherine deneuve, nicolas duvauchelle, jean baptiste lafarge, gilles cohen, géraldine pailhas, jean marc barr, marisa parédès, marina doïs, cinémaLES YEUX DE SA MERE de Thierry Klifa, catherine deneuve, nicolas duvauchelle, jean baptiste lafarge, gilles cohen, géraldine pailhas, jean marc barr, marisa parédès, marina doïs, cinémaLES YEUX DE SA MERE de Thierry Klifa, catherine deneuve, nicolas duvauchelle, jean baptiste lafarge, gilles cohen, géraldine pailhas, jean marc barr, marisa parédès, marina doïs, cinémaLES YEUX DE SA MERE de Thierry Klifa, catherine deneuve, nicolas duvauchelle, jean baptiste lafarge, gilles cohen, géraldine pailhas, jean marc barr, marisa parédès, marina doïs, cinéma

    Ce que Mattieu Roussel romancier sans inspiration a en tête n'est guère reluisant : "infiltrer" la vie de Lena Weber star de la grand messe cathodique du 20 h pour en publier une biographie non autorisée qui sera forcément un best-seller. Il faut dire qu'il y en a des choses à dire sur les non-dits de la vie de famille de Lena. Une mère indigne, une mère absente, une mère qui abandonne son enfant à la naissance parce qu'il compromettrait sa carrière. Mais aussi une mère morte, une mère adoptive, une mère de substitution... Et puis un père mort, forcément idéal, victime du franquisme. Un tout jeune homme de 20 ans également dont on ne comprend pas immédiatement comment il va intégrer l'histoire.

    Matthieu donc, profite d'un congé de grossesse dans l'entourage professionnel proche de Lena pour se faire embaucher et devenir en un clin d'oeil l'assistant, celui qui devance le moindre désir et se rend donc ainsi parfaitement indispensable. Mathieu redouble de charme et de douceur et séduit tout ce qu'il approche en une oeillade. Y compris Maria, la fille de Lena, danseuse étoile. Les deux femmes entretiennent des rapports réfrigérants, la première reprochant sans fin à la seconde d'avoir privilégié sa carrière de grand reporter à son éducation. Mais l'histoire se reproduit parfois, les enfants battus deviennent des parents qui battent etc... La douce Maria (la toujours insupportable et douce Géraldine Pailhas pour une fois pas cocue... désolée, ce n'est que mon avis, quand ça passe pas, ça passe pas. Cette actrice on voit qu'elle "joue" !) s'est toujours réfugiée auprès de sa tante Judit (IMMENSE et magnifique Maria Paredès) omniprésente, aimante et rassurante. Cependant il me faudrait un peu plus qu'une actrice espagnole, et non des moindres, et un titre maternisant pour rapprocher comme je le lis beaucoup, ce petit mélo touffu du sublime et limpide "Tout sur ma mère" du grand Pedro. C'est dit !

    Et oui, on comprend vite que tous ces personnages, certains à Paris, d'autres en Bretagne vont finir par se rencontrer ou au moins avoir un pan de l'histoire en commun. La manière dont s'y prend le réalisateur pour parvenir à ses fins relèvent parfois du miracle et les coutures cousues au gros fil blanc finissent rapidement par se voir et rendre la moindre rencontre parfaitement invraisemblable et très maladroite. Le summum revenant à un accident de voiture, suivi de comas, plaies, croûtes et bosses... résolus en un claquement de doigts...

    Toute proportion gardée dans l'ambition, le personnage de Mathieu (interprété avec beaucoup de trouble et de charme par Nicolas Duvauchelle) m'a rappelé celui de Terence Stamp dans le Théorème de Pasolini où un mystérieux Visiteur venait semer le trouble dans une famille bourgeoise. Mais ici, rien de sulfureux et on sent trop ici la patte de la famille Thompson (Christopher au scenario) dont les préoccupations tournent autour des heurts et malheurs de grands bourgeois auxquels finalement rien ne peut arriver. Dans le dernier quart d'heure l'émotion commence enfin à poindre mais on y arrive après moult artifices...

    Evidemment chez Thierry Klifa, et ce n'est pas rien, il y a le casting cinq étoiles et un amour infini pour les acteurs. Cela dit, il n'y a pas assez de Catherine Deneuve dans ce film. Même si elle est la figure centrale de l'histoire elle n'en est pas le personnage principal et de Catherine je ne suis jamais rassasiée tant elle m'ensorcèle et me fascine, ici encore et toujours.

    Nicolas Duvauchelle (il faut articuler mon garçon) sort avec bonheur et réussite de ses rôles de bad boy, et réussit une étreinte infiniment touchante avec un jeune garçon. Marina Foïs est convaincante en maman poule qui craint le pire. Retrouver Jean-Marc Barr est toujours un plaisir... En un mot, la direction d'acteurs est primordiale et Thierry Klifa excelle dans l'exercice mais il faudrait qu'il se rassemble un peu, condense ses histoires au lieu de les multiplier et de les démêler de façon un peu moins mécanique et convenue.

  • LEGITIME DEFENSE de Pierre Lacan **

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    Du jour au lendemain la vie de Benoît père tout récent d'un bébé tout mimi, va basculer. L'agence de détective privé de son père a été cambriolée et le bonhomme demeure introuvable. Le quotidien grisouille tendance tristouille de Benoît va se trouver boosté par une succession de faits en cascade qui vont le contraindre à protéger sa petite famille et la jouer finaud en démêlant le passé récent et plus ancien de son papa qui n'est peut-être pas aussi reluisant qu'il l'avait jusque là imaginé. Les flics, des enveloppes emplies de photos compromettantes, une malette qui a disparu avec papa, des vilains bien sadiques prêts à tout pour récupérer leur bien, une jeunette éprise d'un monsieur de trois fois son aîné, une patronne de pompes funèbres responsable d'un trafic étrange vont désormais faire partie de l'ordinaire de Benoît. Il a beau répéter à qui veut l'entendre que les affaires de son très décevant papa lui étaient totalement étrangères, personne ne l'entend crier.

    Je passerai allègrement et sans honte sur le titre et l'idée qu'il suppose. Que serait le pauvre monde si chacun décidait de rendre justice soi-même ? On n'est pas au far west quand même ! Et puis je voudrais bien vous y voir. Ne vous transformeriez-vous en machine de guerre si l'on menaçait de jeter votre poupon avec l'eau du bain ? Cet obstacle allègrement franchi, je dois dire que ce film lacanien où le moi serait traité comme un miroir empreint de structuralisme où la réalité sociale serait appréhencée comme un ensemble formel de relations*, est un polar à la française déjà vu mais pas désagréable. Le type ordinaire plongé dans des situations inextricables et pour le moins extraordinaires qui le transforment en terminator, ce n'est pas une nouveauté. Mais ce qui en fait le petit plus c'est le choix de l'acteur principal. Il est évident que Jean-Paul Rouve avec sa tête de gentil, son physique ordinaire, sa nonchalance, sa façon inimitable de dire qu'il ne comprend rien à ce qui se passe parce qu'il ne comprend VRAIMENT rien à ce qui se passe, rendent ses mésaventures bien flippantes encore plus crédibles. Evidemment, certaines complications (inutiles) en cours de route perdent un peu le spectateur mais un montage habile nous aide à partager le désarroi de Benoît.

    Olivier Gourmet aiguise encore un peu plus son numéro bien huilé de chanmé imperturbable et nous gratifie d'un lancer de nourrisson dans l'eau froide pas piqué des hannetons. Gilles Cohen va finir par se rendre indispensable. Et puis quel plaisir d'entendre Jean-Paul Rouve dire à son INSUPPORTABLE femme (du film) : "pour une fois tu vas m'écouter".

    *est-il besoin de vous préciser que cette phrase ne veut STRICTEMENT rien dire ? C'est JUSTE pour GENRE me faire mousser.

  • NEVER LET ME GO de Mark Romanek **(*)

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    Kathy, Ruth et Tommy sont les meilleurs amis du monde depuis l'enfance qu'ils vivent dans un étrange pensionnat. Ils y reçoivent l'éducation bien sûr mais sont aussi étrangement coupés du reste du monde. Totalement protégés de tout ce qui est hors des limites de la propriété, ils découvrent, grâce à une de leurs enseignantes qui ne peut leur cacher la vérité, l'étrangeté et le but de leur existence.

    Aller voir ce film sans absolument rien en connaître de son sujet (c'était mon cas) est la meilleure façon de l'aborder. Même si la révélation sidérante est faite dans la première demi-heure, ne rien en dire la rend encore plus difficilement acceptable. J'avoue que j'ai mis un temps certain avant d'admettre ce que j'avais compris... C'est d'autant plus regrettable qu'avec un sujet aussi fort et déroutant, le réalisateur ait choisi de rester toujours dans la délicatesse et la retenue alors qu'il tenait la substance même d'un mélo qui aurait dû être dévastateur. C'est en ce sens que ce film m'a déçue. Il devrait provoquer un déluge de larmes et d'émotion et finalement on conserve la même attitude que les personnages, dignes, un peu apathiques et les yeux restent secs.

    Néanmoins, c'est le film le plus désespérément triste que j'ai vu depuis longtemps où la résignation des trois protagonistes n'a d'égal que leur manque total de refus et d'indignation face à la tragédie de leur vie. On finit par se résigner avec eux et on est soulagé du cri sans fin, déchirant que pousse enfin Tommy (Andrew Garfield hyper sensible !) mais trop tard. Si Carey Muligan et sa petite frimousse enfantine n'est qu'amour, abnégation, renoncement et résignation tout en douceur, Keira Knightley, comme toujours menton en avant, prouve une fois de plus que son jeu désolant se résume à plisser les yeux et à chiffonner son nez...

    Mais la campagne anglaise est sublime, et la mer aussi !

  • LE MARQUIS de Dominique Farrugia **

    LE MARQUIS de Dominique Farrugia, richard berry, franck dubosc, jean-hugues anglade, cinémaLE MARQUIS de Dominique Farrugia, richard berry, franck dubosc, jean-hugues anglade, cinémaLE MARQUIS de Dominique Farrugia, richard berry, franck dubosc, jean-hugues anglade, cinéma

    Thomas Gargesse, VRP licencié injustement purge une peine de quelques mois de prison pour avoir tenté de voler un de ses clients. Dans le même temps Quentin Tasseau foire une "affaire" et se voit contraint par son patron Jo un grand malade de la tête, de retrouver les centaines de milliers d'euros perdus, sous peine de se retrouver entre quatre planches après d'atroces souffrances. A la suite d'un quiproquo maousse, le très ordinaire à jogging et bas du bulbe Thomas est pris pour "Le Marquis" le bandit number one qui fait trembler même les truands. Pour sauver sa peau, Quentin fait évader Thomas de sa prison pour monter un coup qui devrait rapporter bonbon !

    Pas la peine d'y aller par quatre chemins. Contre toute attente, malgré l'affiche, malgré le titre, malgré (et aussi grâce à) Franck Dubosc, ce film est drôle, très ! Ce n'est pas du grand art, mais c'est tellement bien interprété, loufoque et invraisemblable, qu'on ne se fait pas de noeuds au cerveau  et que pendant une heure trente c'est du plaisir total. Et en plus, pas une seconde d'ennui. Il faut dire que sur le mode du "buddy movie" (deux personnages aussi différents voire opposés que possible contraints à faire équipe) le tandem Franck Dubosc (qui fait un peu du Franck Dubosc mais pas seulement) et Richard Berry fonctionnent parfaitement. Le sérieux et la dureté de Richard Berry face à la beauferie naïve de Franck Dubosc font parfois des merveilles. On ne se lasse pas de voir les mines consternées voire accablées de l'un face aux énormités et aux étourderies de l'autre. On reconnaît le style Farrugia, pas avare du comique de répétition, mais sincèrement il prouve qu'il est possible de faire rire sans blagues salaces sous la ceinture. Et puis on peut lui savoir gré d'avoir fait de Jean-Hugues Anglade pratiquement méconnaissable, un vrai méchant sans coeur, quoique...

  • PAUL de Greg Mottola **

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    Paul est un extraterrestre (entendez un véritable E.T.) qui est sur terre depuis 1947. Comme tout E.T. oublié sur notre bonne terre d'accueil il n'a qu'un objectif en tête : retourner chez lui ! Surtout qu'après l'avoir utilisé secrètement durant toutes ces années le gouvernement américain entend bien se débarrasser de lui.  En attendant le grand départ Paul a également soufflé à Spielberg des scenarii tels que Rencontres du Troisième Type ou E.T., et c'est aussi Paul qui a inspiré l'incontournable agent Mulder. Vous l'avez compris, sans Paul... la SF terrienne ne vaudrait rien. En tentant d'échapper à ses poursuivants (FBI et compagnie) Paul rencontre en plein désert deux gugus complètement geeks, nerds et fans de SF. Faire connaissance d'un E.T. est pour ces deux anglais venus aux States faire un pélerinage sur les endroits dédiés aux extra-terrestres est un rêve qui devient la réalité. Leur voyage déglingo va les mener à résister ensemble à l'adversité à bord d'un camping car.

    Road movie atypique avec un E.T. à grosse tête aussi politiquement incorrect que possible les aventures de Paul nous entraînent sur un mode totalement régressif en compagnie de Simon Pegg et Nick Frost vieux ados réjouis et réjouissants qui vivent dans un monde parallèle.

    C'est peu de choses, mais entendre la petite musiquette de Rencontres du troisième type, écouter Spielberg au téléphone, revoir la montagne que Richard Dreyfuss avait remodelée dans son salon, se rassembler à l'endroit même où E.T. (celui de 1983) retrouvait ses copains... ça fait chaud au coeur. Greg Mottola nous emmène avec délectation au coeur de nos souvenirs cinéphiles et c'est bon. Les 3 héros pas toujours bien malins sont un peu caca prout, mais finalement c'est drôle. Evidemment c'est moins inspiré que Hot Fuzz où le duo comique s'en donnait et nous en donnait déjà à coeur joie, mais Paul est absolument délirant. Et pour une fois, la VF est un pur régal car la voix de Philippe Manoeuvre convient idéalement à ce sale gosse.

    Et puis l'agent du FBI est hot !

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  • LA PERMISSION DE MINUIT de Delphine Gleize **

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    Depuis sa naissance Romain est atteint d'une maladie rare : le XP (xeroderma pigmentosum). On parle aussi des "enfants de la lune" car si j'ai bien compris, les enfants qui en sont victimes atteignent rarement leur vingtième année. Les enfants (1 sur 1 million) touchés par cette maladie ont la peau d'une sensibilité extrême à la lumière. Condamnés à ne vivre que sous une lumière artificielle, à ne sortir que la nuit ou protégés d'un scaphandre, ils développent néanmoins et irréversiblement des lésions cutanées de plus en plus graves qui se transforment en tumeurs multiples. C'est David chirurgien et dermatologue qui soigne Romain depuis ces longues années. Une relation de confiance et d'intimité lie le docteur à son patient. Jusqu'au jour où David obtient enfin le poste dont il rêvait depuis une dizaine d'années. L'accepter c'est partir loin de Romain. Mais il repousse chaque jour le moment de lui annoncer la nouvelle !

    La réalisatrice se concentre davantage sur la relation qui lie Romain à son médecin, et plus encore à l'échéance de la séparation que sur la maladie du garçon. On découvre que ce jeune garçon en sursis élevé dans un bunker, surprotégé (même si le père a fui, effrayé par la maladie), isolé du monde, a développé une lucidité et une maturité hors normes pour un enfant de son âge. On sent toute la rage contenue à l'idée de savoir qu'il ne connaîtra jamais des tas de choses essentielles et vitales tel que l'amour par exemple. On comprend le sentiment d'abandon inconsolable lorsqu'il découvre brutalement que son docteur, en qui il a placé toute sa confiance va s'éloigner. On apprécie que malgré la mort qui plane imminente et inéluctable il n'y ait aucun excès de pathos. Mais justement, on aimerait pleurer un peu car le thème est fort et que les enfants condamnés à mort, c'est une injustice à hurler. Mais à force de pudeur, d'ellipses et de non dits, Delphine Gleize livre un film plutôt froid où les sentiments ne s'expriment jamais ni en gestes ni en paroles. Evidemment il y a les actes du médecin mais sans doute accomplirait-il les mêmes pour un patient qu'il n'aurait pas pris en affection. Toujours tenu à distance, le pauvre spectateur regarde une relation se déliter alors même qu'il n'a pas eu la moindre possibilité de constater qu'elle était hors du commun.

    Alors évidemment il y a Emmanuelle Devos belle, puissante, humaine. Elle est celle qui remplacera David à son poste et prendra désormais soin de Romain. Mais quelle idée saugrenue d'avoir suggéré l'amorce d'une histoire qui fera long feu entre les deux collègues, totalement hors sujet, reléguant la pauvre Emmanuelle au rang de faire-valoir séductrice.

    Et puis il y a Vincent Lindon en mode supra sensible. Le film n'est pas à la hauteur des sommets d'émotion et d'intensité qu'il dégage dès qu'il est à l'écran.

  • UNE PURE AFFAIRE de Alexandre Coffre **(*)

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    David est un brave garçon. Bien qu'avocat, il reste cantonné à des taches administratives et se fait chiper tous les dossiers intéressants par Brice son collègue aux dents qui rayent l'asphalte (Laurent Laffitte, tout en dents !), le même qui va sans aucun doute lui ravir le poste convointé d'associé du cabinet machin et machin. Chez lui, pas mieux. Sa femme, ses enfants et son beau-père l'ignorent ou le méprisent. David, un peu lâche, un peu faible, se laisse malmener et échappe à toute situation conflictuelle en allant promener son chien. Et justement, c'est en sortant la bestiole un soir de réveillon de Noël qui s'achève en jus de boudin que David "tombe" sur un sac bourré de cocaïne. Il essaie mollement de s'en séparer mais l'encombrant colis s'impose littéralement à lui. Dans le sac, se trouve également un téléphone portable qui sonne souvent. Un jour David décroche... et c'est l'engrenage. Il assure une première livraison. Ce travail très lucratif se déroule sans encombre. Lorsque David révèle à sa femme ses nouvelles activités, elle réagit d'abord violemment et s'indigne. Sa colère est de courte durée et elle devient la partenaire active du trafic. Jusqu'au jour où le véritable propriétaire du sac refait surface et l'affaire prend une tournure plutôt flippante puisque David et Christine ont dépensé une grande partie de leurs gains et n'ont que quelques jours pour rembourser le truand qui les harcèle !

    Bien menée, évitant tout humour bas de plafond et/ou sous la ceinture cette comédie originale et surprenante est une excellente surprise. Les seconds rôles Laurent Laffite (le collègue "puant" aux dents qui rayent le plancher), Nicolas Marié (l'avocat pas bien net qui se la raconte), Gilles Cohen (le  truand volupteux et inquiétant), Didier Flamand (le beau-père dédaigneux) ont tous une présence consistante et malgré leurs personnages caricaturaux, aucun ne tombe jamais dans l'excès. Pascale Arbillot et François Damiens forment un couple tout à fait crédible dont la flamme quelque peu vacillante se ranime à mesure que la situation se complique. Il faut voir François Damiens/David retomber amoureux de sa femme qui le voit différemment depuis qu'il vit dangeureusement. Et même si la comédie vraiment plaisante est délicieusement incorrecte, elle est surtout l'occasion d'offrir à l'inénarrable et irrésistible François Damiens, l'occasion de tenir enfin un premier rôle dont il semble qu'il improvise chaque réplique. Quelques scènes d'émotion et notamment celles où il redécouvre en sa femme son amour de jeunesse, prouvent l'étendue et la justesse de ce qu'il est capable d'interpréter. J'espère que les réalisateurs vont faire preuve d'imagination et "utiliser" cet acteur, comme ici, autrement que comme faire valoir. Son immense talent comique n'est plus à démontrer, mais j'ai hâte qu'il me refasse pleurer, comme ici.

  • SEX FRIENDS de Ivan Reitman **

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    Oui je sais ce que vous allez me dire. Mais détrompez-vous. D'accord ça a commencé hyper méga supra mal et j'ai failli fuir à plusieur reprises dans le premier quart d'heure. Adam et Emma ont 15 ans et sont en colo, hyper coinçouilles et timides les minots. Pendant que tout le monde danse, eux ils font des simagrées genre jivati jivatipa, même pas ils se regardent. Et Adam se lance "et si je te mettais un doigt ?". Là, j'ai levé les yeux au ciel en pensant "oulalalalalalala !!!". 10 ans plus tard. Adam participe activement à une mégateuf pyjama party, alcool en perfusion et tutti frutti. A peu près TOUT ce que je déteste dans le genre on-peut-pas-s'amuser-sans-se-foutre-minable. Sur le short d'une fille y'a écrit "whore". J'ai failli hurler et partir. Mais je suis restée. Y'avait longtemps que j'avais pas vu une comédie sentimentale américaine et j'en avais envie. Ne pas penser et m'assurer que le cahier des charges du genre était toujours le même et bien respecté. Il ne manque aucune balise, je suis rassurée. Emma se pointe à la soirée en grenouillère et reconnaît Adam qui n'a pas changé et ils sont super contents de se revoir...

    Sur le mode "Quand Harry rencontre Sally", les années passent et Emma et Adam seront chaque fois un peu plus ravis de se retrouver comme par le hasard qui fait si bien les choses quand il veut bien s'en donner la peine. Ils sont les seuls, enfin surtout Emma comme il se doit, à ne pas savoir qu'ils sont faits l'un pour l'autre et qu'ils vont finir dans le même plumard à baldaquin à effeuiller les carottes rapées. En attendant, Emma qui ne veut pas s'engager parce que ça lui fait trop peur et que de toute façon elle est interne et c'est du taf, propose à Adam qui baise super bien (elle l'a testé un jour vite fait en passant et ça lui a fait grand bien) de devenir son sex friend. Il dit "oui oui oui oui oui" et ça signifie qu'elle peut le siffler à toute heure du jour et de la nuit, à condition qu'il soit parti avant le ptit déj", qu'il ne roucoule pas, qu'il n'offre pas de cadeau, qu'il ne tombe pas amoureux... Donc, vous l'avez compris, qu'il fasse exactement le contraire de ce qu'il a envie de faire et qu'il va faire ! Là, vous pensez que j'aurais dû prendre mes jambes à mon cou et me tirer vite fait. D'autant que non content d'avoir mis tous les ingrédients sus cités, ce vieux grigou de Reitman a aussi affublé les deux tourtereaux des incontournables amis relous de chez relous aux casseroles plus lourdingues les unes que les autres sans qui la comédie romantique ne serait pas ce qu'elle est (ce qui pour moi restera un mystère inélucidable...). Et dieu sait -me demande ce qu'il vient foutre ici celui-là- que les trentenaires immatures qui vivent encore en coloc' me tapent sur le haricot ! Cela dit, merci Ivan, il n'y a pas le rigolo de service, obèse et libidineux. Le seul gros de l'affaire est efféminé et se prend pour une fille, ça change !

    Bref, en un mot comme en cent, après un démarrage laborieux où j'avais les mâchoires serrées, les ongles plantés dans les bras du fauteuil et où je me surprenais à penser (moi qui ne suis pas médisante pour un sou) que la toute petite tête d'Asthon Kutcher plantée sur son interminable corps flasque et son improbable coupe de cheveux putafrange étaient vraiment bien rigolotes... il s'est soudainement... plus exactement, progressivement, sournoisement, insidieusement passé cette chose étrange et merveilleuse : je me suis sentie peu à peu me décrisper totalement, me lover nonchalamment dans le fauteuil, accrocher un sourire niais à ma face jusque là dubitative pour finalement prendre un plaisir insensé et vraiment bienvenu aux heurs et malheurs des deux tourtereaux dont on ne doute pas un instant qu'ils vont finir la bague au doigt, la corde au cou et tutti chianti... mais l'important n'est pas là en fait. Il est sans doute dans le charme quasi affolant de ses deux interprètes qui ont en charge de nous faire gober deux heures durant qu'ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont le yin et le yang d'une seule entité, la lune et le soleil, le roux et le combaluzier, les deux bouts d'une même banane ! Petit à petit, tous les rôles secondaires insignifiants et inutiles disparaissent et cèdent l'écran à Natalie et Ashton, Emma et Adam... et on y croit parce que Natalie/Emma même en grande emmerderesse hésitante et indécise a des yeux jaune et un sourire craquants qui feraient fondre la banquise et qu'Ashton/Adam malgré un physique improbable est tout à fait délicieux, jamais macho, tendre, absolument adorable. Ils affichent une telle complicité, un tel bonheur de jouer les amoureux dans une jolie comédie ensoleillée que leur joie de vivre est finalement communicative.

    Alors oui, j'ai aimé et j'en suis la première surprise et j'adore certaines répliques de Natalie/Emma. Exemple, lorsqu'une copine lui dit qu'elle a tort d'hésiter et qu'Ashton/Adam est fait pour elle, elle lui répond : "non mais t'as vu comme il est grand ? Quand on est l'un près de l'autre, on croirait qu'il va me kidnapper !". Moi, ça me fait glousser.