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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 49

  • DROIT DE PASSAGE de Wayne Kramer **

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    L'Amérique est une terre d'asile. Un brassage meltingpotique d'ethnies diverses et variées. D'habitude le cinéma nous narre plutôt les déboires et déconvenues le plus souvent tragiques de ce qui se trame à la frontière américano-mexicaine où les migrants risquent leur vie dans l'espoir d'un avenir meilleur. Ici on survole le parcours de plusieurs personnages de toutes origines dont certains prêts à tout et aussi à n'importe quoi pour obtenir la naturalisation. Les candidats à cette longue procédure administrative ne sont pas forcément issus de pays du tiers ou quart monde ni forcément de pays en guerre puisqu'il y a même des candidats australiens.
    La première originalité est donc ce survol des "pratiques", des risques et des aberrations en matière d'émigration, mais aussi, on peut "apprécier" un film qui n'hésite pas à raccompagner ses personnages à la frontière au lieu de jouer la carte de l'angélisme, sans pour autant forcer sur le pathos et les drames familiaux que ce genre de situations provoque. Cela dit en explorant tous azimuts différentes "affaires", on a parfois du mal à comprendre où se situe le message du film si tant est qu'il y en ait un et si, sous couvert de fournir un tableau clinique et objectif, il ne stigmatiserait pas encore davantage les populations issues de l'immigration...
    On trouve donc ici, Max Brogan, agent zélé mais humain (c'est Harrisson !) du Service d'Immigration de Los Angeles qui débarque régulièrement avec la cavalerie dans des entrepôts pour traquer le travailleur clandestin. En général, la pêche est plutôt bonne mais notre Max va  s'émouvoir du sort de la jeune mexicaine Mireya et tenter de l'aider à sauver son fils confié à une famille pas très scrupuleuse.
    Son collègue est Hamid dont la famille d'origine iranienne organise une grande fête bling bling en l'honneur de la naturalisation du père. Max découvrira alors que la soeur d'Hamid, une jeune femme libre et parfaitement intégrée est en conflit avec cette famille restée très traditionnaliste, accordant peu de liberté aux femmes.
    Une jolie avocate (Ashley Judd, trop rare) en manque d'enfant, se prendra d'affection pour une petite orpheline africaine adoptable, alors que son mari (Ray Liotta, bouffi) utilisera son petit pouvoir pour faire payer (cher) à une aspirante actrice venue d'Australie son accession à la précieuse Green Card.
    Un ado coréen compromettra gravement les chances d'intégration de sa famille en s'accoquinant avec des petits truands armés.
    C'est le cas de la petite Taslima qui est ici le plus douteux. Voilée pour aller en cours, elle sera dénoncée par le proviseur de son lycée pour avoir effectué un exposé où elle justifiait (sans pour autant les approuver) les attentats du 11 septembre 2001 ! Son ordinateur mine essentielle et révélatrice permettra au FBI qui y découvre des sites et des forums islamiques, de voir en elle sans autre analyse, une terroriste en puissance.
    Entre la mexicaine fille-mère, le coréen braqueur, l'iranien intégriste, la bangladeshi terroriste, la blonde australienne opportuniste... on feuillette un catalogue où ne sont évités aucun cliché ni lieu commun.
    On peut donc éventuellement saluer le film qui a le mérite de parler de cet état de faits qui obtient d'étranges résonnances dans le climat franco-français actuel et sourire franchement à la scène de grand messe de naturalisation avec main sur le coeur et hymne national chanté horriblement mal par un chanteur r'n'bisant à la voix chevrottante et au regard embué. 

  • UN POISON VIOLENT de Katell Quillévéré **

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    Tout le monde doute en cet été un peu gris et pluvieux au fin fond de la Bretagne. Anna adolescente de 14 ans prépare sa "confirmation" mais hésite entre son amour pour Jésus et son attirance physique pour Pierre un étonnant et très persévérant garçon de son âge. Triste que son papa ait quitté le domicile, Anna s'éloigne de plus en plus de sa mère, bouleversée d'avoir été injustement abandonnée. Tandis qu'Anna partage une grande complicité avec son grand-père, très vieil homme tendre et bougon qui ne quitte plus sa chambre, sa mère va chercher à renouer avec sa foi perdue et semer par là même le trouble dans le coeur du jeune curé du village.
    Tout semble tellement désuet et anachronique dans ce film qu'on ne sait pas trop à quelle époque l'histoire se situe réellement. Peu d'indices nous indiquent si l'on est dans les années soixante, au début du XXème siècle ou à notre époque. Anna est tiraillée entre l'amour censé élever l'esprit et celui qui révèle et libère le corps et cette alternative semble évidemment bien éloignée des préoccupations actuelles des filles de son âge, pour l'athée mécréante que je suis. Quant au père et à la mère, isolés et englués égoïstement de leur côté dans leurs problèmes d'adultes, ils ne s'embarrassent guère, contrairement aux tendances actuelles, de psychologie vis-à-vis de leur fille déchirée par ses incertitudes. 
    C'est assez étonnant de découvrir que ce film très pieux empreint d'une grande austérité parfois est le premier d'une toute jeune femme. Mais malgré ce dépouillement et une certaine gravité, il est régulièrement parcouru de frémissements, grâce à ces deux jeunes acteurs, Clara Augarde et  Youen Leboulanger Gourvil... notamment parce que la première est capable de s'évanouir lorsque son émotion est trop insupportable, le second lorsqu'il déclare sa flamme en chantant et s'accompagnant de sa guitare pour sa belle à la chevelure d'or.
    Finalement le choix d'Anna, dont une partie ne semble pas très crédible, se révèle cinématographiquement audacieux, courageux et inattendu.
    J'étais par contre beaucoup plus sceptique lors de la scène très très limite, pour le moins inconfortable et vraiment pas indispensable où le grand-père demande à sa petite-fille de lui montrer une dernière fois "l'origine du monde" !!!
    Lio est vraiment très bien même si son rôle n'est pas assez important et la musique est ensorcelante.

  • SHREK 4 - IL ETAIT UNE FIN de Mike Mitchell **

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    Shrek s'ennuie ferme dans son marais putride. Le rôle et la vie trop routiniers de mari aimant et de papa gâteau finissent par le lasser. Le jour du premier anniversaire de ses trois rejetons où tous ses amis sont réunis, il quitte la fête excédé et se montre odieux avec Fiona. Ce qu'il voudrait c'est redevenir l'ogre craint de tous qu'il a été. Justement il croise la route du lutin Tracassin qui lui donne l'occasion de réaliser son voeu le plus cher. Shrek signe donc un contrat avec le sournois sans trop se préoccuper d'en comprendre toutes les clauses. De retour dans un pays où il fait régner la terreur pour son plus grand bonheur, Shrek va devoir reconquérir ses amis, son amour mais aussi combattre de vilaines sorcières et  le Royaume de TropTropLointain devenu une dictature aux mains de l'infâme Tracassin.
    Comme pour Toy Story récemment, ce qui manque le plus irrémédiablement et très logiquement, c'est l'effet de surprise du premier épisode où l'on découvrait un univers, des personnages et l'histoire assez audacieuse d'un héros original et anti-conformiste qui réussissait l'exploit de sauver et de libérer une belle princesse. Et ce, malgré sa laideur et sa puanteur ! Cela dit, retrouver Shrek pour une dernière fois (si le titre tient sa promesse) même dans une aventure sans beaucoup de surprise, n'est pas désagréable du tout. Et puis, il y a même une scène copiée/collée sur une scène d'"Autant en emporte le vent"...

  • NIGHT AND DAY de James Mangold **

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    June croise Roy dans un aéroport. Plus exactement, elle le percute... car June est toujours dans le cirage et se cogne souvent. En fait leur rencontre n'a rien de fortuit et Roy en a profité pour dissimuler un mystérieux et très précieux objet dans les bagages de June. Ils se retrouvent dans le même avion et alors que June croit avoir enfin trouvé sur un coup de foudre l'homme de sa vie, Roy, poursuivi, traqué va devoir mettre les bouchées doubles pour sauver sa propre vie et protéger celle de June désormais liée à lui.
    L'argument n'a ni queue ni beaucoup plus de tête mais on s'en fiche un peu, beaucoup. Il s'agit là de la comédie sentimentale pyrotechnique de l'année ou au moins de l'été et les deux acteurs stars aux sourires à 56 dents ultra white ne ménagent pas leur peine et leurs cabrioles pour ne pas nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Outre leur râtelier et leur forme olympique, Tom et Cameron nous laissent admirer leurs bustes irréprochables, leurs muscles huilés et profiter de leur humour. Cameron, cte grande gigue aux yeux bleu des mers du sud joue les garçons manqués et les filles romantiques avec euphorie et Tom en mode séducteur conquérant déploie tous ses talents comiques et réussit sans en faire des tonnes son grand numéro de charme.
    Dommage que les meilleures répliques se trouvent dans la bande-annonce. Ma préférée reste la désormais célèbre : "faut vous hydrater".

  • PETITS MEURTRES A L'ANGLAISE de Jonathan Lynn **

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    Victor Maynard a repris la petite entreprise familiale de tueurs à gages. Il effectue son travail consciencieusement sans état d'âme et malgré ses 54 ans, il rend quotidiennement visite à sa mère pour lui rendre des comptes. Pour la vieille femme, il en va de la réputation de la famille et de feu son époux que son fils soit irréprochable auprès de ses employeurs. Jusqu'au jour où par un curieux hasard il se retrouve à sauver la vie de sa victime, une jeune cleptomane très délurée. Par la suite, séduit par la jeune femme, il  ne parvient pas à mener à bien son contrat. Le duo va se transformer en trio avec l'arrivée d'un troisième larron, Tony, jeune fumeur de pétards désoeuvré que Victor va prendre sous son aile pour lui enseigner le métier... Poursuivi par les sbires d'un escroc collectionneur de tableaux (Ruppert Everett, exquis comme toujours) qui s'est fait filouter par Rose, les trois compères vont se cacher et ruser pour échapper à leurs poursuivants.
    Voilà un film formidablement rafraîchissant qui n'a d'autre but que de divertir. Il le fait admirablement bien grâce à un scenario rondement mené qui enchaîne les actions à un rythme trépidant et surtout à son casting qui semble, comme le spectateur, s'amuser follement de l'autre côté de l'écran.
    Rupert Grint prouve qu'il aura sans doute une vie professionnelle après l'école des sorciers. Bill Nighy use avec aisance et élégance de son flegme britannique. A son impertubabilité s'oppose la vivacité et la spontanéité d'Emily Blunt qui révèle ses talents comiques. Et physiquement elle est un mélange de Gene Tierney et d'Eva Green si seulement les réalisateurs pouvaient s'intéresser davantage à elle qu'à cette nouille de Gemma Atterton.
     
    Quant à l'Office de Tourisme londonien, il peut remercier Jonathan Lynn pour la visite de Londres, de Camdem à Trafalgar Square (je fais ma maligne car je connais...), car il a bien saisi toute la différence, l'attraction et la séduction de cette magnifique ville.

  • MILLENIUM 2 - LA FILLE QUI RÊVAIT D'UN BIDON D'ESSENCE ET D'UNE ALLUMETTE de Daniel Alfredson **

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    Lisbeth a disparu de Suède depuis un an. Alors qu'elle y revient incognito, elle se retrouve immédiatement impliquée dans une série de meurtres horribles. Evidemment le journaliste Mikael Blomkvist est convaincu de son innocence. Et bien qu'ils se verront à peine dans cette deuxième partie, ils mettront tout en oeuvre chacun de leur côté pour prouver que Lisbeth n'est pas une serial killeuse.

    Vous vous souvenez ? Si si, vous vous souvenez, je n'avais pas été très emballée par le premier épisode. Et bien, bonne nouvelle, ça s'arrange plutôt au royaume de Suède et ce nouvel épisode se suit sans passion certes, mais avec plus d'intérêt, surtout parce qu'il m'a semblé beaucoup moins touffu et biscornu que le premier. Evidemment il y a toujours une belle brochette de tordus, violeurs, tortureurs, mais le changement de réalisateur doit faire du bien à la série car j'ai trouvé l'atmosphère moins "cheap" et les couleurs moins téléfilm d'outre-rhin. On comprend même pourquoi cette petite nana rêve d'un bidon d'essence et d'une allumette (d'ailleurs, si elle veut remettre ça, je veux bien lui prêter main forte !).

    Quant à Noomi Rapace, elle est toujours aussi formidable et Michael Nyqvist manifestement mieux dirigé est donc plus expressif et moins hermétique.

    Du coup j'ai très envie de savoir ce que devient Lisbeth personnage féminin au passé traumatisant, surdouée en informatique, assez fascinant incarné par une actrice qui ne l'est pas moins. Cette Lisbeth est une warrior survivante increvable qui se fait violer, torturer, battre, enterrer vivante... alors vivement la semaine prochaine que je sache ce qu'elle devient après l'avoir laissée aussi mal en point.

  • L'ITALIEN de Olivier Baroux **

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    Comme le dit à peu près l'affiche : "les hommes naissent libres et égaux en droit".. Certains sont plus égaux que d'autres néanmoins et Mourad Ben Saoud est persuadé que s'il a obtenu et gardé son appartement, son boulot de vendeur de Maserati dans lequel il excelle à Nice, c'est parce que depuis des années, il se fait passer pour Dino Fabrizzi un italien, bellâtre, frimeur, fort en gueule. Tout va pour le mieux dans le meilleur du monde que Dino s'est créé. Il a une fiancée qu'il aime et qui le lui rend, une famille aimante, un patron qui, proche de la retraite le considère comme son successeur, un ami alavialamort. Seuls sa soeur qui a réussi sa carrière grâce à ses études en a assez de ce mensonge et son ami Jacques qui suggère à Dino de révéler la vérité à ses proches, sont dans la confidence de ce mensonge. Le destin va se charger de le mettre face à l'absurdité de cette situation. Son père est victime d'un infarctus juste au moment où va commencer le ramadan. Incapable de  suivre ce rite trop contraignant pour sa santé il demande à Dino/Mourad de lui faire la promesse de le faire pour lui. Il accepte.
    A partir d'une situation de comédie qui permet à Kad Merad de jouer le paradeur bling-bling avec éclat et de multiplier gaffes et quiproquos, Olivier Baroux, mine de rien parle avec justesse, pertinence et sincérité de sujets profonds : les racines, l'identité, le racisme, la religion et ses pratiques, la différence, l'intégration. C'est beaucoup pour une comédie mais c'est pas mal fait du tout, grâce à des répliques telles que : "on ne nous demandait pas de nous intégrer mais de ne pas nous faire remarquer"... Par ailleurs, Kad Merad se révèle aussi juste dans les excès de son personnage de frimeur que dans les scènes plus intimes, délicates et émouvantes où il retrouve ses origines. Il se montre également particulièrement sincère et respectueux dans les moments où il se plie au cérémonial imposé par la pratique du ramadan, notamment lors des cinq prières quotidiennes.
    Il aurait sans doute été moins vendeur ou trop "provoc" d'intituler ce film "L'arabe", "Le Mulsulman" ou "L'algérien", mais c'est une plutôt bonne surprise. Bravo.

  • TOY STORY de Lee Unkrich **

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    Andy l'heureux propriétaire des jouets Buzz et Woody (on ne présente plus je suppose) a beaucoup grandi et part dans quelques jours pour l'université. L'heure arrive donc où Andy doit débarrasser sa chambre des encombrants. Trois solutions pour faire sont tri : le carton pour l'université, le carton pour le grenier ou le sac poubelle. A la suite d'une fausse manip, le sac de jouets se retrouve à la benne à ordures puis dans une garderie "SunnySunshine". Si la plupart des jouets, abandonnés depuis des années par Andy devenu trop grand, sont ravis de découvrir qu'ils vont de nouveau retrouver leur raison d'être : jouer, Woody toujours fidèle à Andy ne veut absolument pas l'abandonner. D'abord seul, ses autres compagnons le rejoindront rapidement dans ses aventures pour regagner la maison, dès qu'ils se seront aperçus que les moutards de la garderie sont d'affreux morveux qui hurlent, bavent, détruisent et qui les maltraitent. Ajoutons à cela que les jouets de la garderie sont dirigés par Lotso un nounours rose qui sent la fraise qui se montre d'abord accueillant et révèle rapidement sa véritable nature de despote.

    Plein d'aventures donc, et de nouveaux personnages dont Barbie et Ken, respectivement doublés en français par Frédérique Bel et Benoît Magimel, un régal. Tout est parfait, un scenario bourré de rebondissements et d'imprévus, de la rigolade, de l'émotion à revendre, des personnages aux expressions plus qu'humaine. Le seul reproche est la durée du film qui gagnerait à être raccourci d'un bon quart d'heure... quelques "démontages" de Monsieur Patate auraient fait l'affaire. Difficile de bouder son plaisir quand même.

    Je ne l'ai su qu'après avoir vu le film, mais si vous ne l'avez pas encore vu, vous pouvez toujours vous amuser à retrouver ceci :

    Dans le film se cachent :

    - 3 voitures de Cars (Flash McQueen, un tracteur, un camion de pompier),
    - une nouvelle voiture de Cars 2,
    - Sid, le méchant de Toy Story,
    - le logo de Newt, un projet Pixar abandonné
    - 1 carte postale de Carl et Ellie, le couple star de Là Haut,
    - un camion Pizza-Planet,
    - la raie du Monde de Nemo,
    - des piles Buyn N Large (la société au centre de Wall E),
    - Boo de Monstres et Cie,
    - un Totoro.

  • L'AUTRE MONDE de Gilles Marchand **

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    Gaspard a une petite amie, Marion et deux amis dont un très très relou, Ludo, au secours, des boulets pas drôles tels que toi j'extermine, et Yann. Ils passent leurs vacances dans le sud de la France entre les séances à la plage, le boulot d'été de Marion et les blagues assommantes et vulgaires de Ludo... Lorsque Gaspard et Marion trouvent un téléphone portable, ils poussent la curiosité jusqu'à lire les messages et retrouver la propriétaire, non pour lui rendre le portable, mais pour la suivre. Il s'agit d'Audrey, énigmatique jeune femme sombre et belle. Pendant que Marion travaille au péage de l'autoroute, Gaspard s'inscrit sur le même jeu en réseau qu'Audrey : "Black hole". Il la retrouve sous le pseudo de Sam et se crée lui aussi un avatar : Gordon. La vie de tous va s'en trouver très perturbée...
    Il y a de bonnes choses et de moins bonnes. Ce qui m'a énormément gênée dès le début c'est la façon dont Gaspard retrouve Audrey alors qu'il l'a perdue dans des circonstances que je ne peux révéler. Il est évident que la vie est faite de hasards mais une telle coïncidence scénaristique n'est pas cousue de fil blanc mais avec des câbles de marine ! Par ailleurs si Grégoire Leprince-Ringuet grandit mieux que bien (il ressemble de plus en plus à Edward Norton) et est capable de tenir solidement un premier rôle, si Pauline Etienne (une des jeunes révélations de 2010) est parfaite, je n'en dirai pas de même de Louise Bourgoin qui une fois de plus, ne m'a pas convaincue du tout. Censée être une femme fatale qui souffre et manipule, elle manque totalement du plus élémentaire mystère. Un maquillage outrancié charbonneux, une tignasse platine, une chute de reins irréprochable décorée d'un élégant et chicissime tatouage "Heaven" juste au dessus de la raie des fesses... ne me suffisent pas pour incarner un fantasme féminin.
    Le suspens est bien mené et les incursions dans l'univers virtuel du jeu sont vraiment intrigantes au point que dès qu'on le quitte on n'a qu'une envie, y retourner. Pour accéder à une apaisante "plage noire" il faut se suicider. Sam/Audrey impose d'ailleurs aux garçons qu'elle séduit de les y rejoindre. Mais j'aurais aimé que l'addiction aux jeux et ses conséquences et dommages collatéraux sur la vie réelle soient davantage creusés.
    Mais de quoi s'agit-il justement ? D'un film qui évoque et dénonce (ce dont le réalisateur se défend farouchement) les dérives de ces addictions à un monde virtuel ? D'un film noir avec manipulateurs et manipulés ? D'inceste ? De l'entrée dans le monde adulte par des voies dangereuses ? Trop de pistes explorées dont peu aboutissent et surtout une absence totale d'émotion.

  • TWILIGHT Chapitre 3 : HESITATION de David Slade **

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    Eh non, vous ne rêvez pas (attendez mercredi et l'"Inception" pour ça...) et si les deux premiers épisodes avaient eu sur moi l'effet d'une purge, ce troisième volet des més-aventures d'Edward et Bella ne m'a pas déplu. Est-ce l'effet de la chaleur, le fait que j'ai pu constater qu'en dehors de Twilight, Robert Pattinson pouvait faire l'acteur, les quelques traits d'humour qui parcourent l'épisode ou autre chose encore, toujours est-il que pour la première fois, je ne me suis pas ennuyée pendant un chapitre de la saga ?
    Pourtant les décors et les couleurs sont toujours aussi moches (sauf ceux de la ville de Seatle souvent plongée  dans la nuit et  aux prises avec d'étranges disparitions) surtout lorsqu'il s'agit des combats dans une espèce de clairière herbeuse, les effets spéciaux toujours aussi minables et l'héroïne Bella toujours aussi fade, insignifiante et qui continue d'annoner son texte en bégayant. Alors à quoi cela tient-il vraiment, je n'en sais rien mais les faits sont là !
    De quoi est-il question ? Victoria une magnifique vampirette rousse pleine de haine contre Edward qui a tué son chéri entend bien se venger en tuant Bella. Pour ce faire, elle rassemble une armée de "nouveaux-nés" (des vampires fraîchement mordus) pour aller affronter la famille Cullen qui pour l'occasion enterre la hâche de guerre d'avec la famille de Loups de Jacob ! Il faut donc protéger Bella la moldue pas encore transformée en vampire mais totalement mordue d'Edward ! Oui, Bella a choisi de devenir vampire pour passer le reste de son éternité avec son Edward qui l'a demandée en mariage. Bella est très très chaude et se frotte sur son Ed qui reste de marbre car son éducation lui recommande de ne pas faire de boogie woogie avant le mariage. Du coup Bella qui grelotte et claque des dents par une nuit enneigée qu'elle passe dans une tente au sommet d'une montagne, se réchauffe avec son Jacob de loup beaucoup plus thermotactyle comme garçon !!! C'est moche parce qu'Ed assiste à la scène. Il maîtrise sa peine et sa jalousie car il est total mainstream tolérant comme garçon, mais cette fille est plus girouette qu'une ado en pleine révolution hormonale.
    Cela reste encore pour moi la grande énigme du film d'ailleurs. Comment deux chouettes types comme l'enfariné et le musclor qui rêvent en fait d'être potes et d'appporter la paix sur la terre, peuvent-ils se battre pour une nana aussi terne et ennuyeuse que Bella ? La suite au prochain numéro. J'y serai.