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4 ** POURQUOI PAS ? - Page 41

  • TWILIGHT : REVELATION 1ère Partie de Bill Condon **

    Twilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie : photo Bill Condon, Kristen Stewart, Robert PattinsonTwilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie : photo Bill Condon, Kristen Stewart, Robert Pattinson

    Twilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie : photo Bill Condon, Kristen Stewart, Robert PattinsonTwilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie : photo Bill Condon

     

    Après la Fascination, la Tentation, l'Hésitation voici le temps de la Révélation ! Le truc avec cette saga qui n'est pas si ancienne bien qu'on en soit déjà au 4ème volet c'est qu'à chaque épisode j'oublie complètement ce qui s'est passé dans le précédent. Je me souviens simplement que le premier m'avait fait l'effet d'une purge indigeste et sombre et qu'avec le temps je me suis attachée à cet enfariné d'Edward. J'en suis toujours à me demander ce qu'il trouve à sa Bella, toujours est-il que sitôt dans la salle j'étais propulsée en plein mariage. Et oui Edward épouse Bella et réciproquement. Edward est aux anges mais Bella soupire parce que Jacob n'est pas là. Pourquoi n'épouse t'elle pas Jacob ? Je ne comprends pas. A plusieurs reprises elle dit : "les choses ne sont parfaites que lorsque tu es là !" et ce n'est pas à Edward qu'elle s'adresse mais à Jacob. Elle pousse un peu non ? Jacob se meurt d'amour et veut protéger la belle parce qu'après la nuit de noces, elle va devenir vampire et plus rien ne sera comme avant.

     

    ATTENTION - WARNING - JE SPOILE A MORT

     

    Donc, les deux tourtereaux s'en vont en lune de miel dans une île déserte au large de Rio et la nuit de noces SE PASSE HORS CHAMPS, si c'est pas malheureux. En tout cas, c'est un feu d'artifice qui met la chambre sens dessus dessous. Edward est tellement énervé qu'il casse le plumard, Bella dit "c'est rien". Et le matin, quand elle se regarde dans la glace, elle est rayonnante comme Scarlett O'Hara quand Rett Butler... mais bon, on s'égare. D'ailleurs elle passe beaucoup de temps devant le miroir à observer le moindre changement. Manifestement y'a pas.

     

    Apparemment, ou j'ai rien compris, ils ont fait crac boum hue mais elle n'est pas devenue vampire. Ed a tout under control ou presque... parce qu'en découvrant les épaules de la Bella, ils s'aperçoivent qu'il a un peu dû la boxer pendant le chahut. Elle a aimé ça, mais Edward n'est pas le genre qui colle des marrons aux filles donc à partir de là c'est : CEINTURE. Sauf que la Bella a hyper chaud alors Ed la calme en lui apprenant à jouer aux échecs au bord de la mer. En deux semaines, elle le met KO aux échecs mais elle s'ennuie copieux. Au bout de 14 jours, elle vomit... elle est enceinte. La chose gigote et se développe à la vitesse du grand V. Edward est confus, honteux et demande à Bella de ne pas garder le truc. Sauf qu'en même temps que son ventre lui est poussé un instinct maternel comac et elle aime son bébé ! L'accouchement est une boucherie, c'est rien de le dire et juste avant elle aura appris à boire du sang à la paille pour nourrir le bébé in utero et elle aimera ça. Bella meurt dans d'atroces souffrances... euh, dans un sourire radieux. Enfin, j'ai déjà oublié...
    Sauf que...

     

    C'est quand la suite déjà ?

     

    Oui, j'ai bien aimé. C'est mon côté fleur bleue et comme il s'agit d'un épisode intermédiaire hyper romantique qui s'étire sans qu'il se passe grand chose (sauf dans le dernier quart d'heure)... ça ressemble plus à une comédie sentimentale qu'à une vampirologie. C'est plus lumineux et plus festif que les autres épisodes et les deux tourtereaux ont enfin l'air de prendre du bon temps. On est contents pour eux. Evidemment j'ai encore et toujours l'impression que Bella Christen (qui joue très très mal) n'aime pas Edward, qu'elle préfère Jacob, et qu'elle va lui en faire baver des ronds de chapeau. Par contre, Edward Patt est vraiment très bien je trouve.

     


    Ah oui, il faut regarder le générique parce qu'on constate que le vampire est allergique aux fautes d'orthographe. Mais je suis à peu près la seule à le savoir puisque tout le monde se tire avant...

     

    Bon,  je vais me relire pour pas énerver les Cullen.

  • LE CHAT POTTE de Chris Miller II **

    Le Chat Potté : photo Chris Miller (II)Le Chat Potté : photo Chris Miller (II)Le Chat Potté : photo Chris Miller (II)

    Il paraît que le personnage du Chat Potté a tellement plu lorsqu'il est apparu dans un des derniers épisodes de Shrek qu'il a désormais droit à ses propres aventures. Ici donc, l'hidalgo félin dont on nous conte l'enfance et les prouesses de jeunesse, part à la recherche de l'Oie aux Oeufs d'Or qui menace de détuire la ville où Potté a grandi si elle ne retrouve pas son poussin !!! En chemin il retrouve son ami d'enfance Humpty Dumpty et rencontre une minette tout ce qu'il y a de moins farouche, l'adorable Kitty.

    Je ne nierai pas que le scenario est un tantinet lourdingue et que les divers rebondissements n'ont rien de palpitant mais lorque le Minou fait les yeux doux, on craque, quand il drague la minette aussi et lorsqu'ils entament une battle dance, c'est la folie. En outre, c'est vraiment très joli et tant que j'en ai encore la possibilité j'ai pu choisir la 2D.

    Il paraît que ce film est conseillé à partir de 6 ans, sauf que moi, j'y suis allée avec ma surdouée chérie d'amour de 2 ans 8 mois et 1 jour et qu'elle a adoré. J'avais promis de l'emmener pour la première fois au cinéma pour ses 3 ans mais elle est tellement géniale ouverte et curieuse, qu'elle parle couramment le français à l'endroit et à l'envers, et le chat aussi, que je n'ai pas eu la patience d'attendre. Et je n'ai pas regretté. Elle n'a pas bougé. Elle a ri aux éclats, elle a sursauté, elle a dit "il est pas gentil lui"... et tout et tout. Le spectacle était donc pour moi davantage à ma gauche que sur l'écran. Sans doute n'a t'elle pas bien compris la subtilité de cette recherche de haricots magiques, mais moi non plus, alors !

    le chat potte de chris miller iile chat potte de chris miller ii

  • THE LADY de Luc Besson **

    The Lady : photo Luc Besson, Michelle YeohThe Lady : photo Luc Besson, Michelle Yeoh

    The Lady : photo Luc Besson, Michelle Yeoh

    En 1947 le général Aung San est assassiné quelques semaines avant l'indépendance de la Birmanie dont il était pourtant l'instigateur. Depuis, le pouvoir est aux mains de la junte militaire et les dictatures militaires parmi les pires au monde se succèdent dans le pays. En 1988 sa fille Suu Kyi qui vit en Angleterre avec son mari et ses deux enfants revient pour rendre visite à sa mère. Alors que des manifestations populaires contre le pouvoir se multiplient, la jeune femme constate que son père considéré comme un martyr est toujours célébré. Bénéficiant et profitant de cette popularité, elle crée la Ligue Nationale pour la Démocratie et participe aux élections qu'elle remporte haut la main (392 voix contre 10). Mais les généraux annulent les élections, arrêtent Aung San Suu Kyi et l'assignent à résidence. Cet emprisonnement durera jusqu'en novembre 2011. Pendant ces années, elle ne reverra son mari que 5 fois et ses enfants encore moins. Lorsque son mari atteint d'un cancer en phase terminale tente de la rejoindre, le visa lui est refusé. Les militaires proposent à Suu Kyi de se rendre au chevet de son mari, ce qu'elle refuse, sachant qu'elle ne pourrait alors plus jamais rentrer dans son pays.

    Voilà pour l'histoire vite résumée de cette femme admirable qui continue le combat au delà de ses 20 années de détention et malgré toutes les épreuves personnelles qu'elle a endurées. Elle milite pour une démocratie et que soient respectés les droits de l'homme dans son pays où les militaires n'hésitent pas à tirer sur les manifestants, souvent des étudiants voire des moines. Influencée par la non violence de Gandhi, elle fera face sans ciller aux armes des militaires pointées sur elle. Elle est considérée comme le Nelson Mandela féminin.

    S'il n'y avait qu'un mot à dire ce serait : déception. Luc Besson passe complètement à côté de ce sujet. Et même si l'on considère qu'il met en retrait le côté politique pour mettre en lumière l'histoire d'amour avec son mari, ou l'histoire familiale. Rien ne nous atteint. A aucun moment on ne ressent la brutalité de la situation de cette femme séparée des siens et empêchée d'agir. Il est évident qu'elle est une personne hors du commun, capable d'endurer cela et de sortir son plus radieux sourire lors de ces interventions, mais jamais on éprouve le poids du silence, de la solitude qui doit peser sur elle pendant ces interminables années. On ne sait rien de son évolution politique, de ce qu'elle entend faire passer comme message excepté son désir de faire respecter les droits de l'homme, de la façon dont elle compte s'y prendre. On dirait qu'en ne voulant pas en faire trop, le réalisateur n'en fait finalement pas assez. Et du coup son film manque d'ampleur, de lyrisme. On en ressort ni révolté ni ému et c'est particulièrement désagréable quand on sent combien cette femme est exceptionnelle.

    Et puis il y a David Thewlis qui manque à un point inimaginable de charisme et qui avait mal accroché sa perruque et les deux fils, deux dadais qui n'ont rien d'autre à dire que "elle me manque" et qui poussent un ouf de soulagement lorsque leur tante vient leur faire à manger... leur père se révélant incapable de cuire des fish and chips !

    Par contre, rien à dire de la composition de Michelle Yeoh investie jusqu'à l'âme dans ce rôle. Fluette et digne, elle incarne à la perfection la distinction et la volonté d'Aung San Suu Kyi. Hélas elle est bien seule pour tenter de sauver le naufrage d'un film qui ne décolle jamais.

  • CURLING de Denis Côté **

     Curling : photo Philomène Bilodeau

    Curling : photoCurling : photo Philomène Bilodeau

    Jean-François se méfie de tout et de tous, c'est ainsi que vivant seul dans un endroit très reculé avec sa fille de 12 ans Julyvonne, il ne lui a jamais permis de fréquenter l'école. Il cumule deux emplois dans un bowling et dans un motel et lorsqu'il part au travail il laisse la petite seule toute la journée. Elle se promène longuement en forêt et y fait d'étranges découvertes et rencontres, un tigre, quatre cadavres. Elle manifeste de plus en plus le désir d'entrer en contact avec l'extérieur, ce que son père lui refuse. Mais lorsque lui aussi va faire une macabre découverte et s'apercevoir par ailleurs qu'il n'est pas apte à éduquer sa fille et qu'elle a un énorme retard affectif et scolaire, il va enfin se décider à réagir. Etrangement d'abord...

    La première heure est saisissante et passionnante. Le moindre personnage de ce film semble détenir et cacher des secrets. Des plans impressionnants comme celui où Jean-François et Julyvonne sont interrogés par un flic alors qu'ils marchent en plein blizzard démontrent un talent phénoménal de filmeur. La neige où l'on peut laisser tant de traces qui finalement sont effacées comme elle étouffe les bruits participe à l'ambiance mystérieuse. L'attitude des personnages souvent insaisissable permet au spectateur de laisser libre court à toute interprétation et l'imagination est fortement convoquée ici. On tremble pour la petite en soupçonnant le pire... Et l'interprétation est à la hauteur des mystères.

    Hélas, à force d'ellipses, de silence et de secrets, le réalisateur abandonne ses spectateurs et ses personnages au bord de la route. Evidemment, on se doute qu'il a dû se passer d'étranges choses dans le charmant motel perdu au milieu de la toundra canadienne et que les gentils papys et mamys qui jouent au curling ont peut-être un peu de sang sur les mains. Mais n'est-ce pas simplement le fruit de l'imagination fertile du cinéphile qui a vu beaucoup de films ? Pourquoi la maman de la petite est-elle en prison, et pour combien de temps ? Pourquoi cet homme est-il si inquiet ? Que fait le tigre dans la prairie ? etc, etc. Dommage.

  • L'OR NOIR de Jean-Jacques Annaud **

    Or Noir : photo Jean-Jacques AnnaudOr Noir : photo Jean-Jacques AnnaudOr Noir : photo Jean-Jacques Annaud

    Pour conclure un pacte réciproque de paix entre leurs peuples, le Roi Amar confie ses deux fils encore enfants au Roi Nessib qui promet de les élever comme ses propres enfants. Le plus jeune, Auda est un enfant, puis un adolescent cultivé, avide d'érudition, constamment plongé dans les livres. Cet étrange et cruel gage d'armistice est remis en cause une dizaine d'années plus tard lorsque des américains découvrent que le désert aride qui sépare les deux tribus regorge de pétrole. Alors que le Roi Amar est plutôt conservateur et ne jure que par des valeurs telles que le courage, l'honneur, le respect des traditions et de la famille, Nessib, résolument tourné vers la modernité et l'Occident comprend immédiatement quelle mane recèle ce précieux Or Noir. Fourbe et opportuniste, Nessib n'hésite pas à rompre l'ancienne alliance, à se servir de sa fille adorée Leyla qui aime Auda (le plus jeune fils d'Amar) depuis l'enfance et à provoquer quelques sacrifices par pur appât du gain.

    Jean-Jacques Annaud situe sa belle histoire à la fois cruelle et optimiste dans un pays arabe imaginaire des années 30. Isolées du reste du monde par de grandes murailles et un désert de sable pour tout horizon les tribus se voient brusquement envahies par le monde moderne par le biais d'avions, de mitrailleuses et d'automobiles. L'une considèrera cela comme des malédictions et des offenses à l'Islam, l'autre au contraire y verra le moyen de s'enrichir et d'intégrer la modernité. C'est évidemment et hélas la guerre qui permettra de résoudre les différends.

    Je trouve le pari plutôt audacieux de la part du réalisateur de raconter cette épopée pleine de bruit, de fureur, de trahisons et d'amour en y intégrant cet élément éminemment central, moderne voire essentiel de notre monde qui fout le camp : le pétrole. Quelle révolution ce dût être lorsque le désert s'est trouvé peu à peu envahi par ces étranges constructions que sont les puits de pétrole, sous le regard étonné des caravanes de bédouins qui observaient nonchalemment cela de loin ! Et je ne vois pas de film qui ait évoqué ce bouleversement majeur. Mais cet arrière plan (légèrement) politique n'est que le prétexte à une fresque comme on n'en a pas vue depuis bien longtemps au cinéma et où les personnages vont se trouver confronter à des choix, des décisions majeurs et par conséquent évoluer, devoir choisir leur camp, aller à l'encontre de leur tempérament et de leurs convictions parfois. Ainsi lorsque le jeune Prince Auda, pacifiste et doux va devoir, contraint et forcé prendre les armes, son frère Ali lui dira : "c'est étonnant ce que tu es devenu, mais le plus étonnant c'est que tu es infiniment doué pour cela !"

    Quelques scènes de combats où évoluent des centaines de figurants et quelques explosions assurent le spectacle. Mais on se laisse également emporté par les échanges lors des moments beaucoup plus intimes. Le réalisateur n'élude pas l'éternel problème de l'interprétation du Coran dont les hommes lui font dire tout et son contraire et commettre bien des horreurs au nom d'Allah, pas plus que le sort des femmes cloîtrées bien jeunes derrière les moucharabieh et ne pouvant plus apparaître en public que voilées de noir de la tête aux pieds.

    Avec la beauté envoûtante du désert, son étendue incertaine, le mystère qu'il semble détenir Jean-Jacques Annaud réussit des images d'une force inouïe auxquelles s'ajoutent des costumes aux étoffes, aux drapés et aux couleurs absolument somptueux.

    Quant au casting international, c'est également un pur bonheur, même si Tahar Rahim soit le seul acteur d'origine arabe. Antonio Banderas l'espagnol et Mark Strong l'anglais composent de savoureux et tout à fait crédibles rois arabes et portent le khôl à la perfection. L'indienne Freida Pinto est une bien belle princesse des mille et une nuits. Et l'anglo-pakistanais Riz Ahmed en médecin et frère d'Auda tient l'un des personnages le plus touchant du film et le seul qui apporte légereté et humour.

    Mais surtout, sous le chèche, on retrouve le merveilleux, le désormais indispensable Tahar Rahim qui retrouve ici un rôle à la mesure de son phénoménal talent. Il peut être un adolescent intellectuel et se métamorphoser en chef de guerre meneur d'hommes. Et ce n'est pas uniquement le fait de passer de glâbre à barbu qui le rend crédible mais bien tout dans ses regards, ses attitudes et sa démarche qui le font passer du stade d'enfant à celui d'homme. Encore une de ces interprétations admirable.

    Si vous souhaitez en savoir plus sur ce film, je vous recommande l'interview de Jean-Jacques Annaud et Tahar Rahim à laquelle a participé Sandra. Un plan séquence de 54 minutes avec quelques moments d'anthologie.

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    NB. : j'ai réussi à parler d'Or Noir sans même mentionner "Lawrence d'Arabie"... je m'en félicite ! 

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    P.S. : si vous hésitez ce week end, n'hésitez plus, allez voir le film de Mélanie Laurent "Les adoptés" *** dont j'essairai de vous parler au plus vite. C'est un beau film, très doux et très triste.

  • LA FEMME DU Vème de Pawel Pawlikoski **

    La Femme du Vème : photo

     La Femme du Vème : photo

    La Femme du Vème : photo

    La Femme du Vème : photo

    Tom Ricks est américain, professeur à l'université et romancier. A son arrivée à l'aéroport à Paris il explique au douanier qu'il vient s'installer définitivement en France pour s'occuper de sa fille. Mais dès qu'il se rend au domicile de son ex femme, elle appelle la police et l'empêche de voir l'enfant. Elle affirme qu'il peut être dangereux, violent et qu'il est sous le coup d'une injonction d'éloignement. Sauf qu'à nos yeux, Tom semble être tout ce qu'il y a de plus calme. Dans un bus, il se fait voler ses bagages et se retrouve sans un sou. On sent que pour lui c'est le début de la lose et d'une spirale infernale qui va le tirer irrémédiablement vers le bas. Il trouve un logement dans un hôtel minable et le patron lui retire son passeport jusqu'à ce qu'il puisse payer la chambre. Il lui propose également un travail : gardien de nuit dans un souterrain où ont lieu de mystérieux trafics ! Tom accepte. Il rencontre Margit belle, mystérieuse et sensuelle qui lui donne des rendez-vous dans un luxueux appartement, jamais avant 16 heures. Tout ce qui arrive à Tom semble être placé sous le signe de l'inconnu et de l'incertitude et tout ce qu'il fait l'enfonce un peu plus davantage.

    Tiré du roman éponyme de Douglas Kennedy, le film est aussi énigmatique et obscur que le livre. Mais en ayant lu l'un et vu l'autre, on peut parvenir à trouver les explications "logiques" au comportement parfois étrange de Tom. Et puis l'avantage du film, très fidèle au roman même s'il élude totalement la frénésie cinéphile du personnage, c'est évidemment l'interprétation. La "fameuse" femme du Vème est finalement plutôt inexistante bien que Kristin Scott Thomas l'anime de sa voluptueuse présence. Mais Ethan Hawke dans le rôle de Tom, totalement perdu et infiniment séduisant, fait qu'on suit son extravagant et inquiétant parcours sans le quitter un instant des yeux.

  • JEANNE CAPTIVE de Philippe Ramos **

     Jeanne Captive : photo Philippe RamosJeanne Captive : photo Philippe Ramos

    Avant de se jeter du haut du donjon où elle est retenue prisonnière, Jeanne demande pardon à Dieu. La jeune femme qui a conduit les troupes françaises à la victoire contre les anglais et permis à Charles VII d'être couronné est bel et bien abandonnée par ce dernier qui ne lèvera jamais le petit doigt pour lui venir en aide. Retrouvée en miettes au pied du chateau elle est de nouveau enfermée et soignée par Jean de Luxembourg, seigneur peu scrupuleux qui doit la vendre (en bon état) aux anglais et en tirer 10 000 livres. Se sentant également délaissée par Dieu qui ne lui fait plus entendre "ses voix", Jeanne décide de se taire à tout jamais. Bien qu'un médecin lui propose de l'aider, elle s'obstine dans son mutisme. Au terme d'un épuisant procès de plusieurs mois, Jeanne finira comme l'on sait sur le bûcher !

    Il faut être audacieux ou inconscient pour s'aventurer à aborder une nouvelle fois ce sujet maintes fois traité depuis les origines du cinématographe. Ce qui fait l'intérêt et l'originalité du film de Philippe Ramos est qu'il élude totalement toutes les scènes de procès et du bûcher qui étaient le pivot des films de ses illustres prédécesseurs et si le nom de l'Evêque Cauchon est évoqué, il n'apparaît jamais à l'écran.

    Le centre de ce film est le corps de Jeanne martyrisé, exposé, palpé, soigné, humilié. La frêle et opalescente Clémence Poésy prête également à la Sainte son visage diaphane qui s'illuminera lors d'un voyage en bord de mer où les fameuses voix envoyées par Dieu lui-même lui tiendront à nouveau compagnie. Autour d'elle, des hommes misérables qui la voient et la considèrent comme une sorcière. L'actrice incarne à merveille la fragilité, la force et la foi proche du mysticisme de Jeanne au milieu de tous ces hommes qu'elle fascine et inquiète. Il est donc vraiment dommage que le sort monstrueux réservé à cette petite jeune fille ne provoque absolument aucune émotion.

    L'apparition de Mathieu Amalric en prédicateur halluciné et d'Adam et Eve qui s'apergent le corps des cendres de Jeanne d'Arc sont quant à elles complètement absconses...

  • LA COULEUR DES SENTIMENTS de Tate Taylor *(*)

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    Dans les années 60, il ne fait toujours pas bon être noir dans l'Etat du Mississippi. Les demeures bourgeoises ressemblent toujours aux plantations d'Autant en Emporte le Vent (qui se passait en Georgie, merci). Elles sont habitées par des hommes souvent absents qui lisent leur journal à table et embrassent chaleureusement leurs épouses sur le front avant d'oeuvrer pour la grandeur de la bannière étoilée. Les femmes ressemblent à des poulettes oisives, fardées, laquées comme des limousines volées qui se donnent bonne conscience en oeuvrant pour des missions caritatives. Les enfants quant à eux sont élevés par des "mamas" noires dont la condition n'est pas très éloignée de celle de leurs grands-mères jadis esclaves. Pour quelques cents de l'heure, 10 heures par jour, 6 jours par semaine, elles s'occupent des petits, font le ménage, la cuisine, la lessive et subissent quotidiennement les affronts d'un racisme ordinaire. Skeeter jeune femme érudite qui rêve d'être journaliste et écrivain se met en tête de recueillir le témoignage de ces "bonnes" qui n'ont jamais la parole et se bat pour que le livre soit publié. D'abord réticentes, les femmes se rassemblent de plus en plus nombreuses pour tenter de faire des révélations surprenantes, amusantes, désolantes, émouvantes, révoltantes (et tous les adjectifs en "antes" que vous pouvez ajouter).

    Comme chacun sait ce film est tiré du roman éponyme de Katrhyn Stockett, best-seller mondial que j'ai lu et adoré. Je suis la première à dire qu'un livre et un film se consomment différemment et je suis toujours d'accord avec mon avis personnel que je partage. Selon moi, on peut aimer un film et pas le livre ou le contraire. Un film peut donner envie de lire le roman dont il est tiré -ça m'est arrivé à de nombreuses reprises- et un livre peut attiser l'impatience de découvrir son adaptation au cinéma. Sauf qu'ici, c'est très étrange, le film me semble fidèle à la virgule près à ce que j'ai lu mais alors que l'on tremblait à chaque page pour le sort de ces femmes noires qui se racontent à une blanche, elle-même obligée de se cacher pour les rencontrer, on est ici face à un exercice minutieux et appliqué mais sans âme. Il y a les gentilles noires d'un côté et les vilaines blanches de l'autre. Les aspérités, le tempérament revêche et indocile de Mimi par exemple sont complètement gommés pour en faire une grosse mama un peu ronchon certes mais plutôt bonne pâte. Ici elle a plutôt tendance à se faire copine avec sa patronne, la décérébrée Celia (excellente Jessica Chastain). Je ne vais donc pas faire un inventaire des plus et des moins et vous laisse découvrir ce film qui se voit sans ennui, mais sans passion, plein de bons sentiments et plutôt dénué d'insoummission.

    Par contre, comme dans le livre, j'ai été assez bouleversée par le sort de la pauvre petite Mae Moblee constamment rejetée, humiliée par sa mère qui ne peut partager ses toilettes avec une femme noire mais qui lui abandonne totalement sa petite fille. Et impressionnée par Brice Dallas Howard, teigne d'anthologie totalement méconnaissable ! Emma Stone quant à elle m'a bien déçue. Décidément, les actrices à 24 grimaces/secondes vont finir par devenir la règle à Hollywood et me rendre désagréable.

  • HORS SATAN de Bruno Dumont **

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    Un étrange vagabond a élu domicile au milieu des dunes et des marais de la (divine) Côte d'Opale. Il vivote des bienfaits de la population locale constituée de rares habitants plutôt bruts de décroffrage à qui il rend quelques menus services d'exorcisme et démaraboutage ! Il est aussi et surtout l'ange gardien d'une fille du coin qu'il vaut mieux ne pas malmener car le gars se fâche tout rouge. Le beau-père de la petite qui abuse d'elle en fera les frais. La fille aime beaucoup le garçon. Elle l'a dans la peau même et aimerait aller loin, très loin avec lui. Mais tout ce qu'elle obtient est de pouvoir poser parfois sa tête sur son épaule. Lui ne se détourne pas de sa mission : la protéger. De toute façon, lorsqu'il cède aux avances d'une auto stoppeuse pas farouche qui lui annonce "t'sais qu't'es un beau tiot toi, tu peux me baiser" (accent chti à couper au couteau inside !), le garçon s'exécute mais transforme la libidineuse en épileptique bavante ! Et comme "rien ne se perd... tout se transforme", il récupère le mucus goulûment, entre autre originalité...

     

    On le savait, Bruno Dumont ne fait pas un cinéma facile, accessible et aimable. Mais cette fois malgré de grands et beaux moments de beauté fulgurante, il a quand même un peu tendance à oublier le spectateur à l'entrée du bocage. C'est étrange d'ailleurs à quel point ce film peut se montrer à la fois complexe, abstrait, quasi hermétique et absolument prévisible. A un acte de pure sorcellerie près, aucune surprise quant au dénouement. Il est regrettable qu'une fois de plus néanmoins Bruno Dumont présente le Pas-De-Calais comme une sorte de no man's land oublié du reste du monde où ne subsistent que quelques rares arriérés hallucinés, bas du bulbe que n'aurait sûrement pas reniés le John Boorman de Delivrance.

     

    Outre le bel ouvrage de David Dewaele et Alexandra Lematre, et on notera que la constante chez Bruno Dumont est d'obtenir de ses acteurs qu'ils s'abandonnent totalement au film, au rôle, au réalisateur, saluons la grande qualité du son. Sans une note de musique, le réalisateur nous fait percevoir chaque souffle de vent, chaque respiration. Et les images de la campagne et des bords de mer sont sublimes.

     

    Mais un film aussi contemplatif, aussi sérieux laisse quelque peu perplexe !