2 DAYS IN PARIS
de Julie Delpy ***
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de Julie Delpy ***


Harry est en cinquième année à Poudlard. Il retrouve ses amis Ron et Hermione, fonde « L’Armée de Dumbledore », enseigne (en secret) l’art de la défense, fait les yeux doux à une jolie fille, doit faire face à une nouvelle prof Dolorès Ombrage « La Grande Inquisitrice » tout en luttant contre la dualité qui l’envahit : le bien, le mal… tout ça quoi !
Pas de résumé… on entre direct dans le vif du sujet par une (très belle) scène d’ouverture qui sera aussi étrangement l’une des plus animées. On pleure beaucoup Cédric (mort… oui m’sieurs dames MORT dans l’épisode IV, vous pourriez suivre un peu !) et il y a beaucoup de messes basses autour d’Harry. D’une part ses collègues « poudlardiens » le rendent responsable de la mort de Cédric (Cédric est mort, je vous dis !) et s’écartent pour le laisser passer avec dégoût, d’autre part ses profs se réunissent et murmurent à son approche (« chut : le vlà »). Harry est triste et perturbé, d’autant qu’en plus, il a de drôles de rêves et des visions. Harry doute et se bat aussi contre lui-même. De vrais problèmes de super héros en somme. Plusieurs révélations dans cet épisode bavard (mais ce n’est pas gênant) sur l’issue de « l’aventure », sur son père ; et aussi l’instauration d’un régime fasciste à Poudlard ; le premier baiser de Harry (très adolescent : sans les mains et à distance réglementaire), encore un mort… Bref, ça foisonne, on ne s’ennuie pas une seconde et bonne nouvelle, Harry prend de la consistance, s’impose et convainc ! Daniel devient acteur en somme…
Et puis n’oublions pas David Thewlis, Brendan Gleeson, Emma Thompson, Alan Rickman (j’ai chaud…), Maggie Smith, Helena Bonham Carter, Gary Oldman (j’ai très chaud), Imelda Staunton, Jason Isaac, Ralph Fiennes (j’ai très très chaud), Michaël Gambon… Casting très God Save The Queen étourdissant.
Un film avec plein de magie dedans : des lettres qui parlent, des livres qui volent, des feux d'artifice dragons, des bestioles ailées....
Allez hop, vite la suite…


Les Nuits en Or du Court Métrage termineront leur tour de France demain, jeudi 12 juillet à 20 heures au MK2 Quai de Loire à Paris.
J’y étais hier et j’ai pu faire un nouveau petit tour du monde, un nouveau voyage en cinéphilie. Ce programme exceptionnel permet de découvrir les courts métrages qui ont reçu les plus prestigieuses récompenses à travers le monde et ainsi partir à la découverte de futurs grands noms du septième art...
C’est de façon (évidemment) subjective que je vous présente cette sélection.
DO NOT ERASE – Ne pas effacer - de Asitha Ameresekere * * * * (Royaume Uni)

« Batta » du meilleur court métrage de fiction 2007.
Le journal intime d’une mère de la classe ouvrière anglaise à l’attention de son fils, soldat en Irak.
Coup de cœur indiscutable ! Une tragi-comédie à la Ken Loach. Un choc. L’EVIDENCE.
Dans cette famille où chacun vit sa vie sans se préoccuper de l’autre… où les sentiments ne s’expriment pas… où l’égoïsme règne… la mère rongée de chagrin par le départ de son fils lui parle devant cette caméra qu’elle utilise maladroitement, et c’est très drôle. Elle plante sa caméra dans les endroits les plus improbables, pour ne pas déranger, pour ne pas qu’on l’entende, pour ne pas perdre un instant le contact. Avec Jeannette Rourke, Actrice époustouflante à transformations, ce film se révèle finalement… évidemment bouleversant !
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LE POÈTE DANOIS (animation) de Torill Kove * * * * Norvège
« Oscar » du meilleur court métrage d’animation 2007
« Génie » du meilleur court métrage d’animation 2007 (Canada)
Délaissé par sa muse, le poète Kasper profite de ses vacances pour rencontrer l’écrivain Sigrid Undset. Pendant sa quête, il est amené à affronter toutes sortes d’ostacles…
Film en tous points magique, au mille et une trouvailles et références. Un véritable bijou sur les hasards, contre temps, empêchements et autres coïncidences qui font que la vie, notre vie est ce qu’elle est et pas une autre : une planche glissante, un facteur négligeant, une chèvre gourmande, un train bondé… Une pure merveille, un enchantement… avec la voix Off de Liv Ullman !
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ALENE MENN SAMMEN (Tout seuls ensemble) de Trond Fausa Aurvag * * * (Norvège)

« Amanda » du meilleur court métrage.
Plaqué par sa petite amie, Thomas passe son temps à s’apitoyer sur son sort. Lorsque l’amour refait surface dans sa vie, il comprend ce qui lui manque vraiment.
Avant d’en arriver à la « morale » du film qui est « Arrête de t’apitoyer sur toi-même, arrête de te regarder le nombril, et danse »… le héros (bel et bon acteur Christian Skolmen) déversera sa logorrhée larmoyante sur tout bipède qui croisera sa route. Il tapissera son appartement des photos de sa belle disparue (la lettre de rupture de ladite est un modèle de cruauté hilarante !!!), les arrachera puis les recollera une à une. Il jettera le moindre souvenir à la poubelle puis poursuivra le camion des éboueurs… J’en passe, c’est tordant et émouvant à la fois, un exploit ! Il intégrera un groupe de paroles de mecs plaqués qui, entre rire et désespoir raconteront leur détresse. A la place de son cœur, battra une vidéo de sa blonde, cheveux au vent… Jusqu’au dénouement, surprenant, déroutant, impitoyable !
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FAIRE TRADE (Commerce équitable) de Michael Dreher * * * (Allemagne)
« Deutscher Kurtzfilmpreis » du meilleur court métrage de fiction 2007.
Une histoire de Gibraltar… la plus petite distance entre les pays dits du Tiers Monde et l’Europe.
Une femme allemande se rend au Maroc pour « acheter » un bébé. Sec et impitoyable, c’est un regard féroce et implacable sur un trafic immonde que nous propose le réalisateur qui nous laisse nous débrouiller avec un bruit terrible qui résonne dans la tête bien après que le film s’achève : plouf !
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BEFORE DAWN (Avant l’aurore) de Balint Kenyeres * * *(Hongrie)
« European Film Award » du meilleur court métrage 2007.
Avant la naissance de l’aube, le blé ondule silencieusement sur les collines…
La caméra comme le vent balayent le blé… un camion bâché arrive… un coup de klaxon… des clandestins surgissent, grimpent dans le véhicule… les gyrophares, les sirènes, un hélicoptère…, une course-poursuite, tout le monde est arrêté. Pas un mot… des bruits, une lumière… puis de nouveau le silence.
Ça commence sur un plan large de la nature apaisante se termine sur un visage inquiet… le tout en un plan séquence. Dense, brutal, définitif.
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ALDRIG SOM FORSTA GANGEN (Jamais comme la première fois) (animation) de Jonas Odell * * (Suède)
« Guldbagge » du meilleur court métrage 2007.
Quatre personnes racontent leur « première fois ». Une expérience que l’on ne vit qu’une fois.
Quatre graphismes différents et plutôt inspirés pour quatre expériences, la plupart ratées et décevantes (sauf une !). Original, trash, drôle, sordide ou romantique… chacun retrouvera « sa » première fois.
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FAIS DE BEAUX RÊVES de Marilyne Canto * * (France)
« César » du meilleur court métrage 2007
La nuit elle en rêve, le jour elle croit rêver, mais Elise avance, agit et malgré son chagrin, choisit la vie.
Lorsqu’Elle rencontre une amie qui lui demande comment elle va, Elle répond : « pas bien, Bertrand est mort ». L’amie ne sachant que dire, ne cesse de dire « c’est pas vrai », et Elle répond : « si c’est vrai… si c’est vrai ». Elle ajoute « il est mort pendant mon sommeil. J’ai rien senti ». C’est très beau et ça vous bousille le cœur.
Elle continue de mettre machinalement deux bols au petit déjeuner. Elle discute avec un employé des pompes funèbres. Elle tente de s’occuper de l’enfant. Elle réclame une cure de sommeil à son médecin qui le lui refuse. Elle pense que c’est la vie mais trouve que c’est la survie…
Alors pourquoi malgré toutes les trouvailles, les intentions, les idées, le choix du noir et blanc, la pudeur (« Elle » ne nous crache pas son chagrin au visage)… et bien que la fin soit de façon assez inattendue, lumineuse et que la réalisatrice/actrice choisisse l’optimisme… reste t’on sur sa fin ?
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NATURE’S WAY (La voie de la nature) de Jane Shearer * (Nouvelle Zélande)

« New Zealand Screen Award » du meilleur court métrage 2007.
Au cœur de la forêt, la nature fait ressurgir ce que l’on croyait disparu…
Un homme ordinaire à la vie ordinaire enlève une petite fille à la sortie de l’école. Il l’emporte dans la forêt, la massacre et rentre chez lui. La forêt se déchaîne. On sursaute.
La métaphore ou l’allégorie n’est pas claire mais la forêt est sublime et sublimement filmée.
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HORN OK PLEASE (Klaxonnez) (animation) de Joël Simon * (Irlande)

« IFTA » Award du meilleur court métrage d’animation.
Une journée capitale dans la vie d’un malheureux chauffeur de taxi à Bombay. Son rêve et celui de son fils est de gagner assez de roupies pour s’offrir le taxi de ses rêves.
C’est rigolo, plein de couleur et de vie. C’est mignon.
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MEANDER (Méandre) de Joke Liberge * (Belgique)

« Gouden Beer » du meilleur court métrage 2007 au Pays-Bas.
Par un bel après-midi d’été, cinq adolescents cherchent la fraîcheur de la rivière.
Oui, bon, il fait beau, la lumière est splendide. Les enfants, muets, mangent des fricandelles, se baignent, jouent à la game-boy… tentent un jeu dangereux. On imagine le pire. Il n’arrive pas. Ouf, les enfants rentrent chez eux. Et alors ?

Les (c’est son prénom) paparazzo à la ramasse traque les «people». Il rencontre Toby, jeune SDF qui rêve d’être acteur. Les héberge Toby et l’engage comme assistant. Toby croise le regard de K’harma, chanteuse star.
Si on est un peu frustré par l’étude concernant le curieux «métier» de paparazzi et l’univers à la fois superficiel et extravagant du star-system… Tom di Cillo ne rate pas son coup lorsqu’il s’agit de raconter un conte de fées comme on en rencontre que dans «Point de vue/Images du Monde» sans doute. Il n’hésite pas à balancer des tonnes de fleurs roses sur le héros qui tombe amoureux ni d’abuser du ralenti lorsque les tourtereaux s’avancent l’un vers l’autre. Un régal !
Steve Buscemi s’est fait le look, le physique et l’appartement du loser très pathétique. Il le restera donc. Alison Lohman est adorable en Britney perdue et fleur bleue. Mais le voyage vaut en priorité pour le très très étonnant et planant Michaël Pitt. Je l’ai tant vu «tomber», il m’a tant fait pleurer dans le sublime « Last days » de Gus Van Sant, que c’est réjouissant de le voir aussi radieux, spontané et VIVANT ici. Un documentaire sur les 800 000 expressions du visage de cet acteur (une mine d’or pour un photographe) serait passionnant.
L’interprétation et la B.O. sont une perfection. Voici le film le plus (involontairement ?), délicieusement, époustouflamment… romantique vu depuis longtemps ! Précipitez-vous !

CABOURG : ENCORE !
Pour ceux et celles qui n’auraient pas lu mon compte-rendu (people et cinéphile…) du Festival de Cabourg, vous pourrez en retrouver un résumé (bien fait) en page 10 du Magazine Studio (Laetitia Casta en couverture) qui ne devrait pas tarder à être en kiosque !!!
P.S. : mes excuses à Sagamore Stévenin (et à sa famille), j'ai essayé de rester discrète :-))

Qui a dit et à quel propos :
« On va avoir l’air d’une 4 L au milieu de Bentleys.
En même temps, c’est un solex qui a remporté la Palme d’Or… »
Nico a trouvé. C'est Christophe Honoré et Louis Garrel qui, étonnés de leur sélection à Cannes, parlaient de leurs merveilleuses "Chansons d'amour" comme d'une 4 L... Le solex est donc le film roumain palmé qui sortira prochainement en salle. Je vous en reparlerai à ce moment là.
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Encore plus facile :Qu’est-ce que c’est ?

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"Un petit mot sur la contraception orale. J'ai demandé à une fille de coucher avec moi et elle a dit "non"."
LE CINÉMA ET L’ART
"Pour je ne sais quelle raison, les gens en France m'aiment plus qu'en Amérique. Les sous-titres doivent y être excellents."
"Mon premier film était si mauvais qu'aux Etats-Unis, dans sept états, on l'utilise pour remplacer la peine de mort."
"Si Dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse."
"L'Homme a été fait à l'image de Dieu. Mais pensez-vous vraiment que Dieu soit roux et porte des lunettes ?"
"Cette montre, j'y tiens beaucoup. Elle me vient de mon grand-père. Il me l'a vendue sur son lit de mort."
"Mes parents me battaient très rarement. Je crois qu'ils m'ont battu une seule fois en fait. Ils ont commencé à me battre le 23 décembre 1942 jusqu'à la fin du printemps 1944."
"Je suis si intelligent que mon cerveau est mon deuxième organe favori !"
"Je n'aime pas faire de l'exercice. Je préfère m'atrophier."
"On n'a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes."
"Une horloge cassée a raison au moins deux fois dans la journée."
"Les ennuis, c'est comme le papier hygiénique, on en tire un, il en vient dix."
"Ma mort ne m'inquiète pas. J'aimerais simplement ne pas être là lorsque ça se produira."
"Je préfère l'incinération à l'enterrement, et les deux à un week-end avec ma famille."
"Je ne veux pas accéder à l'immortalité par mon œuvre, je veux y accéder en ne mourant pas."
"Tant que l'homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté »
"La vie se divise en deux catégories : l'horreur et le malheur."
"L'éternité c'est long, surtout vers la fin."
"Le sexe allège les tensions, tandis que l'amour les provoque."
"Quand on m'a demandé si je trouvais que l'amour physique était sale, j'ai répondu : "Ca l'est, si on le pratique correctement".
"Pour ma part, je suis hétérosexuel. Mais il faut le reconnaître, le bisexuel a deux fois plus de chances le samedi soir."
"Je suis Marxiste... tendance Groucho."
"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières."

Cécile a deux moutards et est en instance de séparation avec son mec. Pénélope a deux lardons qu’elle a faits au gré des rencontres et n’a pas de mec. Fred et Louise qui roucoulent encore, ont trois mutchachus. Tout ce petit monde va se retrouver pour un mois de vacances et de cohabitation dans une bicoque au soleil. Vive les vacances !
Avec un titre aussi réjouissant je pensais que serait dépassée la sacro sainte image d’Epinal selon laquelle tous les enfants sont mignons, adorables, irrésistibles… hélas, ici on tombe dans l’excès inverse. Ils sont TOUS détestables (sauf un. Il s’appelle Nicolas Jouxtel déjà vu dans « Podium » et « Les enfants »). Ils font TOUS la gueule et ne remuent que pour faire des conneries plus débiles ou dangereuses les unes que les autres. Les parents/adultes ? Pas mieux. Dépressifs, paumés ou mal dans leur peau, entre ceux qui donnent des conseils de bonne éducation et ceux qui ne savent comment s’y prendre, ils sont envahis et dépassés par leur progéniture. Bref, les uns ne sont là que pour empêcher les autres de passer l'été en rond et réciproquement.
Quant à la fin !!! JésusMarieJosephL’âneEtLeBoeuf : c’est un modèle pour la pub Ricorée (que j’ai toujours détestée…) : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
Reste Elodie Bouchez, toujours capable de passer du rire aux larmes dans le même plan, mais que fait-elle dans cette galère ?
C’est l’été, soyons indulgents, arrêtons la casse !


La différence entre les jeunes de chez nous et les jeunes en Israël… c’est que les derniers rêvent de paix car sur eux pèsent toujours la menace d’un attentat. Sinon, là-bas comme ailleurs c’est l’insouciance ou leurs études ou leur travail, leurs amours et leur joie de vivre qui les mènent, avec, en toile de fond toujours un contenu politique dans leurs relations. Tel Aviv est une « bulle » moderne, jeune et vivante un peu déconnectée de la réalité des conflits proches. Noam et Yali (deux garçons) partagent un appartement avec Lulu une jolie fille qui rêve d’ailleurs. A un check point Noam croise le regard d’Ashraf : c’est le coup de foudre. Le jeune palestinien rejoint le trio clandestinement. Ils vont le cacher, lui trouver un travail… Le quotidien est bouleversé !
Je ne trahirai rien en disant que le drame couve. On le sent, on le pressent, on le renifle, il rôde. Entre temps, Eytan Fox nous parle d’insouciance, de tolérance, d’homosexualité, de douceur de vivre et surtout d’amour. Il montre aussi la guerre, les humiliations au check point, les attentats, la haine et surtout l’amour. En avoir fait et réussi une comédie fraîche, douce, sensuelle, très drôle est un véritable tour de magie ! Les quatre jeunes acteurs EXTRAORDINAIRES (dont un clone de Scarlett Johansson et un de Sami Bouajila) y sont tellement merveilleux, naturels, drôles qu’on a du mal à les dissocier.
Un israëlien et un palestinien qui s’aiment : est-ce que ça va leur faire comprendre à quel point la guerre est une connerie ?? Pas sûr ! L’épilogue désespérant, pessimiste (qui, espérons-le, sera bien interprété) tendrait à prouver que le réalisateur commence à perdre un peu d’espoir !!!
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J’en profite pour vous (re)parler de l’autre film extraordinaire d’Eytan Fox, le sublime « Tu marcheras sur l’eau » (sorti en DVD, précipitez-vous) qui décrivait l’amitié entre un agent du Mossad et un petit fils de nazi et qui était une réussite totale, tout aussi subtile et délicate que cette « bubble ». Ne ratez pas la filmo de ce réalisateur indispensable.
« Et Djizeuce, they lied to you, it's impossible to walk on water ! »…
Regardez et essayez (filles et garçons !) de ne pas tomber amoureux de Lior Ashkenazy !

En 1939, Edward Wilson est un brillant étudiant en littérature à Yale. Il intègre la très secrète Skull and Bones Society (sorte de franc-maçonnerie aux autoproclamés membres de l’élite nationale… pouah !) où il est recruté par une agence gouvernementale (section contre-espionnage) qui donnera naissance à C.I.A. (ne dites plus LA C.I.A… Est-ce qu’on dit LE Dieu ???). De la création de la plus grande agence de renseignements au monde en passant par la Guerre Froide et la désastreuse intervention ricaine dans la Baie des Cochons en 1961, c’est plus de 20 ans de la vie des services secrets qui nous sont contés et surtout de cet homme qui se dévouera et sacrifiera tout (sa vie, sa famille, ses idéaux) jusqu’à disparaître derrière sa fonction.
Voilà bien le film le plus difficile à résumer tant il est dense, complexe voire parfois franchement abscons. Cela est sans doute dû au fait que j’ai complètement raté mes études de géopolitique et que les arcanes des bassesses et autres erreurs monumentales au plus haut sommet de l’état me semblent inconcevables… pauvre citoyenne naïve et inconsciente que je suis ! Il y a cependant et néanmoins des « gens » qui décident des guerres et les « organisent ». Je vous assure, c’est terrifiant. On a échappé de peu à la troisième, dont le sort a été réglé (expédié) lors d’un concert lyrique… Je passe les horreurs et vous laisse le soin de les découvrir.
Le film de De Niro est admirable à plus d’un titre et à de nombreuses reprises il atteint même des sommets d’intensité dramatique rare tant le climat de paranoïa et de schizophrénie qui s’empare de l’histoire et du personnage principal sont fascinants.
Une chose est sûre, on ne rigole pas dans le contre-espionnage ricain et les espions ici ne vous feront faire aucun « Bond »… A la CIA on porte lunettes à écailles, mine et costume sombres, au FBI, ce sont les tronches et les chapeaux gris qui sont de mise. Pas un sourire donc, dans ce film tendu, sérieux, documenté, grave et « classique ».
Matt Damon s’est emparé du personnage d’Edward Wilson et en livre une composition assez sidérante à la limite de l’autisme. D’étudiant timide et ténébreux il deviendra agent encore plus sombre et maussade qui oscille entre ordure monumentale et patriote exemplaire qui n’a plus que le mot « patrie » à la bouche ! Chapeau bas.
Le casting très luxueux de seconds rôles est un régal : Timothy Hutton, Joe Pesci, Billy Crudup, William Hurt, Robert De Niro himself (très, très impressionnant), Alec Baldwin (plus que parfait), Angelina Jolie (irréprochable)… et surtout, surtout John Turturro, pourriture intégrale et définitive (à qui l’on doit quand même les rares sourires du film… il faut l’avouer), imperturbable sous-fifre dévoué aux basses besognes. Toutes ses apparitions sont des moments de génie et il fait d’une scène de torture (à la limite du soutenable je dois le dire) un sommet !

Pardon Bob, pardon Matt mais « votre » film s’approche si souvent des anges (sans jamais vraiment les tuttoyer) qu’on se prend à rêver ce que Martin et Leo en auraient fait…