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Sur la Route du Cinéma - Page 533

  • L’ennemi intime de Florent-Emilio Siri ***

    L'Ennemi intime - Benoît Magimel et Albert Dupontel

    1959 en Kabylie, les combats s’intensifient. Le lieutenant Terrien, idéaliste et humain intègre une section déjà en place et fait la connaissance du sergent Dougnac, vieux briscard sans illusion qui a « fait l’Indo » et en a vu d’autres. Les deux hommes, sans s’opposer vont nous proposer leur vision de cette guerre.

    Florent-Emilio Siri souhaitait depuis toujours réaliser un film de guerre. Pari réussi et haut la main et si le modèle est "La 317ème section" de Schoendorfer, on ne peut effectivement s'empêcher de l'évoquer. Il y a la eu Grande, la Drôle… voici la Sale Guerre, celle qu’on cache, qu’on ne nomme pas et qu’on n’a finalement reconnue qu’en 1999. Le réalisateur ne nous épargne rien des horreurs des deux camps (oui, c’est crasseux une guerre !), de la torture, des massacres, des exactions, des ordres plus que contestables : quand le corps à corps ne suffit pas, on « nettoie » au napalm sans se préoccuper des soldats présents sur la région. Une opération tourne mal ? On exécute un village entier ! C’est simple, comme la guerre. Les villageois ont dû vivre dans une terreur quotidienne indescriptible : ils pouvaient aussi bien être massacrés par les français que par les « fells » ! Quant aux héros de Monte Cassino (bataille des alliés contre les allemands en 1943) qui ont combattu auprès des français, ils ne savent plus très bien vers quel camp se tourner.

    Comme dans le récent « Cartouches gauloises » qui nous donnait le point de vue d’un enfant sur cette période, les soldats se demandent souvent ce qu’ils font là. A ce titre le jeune lieutenant Terrien (Benoît Magimel, parfait, tendu, nerveux… quelle « carrière » il est en train de se faire !) arrive avec ses idées de guerre propre et humaine. Il découvre épouvanté le cauchemar, la cruauté, les monstruosités jusqu’à les commettre lui-même, jusqu’à ne plus pouvoir supporter ce qu’il est devenu. Le sergent Dougnac (Dupontel, musculeux et hermétique, champion du pétage de plomb, très très bien) après avoir été tenté par un suicide (plutôt alambiqué), choisira une voie toute différente.

    Autre « personnage » important, essentiel de ce film : la merveilleuse Kabylie, démesurée, énigmatique, désertique !!!

    Ce film sort en salle le 3 octobre.

  • Le mariage de Tuya de Wang Quan An ***

    Le Mariage de Tuya

    Tuya est seule pour subvenir aux besoins de ses deux enfants et de son mari handicapé à la suite d’un accident. Tuya est « bergère » en Mongolie, elle doit s’occuper d’une centaine de moutons et chercher de l’eau plusieurs fois par jour loin de chez elle. La lourdeur des tâches quotidiennes dans des conditions (entre autre climatiques) extrêmes fait que Tuya tombe littéralement de fatigue le soir. Bater, son mari et elle décident de divorcer pour qu’elle se trouve un nouveau mari qui pourrait l’aider. Mais Tuya, qui ne se plaint jamais est également loyale et refuse d’abandonner son mari. Le nouveau prétendant devra non seulement épouser Tuya mais prendre en charge Bater. Les soupirants se succèdent dans une ronde assez burlesque et Tuya, romantique malgré tout, malgré elle se prend à rêver au prince charmant qui sommeille peut-être en son meilleur ami Chenge…

    On a du mal à imaginer qu’une telle civilisation existe encore tant de telles conditions de vie, de survie, de travail semblent inimaginables aujourdh’ui, mais lorsque surgit un prétendant au volant de sa Mercedès, plus aucun doute, nous sommes bien au XXIème siècle ! La beauté sidérante des paysages arides s’oppose à la pénibilité de l’existence de cette femme courageuse, drôle, attachante à laquelle l’actrice Yu Nan impose son incroyable présence et son inébranlable conviction. Ce très beau film qui a reçu l’Ours d’Or au dernier Festival de Berlin, s’achève sur le visage en larmes de Tuya dans une scène inattendue où tout le monde semble enfin révéler ses sentiments.

  • La question humaine de Nicolas Klotz °

    La Question humaine - Michael Lonsdale

    Simon Kessler est psychologue d’une grande entreprise pétrochimique franco-allemande. Il a participé et même en partie organisé le licenciement de 1 300 personnes ce qui lui a valu le respect et la confiance des dirigeants. Un de ses patrons lui confie la mission d’enquêter sur le Directeur Général dont la santé mentale est mise en doute. Ce qu’il va découvrir va le rendre maboule… et nous aussi, mais pas pour les mêmes raisons.

    C’est très louable de pointer du doigt les méthodes contestables (de recrutement ou d’élimination) des grandes entreprises mais faire un parallèle (absolument pas convaincant) entre la Shoah et le monde de l’entreprise est… je tente le mot : honteux voire scandaleux ! Les cadres et ouvriers des entreprises peuvent peut-être se réjouir qu’on parle de l’épreuve que représente parfois pour eux le fait de travailler dans un grand groupe et de n’être considérés que comme des « unités » réduites à la productivité. Par contre, je me demande si les 6 millions de victimes des camps (stücke) auraient apprécié qu’on compare leur extermination à un licenciement !!! Pour cette raison je trouve ce film vraiment méprisable !

    En outre, il est d’une laideur à faire fuir, tout y est gris, froid, glacial, rectiligne (sujet oblige bien sûr), Mathieu Amalric est étonnamment éteint, les gros plans insistants sur les cheminées d’usine, évoquant évidemment celles des crématoires, se multiplient jusqu’à l’écoeurement, certaines scènes INTERMINABLES (une soirée sinistre « animée » par un chanteur portugais désolant… une rave où tous les cadres jeunes et dynamiques finissent la nuit dans leur vomis… les petites amies de Simon (mauvaises actrices) qui lui sautent au sexe comme des affamées…) plombent encore davantage ce film et l’alourdissent d’une heure qui aurait dû passer par les ciseaux au montage. Ce cauchemar vulgaire et sans intérêt dure 2 h 30 ! Une punition.

    Fuyez !

    NB. : les trois apparitions « magiques » de Michel Lonsdale m’ont fait reculer d’ajouter une °

  • Un ptit jeu

    J'ai reçu de nombreuses plaintes lors de mon dernier "jeu" : TROP DIFFICILE !!!

    Alors voilà : un morceau d'affiche, un film, lequel ???

    Vous n'avez pas trop mal travaillé ce week-end... mais il reste quelques efforts à fournir. Vous voulez des indices ???

    Pour la 5ème affiche, sachez que je me suis fait plaisir... qu'il faut savoir QUI j'aime à la folie... quel est le genre cinématographique qui a bercé mon enfance (même si ce film précis n'en fait pas partie... oui, je sais, c'est tordu ! mais c'est qui le patron ?). Pour la VIème affiche je dirai simplement : King !

    I -

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    II -

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    III -

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    IV -

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    V -

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    VI -

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     Et n'oubliez pas qu'il y a toujours un jeu que vous avez laissé en plan ici !

     

  • Bulletin de santé de...

    "George Clooney a été impliqué dans un accident hier après-midi lorsque la moto qu'il conduisait a été heurtée par une voiture. Il a été soigné pour une côte fêlée et des éraflures (...)".

    Ouf,

    what else ?

    Cette photo très mélancolique que j'aime beaucoup, "capturée" par Sandra lors du dernier Festival de Deauville.

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  • L’invité de Laurent Bouhnik *

     

    L'Invité - Daniel Auteuil et Valérie Lemercier

    Après trois ans de chômage, Gérard trouve enfin du travail. Il l’annonce à Colette, sa nunuche au foyer et par là même qu’il a invité le responsable du recrutement à dîner le lendemain soir. Colette panique mais leur voisin Alexandre, expert en communication leur propose de les coacher pour ne pas rater cet important rendez-vous.

    Je l’avoue, j’ai ri… et parfois même à gorge d’employée… Niveau cinéma : rien ! Les décors sont moches, les costumes sont moches, la musique (Claude François, Mike Brant etc... non, non pas Richard Cocciante) est là pour masquer le vide, certains gags ou répliques sont « téléphonés » un quart d’heure avant… mais c’est fait exprès puisqu’on est à beaufland. Je sais, c’est moche aussi de se moquer. En fait, il s’agit d’un dîner de cons (en moins bien car il n’y a pas Juste Leblanc et qu’aucune réplique ne restera en mémoire mais on rit quand même) où il y aurait trois cons, et les acteurs Auteuil, Lhermitte et Lemercier font très très bien les cons, merci pour eux. Ensuite, arrive un quatrième con… mais celui-là je l’inviterais bien à dîner en tête à tête pour lui dire deux trois conneries !!

  • Un cœur invaincu de Michaël Winterbottom ***

    Un coeur invaincu - Angelina Jolie et Dan Futterman

    En 2002, Daniel Pearl, correspondant du Wall Street Journal était décapité par des terroristes au Pakistan. Ça s’est passé en direct et les images filmées par ces tarés, sadiques ont circulé. Personnellement, comme Marianne (sa femme) et peut-être quelques autres… je n’ai jamais pu, su, voulu regarder ces images. La photo de Daniel Pearl agenouillé, vêtu de ce pauvre jogging rose et bleu, inoubliable, souriant à sa femme, me suffisait amplement. Elle racontait à elle seule l’histoire de ce « cœur invaincu » et de cet amour fou.

    Ce film est un hommage (Marianne Pearl est d’accord) et un cadeau à Adam le fils qu’elle attendait quand Daniel est mort. Michaël Winterbottom respecte la dignité de cet homme et de cette femme, et les plus voyeurs en seront pour leurs frais. En tout cas, chapeau, l’enquête de quatre semaines que mènent Marianne et ses amis est palpitante bien qu’on en connaisse l’issue. On se prend même à espérer, alors que nous vivons en flash-back la dernière journée de cet homme libre, que ce type bien, idéaliste, professionnel et passionné s’en sorte…

    Karachi est, nous dit-on, une des plus grandes villes du monde, et parcourir ses rues grouillantes en constante ébullition, bruyantes, agitées, inquiétantes, accentue l’angoisse palpable qui croît à chaque instant. Le climat anxiogène, tendu à l’extrême, la course contre la montre, le désespoir qui peu à peu s’insinue et la dignité héroïque de Marianne Pearl (Angelina Jolie est tout simplement FORMIDABLE…) qui fait dire à une journaliste débile : « on ne saurait pas dire que son mari a été enlevé il y a quelques jours… » font de ce film un témoignage bouleversant, respectable et… terrorisant bien que Marianne l’affirme : « ils ne m’ont pas terrorisée ».

    P.S. : il semblerait que tous les responsables de cet assassinat soient en prison actuellement.

     

     

    "Il est souriant, il me dit qu'il va bien, il les emmerde...".

     

  • 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fernadillo °°

     

    28 semaines plus tard - Robert Carlyle

    Une épidémie qui rend les gens zombies en deux coups de morsure à pot a ravagé l’Angleterre. Le pays est mis en quarantaine et les zombies finissent par crever de faim. Ensuite, y’a la cavalerie à la bannière étoilée qui vient sécuriser le périmètre, coller des snipers sur les toits et placer les survivants dans des camps : l’ordinaire…

    Déjà faire un remake ou une suite ou je ne sais quoi du « 28 jours après » de Danny Boyle est assez incompréhensible mais nous servir une horreur qui fait sursauter mais qui ne fait pas peur (vous la sentez ma grosse nuance ???), je n’ai pas compris. Mais quand le général tasunien décrète : « tirez sans sommation sur tout ce qui bouge »… entendez les contaminés et les pas contaminés, la coupe est pleine et met le feu aux poudres. Quand Londres est arrosée au Napalm… là… c’est la goutte d’eau !

    A vomir.

    A fuir.

    P.S. : pourquoi j’y suis allée ???

    Pour Robert Carlyle… pauvre et faible femme que je suis !!!

    …………………………………………………………………………………………..

    Voyez plutôt la très très jolie « Face cachée » de Bernard Campan que j’avais vue en avant-première et que je vous recommandais déjà ici.

    La Face cachée

     

  • Shoot em up de Michaël Davis ***

    Shoot'Em Up - Affiche teaser française

    Monsieur Smith mange tranquillement une carotte dans la rue, comme tout le monde. Une femme enceinte jusqu’aux dents du fond qui baignent passe en courant devant lui, en criant, en se tenant le ventre. Un pas beau méchant la poursuit avec un gun en faisant des grimaces et hurlant des trucs pas gentils, style noms d’oiseau de toutes les couleurs ! Smith jette sa carotte, dit « merde », se lève et part faire le justicier dans la ville. Il accouche la dame en pleine fusillade (il s’en fout, il sait faire ça, c’est Clive Owen, il l’a déjà fait dans « Les fils de l’homme »). La dame se prend quand même une bastos en plein front. Smith se retrouve avec le bébé sur le bras (au sens propre… le nourrisson est quasiment greffé à son bras pendant tout le film… ce qui ne va l’empêcher de décimer toute la ville en faisant les cascades les plus spectaculaires jamais vues !!!). Le bébé (accro au Heavy Metal… j’invente rien) est poursuivi par une horde de meurtriers d’une puissance très mystérieuse (ça, on s’en fout un peu) alors Smith le protège. Smith est un gentil, la preuve il est végétarien (j’en sais quelque chose, je ne mange pas de viande…) mais faut pas l’énerver, c’est tout, c’est normal, sinon, sa carotte (c’est une arme la carotte, méfiez-vous) il vous la plante dans l’œil, dans l’oreille, en plein front, dans le… non, pas là!

    Que dire ? Si le 72 412ème degré existe au cinéma, c’est ici qu’on le trouve et il est recommandé de laisser son cerveau au vestiaire avant d’entrer en salle. C’est d’une violence et d’un mauvais goût absolus mais c’est tellement too much que c’est drôle bien qu’il y ait plus de cadavres en deux temps trois mouvements que sur la plage d’Omaha, on s’en cogne, les méchants sur-armés ne savent pas tirer un coup, c’est connu. Alors que Monsieur Smith, même avec tous les doigts cassés, il arrive encore à tirer et nous, on continue de piétiner les tapis de cadavres. Quel homme ! Bon, sinon, il y a Monica qui Bellucise presque pathétiquement (et inutilement) en vociférant plein de gros mots en italien "vaï a fan culo... bastardo... stronzo..."... ça doit faire "cool" j'imagine et Paul Giamatti qui se régale à être un vrai taré avec cerveau et gilet pare-balles.

    Quant à Clive Owen (que je préfère bien sûr en sauveur du monde « Fils de l’homme » ou casseur cassé très « Inside man » chez Spike Lee ou en Dwight protecteur de filles à « Sin City »… et plus sans affinités), minéral, sidéral, végétal, animal… il nous (me ?) fait un grand numéro à la Clint (oui m’sieurs/dames, vous avez bien lu) vengeur solitaire, défenseur sans sourire de la veuve et de l’orphelin…

    Poulala !