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Sur la Route du Cinéma - Page 535

  • GONE BABY GONE de Ben Affleck ****

    Gone Baby Gone

    Dans une banlieue morose pas rose de Boston Etats-Unis, Amanda, petite poupée de 4 ans a été enlevée. Sa mère, camée, alcoolique, plus ou moins prostituée n’en paraît pas très affectée au premier abord. La police ne semble pas très active aux yeux de la famille qui engage Patrick et Angie deux détectives privés pour reprendre l’affaire. Ils ont l’avantage considérable de vivre dans ce quartier ouvrier, défavorisé et même pour Patrick, d’y être né et d’en connaître tous les habitants…

    En plongeant dans l’enquête, Patrick et Angie vont s’enfoncer de plus en plus dans le monde des dealers, des criminels, des pédophiles et multiplier les fausses pistes et les erreurs.

    Gone Baby Gone - Casey AffleckGone Baby Gone - Casey AffleckGone Baby Gone - Casey Affleck

    Difficile d’en dire plus sur le déroulement de l’enquête, tant elle réserve de surprises vraiment inattendues qui multiplient les confusions et désorientent le spectateur. Ben Affleck réussit, pour sa première réalisation, un film noir, âpre, violent sur l’enlèvement d’une fillette. Il maîtrise une mise en scène très déroutante et ne laisse aucun point d’ombre dans son épilogue, ce qui est vraiment bienvenu quand tant de films aujourd’hui nous laissent sur notre « fin » avec des tas d’aspects non élucidés. Si Ben Affleck s’est entouré d’une distribution de rêve : son frère Casey (poulala !!!), Morgan Freeman, Ed Harris, Michelle Monaghan, il a également fait appel à un véritable casting de « gueules » pour illustrer le quotidien sordide de cette banlieue ouvrière oubliée.

    Pour une fois, les tenants et aboutissants d’une enquête sont d’une rare complexité empreinte de manichéisme certes mais aussi d’une bonne volonté déconcertante. Pratiquement tous les personnages acteurs de cette tragédie commettent l’irréparable en pensant sincèrement accomplir le bien. En sortant de la projection, on a vraiment envie de se questionner sur « le bien et le mal », sur les conséquences néfastes et irréparables que peuvent avoir nos actes et nos décisions. C’est plutôt rare.

    Vous pensiez que je passerais sous silence la prestation de Casey Affleck (l’acteur qui joue dans les films où les nuages vont vite…), future star hollywoodienne, mondiale… prochain détenteur d’un Oscar (c’est mon choix, ma décision, ma prédiction, ma volonté…) qu’il recevra sans aucune manifestation de la moindre extase, quitte à passer pour antipathique ? Qu’à cela ne tienne, on ne lui demande pas de faire les pieds au mur mais de « faire l’acteur », ce qu’il fait de façon absolument impressionnante ici comme ailleurs et comme partout et comme toujours. Son premier atout est sa voix de canard qui produit selon ses propres dires un son étrangement aigu et fluctuant comme un ado avant la mue. Mais aussi il faut le voir du haut de son mètre soixante provoquer des malabars de deux mètres… et avoir le dessus. Et surtout il faut voir son visage fiévreux, inquiet et son regard derrière lequel semble se jouer tous les tumultes qui le conduisent à prendre de mauvaises décisions qui le laisseront anéanti. Rarement tempête sous un crâne aura été aussi lisible sur un visage.

    Il FAUT le voir.

    Précipitez-vous pour lui faire un triomphe. Merci.

    Gone Baby Gone - Casey Affleck

     

  • La clef de Guillaume Nicloux **

    La Clef - Guillaume Canet
    La Clef - Guillaume Canet

    Eric vit avec Audrey qui rêve d’un enfant. Eric fait la sourde oreille et prend ce désir avec dérision. Ça agace Audrey qui pleure et trépigne… L’ambiance ne va pas s’arranger après le coup de fil d’un certain Joseph qui prétend détenir les cendres du père d’Eric. Après avoir dit ne pas se sentir concerné par ce père qui ressurgit alors qu’il ne l'a jamais connu, Eric accepte de rencontrer Joseph et se retrouve avec une urne très embarrassante…

    Film d’une noirceur abyssale (à déconseiller définitivement aux femmes enceintes), d’une violence et d’une cruauté sans nom, « La clef » nous fait plonger avec son anti-héros dans une machination infernale où le suspens à tiroirs perd un peu le spectateur. Mais c’est avec délectation qu’on se laisse prendre aux multiples suppositions et égarer dans le labyrinthe du scénario. Hélas la fin réserve une conclusion malheureusement bâclée qui ne répond pas vraiment à la question « Un fils doit-il payer pour les crimes de son père ? ».

    Néanmoins, exceptée Marie Gillain qui hérite d’un rôle catastrophique qui laisse même son partenaire sans voix… ce polar noir noir noir bénéficie de deux atouts majeurs : son ambiance lugubre, sordide, sombrissime et son casting impeccable et souvent à contre-emploi avec en tête Guillaume Canet, victime consentante très très maso.

  • La visite de la fanfare d’Eran Kolirin ***

    La Visite de la fanfare

    Une fanfare de la police égyptienne se rend à la cérémonie d’inauguration d’un Centre Culturel Arabe en Israël. Par un concours de circonstances (le nom d’une ville mal écrit ou mal prononcé) les huit musiciens se retrouvent au milieu de nulle part. Il leur faudra attendre le lendemain qu’un bus passe pour pouvoir reprendre la route. Ils sont accueillis avec plus ou moins de méfiance ou de moqueries par quelques habitants du coin mais très chaleureusement par Dina, belle femme perdue pleine d'imagination qui s’ennuie dans ce désert.

    Ce film est amusant, loufoque, inventif et surtout profondément humain, tendre et chaleureux. On en sort avec un grand sourire d’apaisement puisque le réalisateur au lieu de tenter de diviser montre que les cultures juive et arabe sont aussi respectables l’une que l’autre, qu’au-delà de la méfiance les deux communautés se trouvent des points communs et parviennent à cohabiter. Encore une fois, les langues parlées ont une place fondamentale dans l’histoire…

    De ce point de départ imprévu pour tout le monde vont naître des situations parfois burlesques, d’autres fois poétiques ou mélancoliques. Certains s’abandonneront à des confessions, d’autres seront rassemblés par la musique (on parle beaucoup de musique dans ce film), d’autres encore resteront sur leur réserve en soupirant, par timidité ou agacement. Il y a beaucoup de regards, de silence, de soupirs et d’étonnement.

    Deux scènes m’ont particulièrement touchée et émerveillée : celle où un des musiciens apprend à un jeune israëlien à draguer (c’est du pur burlesque) et celle où, sans un mot, uniquement avec des gestes, le chef de la fanfare, Tewfiq explique à Dina ce que la musique lui fait ressentir. Magique.

    Ronit Elkabetz et Sasson Gabai sont extraordinaires.

    Il faut bien sûr se laisser cueillir par la fragilité émouvante de ce beau premier film très original qui révèle le talent comique de son réalisateur même s'il ne l'exploite pas totalement encore ici et son amour incontestable pour la musique...

    La Visite de la fanfare
  • La graine et le mulet d’Abdellatif Kechiche ****

    Photos de 'La Graine et le mulet'

    Slimane a travaillé 35 ans sur les chantiers navals de Sète. Devenu trop lent, trop vieux, il est honteusement licencié. Divorcé, il vit seul dans une chambre d’hôtel. Il accorde ses faveurs à la patronne, une belle femme beaucoup plus jeune que lui et sert de père substitutif à sa fille Rym, ado bouillonnante qui l’adore. Par ailleurs, Slimane reste très proche de son ex-femme Souad et de ses enfants à qui il apporte régulièrement du poisson « le mulet ». Le traditionnel couscous du dimanche réunit tout le monde autour d’une grande table bruyante, joyeuse, gourmande même si l’on sent que des tensions et des non-dits pourraient surgir à tout moment. Souad, matriarche aimante et autoritaire le dit à ses enfants qui ne comprennent pas pourquoi elle s’est séparé de cet homme admirable : « arrêtez vos mic-macs avec votre père, ou je ressors les dossiers ». Sélim se sentant inutile et souhaitant laisser quelque chose à ses enfants, décide de retaper un vieux rafiot échoué dans le port pour en faire un restaurant dont la spécialité serait « le couscous de la mer ». Le film nous raconte la tragédie de cet homme décidé à s’en sortir malgré les embuches et grâce aux efforts, à la volonté et à l’amour de ses proches.

    Le génie d’Abdellatif Kechiche est de nous faire entrer sans préambule dans la vie de cette famille et de nous la rendre immédiatement sympathique (certains membres plus que d’autres évidemment) et de nous la faire aimer. Ce film est une tranche de vie, de l’humanité en barre comme on n’en voit peu. Les joies, les soucis, les déceptions, les bonheurs, les malheurs ce sont les nôtres, ceux de tout le monde avec ici, bien sûr une dimension supplémentaire sur laquelle le réalisateur ne s’appesantit pas et qui semble dire : « nous sommes français comme vous… ni plus, ni moins ».

    Ce qui frappe et séduit également ici, c’est la langue utilisée. Elle est tellement imagée, précise, déversée avec tellement de rage et de fièvre qu’elle donne lieu à d’authentiques tirades qui laissent le spectateur littéralement essouflé. Plusieurs scènes sont à ce titre de véritables moments d’anthologie drôles ou dramatiques qu’on aimerait pouvoir se repasser en boucle pour en goûter toute la saveur et la finesse. Quelques monologues, moments de bravoure irrésistibles d’humour ou de tension devraient entrer au panthéon des scènes cultes… celle où la jeune Rym explique à Slimane que ses fils lui manquent de respect, celle où la même Rym essaie de convaincre sa mère de se rendre à une fête, la discussion dans un café autour d’une table, véritable hommage à la « partie de carte » de Pagnol, le moment où l’une des belles-filles de Slimane lui explique longuement, douloureusement que son fils n’est pas un homme bien… Autant d’instants magiques où tout se joue avec des mots.

    Ainsi que le réalisateur nous l’avait déjà démontré dans « L’esquive », ce sont les femmes qui tiennent les rennes, qui ont la tchatche et les arguments. Excepté le beau et positif personnage de Slimane (dont on n’est pas près d’oublier le magnifique et doux visage), les hommes ici ne sont pas à la fête, ils n’ont pas inventé la marche arrière et sont, pour certains franchement cons, n’ayons pas peur des mots. C’est « grâce » d’ailleurs à l’inconséquence d’un de ces garçons que la dernière demi-heure est transformée en véritable polar haletant et cruel... où l’on se demande si la « graine » perdue arrivera à temps pour la soirée organisée par Slimane. En effet, après avoir tenté de braver toutes les difficultés et lourdeurs de la machine administrative française pour ouvrir son restaurant, Slimane décide d’offrir une grande soirée « couscous » à toutes les « huiles » de la ville qui lui mettent des batons dans les roues. Avant d’en arriver là, nous aurons assisté au parcours du combattant de celui qui veut créer son entreprise. Aidé de la jeune et entêtée Rym qui croit au projet, baladé de mairie en préfecture, de banque en administration, de bureau des douanes en service d’hygiène, parfois reçu debout entre deux portes alors qu’il avait rendez-vous Slimane encaisse et s’obstine. Le réalisateur ne semble pas juger, il observe et restitue une réalité…

    Le piment de ce couscous qui fait saliver du début à la fin est l’admirable, tendre et INOUBLIABLE duo formé par l’improbable couple que forment cette toute jeune fille Rym bavarde et positive (Hafsia Herzi, magnifique, énergique, extraordinaire…) et Slimane taiseux, tendre avec sa famille et parfois résigné (Habib Boufares, présence intense tout en intériorité) tous deux non professionnels mais qui rendent cette histoire à la fois simple et fabuleuse, touchante et douloureuse. Les dernières minutes bouleversantes et qui le sont de façon assez étourdissante s’impriment en nous et rendent les sacrifices que le réalisateur nous impose déchirants.

    Choukrane.

    Photos de 'La Graine et le mulet'
  • Elizabeth, l’âge d’or de Shekhar Kapur °°

    Elizabeth : l'âge d'or

    Voici donc la suite de l’histoire d’Elizabeth, dont le premier volet datant de 1998 racontait la jeunesse et l’ascension de la jeune reine d’Angleterre. C’était un film magnifique. Ici, la reine vierge, qui vit ses amours par procuration, et protestante doit faire face à Philippe II d’Espagne, fervent catholique qui considère son règne comme une imposture… puisque Marie Stuart, qu’Elizabeth fera décapitée est emprisonnée.

    Pour la vérité historique, il faudra sans doute se replonger dans les livres d’histoire, mais ce n’est pas gênant, en ce qui me concerne je ne demande pas au cinéma de me dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité dites je le jure… mais autant l’avouer sans ménagement, en premier lieu, j’ai trouvé ça d’une laideur à faire fuir.

    Pour le reste : pas mieux ! Le montage à la hache et à la scie circulaire fait qu’on passe d’une scène à l’autre sans transition sous mes bâillements. Aucun personnage n’accroche l’attention.

    Le roi Philippe II d’Espagne, titubant, menace tous les quarts d’heure sa petite fille muette de devenir reine d’Angleterre (oui, l’Europe est une grande famille, on le sait). Son invincible Armada se résume à trois rafiots qui voguent sur une mer en plastique. L’équipage est composé de trois guguss lookés à la mode talibans et au regard souligné de khôl qui se fera ratatiné en deux temps trois mouvements par des pirates enragés.

    Geoffrey Rush en conseiller trop zélé est mou et vieux.

    Clive Owen, regard d’acier, sourire en coin et culottes bouffantes est ridicule.

    Même l’interprétation consciencieuse et zélée de Cate Blanchett, tout en cris puis en chuchotements, en sourires complices et clins d’œil canailles, finit par lasser.

    Au final on trouve deux bandes de fanatiques religieux qui se font la guerre au nom de leurs superstitions, comme d'hab'. Pouah !

    Le tout est emballé, enseveli devrais-je dire, sous une musique tonitruante hideuse sans doute censée nous faire croire qu’un spectacle trépidant se déroule sous nos yeux.

    Affligeant !

  • Les femmes de ses rêves des Farelly Brothers°/*(pour Ben Stiller)

    Les Femmes de ses rêves - Ben Stiller et Michelle Monaghan

    Eddie, quarantenaire sentimental (ça doit être bien une femme à la maison) mais égoïste (c’est drôlement bien la vie de célibataire) difficile à caser, rencontre Lila, grande tige blonde qui se révèle rapidement être la femme idéale… parfaite. Dès la lune de miel au Mexique où Eddie va croiser le regard de la douce Miranda, Lila devient une véritable harpie. Comment se débarrasser d’elle pour vivre enfin le grand amour ?

    Grâce à Ben Stiller, qui, ô miracle !, se sort de toutes les situations, le naufrage est évité mais on n’est pas loin du navet poussif (c’est looooooooong), beauf (le club du voyage de noces est digne des « Bronzés »), et misogyne (les filles sont des tyrans, les hommes des victimes). Comment trouver sympathique ce garçon (comme TOUS les garçons il se marie avec un flingue sur la tempe…), alors qu’il ne peut vivre que de mensonges et de malentendus ? Que dire du père libidineux, repoussant et antipathique ? Rien. Comment ne pas plaindre l’actrice Malin Akerman (mais c’est bien fait pour elle finalement) clone de Cameron Diaz (elle n’était pas libre ?) qui se voit, après avoir joué les pucelles effarouchées devenir une furie SM au lit (scènes ridicules), qui doit se faire sortir des tas de choses du nez suite à une déviation de la cloison, passer la moitié du film avec des cloques sur le visage et le corps à cause d’un coup de soleil et devenir brusquement (dès que la bague au doigt lui a été passée évidemment : LE REVE de toutes les filles est le mariage forcément, on ne le répètera jamais assez !) une idiote, menteuse, ex-droguée, jalouse, hurlante, hystérique… Quant à Michelle Monaghan, un peu moins caricaturale (quoique la fille parfaite, douce, drôle, gentille, intelligente qui comprend tout… c’est fatigant aussi), elle sera également « sacrifiée » dans la toute dernière scène qui prouve que si les filles sont soumises aux garçons, les garçons sont irrécupérables. Quant aux scènes de passage entre la frontière mexicaine et américaine, il vaut mieux les passer sous silence tant elles sont déplacées...

    Mais le pire de tout : ce n’est pas drôle !

  • T'as d'beaux yeux tu sais !

    Vous pouvez tenter de dire à qui sont ces jolis yeux.

    BRAVO A POMEPOME(girl) QUI A TROUVE LA MAJORITE DES REPONSES !

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