11.12.2010

NOWHERE BOY de Sam Taylor-Wood ***

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La réalisatrice Sam Taylor-Wood ne nous embarque pas dans un biopic classique. Il n'est pas question ici de la formation et de l'ascension fulgurante du mythique groupe de Liverpool dont le nom ne sera d'ailleurs pas prononcé une seule fois, mais d'une période assez réduite de la vie de son fondateur, John Lennon et plus précisément encore de sa chaotique adolescence.  

J'aime les Beatles, j'ai les skeuds Blanc, Rouge et Bleu et aussi Abbey Road (mon préféré) et d'autres encore... mais je ne suis pas idôlatre au point de m'être jusqu'ici penchée sur la vie des Fab Four ni de m'être intéressée à leur carrière respective en solo qui suivit la dissolution du groupe. J'ai entendu de fervents adorateurs crier au scandale à propos de ce film. J'ai d'ailleurs retenu une des attaques qui s'avère être complètement fausse mais passons...

Tout ceci pour vous dire que je vous parle ici du film que j'ai vu, que j'ai adoré et que je ne sais quelle est la part de vérité vraie ou de fantasme de la réalisatrice. En tout cas c'est une histoire, belle, forte, parfois dramatique, deux enterrements et pas de mariage, une histoire pleine de hasards et de coïncidences. La vie et la personnalité de John Lennon ont été marquées de manière indélébile par un événement inconcevable. Alors qu'il avait 5 ans, ses parents lui ont demandé de choisir de suivre l'un ou l'autre. Il choisit son père, et sa mère part sans se retourner. Il regrette immédiatement son choix pour se précipiter vers sa mère. Finalement les deux l'abandonneront et c'est sa sévère tante Mimi qui le recueillera et l'élèvera. Aux alentours de ses quinze ans et alors qu'il n'a toujours pas compris ce qui sépare les deux soeurs à tout jamais, il se partage littéralement entre l'une et l'autre. Autant sa tante Mimi est austère et autoritaire autant sa mère est farfelue, excentrique et totalement immature. C'est pourtant à cette mère fantasque, perturbée et perturbante, dépressive et peut-être pas aussi innocente qu'elle veut le laisser paraître, qu'il doit son amour de la musique. Plutôt bagarreur, mauvais élève et exclusivement préoccupé par les filles, c'est sa mère qui lui enseignera le banjo et lui fera apprécier le rock'n'roll. Lorsqu'il découvrira Elvis Presley, sa vie en sera bouleversée à tout jamais. Très vite il fondera un groupe qui se produira dans de petites fêtes locales. Il rencontrera Paul McCartney, gaucher surdoué et on n'est pas trop surpris en voyant les étincelles immédiates entre ces deux là, la jalousie de petits coqs du haut de leurs quinze ans, de savoir que le groupe n'ait duré qu'une dizaine d'années. Puis George Harrison les rejoindra. Et si le groupe a réussi à se maintenir au-dessus de leur ego respectif, c'est sans doute qu'ils étaient suffisamment intelligents pour comprendre à quel point ils étaient à la fois en osmose (l'harmonie de leurs voix sur les choeurs est unique au monde !) et complémentaires. 

Mais le propos du film n'est pas là, même si la musique est omniprésente et complètement essentielle à la survie du garçon, c'est ce traumatisme fondateur que John Lennon doit parvenir à dépasser. Constamment tiraillé entre deux femmes, sa mère et sa tante qui se le disputent comme leur possession, il est le plus souvent perdu, ne sachant comme faire pour tenter d'exister sans les perdre ou les blesser. C'est assez déchirant de voir ce garçon colérique, impatient, souvent désorienté, parfois détruit, essayer de se construire au milieu de deux adultes qui aiment trop et qui aiment mal.

La reconstitution des années 50, l'envie de retourner en Angleterre au bord de la mer, la naissance d'un mythe, le rock'n'roll qui met des fourmis dans les jambes, un bel acteur Aaron Johsnon, une grande actrice parfaite Kritin Scott Thomas, et une autre extravagante, magnifique, femme enfant tourmentée absolument époustouflante Anne-Marie Duff... sont quelques unes des bonnes raisons qui vont vous conduire en salle voir ce film. Et hop yeah ! 

22.08.2010

MA SEMAINE AU CINEMA

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17.08.2010

CHATROOM de Hideo Nakata °°

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William, ado très perturbé (pléonasme ?) passe sa vie sur Internet et notamment sur des forums de discussions. Il en crée un : "ados de Chelsea !" où le rejoignent bientôt 4 autres ados, deux garçons et deux filles dans le même piteux état mental que lui. Immédiatement conscient de l'ascendant qu'il possède sur les autres, William va donner à cet espace un accès limité à eux seuls. Il va réussir à faire en sorte que chacun révèle ses blessures et traumatismes. Chacun va se confier de plus en plus précisément, et par un jeu de séduction et de pouvoir, William va tout faire pour tenter de les influencer, les poussant aux extrêmités les plus dangereuses.

J'ai testé Face Book qui m'a lassée en deux mois top chrono. Donc, jamais je n'ai été tentée par Tweeter et autre Chatroom. Je sais que ça existe et ça m'indiffère grandement. Mais j'imagine assez bien (je suis de la génération Minitel :-)) les bonnes choses comme les dérives que peuvent induire le fait d'être planqué derrière un écran. Bravo donc à Nakata d'avoir réussi à matérialiser le cyber espace tel un immense couloir où chaque pièce constituerait un forum à la porte desquelles attendraient les représentants de chaque "tribu"... Bravo aussi à l'acteur principal Aaron Johnson (ex Kick Ass...) qui parvient à être à la fois la tête à claques, le traître, l'ado perdu et le sadique séduisant. Les autres jeunes de l'équipe ne déméritent pas non plus, même si le pauvre Daniel Kaluuya a le plus souvent l'air affolé et comme l'envie de s'excuser de devoir jouer les futurs pédophiles parce qu'il est fasciné par une petite fille de 11 ans !

Mais alors qu'est-ce qui ne va pas dans ce film ? Tout le reste, c'est-à-dire beaucoup et surtout la psychologie de comptoir absolument effarante étalée ici, que même Jean-Marie Gourio accoudé à son zync ne doit pas côtoyer.

La vision des adolescents est tout bonnement catastrophique, désastreuse et détestable. William est un vicelard, un pervers. Il frôle l'extase, l'orgasme et le nirvana en regardant des jeunes filmer leur propre suicide sur Internet. Eva est une bimbo sans beaucoup de cervelle dont le rêve est d'être top model, mais ses "collègues" sont cro cro vilaines avec elle. Jim vit sous antidépresseurs depuis des années et a développé de gros problèmes de communication. Emily est coincée et rêverait d'être aimée de ses affreux parents. Quant à Mo, il s'inquiète de son attirance pour la petite soeur de son meilleur ami qui ne le restera plus très longtemps !

Et qui est responsable de cette génération perdue de tarés ? Qu'est-ce qui a bien pu rendre ces jeunes aussi malades ou cons ? Pas l'abus d'Internet. Non. Ne cherchez pas trop loin... Les parents évidemment. Non que ces derniers aient renoncé à éduquer leurs enfants ni même à leur supprimer l'usage de l'ordinateur éventuellement mais simplement parce qu'ils ont autant de fromage blanc dans le citron que leurs rejetons manifestement. William est le fils d'une écrivaine célèbre  (et célébrée) qui en est au huitième et dernier épisode des aventures de son super héros (si J.K. Rowling ne se reconnaît pas, il faut aussi qu'elle consulte !) à qui elle a donné le prénom de son autre fils. Du coup William et ses parents suivent une thérapie familiale complètement ahurissante. La psy annonce un jour : "je crois que tout le monde va bien à présent, on peut en rester là". Les parents ravis acquièscent ainsi que William, regard oblique et mains qui se tordent !!! Eva a trop de problèmes avec les autres futures tops qui se moquent d'elle. Jim a été abandonné par son papounet au zoo. Il ne s'en remet pas. Emily a une mère qui aurait simplement voulu un autre enfant qu'elle et ne se prive pas de le dire devant elle. Quant à Mo... on ne saura pas duquel de ses deux parents lui vient le gène de la pédophilie !

Cette vision des ados, des adultes est d'une simplicité et d'un crétinisme à pleurer ! En tout cas dans le monde vomitif de Tanaka, il y a un avenir certain pour tous les psys. C'est déjà ça.

NB : une partie du film a été tourné à Camden... quartier rock londonien que j'adore à la folie et que j'ai découvert grâce à mon Dada.

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25.04.2010

MA SEMAINE AU CINEMA

MAMMUTH de Gustave Kervern et Benoît Delépine ****

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LA COMTESSE de Julie Delpy ****

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KICK ASS de Matthew Vaughn***

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NANNY McPHEE ET LE BIG BANG de Susanna White **

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MES COUPS DE / AU COEUR DE LA SEMAINE
Ewan Mc Gregor
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22.04.2010

KICK ASS de Matthew Vaughn***

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Un jour à peu près comme les autres, Dave Lizewski, adolescent pas très épanoui (comprendre : va t'il "pécho" ?) mais fan de comics se demande tout haut pourquoi aucun être humain ne se décide enfin à faire super héros dans sa vie. Ses copains tentent de le décourager en l'assurant que pour être super héros il faut au moins UN super pouvoir mais Dave prétend que Batman n'en a aucun, simplement un super costume ! Décidé malgré tout à lutter contre le crime, il se commande une combinaison de plongée moche/verdâtre et se transforme en Kick Ass. A la suite d'un malentendu et d'une vidéo diffusée sur You tube et vue par des millions d'yeux, Kick Ass devient un brave aux yeux des américains. Evidemment, ce grand pouvoir implique de grandes responsabilités... et voilà notre crétin racho plongé au coeur même de la mafia new-yorkaise, au prise avec de vrais tueurs qui ne plaisantent pas et qui veulent sa peau. Heureusement, sa rencontre avec Big Daddy et sa gamine de 11 ans, nom de code Hit Girl, deux autres fêlés surarmés, surentraînés qui cherchent à venger la mort de leur épouse et mère va changer la donne...
Contre toute attente, je n'aurais qu'un mot pour résumer ce film : FORMIDABLE ! Bien sûr, il va sans doute ravir les geeks mais pas seulement j'imagine et j'espère. Alors que les Watchmen atteignait des sommets de bêtise pas drôle et d'ennui épais (pardon chéri), j'ai trouvé ces super héros absolument irrésistibles. Mais surtout deux, voire une. J'y reviendrai.
La seule réserve que je ferais tient à la longeur du machin qui en plein milieu s'égare un peu trop longtemps en digressions sans intérêts sur la vie, les états d'âme et les questionnements existentiels des ados dont je me fous éperdument (comprendre : vont t'ils "pécho" ou bien ?) avec les deux copains (faut-il obligatoirement qu'ils soient débiles et moches ???) mais pour le reste c'est tellement vicelard, irrévérencieux, drôle et totalement insolent que j'applaudis des quatre fers. Oui, je fais ce que je veux. Et puis c'est cinéphile aussi et la bande son est tellement emballante qu'on a envie de s'agiter en rythme et de se lever, le doigt sur la couture du pantalon lorsque Elvis se met à chanter son American Trilogy (pour mémoire, cliquez sur le King). C'est dire.
Le Kick Ass de l'histoire Aaron Johnson (avec un h) est vraiment pas mal du tout. Mais ce qui me fait faire la ola moi, c'est Nicolas Cage, et je vous assure, ça me fait tout bizarre d'écrire ça. En papa poule et gâteau qui appelle sa mouflette de 11 ans "ma poupée", qui lui achète des armes de destruction massive pour son anniv', qui lui balance des bastos gros calibre dans le buffet pour tester son gilet pare-balles, qui l'entraîne façon warrior à n'avoir peur de personne et à dégommer tout ce qui bouge, il est sensationnel. Complètement décalé et bien allumé.
Mais le top du top, c'est la minette justement. Vous pouvez imaginer une petite gonzesse de 11 ans, belle comme un coeur, un mélange de Nikita qui n'aime que son papa et de Mathilda (la copine de Léon) sans pitié, qui affronte toute seule comme une grande tout un gang de mafieux plus armés et blindés qu'un arsenal et qui fait plus de morts qu'une guerre civile ? Non ? Et bien allez voir ce film. Même le chef des méchants, son pire ennemi rêverait de l'avoir pour fille !
Pour moi ce film, c'est pas Kick Ass, c'est Hit Girl.