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cécile de france - Page 2

  • LE GAMIN AU VELO de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne ***

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    C'est l'histoire d'un gamin de 12 ans qui a échoué dans un foyer pour enfants sans comprendre pourquoi. Il s'appelle Cyril et il ne peut pas croire que son père l'ait placé là. Tout comme il traite de menteurs tous ceux qui prétendent que ce même père a vendu son vélo (qu'il récupèrera) parce qu'il manquait d'argent. Comment éviter de tomber dans la délinquance quand on est encore si petit et tellement en colère, qu'on a plus de maman et que papa ne veut plus de vous ? Sans doute faut-il rencontrer ou plutôt tomber sur une Samantha coiffeuse qui a un coeur grand comme ça et va accepter malgré la violence et les mensonges de Cyril de l'accueillir le week-end chez elle puis de devenir sa tutrice ! C'est tout le mal qu'on peut souhaiter à tous ces pauvres Cyril perdus sans collier.

    Le nouveau film des frères belges qui une fois de plus l'ont tourné à Liège dénotera sans doute dans leur filmographie tant il est éclairé de soleil, et aussi, inutile de le nier par la lumineuse présence de Cécile de France. Pour l'occasion celle qui a bu des bières avec Clint elle a repris son accent belge et déborde ici de gentillesse, d'humanité, de générosité et de compréhension. Et pourtant ce n'est pas gagné de prendre sous son aile un garçon tel que Cyril, boudeur, râleur, fugueur, menteur. Affronter sa colère, son agitation et son chagrin totalement compréhensibles n'a rien de facile ni d'évident. Il n'empêche que Cyril est un enfant vraiment attachant et certaines scènes qui le confrontent à des situations inconcevables sont de véritables crève-coeur. La première demi-heure est une enquête menée à un train d'enfer où Cyril, aidé de quelques adultes bienveillants dont Samantha, met toute son énergie pour retrouver ce père parti sans laisser d'adresse. La scène de retrouvaille (bravo à Jérémie Rénier d'accepter et de réussir ces rôles de père inaptes qu'on a envie de baffer copieux) est déchirante. Comment un père peut-il noter le numéro de téléphone de son fils sur un morceau de papier gras qui ne résistera pas longtemps à l'appel de la poubelle ? Comment peut-il lui faire croire qu'il l'appellera alors que toute son attitude prouve qu'il ne le fera jamais ? Comment peut-il affirmer ensuite qu'il est en train de reconstruire sa vie et que la présence de Cyril serait vraiment "trop" ? Jérémie Rénier y parvient. Mais Cyril ne veut rien entendre et le colle littéralement tentant par là de prolonger l'instant où la porte va se refermer sur lui !

    Lorsqu'il se résoudra à admettre enfin qu'il n'a plus rien à tirer de ce père-enfant, il tentera d'offrir sa tendresse et son dévouement à Wes, délinquant bas de plafond mais malin quand même, qu'il considèrera sans doute un court temps comme une sorte de père de substitution. Le tour dramatique que prend leur curieuse association fait froid dans le dos. 

    Le pauvre Cyril accumule les revers et les déconvenues, n'abandonne que rarement lors de très rares sourires son air frondeur et désenchanté. On ne donne pas cher de son avenir qui se construit sur des bases aussi fragiles sauf s'il cesse de résister enfin et se laisse aller à la promesse de bonheur que peut lui offrir Samantha.

    La rencontre percutante de Cyril et Samantha est l'une des plus belles et originales vue depuis bien longtemps et le jeune Thomas Doret est formidable.

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  • HEREAFTER de Clint Eastwood *(*)

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    Marie journaliste à la télévision française réchappe à un tsunami, Marcus petit londonien d'une dizaine d'années perd son frère jumeau dans des circonstances tragiques et  George américain de San Francisco subit son don de voyance comme une malédiction. Marie pense avoir connu l'expérience de mort imminente avec lumière blanche au bout du tunnel et tout le bazar, Marcus cherche à entrer en contact avec son frère mort et George qui "voit des gens morts" dès qu'il touche quelqu'un voudrait se débarrasser de ce pouvoir maudit. Au travers de ces trois histoires disséminées au trois coins du monde (oui, le monde a trois coins, c'est ainsi !) Clint entend poser cette question : qu'y a t'il dans l'au-delà ? Et il met plus de deux heures à ne pas y répondre !

    Je suis remise de l'émotion, vraiment mal agréable, de n'avoir RIEN ressenti et d'avoir trouvé le temps long parfois. Mais il fallait bien qu'il y ait un accident dans mon adoration inconditionnelle sinon la vie serait vraiment trop parfaite. Je n'ai pas encore commencé à visionner les 35 films de mon cadeau de Noël :

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    mais je crois pouvoir d'ores et déjà affirmer de mémoire de clintoridienne que cet "Au-delà" est le plus mauvais Eastwood jamais vu, de mémoire défaillante d'eastwoodienne. La faute à une narration vraiment platounette qui fait se succéder chapitre après chapitre les trois diffférentes histoires avec de grosses ficelles de plus en plus apparentes pour tenter de les rapprocher les unes des autres. La faute à un casting pas bien convaincant qui navigue à vue. Cécile De France toujours parfaite par ailleurs ne parvient jamais ici à faire croire qu'elle est cette star du 20 h du petit écran. Le petit Franckie McLaren, amorphe et inexpressif est parfaitement transparent. Quant aux autres, ils semblent être venus faire leur panouille tout foufous d'avoir été choisis par Clint. Thierry Neuvic est très beau torse nu, Marthe Keller est souriante, Mylène Jampanoï (MDR), Bryce Dallas Howard est aussi désolante que Zoey Deschanel dans "Phénomènes", j'ai même cru à un moment qu'elle allait nous dire qu'elle avait mangé un tiramisu avec Joey, les français sont élégants, les anglais ont l'air de misérables... Quant à la musique, Clint a dû écouter en boucle les concertos pour piano de Tchaikovski avant de pianoter à son tour...

    Alors voilà, "Hereafter" est une parenthèse, le repos du guerrier avant "J. Edgar" avec Leo qui devrait sortir en 2012. C'est promis.

    Mais, me direz-vous, que reste t'il ? Et bien il reste :

    - la scène d'ouverture et de tsunami. Aucun autre film catastrophe n'avait réussi jusque là à rendre une catastrophe aussi flippante et réaliste,

    - des images ou plutôt des plans uniques car Clint sait comme personne où il faut poser sa caméra,

    - quelques scènes "différentes",

    - et puis surtout, il reste un acteur solide, puissant, meilleur de film en film... et qui sauve celui-ci in extremis. Je sais, je dis ça pour chaque film avec Matt Damon, mais ce garçon est vraiment étonnant. Capable d'être successivement Jason Bourne, une taupe grisouille du FBI, un GI en Irak, un rugbyman des springboks, puis cet américain ordinaire mal dans sa vie... pour ne citer que ses dernières compositions, Matt Damon avec ses nouvelles tempes grisonnantes qui lui vont à ravir est en train de devenir un des meilleurs acteurs américains actuels.

    Dernière chose, dès que Clint nous aura conté l'histoire de J. Edgar Hoover, il FAUT absolument qu'il se remette et en revienne au drame ou à la comédie sentimentale car la toute dernière scène d'Au-delà qui me fait croire que le film s'achève là où j'aurais aimé qu'il commence, prouve qu'il reste un grand sentimental, fleur bleue et romantique et qu'il pourra encore me faire pleurer.

    PS. : c'est ce genre de plans que je trouve renversant et Clintoudien :

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  • GARDIENS DE L'ORDRE de Nicolas Boukhrief ***

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    Julie travaille la nuit. Elle est gardien de la paix à Paris (dans le XIIIème si j'ai bien vu). Elle fait connaissance de Simon son nouveau coéquipier qui a été muté dans ce commissariat pour raison disciplinaire. Leur quotidien se partage entre différents contrôles et la réponse aux appels suite à des cambriolages ou autres désordres. Alors qu'ils interviennent pour tapage nocturne dans un appartement chic, le locataire tire et tue un de leur collègue. Julie riposte, blesse le jeune homme qui se retrouve dans le coma. Hélas, il s'agit du fils d'un député et la hiérarchie souhaite étouffer l'affaire. A son réveil, la victime porte plainte et accuse Julie et Simon d'avoir fait feu les premiers. Lâchés par leurs supérieurs, ils décident d'enquêter eux-mêmes. Persuadés que le tireur était sous l'emprise d'une étrange drogue fluo "Le Sphinx", ils partent à la recherche des dealers et pénètrent le milieu interlope des trafiquants.
    Je passe rapidement sur le final "granguignolant" un peu raté mais qui ne retire rien à la réussite de ce polar noir noir qui cumule les bonnes idées, originales et inédites.
    La première est d'avoir soigné les différents cadres de l'histoire. Les flics sont ici des gens ordinaires qui ont une vie et une profession, certes un peu différente qu'ils exercent avec plus ou moins de conscience professionnelle. Ce ne sont pas de super enquêteurs mais des "gardiens de l'ordre" qui vont plonger dans un milieu un peu trop grand pour eux. Le commissariat n'est pas un endroit sordide et poussiéreux mais un immeuble moderne et impersonnel, avec un environnement plutôt glacial et donc, assez déprimant.
    Les voyous ne sont pas des jeunes de banlieue wesh wesh mais des gens friqués et oisifs qui, entre deux lignes de coke, carburent à toute sorte de cocktails puissants plus ou moins impitoyables.
    La deuxième trouvaille tient aux différentes atmosphères. Que ce soit l'appartement de Julie, tristounet, les apparts grand luxe et les villas tapageuses, les boîtes de nuit aux ambiances ténébreuses et assourdissantes, le commissariat cafardeux, tous les décors minutieusement choisis s'intègrent parfaitement à l'intrigue et aux événements. Au milieu, le spectateur n'a pas une seconde pour reprendre son souffle tout comme les deux "héros", bien souvent dépassés par leurs découvertes et les voies de plus en plus sordides qu'ils doivent emprunter.
    La dernière inspiration de génie de Nicolas Boukhrief se trouve dans son casting remarquable. Cécile de France est parfaite, comme toujours. Impossible de la prendre jamais en défaut. Cette fille est formidable. Que ce soit en bon petit soldat incorruptible qui s'acquitte scrupuleusement de son métier qui consiste à servir et défendre ou en femme fatale qui n'a pas froid aux yeux, elle est crédible et vraie. En plus, ce qui ne gâte rien, c'est une bombe a-na-tomique.
    Que le réalisateur ait vu en Julien Boisselier autre chose que le gentil-garçon-gendre-ami-amoureux idéal, est absolument réjouissant. En chef de gang, patron de boîte, raffiné, mielleux et sadique, il est époustouflant.
    Mais le véritable coup de génie, en ce qui me concerne je n'y croyais pas du tout, c'est d'avoir choisi Fred Testot pour être le flic un peu insaisissable prêt à aller jusqu'au bout. Chacune de ses scènes est une réussite totale.  Certaines sont même absolument bluffantes et saisissantes telle celle où il est obligé d'ingurgiter le fameux"Sphinx" fluo pour rester crédible aux yeux des truands. Observer les effets de la drogue sur son visage et dans tout son comportement est un grand "numéro" d'acteur. La caméra est instantanément amoureuse de lui et il forme avec Cécile de France un couple tout ce qu'il y a de plus séduisant.

  • Aimer Clint, Être Cécile...

    Clint Eastwood tournait à Paris et en France avec Cécile de, quelques scènes de son prochain film "Hereafter" un thriller surnaturel avec aussi Matt Damon, Mylène Jampanoï, Thierry Neuvic, Marthe Keller...

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    Photo par moi-même...

    Vous pouvez trouver quelques images du tournage en cliquant sur la vidéo ici.

    Vidéo Pure People

  • Sœur Sourire de Stijn Coninx ***

    Soeur Sourire - Cécile de FranceSoeur Sourire


    Dans les années 50, Jeannine Deckers qui deviendra plus tard Sœur Sourire, entre au couvent pour échapper à une mère autoritaire et à un père sans envergure. Elle cherche un sens à sa vie qu’elle ne trouvera pas non plus chez les dominicaines qui prônent le silence en accomplissant des travaux ménagers sans intérêt. Son seul réconfort, elle le trouve dans la musique dès que la mère supérieure accepte de lui rendre sa guitare. Elle va composer un véritable hymne à son ordre religieux « Dominique » qui va devenir en un temps record un tube quasi planétaire, détrônant même un temps les Beatles en tête des hit-parades de l’époque.
    D’abord utilisée par l’Église qui voit en « Sœur Sourire » un bon moyen de faire parler d’elle et de renflouer les caisses (la séance de photos où on lui demande de poser de dos pour qu’on ne voit pas son visage mais uniquement son costume, est d’une cruauté inouïe), elle ne va pas tarder à déranger puis à choquer avec son franc-parler, ses positions plutôt audacieuses concernant la liberté féminine et la pilule contraceptive. Elle va rapidement quitter la soutane pour tenter de vivre de son talent. Hélas, sans son habit de religieuse, la chanteuse ne fait plus vraiment recette. L’Église ayant signé un contrat avec la maison de disques, jamais Jeannine ne toucha le moindre centime sur ses droits.
    Ce film un peu trop sage retrace non seulement l’itinéraire de ce « tube » mais surtout la vie ratée, bouleversante et tumultueuse de son auteur. Personnage complexe, plutôt solitaire, autoritaire, égocentrique, intransigeante, pleine de doutes et de douleur, Sœur Sourire dût constamment lutter contre ses parents, le couvent, l’Église, sa foi, son homosexualité, pour finir criblée de dettes, menacée par le fisc et décider de se suicider avec sa compagne Annie.
    Sans la force, le charme, le talent, l’énergie de Cécile de France, ce film aurait sans doute moins d’intérêt. Mais comme toujours, elle est remarquable, exceptionnelle et porte cette douloureuse histoire avec ardeur, classe et conviction.