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Sur la Route du Cinéma - Page 505

  • Sparrow de Johnnie To ***

    SparrowSparrowSparrow

    4 frères, champion de la lame de rasoir exercent le délicieux métier dilettante de pickpocket dans les rues de Hong-Kong. Celui qui semble le plus futé des quatre, Kei, arpente également les rues de la ville à vélo avec son appareil photos (un Roller FLex, à faire pâlir les amateurs j'imagine, qu’il protège comme un enfant). Un jour, dans son viseur, apparaît Chun Lei, jeune femme frêle et sublime au regard affolé. Les trois autres frères vont, eux aussi croiser la route de Chun Lei.

    Ce n’est pas un hasard et, en trouvant la femme, les ennuis peuvent commencer !

    Véritable promenade ludique et parfois burlesque dans l’œuvre de Johnnie To (à peine verra t’on une minuscule goutte de sang et quelques bastons vite expédiées), ce film qui distille un léger suspens est une bouffée d’air frais qui se regarde et s’écoute. Certaines scènes au rythme jazzie sont orchestrées comme des ballets… et celle des parapluies est un modèle dont on rêve qu’elle ne s’arrête pas. C’est d’une esthétique très très appuyée et sans doute revendiquée et on a le sentiment que Johnnie To fait une déclaration d’amour à sa ville dont il nous fait arpenter les boulevards, les ruelles, les toits, les escaliers très montmartrois et nous donne l’envie de prendre un billet pour Hong Kong. Le mince scénario permet néanmoins aux quatre frangins de se débattre tant bien que mal dans des déboires de plus en plus périlleux, animés qu’ils sont de protéger cette mystérieuse et fascinante jeune femme en danger !

    Un film différent, souvent drôle, envoûtant dès la séquence d’ouverture et qui ravira les photographes.

  • A swedish love story de Roy Andersson **

    A Swedish Love Story - Ann-Sofie Kylin et Rolf SohlmanA Swedish Love Story - Ann-Sofie Kylin et Rolf Sohlman

    Pär croise le beau regard d’Annica. Ils ont 15 ans. Ils vont se chercher, hésiter puis s’aimer. Près d’eux, autour d’eux : des adultes complètement à côté de la plaque. Ça se passe en Suède et c’est, forcément, différent.

    Est-ce un mal de tête persistant qui m’a fait (un peu) passer à côté de ce chef d’œuvre annoncé datant de 1969 ? Ce que je ne peux nier c’est que ce film singulier qui alterne bruit et fureur puis calme et douceur ne ressemble à aucun autre, même s’il y plane l’ombre de Bergman. Suède oblige sans doute. Il y a avant tout une ambiance, une façon de filmer ou de sous-entendre que les sentiments vont à la dérive, qu’on finit forcément seul et mal dans sa peau. Le réalisateur était encore tout jeune (27 ans) lorsqu’il a filmé cette histoire d’amour adolescente pure, sincère, forte, belle et passionnée. On y croit, on s’y retrouve. Plus rien ne compte, plus rien n’existe, on abandonne les copains et les après-midi à jouer au flipper et à fumer des clopes, à faire le mariole sur sa mobylette. Il n’y a plus rien d’autre que l’Autre, son regard, son sourire et ses bras. Le moindre de ses gestes est magie, la moindre de ses paroles est rêve. On s’abandonne à la musique qui décrit si précisément cet état hors du monde. Les deux jeunes acteurs, excellents, nous replongent sans résistance dans ce bienfaisant bain d’adolescence.

    Imbriquée dans cette histoire miraculeuse, il y a celle, en périphérie, beaucoup plus sombre des adultes. Ils sont tous moches, ridicules, grotesques et surtout désespérément tristes voire dépressifs. Ils donnent cette impression tenace d’avoir raté leur vie. Et on tremble pour nos deux sublimes tourtereaux plein d’espoir et de promesses. On ne parvient pas à douter qu’ils vont devenir des vieux cons. C’est triste.

  • La fille de Monaco d’Anne Fontaine *

    La Fille de Monaco - Fabrice Luchini et Roschdy ZemLa Fille de Monaco - Roschdy Zem, Louise Bourgoin et Fabrice Luchini

    Chargé de la défense d’une meurtrière à Monaco, l’avocat d’assise Bertrand se voit imposer la présence d’un garde du corps, Christophe, pendant la durée du procès. Très médiatique, Bertrand fait la connaissance de la Miss Météo Audrey lors d’un passage à la télévision locale. Il va tomber sous le charme et l’emprise sexuelle de cette bombe pas farouche et très opportuniste !

    Je ne sais si quelqu’un trouvera la réponse à la très subtile et raffinée question posée sur l’affiche, ce qui est certain c’est qu’après un démarrage assez prometteur le film long et répétitif malgré sa raisonnable durée (1 h 35 mn) endort prodigieusement et ce n’est pas la fin pas très finaude qui réveille !!!

    Je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam pour cause d’absence de Canal + à la maison, mais pour que Louise Bourgoin soit mon amie et que je puisse me faire une opinion sur ses qualités d’actrice il faudra qu’elle se dévoile en se dévoilant moins… si vous voyez ce que je veux dire. Ici, à part quelques répliques assez drôles qu’elle balance énergiquement, on constate surtout que la nature peut être cruelle… mais pas avec elle, qu’elle a des jambes d’un mètre 30 chacune, des cheveux en cascade parce qu’elle le vaut bien, un ventre plat et de jolis seins moulés dans des robes cousues sur elle (environ 3cm² chaque robe !). Avec le même genre de prestation, Isabelle Adjani avait fait des miracles dans « L’été meurtrier ». Ici l’encéphalogramme reste plat, d’autant que la belle se répand en affirmant « j’aime le sucre et le gras… de dos je ressemble à un travelo…etc ». C’est ça, on va te croire !

    Bref, ce qui accroche vraiment ici, en ce qui me concerne évidemment, ce sont les deux garçons. Leur rencontre, leurs tête à tête, leurs face à face, chacune de leur scène est un régal. C’est bien entre le volubile intellectuel et l’ex loubard taciturne que les étincelles ont lieu. L’histoire de ce trio étant tarte à souhait et complètement invraisemblable, c’est vraiment sur ces deux grands acteurs qu’on s’attarde et c’est leur couple qui est la belle et grande idée du film. Fabrice Luchini est charmant, drôle, séduisant, fragile et j’en passe. Il m’étonne, il m’épate toujours. Ecouter ses répliques est toujours un festin : « ça va trop vite. Je vous assure, ça va beaucoup trop vite ! ». J’adore. Roschdy Zem n’a plus rien à prouver depuis longtemps mais il est parfait, d’abord muré dans son silence et son travail d’APR (Agent de Protection Rapprochée), il lâche un peu ses fêlures. Il est impressionnant, beau, inquiétant et drôle.

    Pour les garçons, donc.